Oct 082010
 

En soutien au mouvement pour les retraites, plumedepresse se met en grève… du zèle ! Deux éditions quotidiennes au coeur des mobilisations.

Mercredi, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme dépendant de la Cour des comptes, a publié un rapport titré Entreprises et « niches » fiscales et sociales, qui n’a pas échappé à Hervé Nathan qui s’étranglait hier dans Marianne : Les avantages acquis du Medef ? C’est 173 milliards ! Le CPO « a recensé les dispositifs dérogatoires de toutes sortes dont peuvent bénéficier les entreprises en France. Il dénombre pas moins de 293 «dépenses fiscales», représentant 35 milliards d’euros, soit près de la moitié du coût des «niches fiscales» officielles (74,8 milliards). Il faut ajouter les niches fiscales «déclassées», c’est-à-dire considérée comme une modalité normale de l’impôt, depuis 2006, dont «le poids» s’élève à 71,3 milliards. Il faut aussi compter avec les niches «sociales», en fait des réductions de cotisations sociales (dont celles des médias…). Elles pèsent 66 milliards d’euros. Au total, on parvient à un chiffre proche… du déficit public ! (…) En France, un groupe peut sortir de son bénéfice imposable les produits de participation (les dividendes) de ses filiales, s’il possède plus de 5% de leur capital. Autant dire… presque toutes. Renault, PSA, L’Oréal, BNP-Paribas etc. peuvent dire merci, puisque dans d’autres pays, il faut au moins posséder 10% à 15%  du capital. Le coût note le CPO «est exponentiel» : 1 milliard d’euros en 1990, 27,3 milliards en 2008 et… 34,9 milliards en 2009 ! En fait les grands groupes échangent désormais d’abord des flux financiers. Et le système «mère-fille» leur permet d’éviter l’impôt. 
 Quelles conséquences aura le rapport du CPO ? Sans doute peu, car les niches fiscales des entreprises sont défendues mordicus par le Medef. Et Laurence Parisot est bien décidée à  conserver chaque avantage acquis. Son slogan c’est «la compétitivité équitable», au nom de quoi elle demande encore  plus d’avantages fiscaux, alors que la droite vient de réduire de 7 milliards d’un coup les taxes sur les entreprises, par la réforme de la TP ! En l’occurrence, les syndicats de fonctionnaires sont bien flexibles, comparés au patronat qui est totalement conservateur. »

Et le gouvernement a clairement choisi son camp : « la réforme des retraites est celle du Medef » , constatait Ségolène Royal durant l’émission (de propagande) de France 2 consacrée au sujet. Un propos incontestable : « l’effort » réclamé pèse en effet à 85% sur les salariés ! Voilà clairement mesurée l’équation de la droite : on fait un cadeau de 173 milliards par an aux grandes entreprises et on oblige en contrepartie le peuple à trimer deux ans de plus, pourtant usé par une vie de labeur. Et l’on nous sort toujours les mêmes âneries, que les entreprises ne pourraient pas supporter des charges supplémentaires, qu’elles devraient alors licencier, délocaliser… Citons le tract des syndicalistes unitaires pour la grève générale (billet du 22 septembre) : « Avant la fin du travail des enfants, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas !» Avant la journée de 8 heures, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas !» Avant les 40 heures, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas !» Avant les 35 heures, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas !» Avant la retraite à 65 ans, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! » Avant la retraite à 60 ans, les patrons expliquaient «ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! » Chaque victoire pour les salariés a dû être arrachée au patronat. Mais avec le néo-libéralisme triomphant, il se sent désormais les coudées franches. Et entend continuer tranquillement de multiplier les profits et les dividendes distribués aux actionnaires au détriment d’une main d’oeuvre payée au lance-pierre. Mais les Français ont (enfin) fini par s’apercevoir de la manipulation et c’est l’ensemble de son oeuvre qu’est en train de payer Sarkozy, avec ce mouvement massif d’opposition à la contre-réforme des retraites. Ce que le socialiste Gérard Filoche résume sur sa page Facebook, dans son habituel style offensif : « Les Français révoltés par la situation economique… c’est le moins. Ce pillage par les spéculateurs, les banques, le CAC 40, la finance, le Fouquet’s, des richesses produites par 92 % de la population active, les salariés… Tout ce qui a été enduré depuis trois ans, de « casse » sociale, services publics, hôpitaux, école, salaires, sécu, retraites, s’accumule, se solde, se paie… » Ne lâchons rien*, présentons-leur l’addition !

Merci à l’ami LutoPick pour le logo exclusif (!) Plume en grève.

*Le deuxième syndicat de la RATP, l’UNSA, renonce ce matin à appeler à la grève mardi prochain. « Nous étions mardi sur le point de déposer un préavis de grève reconductible. Mais quand on a vu ce que ressentaient vraiment les gens, on s’est dit qu’on ne pouvait pas y aller, déclare l’un de ses représentants, cité par Le Nouvel Observateur. Les gens sont majoritairement opposés à la réforme, mais il y a une certaine lassitude ». Il ajoutait à l’instant dans le journal de France 3 que la loi avait déjà été votée à l’Assemblée nationale,  qu’elle allait l’être au Sénat… Que les salariés pensaient que c’était « plié ». Voilà ce qu’il faut surtout éviter : si se battre ne garantit pas la victoire, baisser les bras revient à accepter la défaite.

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  18 commentaires à “173 milliards de cadeaux fiscaux au Medef, deux ans de plus à trimer pour le peuple”

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Olivier Bonnet and Claudine Tissier, Valérie de Saint-Do. Valérie de Saint-Do said: RT @OlivierBonnet: 173 milliards de cadeaux fiscaux au Medef, deux ans de plus à trimer pour le peuple http://alturl.com/jko9g chiffre o … […]

  2. quel boulot, ta grève du zèle !
    Respect…
    Cela dit, en ce moment, ce ne sont pas les sujets qui font défaut !

  3. Excellent article. Des infos que j’ignorais totalement sur les niches d’entreprises et les chiffres généraux de ces niches cachées, ou occultées.
    L’UNSA plie les gaules, ça ne m’étonnne que peu, j’ai pu l’avoir à l’oeuvre dans un autre secteur. Un syndicat réformiste encore plus à droite que la CFDT.
    Mais c’est pas l’heure de reculer, et on sent quand même une montée vraiment forte du ras-le-bol dans la rue. Ca va être énorme le 12, je le crois bien.

  4. Les doutes des rapporteurs du Conseil constitutionnel sur les comptes de Balladur.

    Ils s’étonnent du versement en liquide de 10.250.000 francs, « dont l’origine n’est accompagnée d’aucun commencement de preuve ».

    Dans un document saisi lors d’une enquête sur l’attentat de Karachi, et divulgué jeudi 7 octobre, on apprend que les rapporteurs du Conseil constitutionnel avaient préconisé en 1995 le « rejet du compte de campagne » d’Edouard Balladur. Les rapporteurs doutaient de l’origine des fonds versés en liquide pour financer sa campagne présidentielle.

    Les interrogations sur le financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur sont apparues lors de l’enquête antiterroriste sur l’attentat de Karachi en mai 2002, en raison de soupçons de rétrocommissions sur la vente de sous-marins au Pakistan en 1994 – Edouard Balladur était alors Premier ministre RPR.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101008.OBS0970/les-doutes-des-rapporteurs-du-conseil-constitutionnel-sur-les-comptes-de-balladur.html

  5. La méconnaissance des gens qui hésitent à manifester est flagrante, l’argument type qu’on me répond : de toute façon , il n’y a aucune autre solution , c’est çà où le système de nos retraites se casse la gueule, et l’autre argument à vomir : c’est de toutes façons, il n’y a plus assez de boulot pour tout le monde, alors les chômeurs n’ont rien à dire (moi, au chômage bien sûr… )

    Ce que je lis dans cet article me redonne de la force lorsqu’on me jettera à la figure ce cas de la dette française qui file… file surtout dans les poches d’une partie de la population, du patronat, et de ses serviteurs aux pouvoirs ! Ils se rincent sur notre dos !
    Beaucoup de français acceptent par soumission sans vouloir demander des comptes… à vous dégouter de tout espoir d’un jour meilleur, pour les chômeurs et chômeuses comme moi !
    Merci de votre article faute de mieux, de pouvoir vous soutenir financièrement !

    J’ai lu sur des pancartes : « Travaillez plus pour crever plus ! Métro, boulot, caveaux ! » mais on crève aussi de ne pas juste avoir un petit boulot même quelques heures ! Le vide laisse des traces profondes dans la vie des humains, dans ce pays qui ne permet pas la pause familiale qu’à la condition d’ un gros parachute prévu, d’un emploi en CDI avant d’envisager d’être mère ! Nous sommes tellement de femmes sans rien, sans aucun avenir professionnel, on nous a jeté hors de cette société, et ce gouvernement ne fera rien pour nous y faire revenir en tant que salarié participant à ce projet de financement des retraites.

    Pas d’emploi, pas de projet, pas d’avenir, pas de retraite, soumettez vous, en voilà un slogan de l’UMP qu’ils ne nous avaient pas annoncé ! Et ne comptez pas sur nous les femmes pour cette fichue riz-lance, c’te blague !

    La prochaine étape de la France au sein de l’Europe, c’est quoi ? c’est nous découper, par pays, par régions, en bons du trésor vendus sur le marché chinois aux derniers investisseurs qui ne sont pas encore venus nous rincer ? financer nos vies à crédit ?

    • « lorsqu’on me jettera à la figure ce cas de la dette française qui file… » : toujours répondre que la France n’a jamais été aussi riche, en termes de PIB comme de résultats financiers de ses entreprises, mais que c’est la redistribution des richesses qui est en panne.

  6. Et bien sûr si la France reste, en dépit de ses « niches fiscales » réelles et inventées un des pays au monde où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés, c’est pur effet du hasard.
    Etranglez-vous d’ignorance, c’est plus sûr!

  7. […] 173 milliards de cadeaux fiscaux au Medef, deux ans de plus à trimer pour le peuple Mercredi, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme dépendant de la Cour des comptes, a publié un rapport titré Entreprises et « niches » fiscales et sociales, qui n’a pas échappé à Hervé Nathan qui s’étranglait hier dans Marianne : Les avantages acquis du Medef ? C’est 173 milliards !…/… […]

  8. […] Plume de presse répond à cette question : « Les avantages acquis du Medef ? C’est 173 milliards ! «  […]

  9. merci d’exister, nous sommes en train de créer une association des citoyens (une de plus) loi 1901 pour essayer de réveiller les Françaiscsur les thèmes de la dette, de l’EUROPE mafieuse, et des politiciens corropus. si vous avez un logo avec lien, nouscserions heureux de le faire figurer en bonne place sur ntre site, notre page et groupes Facebook ainsi que sur notre blog et forum aussi bien quexsur nos groupes Facebook amis.
    Cordialement
    Jean Paul Carré

  10. […] 173 milliards de cadeaux fiscaux au Medef, deux ans de plus à trimer pour le peuple […]

  11. […] 173 milliards de cadeaux fiscaux au Medef, deux ans de plus à trimer pour le peuple […]

  12. […] reculer le FN. Seulement les cadeaux fiscaux, le haut patronat et la Finance en outremangent déjà depuis plusieurs décades – il suffit de considérer les profits annuels exorbitants du CAC40, et ce simple chiffre : […]

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