Nov 282010
 

Les co-auteurs du Manifeste d’économistes atterrés (Editions Les liens qui libèrent) étaient au micro de Daniel Mermet pour l’émission Là-bas si j’y suis du 16 novembre dernier sur France Inter. Leur salutaire remise à l’heure des pendules vaut largement un retour : « Nous sommes dans un climat de politique économique où l’accent est mis de façon très forte sur la question de la rigueur. On voit la rigueur qui se diffuse dans toute l’Europe et nous étions atterrés d’observer un tel consensus. (…) Il semble qu’on ait oublié d’un seul coup la leçon de l’entre-deux-guerres, qui était ces politiques déflationnistes qui se sont succédé en Europe (Laval, en Allemagne, etc.) et qui ont conduit à un chômage massif. (…) D’un seul coup, c’est redevenu semble-t-il l’alpha et l’oméga de l’économie aujourd’hui : tout le monde est axé sur le déficit budgétaire, des politiques de rigueur, et ce que nous ont montré les leçons de l’histoire et de la théorie économique, c’est que ce n’est pas bon et que ça conduit à un chômage encore plus grand et à des difficultés encore plus grandes. (…) Si tout le monde fait ça, ça va plonger l’économie européenne, l’économie mondiale dans la récession et finalement, on ne va pas améliorer beaucoup les finances publiques, ça ne va pas rassurer les marchés parce qu’on va avoir une récession qui va se prolonger, donc du point de vue économique c’est stupide. Et puis du point de vue social, ça veut dire qu’on va dire aux gens : « désolé, on n’a plus d’argent, on a donné tout l’argent pour sauver le système bancaire et financier, donc il va falloir diminuer le montant des retraites… » Dans certains pays, on baisse les allocations familiales, en Allemagne, on baisse le montant du revenu minimum [en Irlande aussi, NdA], partout, on prend des mesures où on diminue les services publics, la protection sociale… », résume l’économiste André Orléans, directeur de recherche au CNRS.

Son confrère Thomas Coutrot, exerçant au sein de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares, dépendant du ministère du Travail) et co-président d’Attac, enfonce le clou : « L’opinion gouvernementale, les relations inter-étatiques se sont centrées sur cette question du déficit budgétaire qu’il fallait d’un seul coup absolument équilibrer et on a comme vous le dîtes en quelque sorte perdu la mémoire des dysfonctionnements financiers qui étaient à sa source. (…) On sait que l’Etat ne peut pas laisser les grandes banques faire faillite et donc, les actionnaires sont gagnants à tous les coups : ils laissent les managers prendre des risques maximum, parce que ça leur permet d’engranger des bénéfices maximum pendant toute la période de boum et ensuite, quand il y a un krach, eh bien l’Etat passe derrière et socialise les pertes. C’est ce qu’il vient de se passer, on est même dedans. BNP Paribas et Société générale viennent de publier des résultats faramineux pour le premier semestre 2010, alors qu’il y a encore quelques mois, on se demandait si ces banques allaient survivre. Qu’est-ce qui s’est passé ? L’Etat a sauvé le système, a baissé formidablement les taux d’intérêts – les banques se sont bien gardées de baisser les taux d’intérêts dans les mêmes proportions – et aujourd’hui elles affichent des résultats fantastiques pour leurs actionnaires, pour leurs traders, alors qu’on est en train de réformer les retraites pour baisser les dépenses publiques. » (…)

Faire payer les réductions d’impôts aux dépenses sociales

« Ce qui est très paradoxal aujourd’hui, poursuit Thomas Coutrot, c’est qu’on nous parle de réformer le traité de Lisbonne pour introduire une surveillance budgétaire beaucoup plus forte sur les Etats, comme si l’origine de la crise, c’était un excès de dépense publique. Or c’est un diagnostic que nous réfutons complètement ! Les dépenses publiques en Europe ont eu tendance à diminuer en proportion du PIB depuis le début des années 2000. (…) La crise ne vient absolument pas des dépenses publiques. La crise vient, comme on l’a expliqué, de l’instabilité financière, de la dérégulation financière et de la montée de l’endettement. Et les déficits viennent pour une bonne part des réductions d’impôts sur les catégories les plus aisées et sur les entreprises. On donne un chiffre mais qui n’est pas le nôtre, qui est celui de Monsieur Carrez, qui est député de l’UMP rapporteur du budget, qui a expliqué dans un rapport récent que les baisses d’impôts et de cotisations depuis le début des années 2000 coûtaient chaque année 100 milliards d’euros au budget de l’Etat*. C’est pas nous qui le disons, c’est le rapporteur du budget UMP. Donc on peut dire qu’il y a eu une orgie, mais pas une orgie de dépenses sociales, une orgie de réductions d’impôts qui a contribué de façon massive à déséquilibrer le budget. Et aujourd’hui on veut faire payer ces réductions d’impôts aux budgets sociaux, en réduisant les dépenses sociales. Il y a là quelque chose qui est proprement atterrant d’un point de vue économique et social. »

Après cette édifiante mise au point, on a envie de gifler tout mouton bêlant le refrain de la pensée unique économique qui appelle à la baisse de la dépense publique. Comme en entendant par exemple, diffusée durant l’émission en guise d’illustration, cette intervention de la présidente du Medef, Laurence Parisot : « Ce qui est prioritaire, c’est de continuer le travail de désendettement et de réduction des déficits publics. C’est absolument fondamental et si nous aggravons nos déficits et notre dette, si nous ne sommes pas capables de freiner ce cheval qui est emballé, les questions sociales seront encore plus dramatiques. » Quel « cheval emballé », celui des réductions d’impôts, Tartuffe ? « Dramatique », dit-elle, mais pas pour tout le monde : 50 milliards de profits en 2009 pour les entreprises du Cac 40… Ironie de la chose, collé au programme de Mermet sur le podcast suit le journal de 16 heures de France Inter, qui s’ouvre sur ce titre : « François Fillon dévoile quelques éléments de sa feuille de route, « la lutte contre les déficits est la priorité absolue du gouvernement français », vient de dire le Premier ministre à l’Assemblée nationale. [forcément, si le Medef le réclame… NdA] Devant les députés, il a promis un gouvernement de combat contre l’endettement, le chômage, les injustices et l’insécurité. » Contre les injustices, ose-t-il ! Parce que ce n’est pas injuste de baisser les dépenses sociales pour compenser les cadeaux aux contribuables fortunés, aux grosses entreprises et aux banquiers ? Mais qu’ils s’en aillent tous !

*Jacques Généreux, l’économiste du Parti de gauche, citait déjà ce chiffre pour dénoncer l’imposture de la soi-disant inéluctabilité de la contre-réforme des retraites.

Soutenez Plume de presse

Cet article vous a intéressé ? L’info indépendante et gratuite ne nourrit pas son homme… Contribuez à faire vivre ce blog en vous acquittant d’une cotisation, même d’un euro. Merci !

Partagez cet article

  17 commentaires à “La criminelle aberration économique et sociale des politiques européennes d’austérité”

  1. Il faudrait prendre les choses par un autre bout et essayer de comprendre pourquoi on installe des politiques contre-productives. Enfin, comprendre que nos dirigeants ne sont nullement des idiots.

    Il faut peut-être savoir entendre que les grands financiers, dont Rochfeller et Rothschils, ont investi massivement dans l’écologie, au sens de la lutte contre le réchauffement climatique… (Ce qui n’est qu’un argument dans leurs affaires !) Cela veut dire que la finance qui, jusqu’alors a toujours pris les guerres comme un moyen de se sortir de ses propres problèmes, sait, elle, que les guerres actuelles, celles des USA, ne sont là que pour alimenter le consortium militaire US… et maintenir les Etats Unis à flot… Ce qui, en gros, veut dire que ce ne sont que des guerres d’opérettes malgré la grande quantité d’innocents qui y sont tués… Mais à vrai dire : les guerres n’ont jamais tué que des innocents ! Or, dans nos systèmes, plus personne ne veut et ne se laisserait convaincre d’une nécessité de guerre. On ne peut plus nous pousser dans le trou ! Donc, — pour les financiers, qui sont tous malthusiens, il faut une politique subtile qui élimine le maximum de gens, notamment les plus nombreux, donc : les plus fragiles, donc (encore) les plus pauvres que l’on se charge d’appauvrir bien plus démesurément.

    Ce qui est étrange c’est que personne ne semble comprendre ce jeu. En tout cas, personne ne veut découvrir sa finalité… Alors on discours sur le bon usage de l’économie… De plus, l’écologie a réussi à devenir tabou. Même Mélenchon n’y touche pas… (C’est dire !) Et pourtant, c’est par le biais de l’écologie que nous sommes aujourd’hui le plus manipulés. Greenpeace et WWF en particulier, un WWF avec le Prince qu’on sort…(Consort !) pour le présider, plate-forme de la City et du GIEK !

    Pourquoi personne n’ose placer cet enjeu sur la table et courageusement l’aborder au point de cesser de toujours parler de Résistance ici, de résistance là, de Comité Valmy ailleurs, d’Eva Résistons nulle part… alors qu’il s’agit d’une agression et qu’il est nécessaire que chacun se considère comme un combattant… avec tout ce que cela implique. Sommes donc tous si lâches que ça ?

    Et ces Français, dont je suis, mais honte à moi ! Ces Français qui n’ont même pas su ce que les Portugais (Ces sous-hommes d’ici !) ont immédiatement tenté : une grève générale ! En quel pays sommes nous ? Un peuple devenu lâche… dans une Europe complètement lâchée contre eux… Et tous, la tête au fond des souliers… sur les quelques petits sous qui leur restent…, heureux de s’en remettre à Thibault, à Chérèque, à Martine, à Jean-Luc… etc. Des gens qui prennent les trains et regardent les horaires. Des gens qui ne veulent pas prendre la route librement… alors que leur mort est programmée pour demain ou peu après…

    • Amaru : « pour les financiers, qui sont tous malthusiens, il faut une politique subtile qui élimine le maximum de gens»

      En effet, j’ai déjà lu cela quelque part. Cette thèse suppose l’existence d’un groupe de personnes, très puissant mondialement, s’appliquant, par conviction malthusianiste, à massacrer un maximum de gens en les paupérisant ― projet absurde lorsque l’on sait par ailleurs que le meilleur moyen de réduire le taux de natalité d’une population est justement d’augmenter son niveau de vie. À défaut d’éléments de preuve en faveur de cette thèse, ou à tout le moins d’un faisceau d’indications, je devrai considérer votre affirmation comme du pur délire.

  2. […] This post was mentioned on Twitter by Olivier Bonnet, Louise de Lannoy. Louise de Lannoy said: RT @OlivierBonnet: La criminelle aberration économique et sociale des politiques d’austérité http://alturl.com/bdxpi Les "économistes at … […]

  3. Je profite de votre article M.Bonnet pour mettre un lien vers la pétition et l’appel aux citoyennes et aux citoyens émanant du blog de Paul Jorion. Je vous laisse juge de décider si mon initiative est justifiée ou pas-

    L’extrait suivant devrait alerter sur l’ensemble du texte et sa teneur :  » 1 / Les pays d’Europe, l’Allemagne refusant de faire marcher la planche à billet, vont l’un après l’autre vers un endettement insupportable conduisant inéluctablement à une faillite ou une insurrection  »

    ————————————————————————

    Article complet lu sur le site de Paul Jorion :http://www.pauljorion.com/blog/?p=18811

    « La tragédie est décrite chaque jour par Paul Jorion et d’autres analystes qui nous donnent par avance les photos de l’accident à venir. Film noir, tragique. Inéluctable ?

    Que faire ? Le découragement gagne.

    Sonne l’heure de choisir : qui épongera les pertes ? Les citoyens ou les investisseurs ?

    Nous proposons la signature d’un appel aux citoyens, un appel qui acte un certain nombre de réalités et demande à notre gouvernement de voter les décisions qui suivent.

    Nous actons que :

    1. Les pays d’Europe, l’Allemagne refusant de faire marcher la planche à billet, vont l’un après l’autre vers un endettement insupportable conduisant inéluctablement à une faillite ou une insurrection.

    2. La valeur réelle de l’ensemble des banques, cachée par des règles comptables, est probablement déjà négative alors que la crise est devant nous.

    3. Les financiers et conseillers écoutés des politiques, aux commandes avant la crise, le sont toujours.

    4. Étrangement, la crise ne semble pas changer leurs discours et leurs croyances. Soit leur idéologie les porte à croire que le « business as usual » sera de nouveau possible, soit leur cupidité les pousse à amasser avant la catastrophe et donc empêcher les réformes de fonds.

    5. Leur objectif est de protéger les actionnaires. Pour preuve, en pleine crise, tout en recevant les aides de l’état, les banques ont largement continué à distribuer des dividendes.

    6. Leur objectif est de faire porter les factures sur les citoyens en transférant les dettes bancaires vers les états.

    7. Ils font croire qu’il est plus simple de gérer les faillites des états que les faillites des banques. Ainsi la garantie par l’état de l’ensemble du passif des banques (actionnaires, déposants et créanciers), comme en Irlande, est la voie choisie par l’Europe.

    8. L’effet domino que l’on veut éviter pour la faillite des banques sera remplacé par un effet domino sur la faillite des états.

    Nous proposons ci-dessous une loi d’urgence financière, amortisseur de l’effet domino puisqu’il permettra suffisamment de marge de manœuvre au cas par cas pour faire reprendre partiellement et de façon différenciée le passif des banques :

    1. L’état enclenche, dès que possible, une procédure de restructuration dans laquelle l’état est le liquidateur. A ce titre, il valorise les actifs de la banque. En fonction de cela, il détermine sa stratégie au cas par cas pour le passif. Les dépôts peuvent être garantis intégralement voir transférés dans une banque d’état avec le montant d’actifs correspondant. Les actionnaires n’ont théoriquement le droit à rien puisque la faillite correspond au point où les actifs ne suffisent plus à rembourser les créances.

    2. Soit l’état fixe une décote pour les créances qui correspond à la valeur réelle des actifs restant et impose aux actionnaires une valeur proche de zéro pour leurs actions. Il peut apporter alors de l’argent sous forme d’augmentation de capital. Il devient ainsi actionnaire ultra-majoritaire de la banque. Il revendra ses actions éventuellement plus tard et touchera ainsi les justes bénéfices des risques assumés pour secourir la banque. Soit l’état impose de transformer une partie des créances en actions ce qui permettra à la banque d’avoir de nouveau un ratio de capitalisation suffisant pour absorber les risques.

    3. L’État peut décider de verser, à partir du budget de l’état, dans une procédure à part, une prime différenciée pour compenser les pertes de certains actionnaires ou créanciers qu’elle souhaite préserver jusqu’à un certain montant.

    4. L’état doit poser de façon transparente la procédure, accessible à chaque citoyen. Des représentants, spécialistes financiers indépendants, doivent être désignés par la société civile pour représenter les citoyens dans les négociations.

    La pression des citoyens peut encore faire éviter le pire.

    Il faut vous engager et signer.

    Cet appel sera donné au Président de la République, à la ministre de Économie à chacun des députés pour qu’ils initient cette loi d’urgence financière « 

    • Imaginez Sarkozy appliquant Paul Jorion ou Jacques Cheminade ou Larouche… Vous rêvez ! Il est la Droite Extrême et parfaitement décomplexée. Imaginez donc Thiers repoussant les condamnés au Bagne de la Commune de Paris après une pétition de l’internationale prolétaire, imaginez Pétain interdisant tout transfert de Juifs en Allemagne… après une pétition du Maquis du Vercors…

      Si vous voulez éviter le Pire, il faut vous y prendre autrement face à un gouvernement qui n’entend rien et ne veut rien entendre.

      Vous croyez à la réalité de la démocratie, alors que ce n’est qu’une minijupe pour la dictature.

      Imaginez donc Adolf interdisant à ses armées d’affronter l’URSS après une pétition du Vatican. C’est presque malhonnête de faire croire que cela se puisse… alors que la crise est voulue pour être gérée de la façon que le FMI la gère. Une pétition devant l’étranglement de l’humanité, ça va bien les faire rigoler ! Ils étranglent pour se faire plaisir…

  4. « La contestation se répand en Europe : nous ne paierons pas leur crise ! »
    http://rebellyon.info/La-contestation-se-repand-en

  5. 1- La Grèce n’a rien à craindre, la zone euro la protégera

    2- L’Irlande n’est pas la Grèce

    3- Le Portugal n’est pas la Grèce ni l’Irlande

    4- L’Espagne n’a rien à voir avec la Grèce, l’Irlande et le Portugal

    5- Le cas de l’Italie ne peut se comparer à l’Espagne, à la Grèce, à l’Irlande ou au Portugal

    6- La France ne saurait connaître le sort de ces pays, le super Président Sarkozy ne le permettra pas

    7- Et ainsi de suite…

    Tous ces dominos se croient différents de ceux qui sont tombés avant eux, mais un seul restera debout et ce sera l’Allemagne qui n’aura plus qu’à restaurer le dmark.

    Bon, c’est vrai que les banques allemandes seront nettoyées, mais les Ricains les rachèteront pour une poignée de dollars Monopoly à l’effigie de Donald Duck.

    Et ce sera la fin d’une belle légende qui nous aura tous baisés, car l’Europe n’a pas été construite pour faire le bonheur de ses citoyens, mais pour les livrer au Reich US.

  6. « De plus, l’écologie a réussi à devenir tabou. Même Mélenchon n’y touche pas… (C’est dire !) Et pourtant, c’est par le biais de l’écologie que nous sommes aujourd’hui le plus manipulés. »

    Amaru, on t’a reconnu, vieux mammouth ! Baisse donc le masque, Allègre !

  7. A part ça, dire que « même Mélenchon n’y touche pas … » (à l’écologie), c’est peu dire, quand on sait que son parti s’est récemment dotée d’une co-présidente qui est aussi une élue verte historique !

    • Je me suis fait la même réflexion, mais j’ai ensuite songé qu’Amaru utilisait l’expression dans le sens de « n’ose pas la critiquer ».

    • Moi, je ne suis pas contre l’écologie, mais contre les financiers qui l’ont investie.

      De plus, j’ai horreur d’Allègre, sous toutes ses formes. J’ai vécu son passage à l’Education Nationale.

      J’aime bien le style de Mélenchon, mais je trouve que s’il est nécessaire d’avoir souci d’écologie, il ne faut pas en faire un argument électoraliste car c’est au travers de cela que s’engagent les manipulations et les mensonges… comme cela se fait dans tout ce qui est « politique ».

      Et si vous voulez approfondir ce que je pense, vous pouvez aller sur mon site : http://www.amaranthes.fr/

      Mais vous avez tort de vouloir réduire mes arguments à ma personne… ou en faire une question d’individu.

  8. – Amaru

    On peut vous suivre jusqu’à un certain point mais vos sarcasmes virent à l’impuissance à force de soulever ricanements, gausseries, farces et attrapes en tous genres.

    Si l’on suit vos railleries et vos songes sinistro-burlesques, vous auriez pu tout aussi bien imaginer une pétition des damnés de Vorkouta, communistes & non communistes – tous futurs exterminés – demander au camarade Staline d’être plus cool au nom des idéaux de la révolution d’Octobre largement trahis par le bonapartisme moustachu…oups ! On se doute bien aussi que ça aurait fait beaucoup ricaner les fantômes de Kronstadt…

    Votre dénigrement n’est pas justifié en ce qui concerne ce projet de pétition parue sur le blog de Paul Jorion et émanant d’un certain DENIS DUPRÉ.C’est à la fois une information alternative face aux mensonges distillés à longueur d’antennes ou de blog comme celui de Jean Quatremer, et un appel AU RAPPORT DE FORCE CITOYEN !!!

    UN APPEL DÉMOCRATIQUE pour bien signifier à ceux qui nous gouvernent que le peuple n’est pas dupe et que si les politiciens continuent à croire qu’ils sont élus par les conseils d’administration des banques plutôt que par le peuple souverain alors le peuple souverain saura parfaitement dorénavant à quoi s’en tenir.

    Nous sommes des démocrates et des républicains mais si la clique de la  » Classe Caviar » continue à faire semblant et à se passer du peuple pour goinfrer les banques jusqu’à détruire et la démocratie & la république, alors il sera évident que ce pouvoir politique n’aura plus aucune légitimité et que la crise structurelle du capitalisme financier signera non seulement la fin de la Zone Euro, la fin du projet politique Européïste de paupérisation de masse, mais aussi et par voie de conséquence la fin de la 5° République ici.

    La VI ° République viendra du peuple et c’est le peuple Français qui renversera un pouvoir corrompu tellement jusqu’à l’os qu’il croît dur comme fer que le peuple de France va rester amorphe et sous l’empire éternel des drogues télévisuelles sans broncher tout en se laissant joyeusement tondre afin d’ offrir un joyeux Noël en or massif à 1 % de la population déjà richissime.

    Et bien non. Depuis 2005, le Peuple de France s’éveille de sa torpeur par pan populaire entier à chaque nouvelle crise ou injustice majeure. L’ampleur de la catastrophe présente et à venir est telle qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure. La pétition en cours n’est qu’un élément parmi d’autres du Front de Résistance qui se construit jour après jour, multiple et déterminé.

    Croire à la chimère de  » l’Ultra- Solution  » est toujours néfaste. L’histoire nous l’a appris. C’est l’ensemble des solutions apportées aux problèmes présents et la force de synergie populaire qui pourra permettre de bien différencier dans les semaines proches les tenants corrompus de la 5 ° république et les Résistants républicains de la
    VI ° république naissante. Il s’agit de savoir parfaitement où spatio-temporellement nous nous trouvons au cœur de la crise et comment nous nous y situons.

    Si nous concevons que nous vivons dans un monde renversé où les mots du pouvoir veulent exactement dire le contraire de ce qu’ils semblent signifier, alors nous voilà parfaitement au courant :

    M.R Rafarin : » l’effondrement ne menace pas la France comme en Irlande  »
    Chistine Lagarde & François Baroin affirment  » que la France n’est pas menacée financièrement » …

    Cela fait déjà plus d’un an que Paul Jorion parle d’un  » effet domino  » et appelle à un vaste sursaut national, Européen et mondial.Il est clair que l’actualité ne cesse de donner raison à Paul Jorion comme à d’autres – rares, trop rares – économistes…

    Face à l’emprise des banques sur leurs tutelles politiques corrompues ou lobotomisées et après que les premières aient été renflouées par les Etats & les populations, on voit comment pays après pays, ces mêmes spéculateurs attaquent en meutes tous ces États fraichement endettés par …les banques mêmes !!!

    Nous avons encore à l’oreille dans la tourmente et « la guerre des monnaies », les mots monstrueux inventés par Christine LAGARDE, « la plus grotesque économiste que toute l’Europe et les États-Unis réunis nous envient  » , des mots monstreux pour rassurer les imbéciles, les enfants et les innocents … Très sensiblement nous sommes passés ainsi de
     » LA RILANCE  » à  » LA CREVANCE  » Française & Européenne.

    Arrêtons de payer pour les banques ! D’après le sondage paru hier dans le quotidien  » The Irish Independant « , UNE MAJORITÉ D’ IRLANDAIS SONT FAVORABLES A CE QUE LEUR PAYS FASSE  » DÉFAUT « , c’est à dire que le peuple Irlandais appelle à ce que son gouvernement cesse de payer via les contribuables, la DETTE PRIVÉE à la place des banques et autres actionnaires ou spéculateurs !!!

    47 % des Irlandais sont d’accord pour cesser que les pauvres remboursent les riches en faillite ; ces derniers ayant inconsidérément spéculer tout en se goinfrant sur le dos des pauvres pendant 35 années d’ultra-libéralisme effréné et débilitant.

    43 % des Irlandais y sont opposés.

    Cherchez l’erreur.

  9. Wikileaks s’attaque aux banques américaines

     » Le site promet de révéler en 2011 les secrets d’«une grande banque américaine » dont les pratiques seraient « contraires à l’éthique « .

    http://www.lefigaro.fr/societes/2010/11/30/04015-20101130ARTFIG00378-wikileaks-fait-aussi-trembler-les-banques.php

  10. L’analyse historique peut aussi nous aider à comprendre comment on est dirigé. A condition bien sûr d’appliquer la méthode Chomski pour décrypter sans se faire manipuler.

    Il y a un très bon livre de Naomi Klein « la stratégie du choc » qui dénonce comment le choc d’une crise permet de soumettre les peuples.

    Sinon, vous avez aussi « le choix de la défaite » d’Annie Lacroix-Riz:
    conférence ici.

    http://www.dailymotion.com/video/xe30j6_1940-le-choix-de-la-defaite_news

    C’est intéressant de connaître les dessous des archives, on peut faire quelques analogies entre les années 30 et aujourd’hui.

  11. […] Rappel : les dettes publiques ne sont pas dues à l’augmentation des dépenses – comme l’expliquent les « Economistes atterrés » – mais à la baisse des ressources, causée par des politiques constantes de réduction […]

 Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis)