Mar 092011
 

Pourquoi ça arrange bien le pouvoir qu’on ne parle pas trop des prochaines élections des 20 et 27 mars…

Une petite phrase, qui termine un article du Parisien publié il y a deux jours, n’a étonnamment pas fait beaucoup de bruit : « Lundi, devant les cadres UMP[Nicolas Sarkozy] a souligné que les candidats du parti risquaient l’élimination au premier tour des cantonales par le FN dans près de 150 cantons ».

 Et puis hier sur BFM TV et ce matin dans La matinale de Canal +, il fut de nouveau question de ces « projections secrètes ». Conséquence collatérale de la réforme policière touchant les Renseignements généraux, autrefois chargés de cette tâche, officiellement, ces enquêtes n’existent plus. Mais l’Elysée les aurait quand même. Bref. 150 cantons ! 150 « 21 avril à l’envers », 150 fois le candidat UMPiste renvoyé à la maison : « t’es gentil, tu vas jouer ailleurs ! » Il existe quelque jubilation à constater aujourd’hui le résultat de la stratégie politicarde de Sarkozy : depuis 2002, il n’a cessé de jouer au petit frontiste, avec force coups de menton, mesures répressives et autoritaires, assimilation de délinquance et immigration, mise en avant de « l’identité nationale », expulsions de quotas de clandestins comme autant de têtes de bétail, stigmatisation des Roms… Il a joué sur les peurs et excité les haines, avec une belle constance et des sbires de choc comme les sinistres Besson ou Hortefeux. Mais les peurs et les haines sont le terreau fertile de l’extrême droite, qui tire les marrons du feu. Apprenti sorcier pris à son propre sortilège, le pompier pyromane se prend un sacré retour de flamme. Et maintenant ? D’abord, la droite est en train d’exploser, là, sous nos yeux. S’allier au FN ou pas ? La question va empoisonner durablement le débat. Et l’aile droite de l’UMP,  tout autant d’extrême droite que le Front national, va continuer de se décomplexer pour revendiquer auprès de l’électorat son brevet de xénophobie sécuritaire, plus Le Pen que Le Pen tu meurs ! La minorité présidentielle est à la croisée des chemins. Et hésite encore à basculer toute entière, comme l’illustrent les cris d’orfraie de Jean-François Copé condamnant les propos de la députée Chantal Brunel ou le renoncement de Sarkozy à la déchéance de nationalité pour les meurtriers de policiers, mesure qu’il avait pourtant positionnée comme emblématique. Le président ne sait plus du tout où il va, sa boussole tournant fou. Et en face ? Solférino va rejouer l’éternel chantage du « vote utile », la candidate FN jouant l’utile épouvantail. Et le PS se fera le complice objectif  à la fois de l’UMP et du FN pour diaboliser la gauche radicale. Puisse cette dernière engranger assez de voix pour peser sur le centre de gravité de la gauche française. Sarkozy l’a montré : on ne combat pas le FN sur son propre terrain, à l’aide des mêmes contre-valeurs. Alors à gauche toute et sans complexe ! Et unis, camarades.

Soutenez ce blog ! Votre serviteur, journaliste au chômage, tente le pari de vivre grâce à plumedepresse : pour deux euros, rejoignez le Club des plumonautes en vous abonnant pour un mois au Kiosque permanent, le rendez-vous pluri-quotidien de notre revue de Web, actualisée en temps réel six jours sur sept. Cliquez sur le kiosque ci-dessous !

Partagez cet article

  9 commentaires à “Cantonales : la droite dans le piège du FN”

  1. Que ça arrange le pouvoir qu’on ne parle pas trop des cantonales, je le comprends parfaitement. Mais les médias ? tous vendus à l’UMP ? pourquoi y a-t-il si peu d’info sur ces élections ? y en a-t-il d’ailleurs, à part peut-être sur les journaux locaux ? je n’ai pas vu grand chose…

    • C’est une élection qui mobilise pas trop d’habitude. Peut-être parce qu’on connait pas bien ce que fait un élu « cantonal », au conseil général. Et pourtant il vote des centaines de millions d’euros de financements, il fait construire des maison d’accueil des sans-abri, subventionne des entreprises, des initiatives à l’emploi, gère les crédits RSA, etc; ou pas. Si on omet de le sanctionner ou l’encourager, et pas seulement en votant, il fait ce qu’il veut.
      C’est ainsi qu’on aboutit à de plus en plus d’élus mis en examen. Parce que les dessous de table, et parce que les élus des conseils généraux (mais bien moins que les maires ou les élus européens) ont aussi de bien beaux avantages à préserver.
      De 1501à 2626 € par mois; en cas de mission les frais de séjour, frais de transports et frais d’aide à la personne, comme les frais de garde d’enfants, sont normalement remboursés, sans compter les gratifications diverses sorties de l’imagination des CG.

  2. Plateau Télé Participatif – Spécial Elections Cantonales

    Le vendredi 18 mars – 19h30
    au Centre Social les Amandiers (Jas de Bouffan)
    Aix-en-Provence

    Plus d’infos: http://www.anonymal.org/index.php?option=com_content&task=view&id=201&sectionid=

    • Ca semble intéressant votre plateau, je viens de cliquer sur votre lien et j’en ai profité pour visiter votre site et regarder en détail le programme de la soirée, si vous avez réussi à inviter tout les candidats FN compris ça peut-être intéressant. Je vis sur Aix mais ne fais pas parti du même canton.
      Je pense que je viendrai faire un tour.

  3. Sarkozy c’est vraiment le petit chose qui a joué avec les allumettes…

  4. Non seulement il ne faut pas en parler, mais ils se renient sur place en effaçant l’étiquette UMP, facile d’être le candidat local pour le bien de tous… l’étiquette dans la poche que l’on ressortira lors des résultats, ça s’appelle de la publicité mensongère.

  5. Si on prend le dilemme : rejeter les gens à la mer ou leur porter secours, je crains que la xénophobie soit bien ancrée maintenant mais comme les gens ne sont pas foncièrement méchants, ils vont penser : on ne veut pas les accueillir mais pas les noyer non plus. Quel parti politique peut faire croire qu’ il a la solution puisque ce ne peut pas être les partis extrêmes ?

  6. Pas la peine de diaboliser Marine Le Pen
    Parce qu’elle est belle et bien le diable
    Y compris pour celui ou celle qui ne croit pas en Dieu
    De Dieu, on peut en douter
    Mais du Diable il n’y a pas de doute possible
    Le pire c’est qu’elle n’y est pas pour grand-chose
    Ce sont ses ennemis qui plaident pour sa cause
    Qu’est-ce que le diable, que diable ?
    C’est le plus grand commun diviseur
    Qui risque de l’emporter haut la main
    Si on joue avec elle, au plus fin
    Si on ne se mobilise pas du jour au lendemain
    En constituant un front républicain
    Pour venir à bout de nos propres démons
    Qui lui profitent en aval et en amont

    6 conditions pour lui damer le pion :

    1- Laisser tomber la vieille garde et présenter un nouveau visage, un nouveau langage et un nouvel ancrage à la gauche de la gauche.
    2- Supprimer les primaires à gauche et opter illico presto pour un seul et unique candidat au dessus de tout soupçon.
    3- Opter pour un discours un peu plus tranchant et un peu plus déterminant pour que le peuple de gauche s’y retrouve.
    4- Qu’elle rassemble autour d’elle, les quelques brebis qu’elle a égarées dans les champs ou dans les cités et qui le lui font chèrement payer.
    5- Qu’elle se démarque définitivement de toute approche sécuritaire, identitaire, voire suicidaire.
    6- Enfin que les médias qui en raffolent, n’affolent pas les braves gens sous peine de les décomplexer davantage et de banaliser plus que jamais le vote de la haine.

    Je ne suis pas madame Soleil… mais il faut être bête pour ne pas voir la bête faire irruption petit à petit dans notre vie, dans notre esprit et dans notre pays !
    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/front/

 Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis)