Nov 272010
 

DSK, c’est ça…

Pauvre Irlande ! « Des prêts d’un montant global de 80 à 90 milliards d’euros devraient être accordés par le Fonds européen de stabilité financière (créé en mai 2010 lors de la crise de la dette publique grecque) et par le FMI, récapitule l’excellent article du blog de Gérard Filoche consacré à feu le « tigre celtique ». (…) Le prêt accordé à la Grèce était du même ordre de grandeur : 110 milliards d’euros. Sa réalisation sera, comme pour la Grèce, échelonnée sur 3 ans et les tranches ne seront débloquées que si l’Irlande applique le plan d’austérité dont les modalités viennent d’être fixées par l’accord conclu entre le gouvernement irlandais, l’Union européenne et le FMI. Aux termes de cet accord, l’Irlande devra réduire de 24 750  le nombre de ses fonctionnaires (l’équivalent de 350 000 en France) ainsi que leurs salaires. Le salaire minimum irlandais  devra lui aussi baisser. Et pas qu’un peu, puisqu’il passera de 8,65 euros de l’heure à 7,65, soit une baisse de plus de 11%. Des coupes claires devront être réalisées dans les dépenses publiques de santé, les allocations chômages, les allocations familiales pour atteindre 2,8 milliards d’euro en 2014. Le taux de la TVA (l’impôt le plus injuste) augmentera de 21 à 23%. Une taxe foncière sera instaurée et la moitié de la population active (la moins aisée) qui ne payait pas d’impôt sur le revenu sera imposée. Par contre, le taux dérisoire (12,5%) de l’impôt sur les sociétés, ne sera pas revu à la hausse. » Et tout ça pour quelle raison ? Autrement dit, comment expliquer l’actuelle dette publique de l’Irlande ? « Le déficit était nul en 2007. En 2008 il atteignait 7,3% du PIB et 14,4% en 2009. En 2010, il culmine à 32%. Ces 32% de déficit proviennent (comme dans tous les autres pays européens) de la baisse des recettes fiscales mais surtout des sommes colossales versées par l’Etat irlandais pour sauver les banques privées irlandaises. Les 17,7 points supplémentaires du déficit de 2010 viennent d’un nouveau plan de financement des banques, plombées par la crise et l’éclatement d’une bulle immobilière. Au total, en trois ans, l’Etat irlandais a injecté 77 milliards d’euros pour remettre à flot ce secteur (à peu près le montant du prêt de l’UE et du FMI) : 46 milliards de fonds propres et le rachat de 31 milliards d’euros d’actifs risqués. Mais personne ne sait quel sera le coût définitif du sauvetage des banques tant leurs bilans recèlent d’ «actifs pourris», de créances irrécouvrables. » Les auteurs de l’article, Jean-Jacques Chavigné (journaliste de la revue Démocratie & socialisme) et Gérard Filoche (rédacteur en chef de ce même titre), posent ensuite quatre questions très pertinentes : « Mais pourquoi les salariés irlandais devraient-ils subir un nouveau plan d’austérité en contrepartie des prêts de l’Union européenne et du FMI ? Ils ne sont pour rien dans la crise 2008-2009. Ils ne sont pour rien, non plus, dans la crise bancaire qui ressurgit. Pourquoi les banques irlandaises ne sont-elles pas nationalisées sans espoir de retour et non pas, comme en ont l’habitude les néolibéraux, dans le but de nationaliser les pertes et de privatiser les bénéfices dès que les banques redeviennent rentables[1] ? Pourquoi ceux qui se sont considérablement enrichis pendant les cinq années qui ont précédé la crise ne sont-ils pas mis à contribution ? Pourquoi l’Union européenne et le FMI s’obstinent-ils à imposer à l’Irlande une politique identique à celle qui l’a amenée dans une telle impasse ? » La réponse à ces questions se trouve dans le deuxième paragraphe de l’article : « Les dirigeants néolibéraux de l’Union européenne ont décidé d’utiliser la dette publique comme un levier pour en finir avec les acquis sociaux des peuples européens. Ils appellent ça «la pédagogie de la dette». Les responsables de la crise, les banques, les spéculateurs pourront tranquillement continuer à spéculer et à préparer ainsi la prochaine crise financière. C’est ce qu’ils ont fait en Grèce où l’Union Européenne et le FMI ont mis un «plan d’aide à la Grèce» qui soutient la Grèce comme la corde soutient le pendu. Un «plan d’aide» qui s’attaque aux acquis sociaux des salariés grecs et livre les services publics aux multinationales. » Bis repetita donc avec l’Irlande. En attendant le Portugal. Et chez nous aussi, l’austérité est à l’œuvre, imposée par la droite antisociale au pouvoir. Les étudiants britanniques ont remis le couvert de la manifestation dégénérant en émeute. Le même jour, les jeunes Italiens protestaient eux aussi dans la rue contre les coups portés à l’université par le gouvernement de Berlusconi. Quant aux Portugais, trois millions d’entre eux ont participé à la grève générale. Faudra-t-il donc une insurrection générale des peuples européens ? Question subsidiaire : qui trouve-t-on à la tête du FMI, qui impose la baisse des salaires, des dépenses de santé, des allocations ? Un « socialiste » ? DSK, c’est ça.

L’illustration sur le FMI provient de Webduweb.

Partagez cet article

  12 commentaires à “En finir avec les acquis sociaux des peuples européens”

  1. vers la desobeissance europeenne ?

    Les syndicats irlandais appellent à défiler contre l’austérité

    Les syndicats irlandais appellent ce samedi à une grande marche dans les rues de Dublin contre l’austérité et la décision du gouvernement de solliciter l’aide de l’UE et du FMI. Les organisateurs attendent plusieurs dizaines de milliers de personnes.

    Le cortège aura pour destination la Poste centrale, quartier général de l’insurrection irlandaise de 1916 où fut proclamée la république, et symbole de l’indépendance du pays. La dernière grande manifestation depuis la crise de 2008 a eu lieu en début d’année dernière et a rassemblé quelque 100.000 Irlandais.

    Le gouvernement de Brian Cowen a présenté mercredi un plan de réduction des déficits sur quatre ans qui doit se traduire par 15 milliards d’économies. Dublin a parallèlement accepté dimanche dernier le principe d’une aide conjuguée de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) dont les modalités devraient être dévoilées ce week-end.

    ats / 27 novembre 2010 05:56

    http://www.romandie.com/infos/ats/display2.asp?page=20101127055635820172019048094_brf005.xml

    La colere risque d’etre rude,debouchera t elle sur un mouvement de desobeissance civile durable et contagieux a toute l’Europe ?

    Les tigres irlandais abandonnent sur place leur moteur

    par Philippe Béchade

    Vendredi 26 Novembre 2010

    …….Il suffirait de peu de chose –comme une pincée d’austérité — pour que la situation bascule comme en Espagne ou en Irlande. Dans ces pays, les parkings des centres commerciaux de taille secondaire sont de plus en plus clairsemés le week-end, tandis que les plus grands malls surnagent à coup d’opérations « super promo » et « prix cassés », sans oublier des attractions parfois dignes des casinos de Las Vegas.

    A Dublin, il existe au moins un parking qui connaît une affluence inhabituelle depuis quelques mois : il s’agit de l’ère de stationnement longue durée de l’aéroport international de la capitale, situé près de la bourgade de Sword.

    Beaucoup de véhicules semblent simplement attendre d’y être intégralement recouverts de poussière, de feuilles mortes et de toiles d’araignée. Et curieusement, les portières de nombreuses grosses berlines allemandes ou d’orgueilleux SUV qui s’enracinent dans le bitume ne sont même pas verrouillées.

    Plus surprenant encore, les clés sont restées sur le contact et la carte grise est posée bien en évidence sur le tableau de bord. Il n’y a plus qu’à prendre place à bord, régler la hauteur du siège conducteur, actionner les essuie-glaces pour retrouver de la visibilité… et écouter ronronner le moteur.

    Mais où sont donc passé les propriétaires ? Le plus souvent au Canada, en Angleterre ou en Australie selon la police et les organismes de crédit qui leur avaient envoyé le dernier « commandement avant saisie du véhicule ».

    L’Irlande a recommencé à subir une vague d’exode sans précédent depuis un siècle. Sans boulot, sans espoir d’en retrouver un avant 2015, sans protection sociale, sans domicile — les huissiers sont submergés de procédures de foreclosure à la demande des banques créancières –, des milliers d’Irlandais quittent le pays avec un aller simple en poche.

    Ils abandonnent le peu de biens matériels qui leur restaient en propre pour fuir des mois de grisaille et des années de surendettement, débouchant sur une infamante faillite civile…….

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20101126-3214.html

    Dimanche soir,lors de l’annonce du plan d’austerité,a la sortie du palais de Dublin,les vehicules gouvernementaux furent chahutés,bien plus que jamais en France..
    (Antenne 2,lundi 13H)

    …..Un syndicat, le TEUU, appelle déjà à la « désobéissance civile »

  2. Hé ben nous on s’en fout. Vi vi vi!

    Paske le nain y va pu rien nous coûter

    http://yansored.typepad.fr/.a/6a00e008dcef0a88340147e0241f16970b-popup

    C’est Liliane qui va tout payer, vi vi vi!

  3. […] This post was mentioned on Twitter by Tristan, DANYCALOU and Patrice Stra, Céleste. Céleste said: Plume de presse "En finir avec les acquis sociaux des peuples européens" http://bit.ly/gaceCB […]

  4. Syndicat des electriciens et mecaniciens Irlandais 45 000 membres

    Communiqué de presse : campagne de désobéissance civile

    TEEU dit qu’il va profiter de la campagne de désobéissance civile pour s’opposer au Plan national d’attaque sur les travailleurs et les chômeurs

    Union des techniciens d’ingénierie et électriques a condamné le plan de relance national.

    Secrétaire général Eamon Devoy dit ce soir, « Les propositions contenues dans le plan confirment nos pires craintes de ce que le gouvernement avait en tête pour sa dernière de renflouer les banques.

    Lors de notre conférence délégués week-end dernier a voté massivement pour une campagne de désobéissance civile si le gouvernement n’a pas déclenché des élections et je peux dire maintenant que nous sommes prêts à mener une campagne similaire pour s’opposer à ce plan si elle est mise en œuvre.

    Sur un intérêt particulier pour nos membres est la proposition de« révision d’éliminer les anomalies dans les contrats d’emploi inscrits (REA) et de l’emploi ordonnances sur la réglementation (ERO) dans les trois mois.

    On ne sait pas ce qu’on entend, mais, compte tenu de la forme passée, il semble être un langage codé pour couper les salaires de centaines de milliers de travailleurs dans des secteurs comme la construction, de l’électricité et le tourisme, tout comme le salaire minimum national est tirée vers le bas.

    La hausse des frais proposés pour les étudiants, les taux de TVA plus élevés, des CAFE et coupes inévitables dans les services publics ont un impact sur les familles à revenu faible et moyen.

    En revanche il n’y a pas augmentation des taxes sur le capital, ne prévoit pas de pénaliser les exilés fiscaux et pas de taux plus élevés CAFE pour les hauts revenus.

    Si rien d’autre aujourd’hui que le gouvernement a rédigé une brochure de 140 pages de recrutement pour mars prochain samedi par le Congrès irlandais des syndicats recherche d’une voie plus équitable,

    http://www.teeu.ie/news/showtest.asp?id=391

    site aussi en Russe et Polonais

    24th November TEEU says it will use civil disobedience campaign to oppose National Plan attack on workers and unemployed

  5. Mais qu’est ce qu’on attend pour réagir de façon concertée avec les autres pays concernés ? D’être commplètement écrasés ? Et pourquoi entend t’on encore en France que DSK pourrait être le candidat du PS ?
    C’est vraiment insupportable !

  6. Parfaitement décrit et analysé.

    Aux commandes le FMI, et, comme par hasard, on voit que sont ni plus ni moins que les plans d’ajustement structurels, contre lesquels on s’indigna fortement dans les années précédentes, via Verschaave et autres contempteurs de la dette du Tiers-monde.
    Aujourd’hui, le Tiers-Monde, c’est l’Irlande, autant dire nous, bientôt, très bientôt. Si on ne met pas hors d’état de nuire ces cavaliers de l’Enfer qu’on appelle banquiers. L’appel Bankrun serait-il une première salve possible ?…Je pose la question, sans me prononcer, je l’avoue.

  7. Le 15 décembre, dans tous les pays de l’Union européenne, sera une journée d’action européenne sur le thème : « Non à l’austérité pour tous et aux bonus pour quelques uns » à l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) : http://www.etuc.org/r/1604

  8. une manifestation europeenne en solidarité !!!

  9. […] pays, on baisse les allocations familiales, en Allemagne, on baisse le montant du revenu minimum [en Irlande aussi, NdA], partout, on prend des mesures où on diminue les services publics, la protection […]

  10. […] de l’Union européenne ont décidé d’utiliser la dette publique comme un levier pour en finir avec les acquis sociaux des peuples européens. Ils appellent ça «la pédagogie de la dette». Les responsables de la […]

  11. les irlandais devraient en fait prendre exemple sur les islandais :
    http://www.alterinfo.net/Quand-l-Islande-reinvente-la-democratie_a52781.html

    il faut faire du cas et de la réaction islandais le paradigme pour touts les pays d’Europe victimes de ces mafias de flibustiers sans foi ni loi.

  12. […] En finir avec les acquis sociaux des peuples européens […]

 Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis)