Sep 272020
 

Le milieu scolaire et universitaire est le nouveau numéro un des foyers de contamination. Mais heureusement, à croire Jean-Michel Blanquer, le virus ne déjeune pas à midi.

bobards

Jean-Michel Blanquer superstar ! Nouveau Bonnet d’âne attribué au ministre de l’Éducation nationale, le troisième déjà depuis mai dernier. Accrochez-vous, déclaration de très haut niveau : une cantine scolaire, « ce n’est pas la même chose qu’un bar. […] C’est à l’heure de midi, ce n’est pas le soir et par ailleurs, il y a évidemment des personnes pour s’occuper du fait que les enfants respectent les gestes barrières. » Sérieusement, Jean-Mimi, cette histoire de midi et de soir ? Quel est le rapport avec le virus ? Nous en restons pantois : que peut-il bien se passer dans le crâne d’œuf de Blanquer pour livrer un argument aussi dénué de sens ?

Quant aux « gestes barrières », ils n’empêchent pas les enfants et adolescents d’être entassés à la cantine. « On ne se contamine pas plus en allant à l’école qu’en vivant d’autres aspects de la vie sociale, affirme aussi le ministre. Je dirai que c’est même probablement moins car c’est un lieu où on respecte plus les gestes barrières que d’autres lieux. » Raté : le dernier point épidémiologique de Santé publique France, en date du 24 septembre, nous apprend justement l’inverse. Le milieu scolaire et universitaire est celui où l’on trouve désormais le plus grand nombre de foyers de contamination (clusters), avec 32%, détrônant les entreprises, dix points derrière.

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Sep 012020
 
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Deuxième Bonnet d’âne pour notre distingué ministre de l’Éducation nationale : à l’heure des vérifications généralisées – et ô combien bienvenues – par les journalistes de la véracité des propos tenus en public, il ne faut plus mentir, Jean-Michel Blanquer ! Les masques, « fourniture scolaire comme une autre » selon lui, ne seraient distribués gratuitement nulle part dans le monde. Ce qui justifierait que les macronistes refusent toujours, inébranlablement et désormais contre la classe politique française dans son entier (les Insoumis ayant été précurseurs), de les mettre gratuitement à la disposition de la population. Eh bien c’est faux. C’est Checknews, de Libération, qui s’y colle :  ils sont bel et bien gratuits dans deux pays européens, la Grèce et l’Italie, où 11 millions de maques seront distribués chaque jour.

A l’heure du retour sur les bancs de près de 12 millions d’élèves français, marquée par une improvisation permanente qui n’a d’égale qu’une criante impréparation, bonne rentrée scolaire à tous !

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Juil 152020
 

C’est aujourd’hui la Saint-Donald ! Alors plumedepresse se met à l’heure américaine pour souhaiter sa fête au président Trump, qui vient de dépasser les 20 000 mensonges dûment recensés.

C’est aujourd’hui la Saint-Donald. Nous profitons de cette circonstance pour attribuer à Donald Trump, le président des États-Unis d’Amérique, un Ferme ta gueule! d’honneur, doublé d’un Bonnet d’âne de platine, alors qu’il a désormais dépassé les 20 000 mensonges ou allégations trompeuses et inexactes (misleading claims), selon le décompte du Washington post, qui passe au crible toutes les communications du forcené de la Maison blanche. Il en est même à 20 055 à l’heure où ces lignes sont écrites. La base de données des mensonges présidentiels, exhaustive donc et très ergonomique, est consultable par thématique (immigration, économie…), ordre chronologique, par jour ou par mois, mais aussi en tapant un mot précis (Covid par exemple, pour s’apercevoir qu’il a imputé à Obama le manque de tests contre un coronavirus qui… n’existait pas durant le mandat de son prédécesseur !), ou encore par le palmarès des mensonges les plus souvent répétés.

Un festival de délires

Ainsi, il a répété à 360 reprises, le record, qu’il a bâti l’économie la plus florissante de l’histoire des États-Unis et du monde. Sans se pencher sur la dimension internationale de cette affirmation, le fact checker (vérificateur de faits) du Washington post lui objecte les présidences d’Einsenhower, Johnson et Clinton, qui ont connu une conjoncture économique encore plus performante que durant les trois premières années du mandat de Trump (avant la dégringolade liée au Covid 19). Deuxième mensonge le plus souvent propagé, 261 fois, que le mur entre USA et Mexique avançait très vite et en était à 182 miles (1 mile égale environ 1,6 km). En réalité, si l’on ne compte pas les zones où il y avait déjà une barrière entre les deux pays, Trump a fait construire… 3 miles !

Qui dit mur dit Covid, on y revient, puisque Trump prétend que son mur avec le Mexique (ses 3 miles donc !) a arrêté la Covid. Ce à quoi le Post lui rétorque posément que le virus est arrivé sur le territoire américain par l’intermédiaire de voyageurs venant de Chine et d’Europe. En outre, Trump fait cette déclaration depuis San Diego (Californie) et affirme que la situation est catastrophique de l’autre côté du mur, en l’occurrence à Tijuana. Intraitable, le fact checker lui objecte que cette ville a un taux d’infection largement inférieur à celui de San Diego, et même de Washington ! « Nous avons le taux de mortalité le plus bas du monde », prétend-il encore concernant la Covid 19. En réalité, avec presque 40 morts pour 100 000 habitants, les USA affichent le pire bilan de tous les pays du monde, seulement devancés par… la Grande-Bretagne de Boris Johnson.

On l’a compris, Trump dit n’importe quoi, à tout propos et tout le temps. L’ignorer revient à se boucher volontairement les yeux et les oreilles, ou à posséder le QI d’une huître. Concluons donc avec une pensée compatissante pour ses abrutis d’électeurs.

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Juin 142020
 

Le Conseil d’État met le holà à la dérive autoritaire de la Macronie.

« Dérive autoritaire du pouvoir », comme accuse régulièrement La France insoumise ? Une nouvelle pièce est versée au dossier, à charge, d’une Macronie violant les libertés fondamentales. L’interdiction de manifester sur la voie publique, prise dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire par l’article 3 du décret du 31 mai 2020, qui proscrit les rassemblements, réunions ou activités réunissant plus de dix personnes dans l’espace public, était-elle fondée et légitime ?

Le Conseil d’État a répondu hier, le 13 juin : « Le juge des référés relève que le Haut Conseil de la santé publique ne préconise, dans ses recommandations du 24 avril 2020, aucune restriction à la circulation dans l’espace public tant que les « mesures barrières » sont respectées (distanciation d’un mètre ou port du masque notamment), et qu’une reprise de l’épidémie n’est pas constatée. Alors que la liberté de manifester est une liberté fondamentale, le juge des référés en déduit que, sauf circonstances particulières, l’interdiction des manifestations sur la voie publique n’est justifiée par les risques sanitaires que lorsque les «mesures barrières » ne peuvent être respectées ou que l’événement risque de réunir plus de 5000 personnes. »

Voilà donc le gouvernement pris sur le fait d’attenter à une liberté fondamentale sans justification valable. Selon la formule célèbre du Canard enchaîné, Pan sur le bec de la Macronie ! « Selon l’avocat Paul Mathonnet, qui a déposé la requête au nom de cinq organisations syndicales (CGT, Solidaires, Fédération syndicale unitaire, Syndicat de la magistrature et Syndicat des avocats de France) [excusez du peu !, NdA], cette interdiction « porte une atteinte manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales : la liberté de manifester et le droit d’expression collective des idées et des opinions, la liberté de réunion et la liberté syndicale », résume Le Monde. Le Conseil d’État vient donc de lui donner raison, infligeant ainsi un nouveau camouflet majeur au gouvernement. Le pire étant que, pas plus tard que mercredi dernier, la fine équipe avait présenté une proposition de loi pour prolonger cette interdiction de manifester « manifestement illégale »… jusqu’au 10 novembre prochain ! Notons donc que, si nous ne sommes effectivement pas dans une dictature, c’est bien parce que les institutions républicaines empêchent le gouvernement de nous y conduire tout droit !

Conclusion gouleyante de l’avocat de la Ligue des droits de l’Homme, Maître Patrice Spinosi, cité par Franceinfo : « Lorsque le gouvernement abuse de l’état d’urgence sanitaire et interdit toutes contestations sociales, [le juge] vient rappeler au gouvernement que ce n’est pas possible. Quand on en arrive à avoir un ministre de l’Intérieur qui déclare publiquement que certes, les manifestations sont interdites, mais que des sanctions ne seront pas prononcées en cas de manifestations parce que l’émotion doit l’emporter sur le droit, on voit bien le malaise dans lequel est le gouvernement face à cette interdiction générale qu’il a lui même édictée. »

Imagine-t-on que ce type est ministre de l’Intérieur ? Son stupéfiant « L’émotion doit l’emporter sur le droit » vient juste après l’inénarrable expression « soupçons avérés » – qu’il a été contraint de retirer piteusement, non sans avoir osé prétendre, bougre d’âne, qu’il s’agissait d’une expression « volontairement choisie » – et confirme une incompétence sidérante à ce niveau. Christophe Castaner, grotesque personnage à la nullité abyssale, a mérité haut la main une place d’honneur dans notre rubrique Bonnet d’âne.

Pour conclure d’une blague du dimanche, nous vous livrons une astuce infaillible : comment savoir à coup sûr quand Castaner est en train de dire une bêtise ? Facile : à chaque fois que vous voyez ses lèvres bouger.

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Juin 012020
 

Insondable inventivité des crânes d’œufs de la Macronie : il y eut en ouverture, pendant le confinement, l’inoubliable auto-attestation dérogatoire, délice d’absurdité. Vint ensuite, en phase 1 du déconfinement, les dérogations accordées pour l’ouverture des plages avec leur nouveau concept que le monde entier, sûrement, nous envie : la « plage dynamique ».

Nous allions vous proposer de nous poser un peu pour réfléchir à cette question, mais voilà que, justement, nous n’en avons pas le droit. En tout cas pas sur une plage. Qui donc a-t-il le premier utilisé cette expression (impropre : ce n’est pas la plage qui est dynamique) ? Des élus locaux landais, selon le Huffington post (avec l’AFP). Pour contrer la décision gouvernementale de fermeture des plages jusqu’au 1er juin. Formulation reprise par l’Assemblée nationale. Et en quoi donc la « plage dynamique » consiste-t-elle ? « La plage doit être fréquentée d’une façon « dynamique », répond LCI. C’est-à-dire que ceux et celles la fréquentant doivent y marcher, y courir ou y glisser selon les pratiques mais jamais n’y stationner. » Notons au passage que l’on a le droit de pratiquer le yoga, comme le précise France bleu. Interdiction de la bronzette, donc, sauf dans la position du lotus !

Bon, la « distanciation sociale », on comprend. Ne pas se coller les uns aux autres pour éviter la contamination par la Covid-19. Du reste, 4 m2 par personne sont requis sur les plages. Mais quid de cette immobilité qui est proscrite ? Risque-t-on davantage de propager le virus, ou de l’attraper soi-même, si l’on ne bouge pas ? Le virus est-il si lent qu’il ne parvient pas à se fixer sur un organisme dès lors que ce dernier est en mouvement ? Brisons-là avec ces élucubrations qui tentent d’apporter une justification sensée à l’obligation de « plage dynamique ». Et passons à un ton plus colérique : qu’est-ce que ça peut leur foutre en quoi est-il donc gênant que l’on pose une serviette sur la plage ?

La Macronerie est bien le règne d’Ubu-roi. A-t-on seulement tout vu dans ce domaine ? Nous n’en mettrions pas notre main au feu, même si la « plage dynamique » place haut la barre. En attendant, dès demain, 2 juin, serons-nous enfin débarrassés de cette interdiction idiote ? Eh bien non ! Même si la règle n’a globalement pas été observée, en tous les cas dans les Bouches-du-Rhône d’où nous témoignons, mais qu’on était de fait à la merci d’un excès de zèle local, elle n’est pas encore caduque : c’est le préfet qui continue à décider. Et qui pourrait donc, théoriquement, continuer à pourchasser les poseurs de serviettes, terroristes sanitaires de nos plages.

Jean-Michel Apathie, David Pujadas, Christophe Barbier et Pascal Praud
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Mai 122020
 

La phrase du jour qui vaut à son auteur notre distinction du Bonnet d’âne eût pu être signée Marlène Schiappa,  Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, déclarant : « Sibeth Ndiaye est en train de devenir un rôle modèle pour plein de jeunes filles ». Alors que la France entière se moque de la porte-parole du gouvernement, il fallait oser. Mais on le sait, Schiappa ose tout – comme Ndiaye du reste. C’est donc certainement partie remise pour la bouillante corse, parce qu’elle est cette fois tombée sur plus fort qu’elle.

Nous nommons Jean-Michel Blanquer, qui goûtera tout le sel de se voir décerner un Bonnet d’âne pour un ministre de l’Éducation nationale.

Via le compte Twitter du camarade Fontenelle

C’était sur Europe 1, lisez lentement pour mieux déguster le nectar.

« Il y a plus de risques à rester chez soi que d’aller à l’école ».

Affirmation précédée de l’amusant « Beaucoup de pédiatres le disent ». Bon sang, mais ça fait huit semaines qu’on nous serine « Sauvez des vies, restez chez vous » ! Pour commenter cette sortie revigorante de Jean-Michel Blanquer, nous pensons d’abord à l’absurde et au surréalisme. Puis très vite au mépris immense pour son auditoire de la tête d’œuf : faut-il prendre les gens à ce point pour des abrutis quand on manie à un tel niveau le foutage de gueule ? Bonnet d’âne mérité donc pour l’idole du Point, doublé du 89e Ferme ta gueule !, bien senti, de l’histoire de plumedepresse.

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