Avr 012012
 

Article de pure propagande sarkozyste  dans Sud-Ouest, signé Bruno Dive : « L’espoir est-il en train de changer de camp ? Après LE sondage qui avait placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, vers la mi-mars – sondage bien vite démenti par d’autres -, » [mais je m’appuie quand même dessus au passage] « puis la séquence dramatique de Montauban et de Toulouse, le président sortant a repris sa marche en avant. » Marche en avant, diable, n’est-ce pas irrésistible ? « Presque tous les instituts le donnent désormais en tête », – si on veut, ça dépend des jours -, « devant un François Hollande qui s’effrite. L’un de ces instituts l’a même évalué cette semaine à 30%, tout proche de son score de 2007 (31%). Sarkozy atteindrait ainsi son premier objectif. » Il y a donc un improbable sondage miracle pour appuyer l’idée de triomphale marche vers la gloire du martial président. « Bien sûr, au second tour, François Hollande l’emporte toujours avec une marge confortable. » On sent que le gars a eu super du mal à l’écrire, ça. « Mais là aussi les courbes se resserrent. » Ouf, on a eu peur mais c’est bon, Dive est reparti. « Nous sommes loin des 60-40 de l’automne, auxquels personne ne croyait vraiment ; plutôt dans le 53-47, c’est-à-dire l’inverse du résultat de 2007. Mais une dynamique s’est incontestablement enclenchée, pour le premier, puis pour le second tour. » Si c’est incontestable, alors… « Signal encourageant pour le président sortant : les électeurs de François Bayrou et ceux de Marine Le Pen seraient plus nombreux à se reporter sur lui : la moitié des premiers, 40% des seconds, selon l’Ifop pour le JDD de la semaine dernière. » Là c’est clair, alors, on sent qu’il va gagner, Sarkozy ! Regardez l’image qui illustre l’article, n’est-il pas beau, en plus, notre grand homme d’Etat, ne sent-il pas bon ? Voyez-vous ce sourire si doux ?

Voilà le dernier axe de communication sarkozyste, faire croire qu’une victoire du champion se dessine. Alors que, dans la réalité ? Chez les vrais gens, ceux que l’on croise tous les jours, partout ? Eh bien, l’on sent plutôt un ras-le-bol général, un dégoût. Marre d’être pris pour des imbéciles de façon si vulgaire, depuis si longtemps. « Le changement, c’est nous ! », osent même les UMPistes, au pouvoir depuis 12 ans consécutifs. L’homme qui annonce dans Paris Match qu’il va changer, après avoir déjà quatre fois fait le coup d’annoncer qu’il avait changé, dans combien de temps sera-t-il enfin fini ? Le rejet est massif, de l’imposteur, du menteur, du manipulateur, de l’homme qui trahit toutes les promesses, cyniquement. Du président des riches et des puissants qui inflige au peuple toujours davantage de sacrifices. Du pyromane qui excite les pulsions xénophobes pour une poignée de votes frontistes. Salement mouillé en outre dans de sales affaires, de Karachi à Bettencourt, comment l’insupportable bonimenteur pourrait-il conserver la moindre once de crédibilité avec son bilan ?

Non, Sarkozy n’a aucune chance. Le rejet est massif. On ne peut plus le voir, qu’il dégage ! Le Parti de gauche en a même fait un tee-shirt.

La dernière tentative désespérée des sarkozystes consiste donc à faire croire qu’ils peuvent gagner, au prix d’un formidable déni de réalité. Et tous les médias aux ordres, toute la propagande droitière va désormais s’épuiser à afficher son candidat dans un costume d’homme d’État beaucoup trop large pour sa stature et reprendre en boucle la minable intox d’une possible victoire. Durant ces trois dernières semaines, il faut s’attendre à un déferlement continu de manipulation médiatique. Souvenez-vous de 2007 ! De Lagardère à Bolloré en passant par Bouygues et Dassault, la force de frappe est toujours aussi impressionnante et les sarkozystes vont faire donner la grosse artillerie. « En réalité, l’UMP est la secte, coupée du monde et des réalités, des adorateurs d’Émile Coué, inventeur de la méthode qui porte son nom, « forme d’autosuggestion censée entraîner l’adhésion du sujet aux idées positives qu’il s’impose et ainsi un mieux-être psychologique ou physique », écrivions-nous en octobre 2010, en plein conflit des retraites. Mais ce n’est pas en répétant tous les matins et tous les soirs que les Français ont compris et acceptent votre réforme que ça en devient vrai. Parce que non, mille fois non, Messieurs les menteurs et manipulateurs : ce que les Français ont compris, c’est bien qu’il s’agit d’une contre-réforme antisociale ! » À l’époque, sept Français sur dix rejetaient le projet qui leur sera imposé en force – qu’Hollande entérine tranquillement aujourd’hui, le traître ! Et les UMPistes se répandaient partout comme se déversent les égoûts, invoquant un soutien populaire dont ils étaient pourtant à l’évidence désespérément privés. La règle reste vraie aujourd’hui : ce n’est pas en claironnant matin et soir que Sarkozy va gagner que l’hypothèse d’une amnésie collective frappant l’électorat dans trois semaines en devient crédible !

Alors ? Face à la déconfiture sarkozyste monte la vague de L’humain d’abord. Les partageux, les solidaires, « la France belle et rebelle », emmenée par le Front de gauche avec Jean-Luc Mélenchon en porte-drapeau. Inlassable combattant. Sur les plateaux et les estrades, sans répit il ferraille, il touche, il pique, il convainc. Comme transporté par la force en train de se constituer derrière lui, qui dépasse largement sa simple personne, comme il le confie lui-même. Il rassemble des foules énormes : 23 000 à Lille le jour où le président sortant-candidat bourrait une salle nantaise de 7000 militants rameutés en bus de la France entière ! « Méluche » s’installe comme troisième homme de la présidentielle et poursuit, pour lui on peut l’écrire, sa marche en avant. Au moment où l’épouvantail Le Pen apparaît pour ce qu’il est, l’argument du « vote utile » ne tient plus. Le seul vote utile pour ceux qui veulent un vrai changement – et non « donner du sens à la rigueur » -, c’est le bulletin du Front de gauche. Jusqu’où peut aller cette dynamique qui porte la gauche française ? L’objectif est désormais de se qualifier pour le deuxième tour. « Ils ignoraient que c’était impossible, alors ils l’ont fait ! » Non, Messieurs du JDD, la question n’est pas « Peut-il faire perdre Hollande ? », mais : peut-il faire gagner la gauche ?

 

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  2 commentaires à “Coué à l’Elysée : et la presse aux ordres trompette”

  1. Ah, c’est pourtant dans le même Sud Ouest que j’ai appris le théorème de Thomas en sociologie : « Est possible ce que l’on croit possible. » grâce à l’interview d’Alain Garrigou, professeur de sciences politiques à Paris Nanterre qui dénonçait des sondages inacceptables : http://www.sudouest.fr/2012/03/20/un-putsch-sondagier-663683-710.php J’imagine le clan Sarkozy expert en manipulations des masses et donc je me méfie.

    Comment sont conçus les sondages ? On pose 15 questions sur l’insécurité et après on demande aux sondés pour qui ils ont l’intention de voter aux Présidentielles ? Qui dirige l’IFOP ? Opinion Way attend quel moment pour sortir son sondage 51 – 49 au second tour : l’écart se resserre, Sarkozy peut être le Réélu. Il faut l’accord des communicants de l’UMP qui ont préparé un Story Telling, on s’en doute.

    Il est évident que Sarkozy va continuer à dénigrer ses adversaires même si son bilan est catastrophique et son projet (notamment avec les négociations pour les accords compétitivité-emploi dans les entreprises dont on ne parle jamais) si dangereux et jouer avec les peurs des Français : peur de l’insécurité, des étrangers, de l’Islam, etc.

    « Être de droite c’est avoir peur »: interview de l’anthropologue Emmanuel Terray http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/03/31/emmanuel-terray-etre-de-droite-cest-avoir-peur-230692 qui dit qu’il va vraisemblablement voter pour Mélenchon…

  2. Quelle mascarade ! On ne voit plus un seul militant ump sur les marchés depuis belle lurette, ils se cachent tellement ils se font insulter. Quant aux médias à sa botte il y a un grand ménage par le vide à faire : tous dehors à coup de pieds dans le cul avec interdiction de poursuivre leurs carrières…nul part !
    N’oublions pas non plus les « vedettes » à la Réno, cette grosse tâche de Depardieu (Clavier c’est fait à l’instar des Gynéco, Faudel et autres crétins décérébrés)…boycottons à tout jamais leurs navets pourris !!!

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