Juin 212011
 

L’Union européenne n’a jamais aussi bien porté le qualificatif dont l’avait affublée ces imposteurs de l’UMP : « l’Europe qui protège » (sic) : elle vient de décider de diviser par quatre le budget qu’elle alloue aux programmes d’aide alimentaire. On parle simplement de donner à manger aux plus pauvres, là. L’Europe qui protège ? Oui, les banques et les spéculateurs. « La Commission européenne a annoncé, lundi 20 juin, une sévère réduction l’an prochain de l’allocation au programme d’aide alimentaire destiné aux plus démunis des Européens, synthétise Le Monde. L’enveloppe devrait être ramenée à 113 millions d’euros, soit 400 millions de moins que cette année. Selon plusieurs associations caritatives, cette baisse drastique de l’aide aux plus démunis pourrait priver au moins 2 millions de personnes de l’assistance dont elles ont besoin. » Y’en a marre de l’assistanat, non ? BFM TV donne à l’instant un autre chiffre : l’UE diviserait son aide alimentaire par cinq, ajoutant que la part française sera pour sa part divisée par sept !

Et pendant ce temps-là, « l’UE a dépêché lundi une nouvelle mission à Athènes, donnant un délai de deux semaines à la Grèce pour adopter de nouvelles mesures d’austérité, condition indispensable à ses yeux pour qu’Athènes puisse continuer à bénéficier du soutien de la zone euro », résume Le blog finance. « La Grèce, tout  le monde s’en fout, expliquait tout à l’heure un éditorialiste de BFM TV dont nous n’avons pu noter le nom. Ce que veulent la France et l’Allemagne, en réalité, c’est sauver leurs banques et leurs assureurs, qui se sont gavés, c’est vrai, de dette grecque. » Tout est dit.

« La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches, écrit Míkis Theodorákis, le musicien et homme politique grec, dans son Appel publié par Gérard Filoche. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent. Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. » Et Míkis Theodorákis, « porte-parole mondialement reconnu contre la Dictature des colonels grecs 1967-1974 », sait de quoi il parle.

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  14 commentaires à “Humour de droite : « l’Europe qui protège »”

  1. Mikis Theodorakis a raison, joignons-nous à lui et révoltons-nous!!!

    • Oh oui guillotinons tous les privillégiés cégétistes de la SNCF!

      • « trublion », vous croyez vraiment que les vrais privilégiés sont les cégétistes de la SNCF, dans un pays qui compte 396 200 millionnaires, soit une hausse de 3,4% en un an ? Vous croyez que c’est en retirant des avantages à certains que ça améliore le sort des autres, en nivelant toujours par le bas ? Typique attitude de droite que de dresser les smicards contre les chômeurs, les Français contre les immigrés, le secteur privé contre le secteur public… Qui tire les marrons du feu ? Toujours les mêmes, l’oligarchie, chouchoutée par ses valets du gouvernement : continuez comme ça, abrutis, le Medef applaudit. Et Sarkozy aussi.

        • Quel courage de continuer à trouver en vous l’énergie de donner des arguments à ces effectivement crétins adeptes de la servitude volontaire. Quant à moi, j’ai plongé -même pas avec délice- dans la lassitude écoeurée. Merci à vous.

  2. C’est ce que disait aussi l’économiste Friot qui bougeait partout en France pour expliquer pourquoi il n’y avait aucun problème des retraites, excepté pour certains de s’enrichir davantage.
    Une partie de ces propos consistait à avoir la foi, l’espoir dans le changement. Si on pense que tout est fichu, alors oui tout est fichu.
    C’est difficile de garder l’espoir, mais faut surtout pas abandonner, parce que personne d’autre que nous ne nous viendra en aide.

  3. Malheureusement, pour se révolter, il ne faut, apparemment, plus être français. Les français ont défilé pour les retraites pendant des semaines, fort sagement. Ils se sont laissés manipuler par les prétendus leaders syndicaux qui reçoivent leurs ordres du Medef ou de la Confrérie du « Siècle »… Et après avoir compris la farce, ils sont tous rentrés chez eux pendant que le Petit Nabot leur faisait la nique.
    Il pouvait le faire, lui, il a parfaitement compris que les français ont été complètement effacés par la Télé et la propagande généralisée !

  4. L’exploitation et la protection. Je veux bien mais pour la faune par exemple. L’exploitation de l’homme par l’homme sous couverture de protection est un crime

  5. on ne se révolte plus, on s’indigne !

  6. Mais bien sûr entre 1789 et 1794 on a fait marcher la machine à tour de bras pour un nivellement par le haut. Les nobles et les curés avaient tous les avantages et ils prenaient le pognon des pauvres. Aujourd’hui quand un cégétiste conducteur de train part à la retraite à 51 ans avec ses revenus intact, ceux sont les martiens qui payent ??????

    • Je vous parle de 396 000 millionnaires mais vous, vous en voulez au cheminot qui part à 51 ans ? Comme si c’était ça le problème ? Réfléchissez un peu au lieu d’être si pavlovien et obtus. Quant à savoir qui paye, ce n’est pas vous, puisqu’ils ont leur propre caisse de retraite. Et sur le problème des retraites en général, c’est simple : il faut faire contribuer davantage les entreprises et les revenus non salariés (stock-options et autres). Mais je pense bien que je n’arriverai pas à vous convaincre. Vous préférez taper sur celui qui est juste un peu mieux loti que vous, sans voir que vous faites ainsi le jeu de l’oligarchie qui exploite le système. Si vous ne comprenez pas ça, vous êtes décidément irrécupérable. Votez UMP ou FN mais ne venez plus polluer ce blog.

    • Les TOC idéologiques constituent un groupe de pathologies particulièrement résistantes. Vous devriez consulter.

    • trublion ? s’affubler ainsi pour une grenouille de bénitier, ça évoque certaine fable de La Fontaine.
      Ou alors faut-il y voir un rapprochement étymologique avec certains troubles (de vue et de pensée) ?

      P.S. Olivier, vous lui attribuez la circonstance atténuante d’être un peu moins bien loti que le travailleur CGT de la SNCF, mais il n’est pas du tout certain que ce pauvre hère ne soit pas un parasite bien grassouillet de la finance

      • Vous avez raison, les financiers voyous et les cégétistes post-adolescents retraités dans le même sac. Mais c’est quoi un privilège bordel ? quand on a 50 ans, on est un vieillard impotent vivant aux crochets de la société ? Non, non et NON ! Tous à l’échafaud et leurs petits protecteurs minables avec ! A mais…..

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