Avr 022011
 

Voici la livraison gratuite de toutes les éditions du Kiosque permanent du 9 au 24 mars 2011, que nos abonnés – cliquez ici pour les rejoindre – ont pu lire en temps réel. Sommaire : « Même l’Italie de Berlusconi va sembler un modèle de démocratie comparée à la France » ; « Il n’y a pas de société juste sans impôt juste » ; Nucléaire : libéralisme contre sécurité ; Dépénalisation rampante des affaires politico-financières ; UMP : il n’y a plus de pilote dans l’avion ; Elections cantonales et autres plaisirs minuscules ; Minorité présidentielle ; La France, notre France, pas la leur ! ; Distribution d’iode : bienvenue en Absurdie ; Libye et Bahrein : deux poids, deux mesures ; Sarko myso ; Chantage à la subvention et censure politique ; Dans notre rubrique Ferme ta gueule !, Claude Guéant ; Presque trois fois moins de musulmans en France qu’annoncé : ce genre d’information ne fait pas la Une… ; Sarkozy financé par Kadhafi : maintenant, on attend les preuves ; Augmentation en catimini de la franchise hospitalière ; Austérité en Europe, non intervention en Libye : les « apprentis sorciers » allemands ; D’accord pour les chambres de bonne, mais le reste ? ; Cantonales : dans la série UMP FN, Geoffroy Didier, candidat en Val d’Oise ; Hervé Kempf : « L’apparence d’une démocratie représentative »« Les gens acclament le nom de Sarkozy dans les rues » ; Le contrôleur fiscal sanctionné par Sarkozy gagne en justice ; Cantonales : l’UMP honteuse ; Interviewer un dictateur ; Réforme fiscale : « un autre cadeau aux plus riches » ; Justice, égalité, solidarité, Sarkozy.

Bienvenue sur le Kiosque permanent de plumedepresse !

24 mars 2011

« Même l’Italie de Berlusconi va sembler un modèle de démocratie comparée à la France »

12 h 26 – Comme l’annonce l’agence Reuters« Le ministère de la Justice a relancé des poursuites disciplinaires contre le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, qui conduit des procédures menaçant l’Elysée, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. (…) Renaud Van Ruymbeke a été, juste avant cette décision ministérielle, chargé de l’enquête sur une éventuelle affaire de corruption lors de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole. Cette affaire pourrait être indirectement à l’origine de l’attentat de Karachi, au Pakistan, où ont péri onze Français en 2002. » Ce que Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, commente ainsi sur sa page Facebook« Décidément… Le gouvernement ne recule devant pas grand chose pour mettre la justice au pas… Bientôt, même l’Italie de Berlusconi va sembler un modèle de démocratie comparée à la France avec sa justice qui ne se laisse pas marcher sur les pieds… » Jolie Phrase du jour !

« Il n’y a pas de société juste sans impôt juste »

11 h 39 – Vincent Drezet, Secrétaire général du Syndicat national unifié des impôts et membre du conseil scientifique d’Attac, publie un nouvel ouvrage, Pour un Big Bang fiscal, et a accordé une interview au Journal du Pays basque. Extraits : « Il n’y a pas d’harmonisation fiscale en Europe, ce qui est anormal car on parle par ailleurs de marché unique. Du coup, pour attirer les investisseurs et les entreprises, les pays abaissent les impôts payés par ce type d’agent économique. Concrètement, cela se traduit par une baisse de l’impôt sur les sociétés, par une baisse des impôts directs payés par les plus riches (impôts sur le patrimoine et le revenu notamment). Mais comme il faut tout de même financer les services publics, certains impôts augmentant pour compenser ces baisses. Or, ces hausses concernent surtout des impôts payés par les classes moyennes, comme les impôts sur la consommation. (…) Lorsqu’on baisse des impôts payés par les plus riches et qu’on augmente les impôts payés par les classes moyennes, dans un contexte où les inégalités de revenus et de patrimoines augmentent, on accélère le développement de ces inégalités, économiques et sociales. Or, l’impôt peut et doit jouer un rôle redistributif. (…) Nous avions dénoncé le bouclier fiscal dès sa création par MM. de Villepin et Copé en 2005. En effet, les calculs que nous avions faits nous avaient permis de démontrer que seuls les plus riches seraient véritablement gagnants, alors que leur niveau de revenu et de patrimoine était déjà très élevé. Le bilan du bouclier fiscal est désastreux : il est injuste, coûteux et inefficace. (…) Comme de nombreux économistes, syndicalistes et fiscalistes, il me semble qu’il faut en finir avec certaines idées reçues en matière d’impôt et rappeler les vrais enjeux dont le principal : il n’y a pas de société sans impôt donc pas de société juste sans impôt juste. Une fiscalité juste est une fiscalité qui fait la part belle aux impôts directs, notamment progressifs. Pour y parvenir, il faut revenir sur de nombreuses niches fiscales et revoir le barème de l’impôt sur le revenu. Une refonte de l’imposition du patrimoine est également nécessaire. Autre chantier, et pas le moindre, la réforme de la fiscalité locale, aujourd’hui déséquilibrée et très injuste. C’est d’un véritable «Big Bang fiscal» dont nous avons besoin. (…) L’exode fiscal existe mais il est marginal : l’Union SNUI Sud Trésor Solidaires a ainsi montré que 0,15% seulement des redevables de l’ISF partaient chaque année. Du reste, curieusement, il n’existe aucune étude précise et détaillée sur le sujet. Et les seuls chiffres disponibles montrent que rien ne prouve que l’économie française souffre des départs : en effet, les départs ne sont pas uniquement dus à la fiscalité, par ailleurs, certains contribuables reviennent et il y a même des étrangers qui s’installent en France. Lorsqu’on sait que la France est le troisième pays en terme de nombre de millionnaires dans le monde, on se dit que des marges de manoeuvre existent pour une fiscalité plus juste. » Inutile de préciser qu’il ne faut pas attendre pareille chose de la part du président des riches et de l’Union pour une Minorité de Privilégiés.

22 mars 2011

Nucléaire : libéralisme contre sécurité

17 h 03 – Intéressant article publié par l’ingénieur et écrivain Denis Consigny sous le titre de Le nucléaire, la contradiction du libéralisme « Il est même à craindre [du point de vue « des tenants du libéralisme pur et dur », NdA] que, sous la pression de l’opinion publique, les autorités des différents pays qui accepteront d’acheter de nouvelles centrales n’imposent des dispositifs dispendieux, à l’image des dispositifs de freinage de secours dans les véhicules : en bonne logique, lorsqu’on double une fonction pour des raisons de sûreté de fonctionnement, on le fait avec un circuit totalement indépendant du circuit principal. Dans le cas des réacteurs nucléaires, les autorités de contrôle pourraient aller jusqu’à imposer un deuxième circuit de refroidissement fonctionnant avec un autre fluide, d’autres entrées/sorties et d’autres échangeurs que le circuit principal. (...) De tels dispositifs permettraient de plafonner les accidents nucléaires susceptibles de se produire au niveau 3, et de faire l’économie de l’angoissante question de savoir s’il n’existera pas un jour un niveau 8, correspondant à la présence, au fond d’un réacteur ou d’une piscine définitivement impossible à refroidir, d’une quantité et d’une concentration de matières fissiles supérieures à la masse critique. Mais, avec un tel luxe de précautions, la compétitivité de l’industrie nucléaire serait considérablement dégradée. Un peu comme si on demandait d’intégrer les coûts réels d’élimination des déchets et de reclassement des installations obsolètes dans le prix de l’énergie produite, alors qu’on sait très bien que le prolongement de la durée de service des réacteurs en fin de vie n’a permis jusqu’à présent de ne masquer qu’une petite partie de ces coûts transférés sur les générations à venir. Comme pour les combustibles, au sujet de la fin de vie desquels on se MOX du monde. Il est décidément très embêtant, pour un vrai libéral, de se trouver confronté à des outils de production et à des consommables qui continuent à coûter de l’argent après leur période d’utilisation et de consommation. C’est peut être là que réside la vraie contradiction entre l’énergie nucléaire et l’exploitation privée… Et, puisqu’il faut malgré tout s’efforcer de distinguer, en dépit des larmes qui brouillent nos regards effarés, les lueurs d’espoirs qui peuvent exister dans le paysage dévasté que nous découvrons depuis le 11 mars 2011, souhaitons que la monstruosité de cette contradiction et de ses conséquences finisse par faire comprendre, aux peuples et/ou à leurs dirigeants, que la main invisible du marché ne peut définitivement pas réguler à elle seule toute la marche du monde. »

Dépénalisation rampante des affaires politico-financières

09 h 29 – Notre Phrase du jour, citée par Les nouvelles news, est signée Guillaume Daïeff, magistrat du pôle économique et financier du tribunal de grande instance (TGI) de Paris et vice-président de l’Association française des magistrats instructeurs (Afmi) : « la dépénalisation du droit des affaires, qui est un des projets des gouvernements de droite depuis 10 ans, est clairement à l’oeuvre ». Car il y a deux manières de dépénaliser, note le juge d’instruction. «La première, c’est de changer les textes, mais cela peut être difficile à faire passer dans l’opinion publique. La deuxième manière, c’est d’empêcher les agents publics chargés de leur application, c’est à dire les juges d’instruction et les procureurs, de les appliquer. Personne ne le voit, mais c’est tout aussi efficace». Le juge Daïef relaie l’alerte lancée la semaine dernière par l’Afmi« Depuis deux ans, le ministère de la Justice réduit significativement les moyens humains et matériels des enquêtes au pôle économique et financier du TGI de Paris. Les enquêtes économiques et financières sont en danger à Paris. » Les nouvelles news donnent des chiffres : « Créé en 1999, le pôle parisien n’a jamais fonctionné à plein régime. En 2001, il comptait 27 juges d’instruction, trois de moins que l’effectif théorique. Ils ne sont plus que 18 aujourd’hui. Et l’hémorragie s’amplifie, tout particulièrement à la section financière du pôle (…). Rien que ces deux dernières années, 8 postes de magistrats (juges d’instruction et parquetiers) y ont été supprimés. (…) Au final, des magistrats noyés sous les dossiers. Au risque de l’erreur judiciaire. «Nous devons perpétuellement éviter deux écueils», explique Guillaume Daïeff : «soit de ne pas inquiéter un coupable, soit de mettre en prison un innocent. Quand vous avez trop de dossiers à traiter, c’est plus difficile d’éviter ces deux risques.»D’autant que la baisse du nombre de magistrats s’accompagne de celle des «assistants spécialisés», institués avec la création du pôle financier. Experts comptables, agents des douanes, des impôts… ces assistants adjoints aux juges d’instruction et aux parquetiers «sont absolument essentiels pour former des équipes pluridisciplinaires», estime Guillaume Daïeff. Dans les textes, ils devraient être dix à assister les magistrats du pôle de Paris. Ils ne sont aujourd’hui plus que quatre, dont un sur le départ. » Bientôt 3 au lieu de 10 assistants et 18 juges au lieu de 30 : le pouvoir voudrait-il empêcher la résolution des affaires politico-financières – mettant régulièrement en cause des UMPistes – qu’il ne s’y prendrait effectivement pas autrement.

UMP : il n’y a plus de pilote dans l’avion

08 h 18 – « Il est rarissime et pour tout dire inédit qu’un Premier ministre, hors cohabitation, se démarque de la sorte d’un président de la République, sur un sujet si politique, au lendemain d’une électionconstate Sud OuestC’est pourtant ce qu’a fait hier François Fillon, à propos de l’attitude à adopter vis-à-vis du Front national, ajoutant à la confusion ambiante un parfum de crise politique. (…) Pour François Fillon, les choses sont claires : il faut «voter contre le Front national». «Nous devons rappeler nos valeurs, et nos valeurs ne sont pas celles du FN,explique le Premier ministre. Nous devons appeler nos électeurs à faire le choix de la responsabilité dans la gestion des affaires locales». Voilà qui plaide clairement pour un vote en faveur de la gauche. Et pour que les choses soient bien claires, Fillon (dont les propos sont rapportés sciemment par Matignon) ajoute : «tout cela conduit à voter contre le Front national». Une attitude qui est dans la droite ligne de celle qui fut adoptée par l’actuelle majorité depuis le milieu des années 80. Celle dont Jacques Chirac ne s’est jamais départie ; celle qu’a scrupuleusement fait appliquer en 1998 Philippe Séguin le «mentor» de Fillon lorsque des alliances se nouaient dans les conseils régionaux entre une partie de la droite et le FN. Las ! Ce n’est ni celle du secrétaire général de l’UMP, ni celle du président de la République. Depuis dimanche soir, Jean-François Copé tient un discours alambiqué d’où il ressort que les électeurs sont libres, mais que si pas une voix ne doit aller au Front national, pas une non plus ne doit se porter sur les candidats de gauche. Pour ajouter à la confusion, son prédécesseur Xavier Bertrand plaide de son côté en faveur du vote blanc. Quant à Nicolas Sarkozy, qui délaisse provisoirement l’état-major des Armées pour celui de l’UMP, il donne ses consignes hier matin : «ni vote pour le Front national, ni vote pour la gauche» et il invite le bureau politique de l’UMP à «la confirmer». Il est à présent clair que Sarkozy, déjà contraint de renommer Fillon Premier ministre et de faire de Juppé un super ministre, ne maîtrise plus rien au sein de sa minorité présidentielle.

21 mars 2011

Elections cantonales et autres plaisirs minuscules

14 h 07 – Comme le montre la Une ci-dessus, Le Figaro a préféré accorder la priorité à l’actualité internationale, reléguant les élections cantonales en dessous avec un titre prudent : L’abstention profite au FN et à la gauche. Mais ne boudons pas notre plaisir de lire dans la Pravda sarkozyste cet article qui a dû faire s’étrangler de rage ses lecteurs : Cantonales : l’UMP enregistre un recul historique. Même le quotidien de droite n’est pas dupe de la manipulation de Claude Guéant dont il est question plus bas sur cette page : « Avec 17% des suffrages, l’UMP et ses alliés du centre qui se sont présentés sous leur étiquette nationale perdent presque quatre points par rapport à l’élection de 2004, où les mêmes cantons étaient en jeu. Ils avaient fait à l’époque 20,95%. Claude Guéant, en annonçant les résultats encore partiels dont il disposait en milieu de soirée, a additionné d’office au score UMP-centre celui des candidats «majorité présidentielle» (autour de 5,5%) et celui des divers droite (9,5%). Ce qui lui a permis d’atteindre un résultat nettement plus flatteur, autour de 32,5 % des voix. D’autant plus flatteur que le nouveau ministre del’Intérieur s’est bien gardé d’effectuer la même opération avec les voix de gauche. Mais malgré ces calculs savants, le premier tour des cantonales marque un recul historique du parti présidentiel. » Mince alors : même Le Figaro l’écrit ! Coup de chapeau donc à l’auteure de l’article, Judith Waintraub.

Minorité présidentielle

10 h 43 – La Phrase du jour est tirée d’un article de La Tribune titré Quand le soldat Guéant défend le général Sarkozy« le ministre de l’Intérieur et ex-Secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant a tenté de masquer l’échec de l’UMP au premier tour de l’élection cantonale en affirmant que la majorité présidentielle avait emporté 32,5% des suffrages alors que le parti majoritaire n’a décroché que 16%, talonné par le Front national avec 15% ». Puisque la réalité nous dérange, nions-la ! A noter l’incroyable photo choisie pour illustrer l’article, que nous reproduisons avec gourmandise ci-contre. Explication de la grossière manipulation de Guéant sur Le Post« Pour parvenir au chiffre de 32,5%, le ministre de l’Intérieur a en fait aditionner les voix obtenues par les candidats étiquetés UMP à celles des candidats « divers droite », en les regroupant dans un seul groupe, celui de la majorité présidentielle. En revanche, Claude Guéant n’a pas adopté la même technique de calcul des voix pour les partis de gauche puisqu’il présente leurs scores, parti par parti. Une manière de minorer la déroute de l’UMP à ce scrutin. Et une méthode de calcul objectivement contestable car certains candidats « divers droit » se présentaient… face à un candidat de l’UMPSi le ministre avait totalisé les scores de la « gauche républicaine », il serait arrivé à un score d’environ 39%, souligne Le Monde.fr. »

20 mars 2011

La France, notre France, pas la leur !

23 h 59 – En guise d’antidote à l’heure du sacre du Front national en tant que troisième force politique du pays à l’issue de ce premier tour des cantonales, un joli billet publié sur son blog du Club Mediapart par Gabrielle Teissier K, qui se présente comme « citoyenne », sous le titre de La France doit rester la France. En voici la conclusion : « Tout ce que j’ai cru vrai en France depuis que je suis petite, n’existe pratiquement plus. On chasse les étrangers, on maltraite les demandeurs d’asile, on tient des propos racistes à tout va, même les ministres sont condamnés et les gens de télé et les ministres continuent à être ministres et les gens de télé, à faire de la télé. Aujourd’hui mon pays a tellement changé que j’ai du mal à le reconnaître.  Mon grand pays n’est plus le pays des droits de l’Homme – même quand le président fait semblant d’y croire quand ça l’arrange pour aller faire la guerre. Beaucoup de gens y vivent dans la peur. Beaucoup de gens y manquent de tout. Ce n’est pas « à force d’immigration mal contrôlée« , Monsieur le ministre, c’est à cause de vous, de vos collègues et du président que « Les Français, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux… Les Français veulent que la France reste la France ». Moi aussi. »Et nous itou !

Bienvenue en Absurdie

09 h 07 – La France recense ses stocks de pastilles d’iodetitre Le Parisien « Consigne a été donnée avant-hier à l’Etablissement pour une réponse aux urgences sanitaires (l’Eprus), un organisme dépendant du ministère de la Santé, de comptabiliser les stocks de pastilles d’iode entreposés de façon permanente. Il s’agit de vérifier que les quantités sont suffisantes pour traiter toute la population française en cas de catastrophe atomique dans l’Hexagone. »Soyons rassuré au terme de cet inventaire, il y en aurait assez pour tout le monde. « L’iode peut être donné quelques heures après une catastrophe nucléaire, et permet d’amoindrir les effets de la radioactivité sur la thyroïde », précise le quotidien. Une phrase de l’article a pourtant attiré notre attention : « En cas d’alerte, «les personnes devraient se rendre dans leur bureau de vote munies de leur livret de famille». Mais qui donc a eu idée pareillement saugrenue ? Le livret de famille ! Pourquoi pas une simple carte d’identité, qui présente l’avantage d’être individuelle ? Et les étudiants qui vivent dans une autre ville que leurs parents par exemple, devront-ils traverser la France pour aller chercher la précieuse pièce avant d’avoir droit à leurs pastilles ? Nous avons beau chercher, aucune explication valable à cette décision absurde ne nous apparaît.

19 mars 2011

Libye et Bahrein : deux poids, deux mesures

23 h 59 – Intéressante analyse signée Gérard Filoche (Démocratie & socialisme, aile gauche du PS) à propos des événements en cours en Libye et ailleurs : « Une partie majoritaire des Occidentaux, cette même semaine où ils votent la guerre contre Kadhafi, laissent le sinistre roi Abdallah d’Arabie saoudite envoyer 1000 soldats et des chars à Manama par le « pont » de Barhein (c’était techniquement facile à empêcher) pour mitrailler les manifestants de la place de la Perle. Le dictateur de Barhein peut, de ce fait, dans l’indifférence mondiale générale, faire 200 blessés par balles et 41 morts en une journée, il casse la statue de la place de la Perle, supprime même le nom de la place et éradique aux bulldozers cette « place Tahrir » bareïnie pour un « nouveau plan de circulation », sans que le monde bouge. Le dictateur de Sanaa fait tirer depuis des semaines sur l’opposition yéménite manifestement majoritaire, elle, dans tout le pays : des dizaines de morts aussi hier. Le royaume le plus bigot, le plus totalitaire et le plus riche du monde, en Arabie saoudite, n’encourt pas l’opprobre non plus des occidentaux quand toute manifestation est interdite et violemment réprimée : 70% de sa population qui a moins de 25 ans subit pourtant une oppression intolérable. Les pays du Golfe sont les derniers refuges impunis d’un infâme esclavage de leurs travailleurs, d’un apartheid social et d’un pillage inouï des richesses du pétrole volées à leurs peuples : mais ils bénéficient d’une clémence dont Kadhafi, qui leur ressemble, est privée. Est-ce parce que Kadhafi est « fou » et « incontrôlable » ? Il ne l’était pas hier quand il était reçu en fanfare à l’Elysée et réhabilité en Grande-Bretagne ? Ni quand il barrait la route à l’immigration africaine dans l’intérêt de l’Union européenne. Ni quand il achetait aux occidentaux les armes dont ceux-ci lui reprochent de se servir. »

18 mars 2011

Sarko myso

11 h 52 – Nous l’avions vaguement entendu à la télé, sans noter les termes et nous l’avions ensuite oublié, mais voilà que nous tombons sur le verbatim de la brillante intervention de Nicolas Sarkozy à propos de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes : « C’est sympathique, il faut le faire, enfin, parfois, il faudrait qu’on se concentre sur l’essentiel ». Que de condescendance et de mépris ! Alors que ce gouvernement ne respecte pas la parité, issu d’un parti qui préfère payer des amendes plutôt que de présenter suffisamment de femmes (ou construire des logements sociaux), et qu’il se refuse à obliger les entreprises à mettre un terme au scandaleux écart salarial entre hommes et femmes – on ne va pas contre le Medef en Sarkozie. Le féminisme, la condition des femmes, l’injustice qui leur est faite, Sarkozy fait semblant de s’y intéresser dès lors que sont concernées les musulmanes, avec de limpides arrières-pensées de course à l’échalotte politicarde pour ne pas se laisser distancer par le FN en matière de xénophobie. Mais pour le reste, sachez-le, Mesdames, il s’en contrefiche. Le pire étant qu’avec la déclaration citée, il juge ne plus même devoir faire semblant.

Chantage à la subvention et censure politique

10 h 44 – Il faut « incarchérer les adolinquents », moraliser le « crapultalisme financier », doter les universités d’ « un statut de robotonomie »… Ces trouvailles sémantiques, parodiant le discours bien connu de certain président, sont extraites du spectacle de la comédienne et metteuse en scène Rafaëlle ArditiSarkophonie, dissection dyslexique du discours réactionnaire. Elle y campe un personnage clownesque de dictateur avec quelque talent : vous pouvez visionner de longs extraits du spectacle sur une vidéo en ligne chez Rue89, qui publie un article sur l’affaire. Parce qu’affaire il y a : à la suite de la programmation de Sarkophonie pour la dixième édition du festival de théâtre de rue Festiv’arts, la Direction régionale aux affaires culturelles (Drac) a menacé l’association organisatrice de lui supprimer la subvention promise, de 3000 euros pour deux jours de festival. Elle « avait répondu à un appel d’offre du ministère de la Culture dans le but de financer un festival off consacré aux jeux de mots. Cet événement aurait rejoint la programmation officielle de la Semaine de la francophonie », explique Rue89. Mais voilà que tout est remis en question avec l’annonce de la participation de Rafaëlle Arditi, qui ne plaît pas du tout à la Drac « En ce qui concerne la programmation, je vois surgir un objet non-identifié qui m’a l’air d’être une charge contre le président de la République. Je n’ai rien contre un point de vue citoyen, mais on ne peut pas demander au ministère de la Culture de subventionner n’importe quoi… », écrit son responsable à l’association. Conclusion de l’histoire : « Festiv’arts a décidé d’annuler sa participation à la Semaine de la francophonie. Parce qu’elle craignait un désinvestissement total de la Drac sur l’événement off. Mais aussi parce qu’il n’était «tout simplement pas envisageable» de déprogrammer Rafaëlle Arditti. La comédienne a toutefois promis aux organisateurs de venir se produire, avec ce fameux spectacle, à Grenoble. Gratuitement. »

Dans notre rubrique Ferme ta gueule !, Claude Guéant

08 h 14 – Son prédécesseur place Beauvau était un habitué de la rubrique, bienvenue à Claude Guéant ! Il« pourrait être adhérent d’honneur du FN puisqu’il est touché par la grâce, sauf que cela n’annonce que les prochaines élections », a ironisé Marine Le Pen, après que le ministre de l’Intérieur a cru malin de déclarer que« les Français à force d’immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux ». Et la cheffe de Front national de joindre le geste à la parole pour lui proposer la carte du parti. C’est là qu’elle se plante : pas besoin d’être encarté au FN pour tenir des propos xénophobes. On ne compte plus les dérapages du côté de la minorité présidentielle, avec des Hortefeux ou des Mariani en incendiaires cyniques. L’UMP, ce grand parti d’extrême droite…

16 mars 2011

Presque trois fois moins de musulmans en France qu’annoncé : ce genre d’information ne fait pas la Une…

23 h 59 – « Depuis des mois, des années plutôt, des hommes politiques de plus en plus nombreux – et pas seulement de droite ou d’extrême droite -, relayés dans l’espace médiatique par des “compagnons de route”ont imposé l’immigration comme un enjeu politique central, au motif que le sujet préoccuperait nos compatriotesécrit Guy BirenbaumMinistère de l’identité nationale, loi sur la burqa, débat sur l’islam ou faux nez sur la laïcité, halal, minarets, musulmans, prières dans les rues, révolutions arabes… J’en oublie. Et ce n’est certainement pas le poids électoral de Marine Le Pen (selon les sondages) qui va arranger les choses dans la campagne présidentielle qui s’annonce… » On ne nous parle donc sans cesse que des musulmans et du fantasmatique « péril islamique » mais toutes les informations concernant le sujet n’ont sans doute pas la même importance, comme le relève l’éditeur et chroniqueur, produisant l’extrait du Figaro ci-contre. Et Birenbaum de commenter : « Huit lignes dans Le Figaro du jour, en page 12, donc, pour une enquête de l’Ined (voir ici) qui divise presque par trois le nombre de “musulmans déclarés”. Comme quoi, les musulmans ne font pas toujours la “une”… »

Sarkozy financé par Kadhafi : maintenant, on attend les preuves

16 h 08 – La phrase du jour est signée Saïf al-Islam, le fils de Kadhafi cité par L’Express :« Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. [….] Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement. »Bon, on attend, donc.

15 mars 2011

Augmentation de la franchise hospitalière : comme une lettre à la poste

13 h 48 – La nouvelle date du 4 mars et n’a pas rencontré grand écho : « Un décret très discret vient de faire passer la franchise hospitalière de 18 à 24 €. Soit une augmentation de 32%… et une économie de 500 millions pour la Sécu, sur le dos des patients,annonçait l’excellent Les mots ont un sens. De 10,67 € en 2003 à 24 € en 2011… Un nouveau texte, publié le 23 février dernier sans aucune discussion préalable, fait passer la limite de déclenchement de la franchise hospitalière de 91 € à 120 €. Concrètement, jusqu’à présent, les patients devaient payer une franchise correspondant à 20% de la facture, avec un montant maximum de 18,2 € (20% de 91 €). Et la Sécu remboursait le reste. Désormais, le montant maximum est porté à 24 € (20% de 120 €). Soit une augmentation de 32% (+225% depuis 2003). » Nous avons dû relire plusieurs fois et aller consulter la source pour comprendre, c’est dire si l’embrouille est au point ! « Bien sûr, les mutuelles prendront en charge la différence, répercutant la douloureuse sur leurs assurés, qui passeront (encore) à la caisse : entre 2001 et 2008, la cotisation moyenne est passée de 382 € à 551 € par personne, soit un bond de 44%. Résultat : 5 millions de Français ne peuvent plus se payer de mutuelle et 9 millions se privent de soins pour raison financière. Que les pauvres se rassurent, c’est pour la bonne cause : ces économies permettront de financer la suppression de l’ISF. A votre santé… » La nouvelle n’a été répercutée que faiblement, hormis dans la blogosphère : par La DépêcheChallengescitant un article du ParisienNotre Temps et L’Humanité, par le biais dans ce dernier média d’un communiqué du… NPAOn trouve enfin mention de cette augmentation chez RTL avec cette conclusion : « Les associations dénoncent une médecine à deux vitesses : ceux qui ont les moyens de souscrire à une mutuelle d’un côté. Et de l’autre, ceux qui ne le peuvent pas ». Toute l’UMP dans ce programme : Union pour une Minorité de Privilégiés !

Austérité en Europe, non intervention en Libye : les « apprentis sorciers » allemands

11 h 39 – Commentaire de l’actualité par Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alernatives économiques, sur sa page Facebook Guido « Westerwelle, le ministre libéral allemand des Affaires étrangères, s’est opposé hier à la mise en place d’une no fly zone en Libye. Non seulement le gouvernement conservateur allemand menace la survie de la zone euro avec ses exigences d’austérité excessives mais en plus il va réussir aussi à tuer la révolution démocratique arabe. Ce sont vraiment des apprentis sorciers… »

14 mars 2011

D’accord pour les chambres de bonne, mais le reste ?

17 h 47 – Ah il est en colère, Benoist Apparu, secrétaire d’Etat à la Pénurie de logements : « Certains propriétaires demandent plus de 90 euros par mètre carré» [900 euros pour une chambre de bonne de 10 mètres carrés équipée seulement d’un point d’eau], c’est totalement abusif »s’indigne-t-il. Et il annonce qu’il va « taxer les loyers supérieurs à 40 euros le mètre carré pour des surfaces inférieures ou égales à 13 mètres carrés ». Bien. Mais est-ce suffisant pour résoudre la crise du logement ? Poser la question… « Pour répondre à la hausse des loyers (2,5% en 2010 pour les baux en cours et 5,6% pour les renouvellements, selon l’observatoire spécialisé Clameur), des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander un plafonnementrésume Le Parisien. Mardi prochain, les députés communistes et du Parti de gauche (PG) déposeront une proposition de loi en ce sens. » Aucune chance évidemment qu’elle ne soit adoptée mais l’occasion de réaffirmer avec force sur la place publique que vaincre le fléau français du mal-logement nécessite un encadrement et une régulation volontariste de l’Etat. On voit bien aujourd’hui à quoi mène de faire confiance au marché, comme nous y exhortent les libéraux : « En 12 ans le pouvoir d’achat immobilier des Français s’est réduit de moitiésynthétise l’Ufal : avec la somme qui permettait d’acheter un 132 m2 en 1999, une famille peut se loger dans un 65 m2 en 2011 (étude du courtier en crédit immobilier Empruntis) ! A Paris, où la situation est encore pire, la surface achetable à diminué de 70%. Les familles sont rejetées de plus en plus loin. Rappelons que la loi Scellier permet à un investisseur de déduire de ses impôts entre 25% et 37% du prix d’achat d’un logement neuf, dans la limite de 300 000€. La seule obligation est de limiter le loyer proposé pendant 9 ans. Mais les barèmes de loyers maxima fixés par l’Etat sont en moyenne supérieurs de 28 % au prix du marché (cf Le Figaro du 30/08/2010) et la réforme de 2011 ne change pas la situation car les plafonds n’ont été baissés en moyenne que de 15%. En faisant miroiter aux futurs propriétaires des réductions d’impôts (en 2011, 7 333€ maximum et cela pendant 9 ans) les promoteurs, tous liés à des groupes bancaires puissants, augmentent leur marge. Et aujourd’hui des dizaines de milliers d’emprunteurs des couches moyennes sont étranglés par le remboursement des crédits. »

En panne

08 h 45 – Pour des raisons inexpliquées, la base de données contenant tous les articles du site avait crashé. Apparemment, l’intervention des techniciens de L’Autre Net a tout réparé. Nous allons pouvoir reprendre une activité normale.

11 mars 2011

Cantonales : dans la série UMP FN, Geoffroy Didier, candidat en Val d’Oise

18 h 55 – On s’y tromperait, d’autant qu’aucun sigle de parti ne vient griffer le tract ci-dessous.

Le candidat se nomme Geoffroy Didier et il n’est pas au Front national. Acteurs publics lui consacrait en septembre 2009 cet article : « La valeur n’attend pas le nombre des années… À 33 ans, Geoffroy Didier suit une ascension express au sein des cabinets ministériels, dans la foulée de Brice Hortefeux. Diplômé de Sciences-Po et de l’Essec, mais passé aussi par les universités de Columbia et de Harvard, aux États-Unis, il a commencé par être avocat au barreau de New York, puis à celui de Paris. Depuis 2005, il s’est mis au service de l’actuel ministre de l’Intérieur, qu’il a donc d’abord accompagné aux Collectivités territoriales, à l’Immigration, puis aux Affaires sociales. Il est aujourd’hui, place Beauvau, à la fois sa plume et son conseiller pour la communication et pour la politique. » Il est également mpentionné dans un article titré La « génération Sarkozy » à l’assaut des régions par Le Figaro en novembre de la même année : « Fondamentalement sarkozyste» et marqué par la rupture que le président a menée au sein de la droite, Geoffroy Didier assure que «la prochaine génération d’élus doit correspondre à ce que Nicolas Sarkozy est vraiment». Prêt à «assumer les idées les plus modernes», il devrait être présent sur la liste dans le Val-d’Oise. Mais son baptême du feu est programmé en 2011 avec les cantonales et les législatives. «Il faut en 2012 des gens qui puissent aider Nicolas Sarkozy dans son deuxième mandat», explique celui qui tient permanence tous les samedis à Gonesse. » 2011, les cantonales, on y est. Et pour comprendre l’invraisemblable tract ci-dessus, reportons-nous à des propos tenus par Didier, déjà Conseiller régional UMPdans VO (Val d’Oise)news : « La droite a perdu en 2004 et n’est pas parvenue à être présente au second tour de l’élection cantonale (La socialiste Vivianne Gris était face à Jean-Michel Dubois du FN, NDLR), précise Geoffroy Didier. Je suis trop jeune pour donner des leçons à qui que ce soit, mais les faits sont là : nous sommes, aujourd’hui, dans une terre de combat. Je sais à quel point le défi est difficile à relever (…) Avec humilité et détermination, et par respect pour le soutien que les militants m’ont apporté, je veux être, avec d’autres, pour ce département, un artisan de la reconquête. » Pour éviter donc une nouvelle élimination de l’UMP par le FN, Didier se fait sans complexe passer pour un candidat néo-fasciste !

Hervé Kempf : « L’apparence d’une démocratie représentative »

12 h 09 – Hervé Kempf, le talentueux journaliste écolo du Monde, créateur de Reporterre, sort son nouvel essai et en assure la promo par le biais d’entretiens comme celui qu’il vient d’accorder à Basta! : « Dans les pays occidentaux, l’évolution du capitalisme ces 30 dernières années a provoqué une considérable augmentation des inégalités. Elle a conduit à détacher encore plus le groupe des très riches du reste de la société. Ce groupe a acquis un pouvoir énorme, qui lui permet de contrôler les grands choix collectifs. Derrière l’apparence d’une démocratie représentative, le destin de la collectivité est déterminé par un petit groupe de gens, la classe oligarchique. Le régime oligarchique actuel se caractérise par une extension du pouvoir des acteurs économiques, bancaires et financiers. Et par un affaiblissement du pouvoir relatif de l’État. L’histoire récente l’illustre clairement, avec les exemples de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande : ce sont désormais les spéculateurs, les banques, les fonds de pension qui décident des politiques économiques de ces pays. Le dénouement de la crise financière montre également la disproportion entre le pouvoir des États et celui des agents privés. Le système financier est sauvé fin 2008 par l’engagement des crédits et de l’épargne publics. Éviter l’effondrement du système était nécessaire. Mais on est en droit d’attendre que la puissance publique reprenne le contrôle des agents financiers qui avaient conduit à la crise par leur comportement irresponsable. Cela n’a absolument pas été le cas. L’autonomie de décision du secteur bancaire a été largement préservée. Les tentatives de régulation ne corrigent qu’à la marge les dysfonctionnements et les comportements spéculatifs. »

L’individualisme, cet ennemi

« L’évolution du capitalisme s’est accompagnée d’une transformation majeure de la culture collective. L’individualisme s’est exacerbé à un point sans doute jamais vu. Il forme aujourd’hui le fond de notre culture, de notre conscience collective, de notre façon d’être. C’est ce qui cause notre faiblesse et notre incapacité à nous rebeller. L’individualisme fragmente la société. Il nous paralyse et nous handicape face à des gens qui, même s’ils sont peu nombreux, « jouent collectif » et sont très cohérents.Pour dépasser cela, il faut nous affranchir d’un conditionnement extrêmement fort des médias, et particulièrement de la télévision. Elle est devenue si quotidienne et banale, on ne se rend même plus compte à quel point elle modèle et diffuse la culture collective. Le système de valeurs qu’elle projette, avec la publicité, est individualiste, axé sur la consommation, et n’invite pas à intervenir dans la sphère publique. »

« Les gens acclament le nom de Sarkozy dans les rues »

09 h 42 – Laisser traîner une oreille distraite sur les chaînes d’information continue tandis que l’on travaille peut exposer à de sacrés coups au coeur. Ainsi, nous fûmes d’un coup comme changé en pierre en entendant la stupéfiante phrase suivante : « Les gens acclament le nom de Sarkozy dans les rues ». Comment ? Pardon ? Où ça ? Levant la tête pour scruter l’écran, l’on voit alors les drapeaux des insurgés libyens de Benghazi. Célébrant la reconnaissance officielle par le président de leur Conseil national de transition. Enfin, on ne les entend pas acclamer Sarkozy et l’on ne sait pas exactement en l’honneur de quoi ces gens à l’image brandissent des drapeaux, mais si le journaliste nous le dit… Il y a en tout cas là comme les prémices d’une reconversion toute trouvée pour l’actuel hôte de l’Elysée, mal parti pour se faire réélire en France, cette ingrate : devenir président du futur Etat, la République Libyenne Démocratique (et Sarkozyste). Nous, on veut bien le lui laisser si Benghazi l’appelle !

10 mars 2011

Le contrôleur fiscal sanctionné par Sarkozy gagne en justice

23 h 44 – Bonne nouvelle à la Une de Sud Ouest : Rémy Garnier« L’ancien vérificateur lot-et-garonnais, sanctionné en 2004 par Nicolas Sarkozy pour avoir critiqué les passe-droits fiscaux, est réhabilité par la justice. (…) Placardisé, l’agent du fisc n’avait pas abdiqué. Il avait alimenté en interne, via des messageries et des courriers, un débat très citoyen sur les atteintes à l’équité fiscale. Avec à la clé quelques exemples locaux ayant trait au rugby agenais, à la société fondée par le père de Laurence Parisot, l’actuelle présidente du Medef, ou à l’ancien procureur de Marmande allergique au paiement de l’impôt sur le revenu. Pour faire tomber ce vent de rébellion, la hiérarchie du fisc s’était acharnée sur celui qu’elle couvrait encore d’éloges quelques années plus tôt. En 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie, avait exclu pour une durée de deux ans, dont un avec sursis, le trublion du pays du pruneau. De retour dans son corps, le vérificateur avait été trimballé de service en service avant d’être littéralement oublié. « Fantôme du placard », pouvait-on lire quelques mois avant son départ à la retraite sur la porte du bureau qu’il occupait à Agen, où jamais le téléphone ne sonnait. La dépression, le silence et l’aigreur auraient pu le submerger. Mais l’homme avait de la moelle. Patiemment, le plus souvent seul, parfois aidé par son avocat, Me Michel Gonelle, il a fait annuler par la justice toutes les sanctions qu’on lui avait infligées. La cour administrative de Bordeaux vient de renvoyer définitivement l’administration fiscale dans les cordes en jugeant « disproportionnée » la mesure d’exclusion qu’elle avait prise. « Il n’est pas avéré que M. Garnier, qui était animé par le souci de défendre une application rigoureuse de la loi fiscale, ait diffusé en dehors des services fiscaux des informations couvertes par le secret professionnel et qu’il ait eu l’intention de jeter le discrédit sur l’administration fiscale en général », soulignent les magistrats. »

Cantonales : l’UMP honteuse
17 h 12 – Libération annonce une opération futée du Parti communiste : « Halte à la tromperie sur la marchandise électorale ! «1 000 candidats de droite aux élections cantonales ont oublié de mettre leur sigle UMP sur leur affiche électorale. Aide-les à retrouver le chemin de leur identité», propose le PCF sur son site internet. A la clé, la possibilité de télécharger une série d’affichettes à coller sur celles des candidats UMP dissimulant leur étiquette politique. Trois modèles sont proposés : «100% UMP», «Appellation d’origine contrôlée UMP», «Certifié UMP»Avec, sous chacun d’elles, cette mention en petits caractères : «Affichette d’utilité publique fournie gracieusement par le PCF membre du Front de gauche.» Nous aurions bien ajouté la nôtre, d’affichette. Allez, faisons-nous plaisir.
Interviewer un dictateur

12 h 17 – On a bien aimé ce qu’écrit le rédacteur en chef de L’Express Raphaël Mettout, sur son blog Nouvelle formule, à propos de l’interview on ne peut plus controversée du « Guide » libyen par le Journal du dimanche« fallait-il donner la parole à Kadhafi, dont les soldats tirent à la mitrailleuse lourde sur des manifestants ? Je me l’étais demandé dès dimanche, à la lecture de l’interview, scandaleusement lisse, pour ne pas dire complaisante. Deux questions vagues sur la répression, pourtant terrible, aucune sur les atteintes aux droits de l’Homme, dont Kadhafi est un très ancien spécialiste. Et lui de dérouler tranquillement sa théorie du complot islamiste, de se poser, un comble, en allié objectif des démocraties. Je ne suis pas si naïf : je sais bien que rentrer dans le lard d’un type comme Kadhafi est plus facile à dire de Paris qu’à faire à Tripoli. C’est bien pour ça qu’il ne fallait pas y aller. » Et surtout pas grâce aux bons offices de Ziad Takieddine« homme d’affaires » libanais interpelé justement à son retour de Libye, en compagnie des deux journalistes dans son avion privé, avec 1,5 million d’euros en liquide, individu par ailleurs mouillé par les commissions de Karachi. « Takieddine est considéré par la justice comme l’un des interlocuteurs clefs du contrat de construction de trois sous-marins, signé avec le Pakistan, en 1994; un rôle qu’il conteste résumeL’Express. L’homme d’affaires fut également un rouage essentiel d’un autre contrat d’armement, Sawari II, signé cette fois, avec l’Arabie saoudite, en 1994, pour la vente de frégates. Ces deux dossiers se trouvent actuellement à l’instruction, les juges soupçonnant l’existence de rétro commissions destinées à alimenter la campagne de l’ex Premier ministre Edouard Balladur pour l’élection présidentielle de 1995. » Drôle de fréquentation.

9 mars 2011

Réforme fiscale : « un autre cadeau aux plus riches »

12 h 02 – Nous nous gaussions ce matin (voir donc la Brève ci-dessous) de Paillé appelant à Sarkozy à « des réformes de justice, d’égalité et de solidarité ». Exemple concret, celle de la fiscalité. Que nous prépare donc sur le sujet de président-des-riches ? Réponse de Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, particulièrement expert des questions d’impôts en tant que co-auteur du livre Pour une révolution fiscale « La «réforme» consiste en gros à remplacer un cadeau aux plus riches par un autre cadeau aux plus riches… Le bouclier fiscal est supprimé, mais la piste qui semble se préciser aujourd’hui, c’est que l’argent qu’on va économiser avec cette suppression sera rendu à 300 000 contribuables à l’Impôt sur la fortune. L’une des pistes évoquées pour les en sortir est l’augmentation du seuil d’imposition de l’ISF. Il est actuellement de 800 000 euros et pourrait être relevé à 1,3 million d’euros. Il s’agit d’un seuil de patrimoine imposable au sens de l’ISF, et non d’un seuil de patrimoine réel. Il faut y ajouter toutes sortes de niches fiscales et un abattement de 30% sur la résidence principale. En pratique, le seuil de patrimoine réel qu’il faut dépasser pour commencer à payer l’ISF est donc actuellement d’environ 1,2 million d’euros, et il passera dans la réforme proposée à 1,9 million d’euros. Et n’oublions pas que l’on peut bien sûr déduire les emprunts immobiliers. Pour résumer, ce qu’annonce Fillon, c’est donc qu’il a de l’argent à distribuer pour ceux qui ont entre 1,2 et 1,9 millions d’euros de patrimoine… Mais en vérité la France n’a pas les moyens de telles largesses ! (…) En gros, le gouvernement dit à toutes ces personnes qui n’ont que leur travail pour vivre: «Vous n’êtes pas ma priorité, je préfère consacrer mes maigres marges de manœuvre budgétaire à ceux qui possèdent déjà un patrimoine compris entre 1,2 et 1,9 millions d’euros». Autrement dit des gens qui sont déjà installés, qui sont d’une moyenne d’âge plutôt élevée. C’est une réforme faite contre les gens qui sont dans leur ascension sociale. » Et pour les riches retraités ou les héritiers nés une cuiller d’argent dans la bouche. Sauvons les riches ! « Sortons de l’idéologie et regardons les chiffres. Les patrimoines français ne se sont jamais aussi bien portés. (…) Nous sommes dans une période historique où les patrimoines prospèrent mais où les revenus stagnent. Ce n’est pas du tout le moment de détaxer les patrimoines ! D’autant plus que cela contribue à doper l’inflation immobilière et à empêcher ceux qui veulent entrer dans le jeu, qui ont un salaire élevé mais pas encore de patrimoine, de le faire. La priorité absolue de la politique fiscale doit être de consacrer toutes les marges de manœuvre disponibles à réduire les prélèvements pesant sur ceux qui n’ont que leur travail pour vivre (salariés et non-salariés). C’est le sens de ce que nous proposons dans notre livre sur la révolution fiscale, et sur www.revolution-fiscale.fr. »

Justice, égalité, solidarité, Sarkozy

09 h 49 – Pioché dans Le Parisien« Pour Dominique Paillé, secrétaire national UMP à l’Intégration, interrogé lundi soir sur BFM-TV, «Nicolas Sarkozy est le champion qui doit s’imposer en 2012». «Mais», insiste-t-il sur ce mot, il faut qu’il soit «rassembleur», Nicolas Sarkozy «doit être rassurant». Il faut selon lui des «réponses crédibles», ainsi que les «réformes que les Français attendent, des réformes de justice, d’égalité et de solidarité». Il est rigolo, ce Paillé. Sarkozy devrait faire… tout le contraire de ce qu’il a toujours fait ? Justice, égalité, solidarité, Sarkozy : n’y aurait-il pas comme un intrus dans cette succession de mots ?

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  4 commentaires à “Le « Kiosque permanent » gratuit : l’actu vue par plumedepresse, 9/24 mars 2011”

  1. […] force d’immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux » (ce qui lui avait valu, sur le Kiosque permanent, l’un de nos désormais célèbres Ferme ta gueule !) et il a aussi […]

  2. Je trouve votre journal, suite à mes recherches sur un article que m’a envoyé un membre de notre association http://www.memejusticepourtous.org concernant le contrôleur du fisc Rémy Garnier qui a finalement gain de cause en cassation (ou peut être simplement le droit d’être rejugé). Nous sommes des centaines à lutter contre ces abus de pouvoir qui nous pourrissent la vie (pour moi c’est 14 ans) Trois fois jugés sans les pièces de ma défense et 200 magistrats ont validés ces dérives à cause de policiers qui revendaient les fichiers de la police (Google : ripou). Certains attendent leur héritage depuis plus de trente ans… On se demande dans quelques République on vit réellement. Je sais, il y a pire que la France.
    Bravo à ceux qui osent publier. Je les aide gratuitement à faire leur site à l’étranger. Les abus doivent tous être sanctionnés.
    René FORNEY 0613845996

  3. […] publions pour en finir avec ce triste sire un billet de feu notre Kiosque permanent en date du 11 mars 2011 […]

  4. […] Mais voilà qu’il en est à nouveau question le 16 mars 2011, à l’époque où nous tenions notre Kiosque permanent : Sarkozy financé par Kadhafi : maintenant, on attend les preuves, titrions-nous. Suivaient ces […]

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