Jan 232012
 

La dette, c’est la droite !, accuse Jean Gadrey, professeur d’économie à l’université de Lille 1, sur son blog hébergé par Alternatives économiques : « Le discours dominant est simple et malheureusement il n’est pas dépourvu d’efficacité : la dette publique s’expliquerait par l’excès de dépenses publiques et, dans ce domaine, la gauche serait dispendieuse alors que la droite serait économe. Tous les économistes un peu sérieux n’appartenant pas à la meute des « nouveaux chiens de garde » ont depuis longtemps démontré que le gonflement de la dette publique n’avait RIEN A VOIR avec une progression des dépenses (leur poids dans le PIB a nettement reculé s’agissant des dépenses de l’État, et il est à peu près stable dans la dernière période pour l’ensemble des dépenses publiques). En complément, je vous livre un beau graphique mis au point par un ami économiste et membre d’Attac, Robert Joumard. Donc vous ne le verrez pas à la télé, ni lui ni son graphique. Il représente l’augmentation du poids de la dette en % du PIB d’une année sur l’autre depuis 1978. Robert Joumard a eu l’idée fort simple de faire du coloriage en bleu ou en rose en fonction de la nature de droite ou de gauche du gouvernement. Le résultat est limpide : on trouve une tendance à ce que LE POIDS DE LA DETTE PROGRESSE NETTEMENT PLUS EN MOYENNE QUAND LA DROITE EST AU POUVOIR, à l’opposé du discours que j’ai rappelé au début de ce billet.

graphdettedroitegauche.jpg

(…) la responsabilité historique de la droite, en particulier depuis 2002, est d’avoir DELIBEREMENT privé l’État de recettes énormes au nom de l’idéologie funeste du « moins d’État », en multipliant les niches et cadeaux fiscaux et les réductions de cotisations patronales. C’est pour cela que, pour l’essentiel, l’excès de dette peut être attribué aux politiques de droite d’inspiration néolibérales, à la fois sous l’angle du « moins d’État », des cadeaux aux plus riches et de la soumission aux intérêts des acteurs de la finance. Dans le double sens des « intérêts » : leurs intérêts de classe, et les intérêts à verser aux prêteurs privés et aux spéculateurs dès lors que les gouvernants ont choisi de se mettre sous leur coupe en leur réservant le droit de prêter directement aux États.« 

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  2 commentaires à “Comment les libéraux volent le peuple”

  1. A ces déficits annuels (la dette est la somme des déficits), on doit ajouter les pertes de capitaux consécutifs aux privatisations et les emprunts d’état (emprunt Balladur qu’on n’a pas fini de rembourser, très loin de là, le fameux grand emprunt de l’an passé, une goujaterie extraordinaire au regard du discours sur la nécessité conjointe, et non réalisée, de réduire non pas encore la dette mais le déficit d’une année à l’autre).

  2. Au bon temps de la Révolution, toute cette canaille UMP et satellites aurait été raccourcie.

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