Sep 302020
 

Extension du « secret des affaires » et journalistes sommés de déguerpir durant les manifestations : au secours, la Macronie mène une attaque frontale contre la liberté d’informer, pilier de la démocratie ! « Essayez la dictature » ?

Épinglé sur Police
Manifestation contre la loi Travail en 2016 : la dérive autoritaire du pouvoir avec son escalade répressive date de Hollande-Valls. Le nouveau Schéma national du maintien de l’ordre vise entre autres à interdire de tels témoignages des violences.

Nous avons vu comment la Macronie a voulu porter atteinte à la liberté de manifester, empêchée par le Conseil d’État, et à la liberté d’expression et de communication, contrecarrée cette fois par le Conseil constitutionnel. Ce qui confirme une dérive autoritaire et son escalade répressive incontestable au vu des violences policières ayant entre autres accablé le mouvement des Gilets jaunes. Eh bien un nouveau cran est haussé avec une double attaque contre la liberté d’informer. C’est d’abord le nouveau Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) paru le 16 septembre dernier, ainsi résumé par Libération en titre : Maintien de l’ordre: journalistes et observateurs pourront être interpellés en couvrant des manifs. Explication : « Le nouveau Schéma national du maintien de l’ordre souligne que les ordres de dispersions de manifestations ne connaissent nulle exception, au risque d’empêcher la presse et les ONG de témoigner d’éventuelles violences. Journalistes et observateurs pourront être interpellés en couvrant des manifs. » Textuellement : « le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d’associations, annonce tout-de-go le ministère de l’Intérieur. Dès lors qu’ils sont au cœur d’un attroupement, ils doivent comme n’importe quel citoyen obtempérer aux injonctions des représentants des forces de l’ordre en se positionnant en dehors des manifestants appelés à se disperser.»

« Et si les violences policières n’étaient que la pointe, tranchante, d’un iceberg étonnamment bien sculpté, qui endigue tout courant d’eau tentant de s’y frayer un chemin ?  Dans sa « petite encyclopédie critique », Répression, l’État face aux contestations politiques, l’historienne et politologue Vanessa Codaccioni démonte, pièce par pièce, la mécanique actuelle de la répression étatique face au militantisme et à l’activisme. »

Réaction au SNMO de Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes (SNJ) : « Je pense que le ministre [Gérald Darmanin, ndlr] méconnaît la liberté de la presse, il est dans le déni. Notre confrère David Dufresne a effectué un travail très sérieux en documentant 117 cas de journalistes empêchés de travailler par les forces de l’ordre depuis un an et demi. Pour le SNJ, c’est 200 journalistes qui sont concernés. Ce texte n’essaie pas de comprendre notre métier, il est fait pour restreindre la liberté d’informer. On veut transformer les journalistes en propagandistes (…). Nous allons donc réaffirmer la liberté des journalistes, qui est de pouvoir être témoin de tout, partout et en tout moment La syndicaliste parle de journalistes « empêchés de travailler », mais c’est en fait pire, comme l’analyse l’historienne et politologue Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris VIII et autrice de Répression – L’État face aux contestations politiques, dans les colonnes des Inrockuptibles : « On observe un ciblage des journalistes depuis au moins la ZAD (Zone à défendre, ndlr) de Notre-Dame-des-Landes en 2014, où de très nombreux journalistes avaient déjà été blessés. Depuis ce moment, beaucoup de journalistes sont victimes de la répression : soit ils sont blessés, soit leur matériel est saisi, soit ils sont inculpés et parfois jugés, comme dans le cas de Gaspard Glanz. Cela témoigne d’une volonté de cibler les journalistes qui sont sur le terrain et qui rendent visible la brutalité de la police et de l’État. »

Schéma national du maintien de l'ordre
Pour les distraits, il n’est nullement question ici du Syndicat national des médecins ostéopathes.

Mais revenons à nos moutons : le SNMO dispose que si les policiers ordonnent la dispersion, journalistes et observateurs doivent obtempérer. C’est-à-dire quitter le théâtre d’opérations et ainsi ne plus être en mesure de témoigner de la suite des événements, bref empêchés d’exercer leur métier d’information des citoyens. Quand on nie les violences policières, il est gênant qu’elles soient exposées au grand jour dans les gazettes et sur les réseaux. « L’emploi de la force par les forces de sécurité intérieure doit être absolument nécessaire, strictement proportionné et gradué, avec des moyens adaptés », proclame le document ministériel page 25. Qui pourra le dire si ce n’est pas le cas ? Notons au passage que cette décision d’obliger journalistes et observateurs à déguerpir sous peine d’être embarqués lors des manifestations et de restreindre aussi manifestement leurs droits ne passe pas par une loi, débattue et votée au parlement. Non, juste le ministère de l’Intérieur qui pond un texte. La police qui fait la loi, en fait, tranquille. Et une police très politique. Ainsi va la démocratie en Macronie.
Sauf que ce n’est finalement peut-être pas aussi simple : « Un recours au Conseil d’État contre le nouveau Schéma national du maintien de l’ordre est engagé, nous apprend Reporterre. Car syndicats, sociétés de journalistes et ONG des droits humains ne décolèrent pas face à des mesures qui les empêcheront de couvrir correctement les manifestations. »

La riposte concentre d’abord ses feux sur une autre phrase de l’exposé de la nouvelle doctrine macronienne du maintien de l’ordre : « Seuls les journalistes dont l’«identification est confirmée et leur comportement exempt de toute infraction ou provocation (sic)» pourront porter des protections, indispensables aujourd’hui comme l’atteste le nombre de blessés lors des manifestations de 2019 et 2020. Mais qui jugera de leur supposée provocation? », interroge le communiqué de la Société civile des auteurs multimédia. Les mêmes qui vous collent de l’outrage et de la rébellion. Et le diable se nichant dans les détails, que signifie cette « identification confirmée » ? « Autoriser seulement les journalistes dont «l’identification est confirmée» et donc détenteurs d’une carte de presse, exclut de fait ceux et celles qui n’en ont pas et qui pourtant informent, soit sur les médias indépendants du net, soit en réalisant des documentaires. » Reporterre souligne également ce point : « pour couvrir une manifestation, un journaliste devra désormais être accrédité et posséder une carte de presse. Une disposition inadmissible pour une quarantaine de société de journalistes qui ont publié le 22 septembre un communiqué, demandant au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de corriger ce nouveau schéma qui porte atteinte à la liberté d’informer. Cette tribune rappelle que l’exercice de la profession de journaliste, telle que définie dans le code du travail, ne nécessite pas la possession d’une carte de presse. (…) Un constat partagé par l’ONG Reporters sans frontières«La profession s’est précarisée et un grand nombre de journalistes ne peuvent pas détenir la carte de presse. Il est d’autant plus difficile pour eux de s’enregistrer car ils sont souvent prévenus au dernier moment qu’ils vont couvrir une manifestation», explique à Reporterre Pauline Ades Mevel, porte-parole de RSF. »

Et si on interdisait la présence des journalistes quand les flics commettent des violences ?
– Pas con.

Suite à la levée de boucliers, Gérald Darmanin a tenté un rétropédalage, le 23 septembre au micro de France Inter, plaidant un «malentendu» avec les journalistes : «On n’a jamais demandé une carte de presse pour être journaliste sur une manifestation. Je suis bien conscient qu’il y a des journalistes qui n’ont pas de carte de presse. […] Par ailleurs ils ont le droit de rester dans la manifestation même s’il y a une question de sécurité lorsque les manifestations deviennent violentes.» Faut-il le croire, ou croire ce qui est inscrit noir sur blanc dans le SNMO ? Affaire à suivre.

Les risques industriels désormais classés secrets des affaires

Une atteinte macroniste aux libertés fondamentales chassant l’autre, voici revenir le sinistre « secret des affaires ». Rappel : la loi relative à la protection du secret des affaires du 30 juillet 2018, adoptée en plein été donc et selon une procédure accélérée – c’est ça aussi, la démocratie macronienne – « met sérieusement en danger l’équilibre démocratique et constitutionnel de notre pays. Elle érige le secret des affaires en un principe général et relègue la liberté d’information au rang de simple exception, sans poser de cadre précis. » Conséquence : « Les lanceurs d’alerte seront systématiquement traînés en justice, avant même de pouvoir faire la preuve de leur bonne foi. Les représentants du personnel pourront être poursuivis pour avoir diffusé des informations aux salariés. (…) Désormais, la loi donnera aux entreprises le pouvoir de poursuivre tous ceux qui oseront révéler des informations sensibles dans l’intérêt général. (…) Nous refusons qu’une loi votée au nom du peuple soit instrumentalisée afin de bâillonner les citoyens. Nous ne pouvons accepter que des lobbys, quels qu’ils soient, dictent l’information. » Qui parle ? Qui donc a eu beau ainsi vilipender solennellement cette loi, sans ralentir le moins du monde le bulldozer libéral aux ordres patronaux ?

La journaliste Elise Lucet défend sa pétition contre la directive \"secret des affaires\", à Paris, le 15 juin 2015.
Élise Lucet, fer de lance médiatique de la résistance au secret des affaires

Le collectif Stop secrets des affaires, signataire de cette tribune titrée Secret des affaires : monsieur le Président, en marche vers la censure? et dont la pétition a réuni la signature de 550 000 citoyens et qui rassemble 52 organisations et syndicats : Anticor, les Amis de la Terre, CCFD-Terre solidaire, Greenpeace, Ligue des droits de l’Homme, Syndicat des avocats de France, Syndicat national des journalistes et SNJ-CGT, Snesup-FSU, Syndicat national des chercheurs scientifiques, Solidaires, plus 38 sociétés des journalistes, des rédacteurs et organes de presse (entre autres Radio France, France télévisions, Libération, L’Obs, Mediapart, Bastamag, Fakir, mais même aussi BFM TV, Les Echos, Europe 1, TF1, Le Point, Le Parisien, Le Journal du dimanche)… Avec les prestigieuses signatures individuelles d’Élise Lucet, Paul Moreira, Fabrice Arfi, Laurent Mauduit, Hervé Kempf…

Pourquoi vous reparler aujourd’hui du secret des affaires ? Parce que son champ vient d’être étendu, par la grâce d’un amendement gouvernemental glissé dans la loi Asap, pour Accélération et simplification de l’action publique. Ce texte mérite un billet à lui tout seul ; en attendant, concernant notre sujet du jour, son article 25 bis A « précise que les citoyens ont droit à l’information concernant les risques [industriels] auxquels ils sont soumis… mais dans la limite du secret des affaires », synthétise Reporterre. Tout l’art du « en même temps » dans ce texte : « Toute personne a un droit à l’information sur les risques majeurs auxquels elle est soumise dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui la concernent. Ce droit s’applique aux risques technologiques et aux risques naturels prévisibles », mais en même temps « Dans ce cadre, ne peuvent être ni communiqués, ni mis à disposition du public des éléments (…) dont la divulgation serait de nature à porter atteinte à des secrets de fabrication ou au secret des affaires ». Pour fêter le premier anniversaire de la catastrophe industrielle de Lubrizol, il fallait oser. Mais c’est à ça qu’on les reconnaît.

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Sep 292020
 

Parmi les signataires de cette tribune subitement déprogrammée par le Journal du dimanche (JDD) – nous y reviendrons -, nombre de ces 250 scientifiques sont des professionnels de santé compétents et reconnus, à haut niveau de responsabilité, rien moins que des olibrius. Citons par exemple les premiers signataires : Laurent Toubiana, chercheur épidémiologiste à l’Inserm, directeur de l’Irsan, Jean-François Toussaint, professeur de physiologie à l’Université de Paris, ancien président des États Généraux de la Prévention, Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherche au CNRS, Jean Roudier, professeur de médecine, rhumatologue, directeur d’une unité Inserm… Leur propos est limpide et interroge : « l’idée d’une «deuxième vague» reproduisant le pic de mars-avril 2020 n’est pas un constat empirique. C’est une théorie catastrophiste issue de modélisations fondées sur des hypothèses non vérifiées, annoncée dès le mois de mars et ressortie des cartons à chaque étape de l’épidémie : en avril lors du soi-disant «relâchement» des Français, en mai avant le déconfinement, en juin pour la Fête de la musique, en été pour les «clusters» de Mayenne ou les matchs de foot, et à nouveau cet automne face à une augmentation des cas certes significative, mais lente et grevée d’incertitudes diagnostiques. Au final, cette prétendue «deuxième vague» est une aberration épidémiologique et l’on ne voit rien venir qui puisse être sérieusement comparé à ce que nous avons vécu au printemps dernier. »

« Tu vas voir qu’il va encore y avoir des anti-carottes ! »

Mais alors, que dire des mesures gouvernementales ? La tribune répond : « le ministère de la Santé a encore annoncé mercredi 23 septembre des mesures restrictives des libertés individuelles et collectives qu’il prétend fondées scientifiquement sur l’analyse de l’épidémie de coronavirus. Cette prétention est contestable. Nous pensons au contraire que la peur et l’aveuglement gouvernent la réflexion, qu’ils conduisent à des interprétations erronées des données statistiques et à des décisions administratives disproportionnées, souvent inutiles voire contre-productives. (…) une partie des sujets classifiés parmi les personnes «décédées de la Covid» sont en réalité mortes en raison d’une autre pathologie mais classifiées Covid parce qu’elles étaient également porteuses du virus. Or des études récentes montrent que ce groupe pourrait constituer jusqu’à 30% des décès au Royaume-Uni ces dernières semaines. Cette façon de compter de plus en plus comme «morts du Covid» des personnes en réalité atteintes avant tout d’autres maladies est probablement l’explication principale du fait que, comme cela est écrit en toutes lettres sur le site de l’Insee : «depuis le 1ᵉʳ mai, on ne constate plus en France d’excédent de mortalité par rapport à 2019». Il découle de tout ceci qu’il n’y a pas de sens à paralyser tout ou partie de la vie de la société en suivant des raisonnements qui sont parfois erronés dans leurs prémisses mêmes. Il est urgent d’arrêter l’escalade, d’accepter de remettre à plat nos connaissances scientifiques et médicales, pour redéfinir démocratiquement une stratégie sanitaire actuellement en pleine dérive autoritariste. »

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Cela, vous auriez dû le lire dans le JDD du 27 septembre : « Acceptée le samedi matin par le journaliste en charge de la rubrique « Tribune/Opinions », elle devait paraître intégralement sur le site Internet du journal et faire l’objet d’un article dans la version papier du lendemain. Le journaliste nous disait s’en féliciter car cela allait permettre un débat contradictoire avec d’autres opinions très alarmistes exprimées ce jour dans ce journal. À 16h, ce journaliste nous a pourtant prévenu que sa rédaction en chef interdisait la publication. Certitude de détenir soi-même la vérité ? Couardise ? Volonté de ne pas déplaire au gouvernement ? Nous ignorons les raisons de cette censure que personne n’a jugé utile (ou tout simplement courtois) de nous expliquer. » Complément d’information dans France Soir : « à la place, le choix éditorial du JDD fut de publier une tribune d’un collectif de 7 médecins qui mettaient en garde contre une éventuelle seconde vague et demandait des mesures sanitaires radicales dès ce week-end pour des vacances de la Toussaint sereines. Ces médecins sont parmi ceux que l’on retrouve sur les plateaux de télevision depuis le début de la pandémie : Karine Lacombe, Gilbert Deray, Bruno Megarbane.  Un choix éditorial aux connotations politiques et sanitaires, perpétuant ainsi le discours anxiogène du gouvernement qui depuis plusieurs semaines est à la recherche d’une hypothétique seconde vague. »

Plus de 250 scientifiques qui dénoncent une « dérive autoritariste » d’un côté, 7 médecins qui volent au secours de mesures toujours plus restrictives de l’autre : le média de Jean-Luc Lagardère a fait son choix.

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Sep 272020
 

Le milieu scolaire et universitaire est le nouveau numéro un des foyers de contamination. Mais heureusement, à croire Jean-Michel Blanquer, le virus ne déjeune pas à midi.

bobards

Jean-Michel Blanquer superstar ! Nouveau Bonnet d’âne attribué au ministre de l’Éducation nationale, le troisième déjà depuis mai dernier. Accrochez-vous, déclaration de très haut niveau : une cantine scolaire, « ce n’est pas la même chose qu’un bar. […] C’est à l’heure de midi, ce n’est pas le soir et par ailleurs, il y a évidemment des personnes pour s’occuper du fait que les enfants respectent les gestes barrières. » Sérieusement, Jean-Mimi, cette histoire de midi et de soir ? Quel est le rapport avec le virus ? Nous en restons pantois : que peut-il bien se passer dans le crâne d’œuf de Blanquer pour livrer un argument aussi dénué de sens ?

Quant aux « gestes barrières », ils n’empêchent pas les enfants et adolescents d’être entassés à la cantine. « On ne se contamine pas plus en allant à l’école qu’en vivant d’autres aspects de la vie sociale, affirme aussi le ministre. Je dirai que c’est même probablement moins car c’est un lieu où on respecte plus les gestes barrières que d’autres lieux. » Raté : le dernier point épidémiologique de Santé publique France, en date du 24 septembre, nous apprend justement l’inverse. Le milieu scolaire et universitaire est celui où l’on trouve désormais le plus grand nombre de foyers de contamination (clusters), avec 32%, détrônant les entreprises, dix points derrière.

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Sep 092020
 

Le gouvernement annonce 25 milliards sur 10 ans, historique ! En réalité, ce sont 224 millions tout de suite, et le reste si les futurs gouvernants le veulent bien. Macron joue encore au bonneteau : « Tu les vois mes milliards ? Hop, tu les vois plus ! ».

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Marie Sonnette, maîtresse de conférences en sociologie à l’Université d’Angers et membre du collectif Facs et labos en lutte était tout à l’heure l’invitée du 5/7 de France Inter (à partir d’1h19 dans le podcast). En question, le projet de loi sur la recherche, examiné au parlement cette semaine. « Un effort que ce gouvernement entreprend sans commune mesure depuis 1945 », d’après Jean Castex, de 25 milliards sur 10 ans. « C’est plutôt une bonne nouvelle, non ? », l’interroge la journaliste Mathilde Munos. « Vous savez, les promesses n’engagent que ceux qui les tiennent, répond la chercheuse. Et en l’occurrence, ce que nous propose le gouvernement ici, c’est 224 millions dans la prochaine année, et ensuite effectivement jusqu’à 2030 un certain nombre de milliards, dont la plus grande partie seront donnés en 2030, c’est-à dire 3 milliards en 2030. Le gouvernement Macron, lui, en fait, aujourd’hui, s’engage sur 224 millions, ce qui est une toute petite enveloppe pour la recherche. (…) Pour arriver aux 3% du PIB, il nous faudrait 18 milliards d’euros. » Vous la sentez venir, l’entourloupe ? Mathilde Munos aussi : « Si cette trajectoire budgétaire est votée, elle pourrait être détricotée plus tard par un prochain gouvernement, par exemple, c’est pas gravé dans le marbre ? », avance-t-elle, faussement candide. « C’est pas gravé dans le marbre, confirme la sociologue. Chaque gouvernement est bien-sûr libre de ses choix budgéraires. »

Déjà, le gouvernement parlait fin juillet de 400 millions, qui sont devenus subitement 224. Ensuite, le Premier ministre s’engage sur du vent. Éventuellement, plus tard, si les futurs gouvernements le veulent bien… Un foutage de gueule intégral. Un de plus en Macronie.

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Sep 062020
 

Découvrez les incroyables déclarations de ces ministres macronistes, qui semblent ne plus même se rendre compte de l’énormité de leurs propos. Au point de convoquer le grand penseur italien Aldo Maccione pour leur intimer : « Tais-toi quand tu parles » !

Commençons notre distribution de gifles par le champion des champions de ce jour, Olivier Véran, ministre de la Santé, déjà distingué pour ses perles sur plumedepresse le mois dernier, un habitué ! De quoi s’agit-il cette fois ? Le foutage de gueule à propos des masques continue de plus belle :

Tellement énorme que ça tient de la provocation

Relisez posément : « Je ne voudrais pas que les Français pensent qu’on leur a caché l’utilité du masque parce qu’on en aurait manqué ». Véran possède l’esprit de synthèse : il a parfaitement résumé la situation. Tout en la niant, contre l’évidence, quitte à insulter collectivement l’intelligence des Français. Ou voulait-il dire : il ne faudrait pas que les Français aient compris qu’on a prétendu que les masques ne servaient à rien parce qu’il n’y en avait pas. Mais c’est trop tard, pauvre docteur Véran ! L’ancien élu local Christophe Grébert, journaliste blogueur (ex PS puis ex Modem, désormais cadre d’Anticor) rétorque fort à propos :

Les faits sont têtus

La gestion de l’affaire des masques par le gouvernement suscitait déjà la risée générale (on se souvient par exemple des sketchs de Sibeth Ndiaye) ; Véran ajoute simplement une dose de ridicule supplémentaire. En parlant de ridicule, il est un autre ministre qui s’en couvre lui aussi joyeusement, l’inénarrable Gérald Darmanin.

On salue le niveau

Le ministre de l’Intérieur avait à nouveau parlé d’ensauvagement et aussitôt ordonné une opération de police à Grenoble à la vue d’images qui étaient en réalité celles du tournage d’un clip de rap. Après cet épisode des plus grotesques, il enchaîne avec cette déclaration sur le sujet des stupéfiants : « S’il n’y avait pas de consommation, CQFD, il n’y aurait pas de trafics ». Oh bien sûr, s’il n’existait pas de fumeurs de cannabis pour en acheter, il ne s’en vendrait pas. Cette lapalissade vaut à Gérald-la-flèche la moquerie de méchantes langues, mais ne nous y arrêtons pas : ce n’est nullement la consommation qui crée les trafics mais bien la prohibition. Légaliser la consommation de cannabis, comme dans des pays de plus en plus nombreux, voilà qui mettrait fin aux trafics (de cannabis). Quant à la prohibition, que Darmanin-le-cowboy dit vouloir durcir – avec des déclarations de matamore au petit pied du style « Ce sont les trafiquants qui vont arrêter de dormir » -, elle représente « un échec complet », comme le résume cet article de L’Humanité : « La répression a totalement échoué, il faut désormais légaliser. Voilà la position très claire avancée par le Conseil d’analyse économique (CAE) qui conseille le premier ministre dans une note intitulée Cannabis : comment reprendre le contrôle ? «En dépit d’une des politiques les plus répressives d’Europe, les Français, et en particulier les mineurs, figurent parmi les plus gros consommateurs de cannabis de l’UE. Le système actuel de prohibition ne fonctionne pas : il est inapte à protéger les plus fragiles, il pèse lourdement sur les dépenses publiques et il profite au crime organisé !» proclament, dans un verdict sans appel, les auteurs de cette étude, les économistes Emmanuelle Auriol et Pierre-Yves Geoffard, qui estiment qu’«on ne peut pas faire pire qu’aujourd’hui». Qu’ils sont défaitistes ! Comptons sur Darmanin pour y parvenir.

Notre troisième ministre du jour à conquérir de haute lutte sa place dans notre rubrique Ferme ta gueule! est celle du Travail, Élisabeth Borne, citée par FranceTVInfo : « École ou classe fermée pour cause de Covid-19 : « La priorité c’est que les parents puissent continuer à travailler ».

À ce degré de cynisme…

L’urgence sanitaire, le devoir de protéger les enfants, potentielles victimes de contaminations ? L’éducation, cette noble mission de la République que d’instruire les jeunes générations, de former les citoyens de demain ? Non, « que les parents puissent continuer à travailler », voilà la priorité pour Borne, qui les dépasse en l’occurrence allègrement. Tellement prioritaire que le gouvernement, est-ce ballot, n’a pas pensé à ce qu’il adviendrait des parents qui ne pourront tout de même pas aller travailler. Parce qu’il y avait vendredi 22 établissements et une centaine de classes fermées, d’après le décompte du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui a préparé cette rentrée de façon totalement indigente. Pensez-vous que nous exagérons en affirmant que le gouvernement n’y avait pas songé ? « Au micro de France Info, Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du logement, a promis «une solution rapide» pour les parents qui ne peuvent plus mettre leurs enfants à l’école à la suite de la fermeture de classes, où des cas de coronavirus ont été détectés. «Une solution rapide» sera trouvée «dans quelques jours», a-t-elle affirmé ce samedi 5 septembre. » Rappel, la rentrée s’est déroulée mardi. «Cette solution sera soit un mode de garde qui permet quand même aux parents d’aller travailler, soit évidemment le télétravail si c’est possible, c’est la solution la plus simple, soit, sinon une forme d’indemnisation», a détaillé la ministre. «Elle n’est pas complètement dessinée aujourd’hui mais on y travaille», a-t-elle précisé. » Il serait temps : ce n’est pas comme si on n’avait pas pu prévoir qu’il y aurait immanquablement des classes et des établissements fermés ! Impréparation, improvisation, incompétence… La marque de fabrique macroniste.

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Sep 012020
 
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Deuxième Bonnet d’âne pour notre distingué ministre de l’Éducation nationale : à l’heure des vérifications généralisées – et ô combien bienvenues – par les journalistes de la véracité des propos tenus en public, il ne faut plus mentir, Jean-Michel Blanquer ! Les masques, « fourniture scolaire comme une autre » selon lui, ne seraient distribués gratuitement nulle part dans le monde. Ce qui justifierait que les macronistes refusent toujours, inébranlablement et désormais contre la classe politique française dans son entier (les Insoumis ayant été précurseurs), de les mettre gratuitement à la disposition de la population. Eh bien c’est faux. C’est Checknews, de Libération, qui s’y colle :  ils sont bel et bien gratuits dans deux pays européens, la Grèce et l’Italie, où 11 millions de maques seront distribués chaque jour.

A l’heure du retour sur les bancs de près de 12 millions d’élèves français, marquée par une improvisation permanente qui n’a d’égale qu’une criante impréparation, bonne rentrée scolaire à tous !

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