Avr 032011
 

L’ami musulman imaginaire de Copé, l’omerta sur le Front de gauche dans les médias, qui relaient par contre le propagande du FN, les petits arrangements d’un maire UMP de l’Essonne, une étrange information dans la presse italienne sur l’implication française dès novembre aux côtés des insurgés libyens ainsi que le texte de notre intervention lors du Colloque « Information et médias, quels nouveaux pouvoirs d’Internet ? » : voici l’édition gratuite du Kiosque permanent du 29 au 31 mars. Et pour vous abonner et lire en temps réel notre revue de Web pluri-quotidienne, c’est par ici.

Bienvenue sur le Kiosque permanent de plumedepresse !

31 mars 2011

L’ami musulman imaginaire de Copé lui répond

23 h 59 – Ce comique troupier de Jean-François Copé s’est fendu d’une dégoulinante lettre à un ami musulman, publiée par L’Express, dans laquelle il explique à quel point, en organisant le débat sur l’islam la laïcité, ses intentions sont pures et nobles. Hilarant au deuxième degré. Un certain Marwan Muhammad lui fait une excellente réponse dont voici quelques extraits : « Tu dis vouloir m’aider à combattre les préjugés à mon sujet, mais c’est toi qui les alimentes à chaque fois que tu prononces les mots islam, menace et laïcité dans la même phrase. (…) Quand tu dis que notre foi, l’islam, est «défigurée dans l’opinion par des comportements ultraminoritaires», ce serait bien de rappeler que cette «opinion» se construit moins à partir de la réalité que du discours politique et médiatique auquel, il me semble, tu participes un peu (note ce doux euphémisme que l’amitié t’offre en privilège). (…) Tu voudras bien m’expliquer aussi pourquoi dès que tu parles d’islam, tu te sens obligé d’invoquer la laïcité pour dire quelque chose de pas sympa juste après. Si tu n’aimes pas les barbes et les foulards, libre à toi d’exprimer ton opinion. Nul besoin de faire comme tous ceux qui, pour légitimer leur rejet des formes visibles de l’islam, se drapent sous la cape de la laïcité en espérant y trouver une respectabilité à leur racisme d’autrefois. Je sais bien que tu n’en fais pas partie, toi qui poursuit des objectifs «emprunts de paix et de respect», mais c’est tout de même dans ton camp qu’on entend des gens parler de «croisades», de la «France [qui] doit rester la France» [Claude Guéant, NdA], et du jeune musulman dont on veut «qu’il travaille, qu’il ne parle pas verlan et qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers» [Nadine Morano, NdA].  Si c’est toi le chef de cette belle équipe d’esprits éclairés, je te souhaite bien du courage. C’est bien d’avoir une opinion. C’est mieux d’avoir la vérité. Or notre vérité commune est dictée par la loi de notre pays et il se trouve justement qu’en 1905, une loi a été votée pour établir le principe de laïcité que les polémistes (contre lesquels tu fais bien de t’insurger) ressassent à tort mais surtout à travers sans vraiment l’avoir lue. Et que dit-elle cette loi ? Elle dit que nous sommes libres. Libres de choisir en conscience notre religion et de la vivre comme bon nous semble, sans faire de prosélytisme et sans devoir la cacher ou la renier dans la sphère publique. Libres de s’habiller comme il nous plait, de porter une barbe ou de se couvrir la tête si on le souhaite. Libres de prendre notre place au sein de la République comme nous l’avons fait jusqu’ici en l’enrichissant de notre travail, de nos idées et de nos espoirs. Aucune instance musulmane n’a réclamé le changement de cette loi. Aucun musulman n’a demandé un privilège dont serait exclu l’un de ses concitoyens. Nous demandons, et la majorité de nos concitoyens avec nous, le strict respect de la loi de 1905. Sans cadres ni contraintes supplémentaires et sans polémiques pour venir, chaque jour un peu plus, restreindre nos libertés et nos droits fondamentaux. Mon cher Jean-François, à trop vouloir nous aider, tu risques de nous causer du tort en faisant croire qu’il y a une spécificité islamique qu’on aurait jusque là ignorée. Il n’en est rien. Nous sommes des citoyens comme les autres, acteurs anonymes des changements et des sacrifices que doit concéder notre pays aujourd’hui. Ta famille politique n’est pas étrangère à cette situation (mais bon, on ne choisit pas sa famille…).  Ce serait malheureux de donner ainsi raison à ces mauvaises langues que j’entends déjà dire qu’avec des amis comme toi… on n’a pas besoin d’ennemis. (…) Je termine en te rappelant que le respect, c’est d’accepter l’autre tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit, avec ses différences. Il serait bon que tu t’en souviennes désormais, avant d’invoquer une idée de fraternité que tu piétines chaque jour. »

Illustration signée par l’excellent Large.

Front de gauche et omerta médiatique

14 h 31 – Extrait du billet publié hier soir par Jean-Luc Mélenchon sur son blog : « le Front de gauche était présent dans 1588 cantons à l’intérieur de cet espace [les 1940 cantons renouvelables de France métropolitaine, NdA]. Il y avait recueilli 460 934 voix aux élections européennes de 2009. Il en a rassemblé, comme déjà dit, 774 666 voix au premier tour de cette série de cantonales en 2011. Cela représente donc un gain de 313 732 voix. C’est une progression de 68% de nos suffrages. Je suis certain que la soirée électorale qui a occulté tout cela vous paraît sous un jour nouveau, non ? Plus de trois cent mille voix supplémentaires dans le même temps où les autres partis de gauche, sans exception, perdaient très lourdement des voix par rapport à ce même précédent scrutin européen. Pas un mot sur le sujet. Ni sur notre score à deux chiffres. Mais du Le Pen, en veux-tu, en voilà. » Bien sûr que les tenants du « vote utile », arme de destruction massive de la démocratie, ont tout intérêt à ignorer le Front de gauche pour mieux agiter l’épouvantail du Front national. Mais chers confrères animateurs de soirées électorales sur les grands médias, désolé de vous le dire ainsi tout net : cette façon de faire, profondément malhonnête, n’honore pas votre carte de presse.

30 mars 2011

Les petits arrangements de Monsieur le maire

23 h 19 – Amusante histoire que celle de ce maire de la commune d’Etiolles (Essonne), qui comparaissait hier devant le tribunal d’Evry, exposée par Le Figaro : « Philippe Brun, 60 ans, maire depuis 2001, est soupçonné d’avoir, en février 2003, suggéré à Richard Gouy, 63 ans, l’un de ses proches, la liquidation amiable d’une entreprise dont il était gérant. Selon l’accusation, cette liquidation visait à lui permettre de bénéficier du revenu minimum d’insertion (RMI) et, ainsi, ne pas avoir à payer à son ex-épouse la pension alimentaire et les contributions à l’éducation de leurs enfants. La liquidation a été réalisée par l’une des sociétés dont le maire d’Etiolles est le gérant. Philippe Brun est également soupçonné d’avoir rémunéré Richard Gouy de façon occulte, en lui versant des « avances sur commissions » de 2 500 euros, ainsi qu’une voiture de fonction, un téléphone mobile, et autres avantages. Richard Gouy avait ensuite rempli un dossier de demande de RMI, demande appuyée par le maire. Philippe Brun a reconnu les faits d’obtention frauduleuse du RMI, mais conteste sa complicité dans l’organisation frauduleuse d’insolvabilité. Il comparaîtra également devant le tribunal correctionnel d’Evry pour « abus de biens sociaux », à l’encontre de cinq des sociétés dont il est le gérant et celle de Richard Gouy, dont il était le liquidateur amiable. » Rappelez-nous la formation politique qui n’a de cesse de dénoncer le scandale des assistés et des fraudeurs ? Et devinez à quel parti appartient Philippe Brun, maire d’Etiolles et 3ème vice-président de la Communauté d’Agglomération Seine Essonne, qui a fraudé pour attribuer à un de ses amis un RMI auquel il n’avait pas le moins du monde droit ? Bingo : l’UMP.

Sarkozy aurait-il préparé dès novembre la révolte de Benghazi ?

00 h 37 – « Selon le journaliste de la droite libérale italienne Franco Bechis, la révolte de Benghazi aurait été préparée depuis novembre 2010 par les services secrets français », relaie Réseau Voltaire. Bechis met en lumière le rôle d’un homme, Nouri Mesmari, chef du protocole de Kadhafi, arrivé en France le 21 octobre : « En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des services secrets français ». Mesmari finira par demander l’asile politique à la France. D’après le journaliste italien, il aurait jeté les bases d’une alliance entre la dissidence tunisienne, qui n’a pas encore réussi à l’époque à renverser ben Ali – il était en voyage à Tunis avant de rallier Paris -, et l’Elysée. A noter que Réseau Voltaire publie en introduction de l’article une mise en garde : « Comme le remarque Miguel Martinez du site internet progressiste ComeDonChisciotte, ces révélations, encouragées par les services secrets italiens, doivent se comprendre comme une rivalité au sein du capitalisme européen ». Les prendre par conséquent au conditionnel. Reste une question à laquelle le papier de Bechis ne répond pas : quel aurait été l’intérêt pour la France de se débarrasser de Kadhafi ?

29 mars 2011

Blogueur : entre liberté d’expression et vulnérabilité permanente

20 h 39 – J’étais invité samedi à participer à un colloque organisé par le club de réflexion politique Démocraties, qui avait pour titre : « Information et médias : quels nouveaux pouvoirs pour Internet ? » Voici le texte que j’avais rédigé pour la circonstance.

Pour le journaliste indépendant que je suis, quel bonheur qu’Internet ! Pensez donc : pas de hiérarchie susceptible de refuser tel ou tel sujet, de chicaner que le ton n’est pas assez comme ci ou trop comme ça, que l’article est trop court ou trop long… On est à la fois son propre directeur de publication et son propre rédacteur en chef : la liberté est donc totale d’aborder la thématique de son choix de la façon précise dont on entend la traiter, suivant l’actualité et l’humeur du moment. J’ai créé plumedepresse il y a cinq ans, sous-titré « le blog sabre au clair d’un journaliste engagé », pour profiter à fond de cette opportunité. Parce que tant qu’à faire de ne pas être payé, affligé du statut de pigiste précaire qui tend à devenir le lot d’une partie de plus en plus grande de la profession, autant faire passer des messages, s’exprimer, défendre la veuve, l’orphelin et une certaine conception de la justice tellement aux antipodes de la gouvernance qu’on nous inflige. Cette vision romantique du journaliste en chevalier blanc, à l’origine de ce qu’il convient bien d’appeler une vocation, jamais avant Internet je n’avais pu m’y consacrer aussi pleinement. Ceux qui nous gouvernent pratiquent le foutage de gueule généralisé avec une telle outrance que l’on bout devant l’information telle qu’elle nous est délivrée : on zappe d’un sujet à l’autre sans jamais – sauf exceptions – remettre en perspectives, approfondir, rappeler l’évolution des dossiers, les promesses qui furent faites, les constats d’aujourd’hui mettant en lumière les mensonges d’hier et permettant d’extrapoler ceux de demain. Voilà ce qui fait le succès de l’information sur Internet : cette liberté que je vante permet à des francs-tireurs les coups de gueules et réquisitoires garantis sans langue de bois désespérément absents du robinet d’eau tiède des médias classiques.

Pour autant, faut-il croire en l’existence de cette supposée cyber « zone de non-droit » que nous dépeignent volontiers non seulement des politiques ulcérés par tant d’audace que des confrères jaloux de leur monopole d’éditocrates ? Absolument pas ! Internet n’est nullement à l’abri des lois, et heureusement du reste ! Attaché en tant que journaliste à la vérité des faits, je trouve tout à fait normal que la diffamation ou l’insulte ne soient pas plus admises sur le Web que n’importe où ailleurs. Et des blogueurs font du reste régulièrement les frais – c’est le cas de le dire – de procédures judiciaires. Le problème qui se pose par contre est celui de leur extrême vulnérabilité, qui en fait des cibles de premier choix pour qui veut les briser à coup de harcèlement judiciaire. Si l’on fait un procès à  un journaliste travaillant pour un média ayant pignon sur rue, c’est ce dernier qui règlera les frais éventuels d’une condamnation. Mais un simple blogueur ? Pour bien savoir de quoi l’on parle, prenons quelques exemples. François Duarte, formateur multimédia de 35 ans auteur d’un blog potache s’en prenant à la majorité municipale (de gauche) de Noisy-le-Sec, a été condamné pour diffamation à 5 500 euros d’amende avec sursis et près de 10 000 euros de dommages et intérêts en faveur de plusieurs élus de la ville en avril 2009. Son salaire est de 1300 euros par mois… Et devinez l’audience de son blog ? 4 visiteurs uniques par jour, essentiellement des employés municipaux, précisait le site du journal  Marianne dans un article consacré à l’affaire. La disproportion saute aux yeux.

En mars 2010, un autre blogueur connu sous le nom de Fansolo a été également condamné :  14 500 euros à verser au maire d’Orléans, Serge Grouard, à cause du site parodique qu’il avait créé, parlant au nom de l’édile municipal sans que ne plane aucun doute sur le fait que ce dernier n’en était nullement l’auteur, tant les textes le ridiculisaient. Ni la diffamation ni l’injure n’ont été retenues, mais le « dénigrement ». Comme en protestait son comité de soutien, « Il aurait dénigré, c’est à dire qu’il se serait moqué de manière excessive du sérénissime maire de sa ville. A la télé, on aurait le droit de se moquer du président de la République. En Une du Canard Enchainé, on aurait le droit de se moquer de Carla, la femme du Président. Mais, à Orléans on estimerait qu’il est interdit de se moquer du Maire. » Et la liberté d’expression, me direz-vous ? Le juge ne la lui a en l’occurrence pas accordée. Fansolo s’est pourvu en cassation. Une Cour de cassation que connaît aussi notre blogueur potache de Noisy-le-Sec, François Duarte. Des agents municipaux lui ont en effet intenté un autre procès que celui l’opposant aux élus dont je vous parlais il y a un instant. Pour une sombre histoire de bouteilles de champagne appartenant à la Ville et qui auraient été bues le soir du deuxième tour des élections pour fêter la victoire de l’opposition. Déboutés en première instance, les fonctionnaires ont fait appel puis, une nouvelle fois défaits, se sont donc tournés vers la plus haute juridiction française, qui les a à son tour envoyés aux pelottes. Ce qui pose un autre problème : un fonctionnaire ne paie pas ses frais de justice, c’est la collectivité qui s’en charge. Pourquoi se gêner dès lors ? On sait ainsi par exemple que le blogueur et désormais élu municipal d’opposition (Modem) Christophe Grébert a été à de multiples reprises attaqué par la maire de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, celle-ci ayant à chaque fois perdu, n’hésitant pas à aller régulièrement jusqu’en cassation sur l’argent de ses administrés !

Moi-même, je fus enfin victime des foudres d’une véritable « vedette » de la magistrature, aujourd’hui président du tribunal de grande instance de Paris et ancien substitut du procureur de Toulouse, l’inénarrable Marc Bourragué. J’utilise le qualificatif à dessein puisque l’une des raisons de sa plainte était justement que je l’avais ainsi nommé dans un article. Ceux qui ont suivi l’affaire Patrice Alègre, le sinistre tueur en série de la région toulousaine, le connaissent bien. On le retrouve en effet à de multiples reprises en travers des procédures de ce dossier et un rapport de son supérieur hiérarchique de l’époque l’avait très gravement mise en cause, dont le contenu avait été révélé dans l’excellent ouvrage Patrice Alègre, la vérité assassinée, signé par mon confrère de La dépêche du midi, Gilles Souillés. C’est lorsque fut connue la nomination de Bourragué parmi le collège de magistrats appelés à siéger au sein de la Cour d’assises d’exception chargée de juger le présumé assassin du préfet Erignac, Yvan Colonna, que j’avais pointé sa présence en émettant, compte tenu des « casseroles » accrochées à ses basques – je parle donc ici du fameux rapport dévoilé par Souillés – de sérieux doutes sur son indépendance vis-à-vis de sa hiérarchie. Pour cela ainsi que pour l’avoir qualifié d’inénarrable, donc, il m’a attaqué en justice, brandissant l’accusation d’injure publique envers un fonctionnaire public. Je dois ici faire une très courte digression juridique : la différence entre l’injure publique et la diffamation réside dans le fait que la première n’impute aucun fait. Or ma mise en cause du magistrat reposait au contraire sur un raisonnement précis, puisque je rappelais le contexte qui m’amenait à formuler ces doutes à propos de son indépendance. Il a donc été débouté, subissant en outre l’affront de recevoir une véritable leçon de droit dans les motifs de l’arrêt qui m’a blanchi. Mais il y a un mais : le juge ne m’a pas pour autant accordé d’indemnité en vue de réparer le préjudice subi du fait de la plainte de Bourragué. Si bien que cette affaire ne lui à rien coûté du tout à lui, ses frais de justice étant pris en charge par l’Etat, alors que j’ai dû payer mes frais d’avocat, quand bien même il fut avéré qu’il m’avait attaqué à tort.

La morale de l’histoire ? Eh bien justement, il n’y en a pas. La justice coûte cher et même si l’on gagne, on risque bien d’en être de sa poche. C’est comme ça que Clearstream a failli avoir la peau de Denis Robert, à force d’un harcèlement judiciaire démentiel ! On notera en outre que Bourragué a préféré s’attaquer à un petit blogueur indépendant, qui reçoit environ 1500 visiteurs par jour, plutôt qu’à un journaliste en poste à La dépêche du midi et auteur d’un ouvrage diffusé dans toutes les librairies de France ! Une condamnation n’aurait  pas été très grave pour lui, elle eût été dramatique pour moi, compte tenu de mes revenus précaires. Et bien que vainqueur de ce duel judiciaire, j’en ai tout de même été de ma poche. Mais pour ne pas vous quitter sur cette note négative, précisons que mes lecteurs sont formidables, que je leur ai fait connaître ma situation et qu’un magnifique élan de solidarité a in fine remboursé tous mes frais. Et cette affaire, puisqu’à quelque chose malheur est bon, aura enfin eu le mérite de me fournir la matière de l’intervention que j’ai l’honneur de faire devant vous ce matin. Je vous remercie de votre attention.

Percée du FN : la propagande du parti relayée avec zèle par les médias

12 h 08 – « L’absention, les pourcentages, c’est très bienobserve le site Reporterre. Mais il est parfois utile de regarder les chiffres absolus : en nombre de voix, le Front national ne progresse pas par rapport aux élections cantonales précédentes, à l’inverse des écologistes. » @rrêt sur images note également la baisse : « Il y a eu moins de bulletins FN glissés dans l’urne en 2011, qu’en 2004 (1 490 315 contre 1 379 902, plus de 100 000 voix perdues) »Reporterre rentre dans le détail : « En 2004, le FN, présent dans 1 850 cantons sur 2 035 renouvelables, obtenait 12,13% des suffrages exprimés avec 1,49 million de voix. En 2008, le parti avait investi nettement moins de candidats et obtenu seulement 644 239 bulletins, soit 4,83%. A la lumière de ces deux précédents, le score du parti de Marine Le Pen en 2011 est un succès : présent dans 1 440 cantons, il obtient 1,38 million de voix et 15,06 % des bulletins. Il améliore donc nettement son score par rapport à 2008, mais il fait en revanche moins de voix qu’en 2004, ce que l’abstention et le moindre nombre de candidats investis expliquent en grande partie.«  Pas forcément d’accord en ce qui concerne l’abstention : l’hypothèse que l’électeur frontiste s’abstiendrait moins que les autres, tout à sa rage de déverser son fiel, nous paraît assez plausible. En conclusion, il n’est pas question de contester que les scores du FN soient inquiétants. Mais les médias, en matraquant l’opinion avec la « vague bleu Marine », reprennent exactement le discours (incantatoire) des frontistes. A qui cela profite-t-il, outre au FN ? Aux tenants du « vote utile », bien sûr…

 

PS : pour une raison de nous inconnue mais qui a trait à un problème de mémoire disponible, notre serveur n’accepte plus la publication d’articles trop longs. Voilà pourquoi nous avons dû tronçonner l’édition gratuite du Kiosque permanent de mars en trois billets distincts dont celui-ci est le dernier.

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  5 commentaires à “Dernière livraison gratuite du « Kiosque permanent » de mars”

  1. A propos de la Guerre de Libye, des infos intéressantes – et quelques articles à ne pas louper en bas de page là :

    N’oubliez pas de réagir, au moins en parlant et dénonçant la situation et les mensonges médiatiques : se taire c’est accepter et cautionner!!!

    • Il me semble que la situation en Libye nécessite beaucoup de prudence et que la présentation qui en est faite sur la page à laquelle vous renvoyez est un peu à l’emporte-pièces.

      • Effectivement, la situation nécessite de la prudence mais il me semble que les informations données là ne sont contredites par personne. Il n’est nulle part fait l’apologie de Kadhafi ou de son régime. Il est juste rappelé que les médias ont, de nouveau, joué leur rôle de propagandiste incitant à la guerre en usant de mensonges ou de demi-vérités, que la situation est celle d’une guerre civile et pas d’un « soulèvement populaire », que l’on a pas saisi les possibilités de résolution « diplomatiques » à la crise,…

        Et les articles proposés en bas de page sont (presque) tous bien « sourcés », venant de gens ou d’organes sérieux et reconnus.

        Je vous rejoins aussi sur le « à l’emporte pièce » (si c’est dans le sens de critique ascerbe, dure, tranchante), mais comment ne pas être incisif vis à vis du déferlement de propagande auquel nous assistons et aux conséquences relativement prévisibles que peut avoir une intervention armée de la « communauté internationale »?

        La critique négative que j’adresserais à cette page est son relatif manque de structure.

  2. Luc Chatel veut faire recruter des profs remplaçants via… Pôle Emploi.

    Le ministre de l’Éducation, Luc Chatel, affirme dans Le Figaro ce matin que les proviseurs pourront recruter des étudiants ou des jeunes retraités, via Pôle Emploi.

    Pour le ministre, le système actuel est « trop rigide », il faut « l’assouplir ». Les proviseurs seront en charge de se mettre en contact avec Pôle Emploi pour recruter ces contractuels « lorsque nos titulaires remplaçants ne sont pas disponibles ».

    http://www.sudouest.fr/2011/04/04/luc-chatel-veut-faire-recruter-des-profs-remplacants-via-pole-emploi-362046-4699.php

  3. […]  Plume de presse (qui a connu lui aussi quelques soucis avec un juge très susceptible, qui n’aimait guère le qualificatif d’inénarrable à son endroit…) […]

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