Mar 032011
 

Nous nous faisions l’écho, dans notre Kiosque permanent de février, d’un article de Marianne révélant qu’un salarié sur quatre, soit 6,25 millions de personnes, touchait moins de 750 euros par mois. L’hebdomadaire poursuit son étude des revenus des Français en se penchant cette fois sur l’autre extrémité du spectre social, les très riches, avec ce titre édifiant : les 100 plus gros contribuables se partagent 3 milliards d’euros par an ! « En 2008, le revenu fiscal de référence moyen de l’ensemble des contribuables plafonnait à 22 202 €, précise Emmanuel Lévy, l’auteur de l’article. Chacun de ces 100 très riches gagnait donc en un an ce qu’un Français gagnerait en presque en 1,3 millénaire, ou 300 vies de labeur à raison de la nouvelle durée légale de 42 ans de travail… Mais la note détaille également la nature de ces revenus. Et si le contribuable moyen doit boulonner pour gagner son pain quotidien, 85% de ses revenus étant constitués de salaires, pensions et autres retraites (certes différés, mais des revenus du travail aussi), ces très très riches tirent eux l’essentiel de leur 28,7 millions d’euros en moyenne de leur capital : 94% de leur ressource annuelle. » Pour qui n’a pas la mémoire courte, Nicolas Sarkozy l’imposteur nous a assommés de discours vantant la France qui se lève tôt et jurait de réhabiliter la « valeur travail ». Or ceux qu’il défend en réalité laissent travailler à leur place… leur argent. Ça va les gars, pas trop fatiguant ? « Plus intéressante encore est cette note dans la mesure ou elle différencie les revenus du capital en deux. D’un côté la rente, qui est constituée des loyers, dividendes et autres coupons d’obligations, et de l’autre les plus-values issues de la cession de valeurs mobilières, autrement dit de la vente de titres. C’est cette dernière composante qui est la plus importante : elle représente pas moins de 91% des revenus de ces très riches, contre 2% pour la moyenne des contribuables… merci la bourse. » Voilà la vérité toute nue : alors que le président se répand sans cesse sur les méfaits de la spéculation et qu’il va réguler tout ça, on va voir ce qu’on va voir, il ne fait strictement rien pour freiner l’accaparement croissant des richesses par une poignée de parasites ! Nous avions décidément hélas bien raison en titrant notre essai : Sarkozy, la grande manipulation, dénonciation d’une imposture. Et pour parachever son Grand Œuvre, il s’apprête, à la faveur de la suppression du bouclier fiscal mâtinée de la « réforme » de l’Impôt sur la fortune, à faire de nouveaux cadeaux aux privilégiés. Et aux autres, on martèle que les caisses sont vides, que l’Etat est en faillite et qu’on n’a pas d’autre choix que de sabrer dans les dépenses sociales, de travailler plus longtemps, voir ses soins moins bien remboursés, augmenter ses factures énergétiques… Jusqu’où ? Jusqu’à quand ? Et pendant ce temps-là, les profits des entreprises du Cac 40 explosent, les actionnaires se goinfrent de dividendes et le Medef se frotte les mains. Ah les cyniques ! Ah les profiteurs ! Et s’il soufflait sur la France, sans attendre 2012, comme un vent de révolution arabe ?

L’illustration représentant l’un de ces riches repus assis sur une balance provient du blog Rêver ou non.

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  16 commentaires à “D’une nécessaire explosion sociale”

  1. Mais bon sang, pourquoi rouspéter ? Il est aujourd’hui au Puy-en-Velay pour prier pour nous tous au nom de notre patrimoine chrétien, et les manifestants ont été tenus à bonne distance du grand homme pour ne pas troubler sa féconde méditation et même « gazés » pour leur apprendre ce que c’est que le chagrin. Chez Mermet, les messages venant du Puy étaient vifs, navrés, pleins de colère, certains pleuraient pour de vrai. Alors, tu penses, l’explosion sociale, il n’en a rien à foutre le petit bonhomme. Merci pour ton article.

    • Arrêtez de dire qu’il n’en a rien à foutre… Une révolution n’a jamais cherché à intéresser le potentat à destituer ! Une révolution lui coupe la tête, les mains ou les pieds !
      Ne soyons pas défaitistes avant d’avoir essayé, et essayer, cela veut dire qu’il faudra poser l’armée et les gendarmes au pied du mur… en se passant totalement des mandarins syndicalistes comme Chérèque ou Thibauld.

      Pour moi, je crois en l’esprit de révolte des Français et en leur indiscipline fondamentale.

  2. Les points communs entre le Moyen-Age et la période actuelle

    – le fantastique décalage entre riches et pauvres
    – une société gouvernée par une élite issue de castes héréditaires
    – le peu de valeur accordé à la vie humaine
    – le retour de l’obscurantisme (islamistes et néo-chrétiens évangélistes américains)
    – le retour aux guerres de religion (charia islamiste, et guerres américaines inspirées par « Dieu »)
    – recul de la culture et d’éducation, retour de l’illettrisme, accès à l’éducation réservé aux plus riches
    – réapparition des « bandits de grands chemins » et des pirates en mer. Retour à une insécurité des transports.
    – retour des épidémies et des maladies qui avaient été éliminées depuis un siècle. La typhoïde, la tuberculose, la diphtérie, et la gale ont fait leur réapparition en occident à cause du développement de la misère. La peste et le choléra sont à nouveau en progression dans certains pays du tiers-monde

    exemples tirés de syti.net

    • C’est marrant parce que je suis en train de lire un bouquin sur la guerre de cent ans et je me faisais exactement la même réflexion…Je trouve que notre période ressemble vraiment beaucoup au début du XVème siècle et on pourrait facilement comparer sarko au duc de Bourgogne (confiscation et démantèlement de l’état à sonprofit et au profit d’une minorité de privilégiés, populisme et démagogie à tous les étages etc, etc..). On sait comment tout ça a fini: Azincourt, guerre civile, invasion anglaise.. Mais on peut aussi rêver: finalement le gentil dauphin (non ce n’est pas flipper) devenu entre temps Charles VII reconquiert son royaume….Ne reste plus qu’à nous trouver une pucelle qui nous emmène délivrer Orléans et nous faire sacrer à Reims!!!

  3. Cette suppression de l’ISF, soit c’est un aveu d’échec (liquidons tout avant la défaite) et dans ce cas il faudra recompter les cuillères en argent à l’Elysée pour savoir ce qu’il manque après 2012, soit c’est la preuve qu’ils sont bien en apesanteur. Comme si ce sujet était prioritaire.

    • Je pense qu’il y a de ta première hypothèse : on craint (ou on sait) qu’on va se faire jeter, alors on se gave et on gave les copains jusqu’au dernier moment.

    • Les deux mon général ! Olivier a raison d’appuyer sur la première hypothèse mais la deuxième est tout aussi crédible. J’ai travaillé de l’autre côté du mur avant qu’il ne s’écroule fin 1989. Et je retrouve ce même aveuglement noyé dans un fatras verbeux déconnecté de la réalité où l’échec conduisait à durcir le mouvement ayant conduit à cet échec.

  4. Les riches laissent travailler leur argent mais il y a encore pire question moralité. L’UDAF laisse travailler pour son compte l’argent des mis en marge de la société par la justice

  5. Profits en hausse de 85 % pour les groupes du CAC 40.

    Les grands groupes français ont quasiment effacé le creux de la crise économique. En 2010, les sociétés composant l’indice CAC 40, ont réalisé globalement un chiffre d’affaires de 1 262 milliards d’euros, en augmentation de 6,92 % par rapport à l’année précédente.

    Une performance proche du point haut de 1 293 milliards d’euros atteint en 2008, selon les données compilées par le cabinet d’audit et de conseil PricewaterhouseCoopers (PwC) en exclusivité pour Le Monde, en partenariat avec France Info.

    Même constat en ce qui concerne les bénéfices : le résultat cumulé des quarante sociétés de l’indice atteint 82,5 milliards d’euros, soit 85 % de plus que l’année passée.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/03/04/profits-en-hausse-de-85-pour-les-groupes-du-cac-40_1488191_3234.html

  6. Le ras le bol du peuple français, c’est à la fille Le Pen qu’il va profiter. Je le vois gros comme un camion. C’est sur elle que se cristallisent toutes les frustrations de ce peuple incapable de se prendre en main. Le Français s’en est toujours remis à ses politocards véreux, à ses syndicats vendus, à ses révolutionnaires de meetings, le Français vote et revote pour les mêmes pourris depuis deux générations, et cela fait deux générations qu’il se fait mettre. Comme il commence à se réveiller vu qu’il a de moins en moins de thunes à dépenser le samedi au Carrouf, il compte sur Marine Le Pen pour mettre le bigntz. Si ça marche, il sera le premier à en être éclaboussé. Comme d’habitude. C’est devenu une fatalité la vaseline, dans ce pays.

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