Mai 212020
 

En pleine série de billets sur le rapport au mensonge de la Macronie, puisque le poisson pourrit toujours par la tête, Emmanuel Macron lui-même ose le méta mensonge, tellement énorme que nous en restons stupéfait. Lors d’un reportage de BFM TV au titre putassier, Au cœur de l’Élysée, face à la crise, il fut donc entre autres question des masques : « Il y a eu une doctrine restrictive, pour ne jamais être en rupture, que le gouvernement a prise et qui était la bonne. Il y a eu ensuite un approvisionnement et une production renforcés et nous n’avons jamais été en rupture. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a eu des manques, qu’il y a eu des tensions, c’est ça qu’il faudra regarder pour le corriger et pour le prévenir… Ayons collectivement l’honnêteté de dire qu’au début du mois de mars, personne ne parlait des masques, parce que nous n’aurions jamais pensé être obligés de restreindre la distribution de ceux-ci, pour les donner aux soignants. »

Marianne réfute la fin de l’assertion présidentielle : « Rappelons tout de même que l’agence Santé publique France avait alerté sur l’état des stocks dans une note adressée en 2018 au directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. En 2019, un collège d’experts missionné par Santé publique France recommandait quant à lui de stocker un milliard de masques en prévision d’une pandémie, au risque d’une… pénurie. « Les recommandations d’utilisation des masques n’ont pas à être modifiées. En cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30% de la population française. » Soit un stock d’un milliard de masques. « Le stock devrait être renouvelé pour éviter d’atteindre la date de péremption des masques », insistaient-ils. »

Gonflée, Sa Suffisance Présidentielle ! « Au début de mois de mars, personne ne parlait des masques », prétend-il, mine de tomber de la lune, alors que le problème avait bien été soulevé dès 2018 ? Et il ose invoquer « l’honnêteté collective » ?

On traduit sans mal l’histoire de la « doctrine restrictive » : comme il n’y avait pas de masques, les macronistes ont proclamé qu’il n’en fallait pas. Mais voilà, le président en vient ainsi à nier l’évidence : « Nous n’avons jamais été en rupture », ne craint-il donc pas d’affirmer. Mensonge digne d’un Donald Trump, proprement invraisemblable avec les centaines de faits recensés par les médias pour attester de l’existence objective de ladite rupture. Nos confrères précités sortent leurs sources : « Quant à la pénurie, elle a bien eu lieu, comme Marianne l’a relaté. De nombreux soignants ont ainsi dû travailler avec des masques périmés, quand d’autres ont été contraints de réutiliser le même toute une journée, bien au-delà des quatre heures d’efficacité des protections. Pour pallier les carences de l’État, de nombreuses initiatives individuelles et locales sont nées (…). »

Cet acte de révisionnisme présidentiel

Puisque l’on parle de soignants, convoquons Christian Lehmann, médecin et écrivain avec lequel nous avions un jour donné conférence commune à l’époque des parutions de Sarkozy, la grande manipulation, pour nous, et de Sarkolangue pour lui, en 2008. Voici ce que « Docteur Justice » écrit dans Libération : « La France a été confinée à cause de la pénurie de masques. Les stocks étaient si bas que les soignants en première ligne ont été confrontés au coronavirus avec des protections inadéquates, des masques chirurgicaux périmés, quand il leur aurait fallu des FFP2. Généraliste, en première ligne en ville, ma dotation depuis deux mois et demi n’a comporté que six masques FFP2, soit de quoi assurer théoriquement trois journées de travail. En ville, des aides-soignantes, des infirmières, ont dû travailler sans protection. Des soignants en réanimation se sont habillés de sacs-poubelles. Des personnels administratifs ou soignants dans les hôpitaux ont dû avoir recours à la bonne volonté et à la débrouillardise de fabricants de visières et de couseuses amateures et bénévoles aujourd’hui renvoyées à leur anonymat. Leur contribution essentielle est niée par cet acte de révisionnisme présidentiel. Des dizaines de milliers de soignants ont été contaminés, 25 000 à l’hôpital, 40 500 dans les établissements sociaux et médico-sociaux, et un nombre encore inconnu en ville. Je ne ressens pas seulement de la colère. C’est bien au-delà. C’est de la sidération. (…) Qu’espèrent-ils nous faire croire ? Qu’il n’existait pas de pénurie ? Que le gouvernement a disposé tout au long de ces mois de confinement d’un stock suffisant qu’il n’aurait pas distribué aux soignants qui en avaient besoin ? On n’est plus même dans de la mauvaise foi, même plus dans les «alternative facts», les vérités alternatives, terme inventé par Kellyanne Conway, conseillère de Donald Trump (…). Nous sommes ici, collectivement, peuple et soignants, devant un raisonnement sectaire d’un tel aveuglement qu’il confronte le pouvoir à une accusation plus grave encore que celle de l’impéritie : la mise en danger délibérée de la vie d’autrui. »

Et au fait, puisque masques aujourd’hui il y a et que nous sommes tous incités à les porter – voire obligés dans les transports en commun -, on en parle de leur indispensable gratuité ?

https://lafranceinsoumise.fr/2020/04/28/coronavirus-ppl-lfi-gratuite-masques/
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Mai 182020
 

Nous vous en parlions dans un billet précédent : la création par le gouvernement du dispositif DésInfox, censé lutter contre les fausses informations, n’empêche pas l’équipe au pouvoir de continuer d’affirmer des contre-vérités. Suprême hypocrisie qui nous invite à jouer avec les gouvernementeurs aux arroseurs arrosés. À commencer par Sibeth Ndiaye. La porte-parole sait bien pourtant que ses déclarations sont particulièrement scrutées, au vu de ses antécédents, mais c’est plus fort qu’elle, dirait-on. Quand bien même la vérification de ce qu’elle avance est élémentaire.

Les décodeurs du Monde s’en chargent : « L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a-t-elle attendu le mois d’avril pour enjoindre aux pays d’effectuer des tests de dépistage des personnes suspectées d’être porteuses du SARS-CoV-2 ? C’est ce qu’a déclaré la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, sur BFM-TV, le 10 mai. Selon elle, la France se serait alignée sur les recommandations de l’OMS afin d’augmenter, au mois d’avril, les capacités de tests sur son territoire. Alors que la France a pris du retard dans sa stratégie, et que l’objectif gouvernemental annoncé de 700 000 tests par semaine est loin d’être atteint, Mme Ndiaye dit-elle vrai ? » À votre avis ? La vérité est que le directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, a énoncé cette préconisation dès le 6 mars, répétée le 11 et martelée le 13 : trois fois, l’OMS a indiqué qu’un dépistage généralisé était nécessaire ! Et le directeur général déclarait le 16 mars : « Nous n’avons pas vu d’escalade assez urgente dans le dépistage, l’isolement et la recherche des contacts, qui sont le pilier de la riposte. » 

Ndiaye a menti, c’est entendu. Le gouvernement n’a pas voulu entendre la recommandation de l’OMS. Emmanuel Macron en personne s’est même autorisé à pontifier le 13 avril, comme cité par L’Obs :  « Nous n’allons pas tester toutes les Françaises et tous les Français, ça n’aurait pas de sens ». Sa Suffisance présidentielle contredisait ainsi, avec l’insupportable aplomb qu’on lui connaît, la doctrine officielle de la communauté scientifique internationale. Et que dire du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui prétend que dépister chaque Français répondrait « à des attentes médiatiques », mais « pas à des attentes médicales » ? Quel toupet ! L’hôte de la place Beauvau aura sans doute confondu : OMS ne signifie pas Organisation médiatique de la santé ! À croire que la Macronie a faite sienne la maxime de Joseph Goebbels : « Plus le mensonge est gros, mieux il passe ».

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Mai 052020
 

Toujours soucieux de donner un coup de main au gouvernement – vous nous connaissez ! -, Plumedepresse.net propose sa contribution dans la lutte contre les fausses informations engagée par la Macronie, qui vient de créer son propre service de factchecking (vérification des faits, pour les personnes hermétiques à l’anglais), la rubrique Désinfox sur le site gouvernemental officiel. C’est la porte-parole Sibeth Ndiaye qui l’a elle-même annoncé sur Twitter, déclenchant une hilarité furieusement contagieuse parmi les internautes.

Désinfox recense donc des articles de presse, de FranceTVInfo, Libération, 20 Minutes, l’AFP, Le Monde…, qui démentent les informations erronées circulant à propos du Covid-19. Justement, en bon journaliste citoyen, nous lui signalons la parution d’un article qui participe de façon exemplaire à cette entreprise de salubrité médiatique : Réouverture des écoles : le choix du gouvernement est bien en désaccord avec le conseil scientifique, du Monde. Parce que figurez-vous que certains prétendent l’inverse ! Un exemple ? Olivier Véran, ministre de la Santé (et mêmes des Solidarités paraît-il). « Le conseil scientifique était opposé à la réouverture des écoles comme avant, ce qui n’a jamais été notre volonté. Nous sommes donc en accord », a déclaré le bougre.

Or qu’a précisément statué le Conseil scientifique, dans son avis finalisé le 16 avril ? « Le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes. En conséquence, le Conseil scientifique propose de maintenir les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre. » Les Décodeurs, pseudonyme collectif des auteurs de cette rubrique du Monde, poursuivent leur démontage : « Les recommandations sanitaires publiées dans l’avis du 24 avril ne changent pas la position du Conseil scientifique : celui-ci énonce clairement une deuxième fois avoir « pris acte » de la décision politique et formule des recommandations en conséquence de cette décision. M. Véran joue sur le fait que le conseil a formulé ces recommandations pour sous-entendre qu’il soutient cette décision, ce qui est inexact, pour trois raisons. D’abord, parce que le conseil a énoncé une position opposée claire, ensuite parce que le conseil n’a, à aucun moment, dit « soutenir » de près ou de loin cette initiative. Et, enfin, parce que ses recommandations suivantes ne changent pas sa position. Le conseil a en effet un rôle d’aide à la décision qui implique qu’il formule des recommandations pour éclairer la décision politique… ou s’adapter à celles déjà prises. »

Quand le gouvernement se pique de traquer les fausses informations, que ses membres en profèrent eux-mêmes fait singulièrement désordre. Ou comme dit le proberbe, « Quand on grimpe au cocotier, il faut avoir le cul propre ».

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Nov 142019
 

« Alors que le président de la République est attendu à Dormans et Epernay ce jeudi 14 novembre, le préfet de la Marne a pris un arrêté pour interdire tout rassemblement à Epernay et dans les 11 autres communes traversées par Emmanuel Macron« , nous apprend France Bleu Champagne-Ardenne. Information qui, soit dit en passant, a complètement été omise par France Inter, que nous écoutons en boucle depuis 5h et demi. Ce qui interdit aux auditeurs de la radio d’Etat et de service publique de s’interroger sur la légitimité démocratique de cette décision, qu’ils ignorent. Bref… Parce que que révèle au fond cet arrêté préfectoral ? Que l’Etat – le préfet en est l’autorité locale, aux ordres directs du gouvernement – prive tout simplement les citoyens du droit constitutionnel de manifester leur colère, voire leur détestation du petit marquis de l’Elysée, dont l’image ne doit pas être écornée par de spectaculaires images de protestations. Au contraire, les mauvaises langues – dont nous somme – s’attendent à ce qu’une poignée de « figurants », adhérents à La République en marche, viennent acclamer leur champion et donner l’impression, filmés en plan serré, d’un bain de foule illustrant la popularité du président de la République.

Il fallait oser ce titre ! Big Fan of Macron TV ?

Une pure propagande mensongère et une manipulation de l’opinion, quand la réalité objective est que, où qu’il aille, une majorité de Français n’a qu’un désir : aller lui dire en face – « Qu’ils viennent me chercher !« , avait lancé le matamore – la révolte que suscite l’injustice sociale et écologique (les deux mamelles du Parti de gauche et de la France insoumise, auxquels nous appartenons) de sa politique de droite. Mécontentement – et il s’agit d’un euphémisme – dopé par l’arrogance d’autant plus insupportable du bonhomme et l’hypocrisie manifeste de celui qui tient de beaux discours incompatibles avec la politique concrète qu’il mène, s’attaquant aux valeurs qu’il prétend défendre. Notamment, exemples les plus criants, concernant les enjeux environnementaux ou lorsqu’on entend, abasourdi, le haut-commissaire aux retraites délégué auprès d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités (sic) et de la Santé, Jean-Paul Delevoye, vanter la future réforme des retraites, qui va faire les poches de l’immense majorité des Français, comme une réforme sociale ! Ah, rien ne les arrête. Mais ce n’est pas nouveau. Macron est le fils spirituel de Nicolas Sarkozy. Et la France gouverne contre son peuple depuis le tournant de la rigueur, en 1983. Nous sommes bientôt en 2020 et nous avouons bien fatigué.

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Oct 302019
 

Charles Enderlin, correspondant à Jérusalem de France 2 de 1981 à 2015, a publié le message suivant sur sa page Facebook : « Je viens de terminer la lecture de l’excellent livre « Mauvais juif » de Piotr Smolar. Avec parfois des accents de pamphlétaire, il décrit l’Israël tel qu’il l’a vécu pendant son séjour en qualité d’envoyé spécial. De fait il a été un des meilleurs correspondants du Monde ces dernières décennies. Surtout en décrivant la dérive messianico-identitaire du pays, la lente descente aux enfers du conflit avec les Palestiniens. Ce que de nombreux envoyés spéciaux évitent d’évoquer. Les chaines de télévision françaises, par peur des réactions du Crif et des autres éléments de la communauté… Ni TF1 ni France 2 n’ont décrit l’effondrement de la démocratie israélienne au cours de ces dix dernières années. Donc, merci Piotr ! »

Ce n’est pas une surprise pour les soutiens de la cause palestinienne, dont nous sommes. Il est des sujets que « de nombreux envoyés spéciaux évitent d’évoquer ». L’explication de l’éminent confrère pointe ce que nous pourrions qualifier de pression paralysante, émanant essentiellement du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Mais quid alors du droit des citoyens à l’information, fondement de la démocratie ? Et que relaie le Crif de façon obsessionnelle ? La propagande sioniste. Donc Enderlin nous explique que les télés françaises cachent à leurs spectateurs la réalité par crainte des réactions (doit-on lire représailles ?) d’une institution aux ordres de la hasbara ! [ הסברה : explication ou éclaircissement en hébreu, appellation de l’appareil gouvernemental de propagande]
Difficile dans ce cas d’ouvrir les yeux de l’opinion sur ce qu’on nomme souvent de façon parfaitement impropre « conflit israélo-palestinien », quand il s’agit en réalité de l’oppression d’un peuple par une armée d’occupation, objectivement. Mais cela, on ne le dit pas trop sur les télés françaises – ni les radios, ni les grands médias en général. Ça ne ferait pas plaisir au Crif, pensez!

Mais au fond, de quoi ont peur les journalistes soumis à la pression paralysante du Crif, qui les empêche de dire la vérité ? Que pourrait contre eux le Crif ? Les faire licencier ? Auraient-ils même peur pour leur intégrité physique, connaissant les énergumènes de la Ligue de défense juive, qui a ses entrées au Crif ? La question est posée du pouvoir d’influence de ce groupe de pression, qui véhicule la parole de Tel Aviv, sur l’information en France.

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Mai 062018
 

Amélie de Montchalin, députée La République en marche de l’Essonne, l’a répété quatre fois ce matin sur France Inter, pour justifier la politique menée par Emmanuel Macron, quand bien même le dernier sondage indique l’opposition de 55% des Français. Pire, « L’action d’Emmanuel Macron pour ce qui est du pouvoir d’achat et de la réduction des inégalités sociales est jugée sévèrement, 78% des Français estimant qu’elle va dans le mauvais sens ». Mais qu’à cela ne tienne, « Nous avons été élus sur un projet », a seriné la jeune femme. Sans que jamais Éric Delvaux, journaliste préposé à l’interview, ne formule la moindre objection. Continue reading »

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