Mai 042011
 

Le Kiosque permanent humilié, pendant un peu moins d’un mois d’interruption, le temps pour votre serviteur de digérer son nouvel emploi du temps de salarié, mais le Kiosque permanent libéré !  La tentative de cumul a débuté. Mais nous ne prenons plus d’abonnement jusqu’à nouvel ordre : il s’agit d’abord d’honorer la promesse faite à nos abonnés d’aujourd’hui, avant de décider si notre revue de Web bi-quotidienne a un avenir. En avril, Nicolas Hulot, Patrick Buisson, Copé, Chatel, Houellebecq, Zemmour ou les manip’ sur les chiffres du chômage sont à la Une. Edition gratuite.

30 avril 2011

Le secret de Zemmour

23 h 59 – « J’ai pris des claques,des coups de ceinture, de martinet, j’ai tout pris et j’en suis pas mort ! », annonce à l’instant Eric Zemmour dans Ça se dispute sur iTélé. Mort non, mais il en est resté aigri, conservateur, paranoïaque et haineux. Ça fait lourd quand même.

29 avril 2011

Des agents de Pôle emploi en résistance

23 h 59 – Le saviez-vous ? A Pôle emploi existe « la formation «entretien d’inscription et diagnostic» qui «forme» les agents à «l’obligation de contrôler la validité des papiers d’identité, de conserver leurs copies, et de signaler les documents suspects» de demandeurs d’emploi », nous enseigne Eco89. Isabelle de Léon, comme d’autres agents, a refusé de la suivre. Elle comparaît devant un conseil de discipline. Et publie une lettre ouverte, dont voici des extraits : « j’ai été recrutée sur concours pour travailler à l’ANPE en 2007, j’ai signé un ordre de mission en tant qu’agent d’Etat acceptant une mission au sein du service public de l’emploi, c’est d’ailleurs l’une de mes motivations essentielles que j’ai évoquée lors de l’entretien finalisant le concours de recrutement. Cet aspect n’est pas anodin puisque depuis, l’Agence nationale pour l’emploi a disparu pour faire place à Pôle emploi, objet juridique toujours indéterminé, regroupant l’ex-ANPE et l’ex-Assedic. Je sors de mon devoir de réserve et je tiens à alerter le public. Je suis agent d’Etat et non pas agent d’un gouvernement, qu’en tant que tel je n’ai signé aucun engagement avec Pôle emploi, mais bien apposé ma signature au bas d’un ordre de mission de service public, c’est à cet engagement que je me sens en DEVOIR. (…) C’est au nom de la solidarité que je refuse de vérifier la validité des papiers d’identité car je suis au service du public, des demandeurs d’emploi et des chômeurs, et non pas là pour les contrôler, les suspecter et les dénoncer. » Isabelle de Léon n’est pas une bonne sarkozyste.

L’illustration représentant le logo Pôle emploi en bombe provient du Jura libertaire.

Chômage : rien de neuf sous le soleil (on nous ment)

07 h 52 – « Chômage : ce que cachent les chiffres« , titre L’Obs.com : « Le ministre du Travail veut croire à un retournement de tendance. Erreur. C’est grâce au début de l’explosion des contrats aidés par l’Etat que le chômage a diminué de 0,8%. » On a beau constamment cracher sur « l’assistanat » et, partant, les contrats aidés, « tenus dans le mépris au début du quinquennat » comme l’écrit L’Obs, mais on les convoque massivement, en bout de course, pour tenter de masquer la faillite totale d’une politique résolument antisociale : « Voilà d’où vient la baisse des jeunes demandeurs (- 1,6% en un mois). Et la promesse, vraisemblablement tenue, d’une diminution des sans emploi avant la Présidentielle… » Sauf que ça ne trompera personne. Tout le monde sait que le chômage ne baisse pas vraiment du tout. Nous avons déjà consacré nombre d’articles au sujet.

Baisse du chômage : le miroir aux alouettes, titrait plumedepresse dès mai 2006, alors que votre blog sabre au clair avait à peine trois mois : « Jean-Louis Borloo, ministre de l’emploi et de la cohésion sociale, s’en félicite bruyamment et fait le tour des médias pour décerner à son action un brevet d’auto-satisfaction, la plupart répercutant sa parole telle quelle, sans aucun recul ni analyse. Il y a pourtant plusieurs éléments à prendre en considération pour expliquer que cette baisse ne change rien au marasme social dans lequel se débattent les Français. Un rappel d’abord : le chômage demeure, aujourd’hui encore et malgré 13 mois de baisse, à un niveau plus élevé que quand Jacques Chirac a été réélu en 2002. Deuxième mise au point, le contexte de durcissement du contrôle des chômeurs et les radiations et autres manips statistiques si bien dénoncées par une conseillère de l’ANPE, Fabienne Brutus, dans son livre Chômage, des secrets bien gardés. Ensuite, ce qu’on nous présente comme une embellie est essentiellement dû au « traitement social » : au total, près de 285 000 personnes bénéficient d’un emploi aidé non marchand (contrat d’avenir ou d’accompagnement dans l’emploi) ». Tiens donc, l’équipe sarkozyste y a déjà eu recours, à ces contrats aidés, finalement. Comme aux radiations massives.

L’Obs souligne également un deuxième aspect de cette soi-disant baisse du chômage : « Autre faille, et pas moins grande : le nombre de salariés à temps partiel ne cesse de croitre : + 130 600 en un an. Résumé de François Chérèque, le numéro 1 de la CFDT : « Nous avons une légère baisse du chômage, une grosse augmentation de la précarité. 60% des embauches sont des contrats de moins d’un mois ». Dernier accroc, et non des moindres, en dépit des engagements pris les seniors au chômage sont de plus en plus nombreux, comme les demandeurs d’emploi de longue durée. Bref, pas de quoi pavoiser… » C’est bien le moins que l’on puisse dire ! N’oublions pas de relier l’augmentation (prévisible) du chômage des seniors au foutage de gueule de la contre-réforme des retraites… Et soulignons la montée de la précarité, alors même que les inégalités n’ont jamais été aussi criantes (voir la dernière publication de l’Insee). Ce fichu temps partiel subi qui interdit de s’en sortir – avec les femmes comme premières victimes -, ces armées de travailleurs pauvres… Tiens, qui propose d’abolir le précariat ?

27 avril 2011

« Prime bonneteau », suite
Non seulement elle pourrait se réduire à quelques euros chichement consentis par nos vaches sacrées patronales, mais elle pourrait concerner jusqu’à huit fois moins de salariés que ce que prétendent les menteurs gouvernementaux !

07 h 07 – Dans La prime bonneteau du bonimenteur, nous osions ce raccourci : la « prime à mille euros » de Sarkozy risque bien de se changer en prime à 10€. Daniel Schneidermann aborde lui aussi la question pour @rrêt sur images : « Exit « laprimedemilleeuros » des premiers jours. Place à « laprimeauxsalariés ». C’est un tout petit peu moins faux. Mais c’est encore évidemment faux. Le comble étant le site du Monde, qui publiait voici quelques jours un remarquable article, d’où il ressort que seuls quelques milions de salariés, dans le meilleur des cas, pourraient être concernés (entre un et trois millions, soit 10% au maximum de la population active). » Rappelons combien de salariés seraient concernés, d’après les menteurs gouvernementaux ? Huit millions. « Ah oui, objecterez-vous, mais alors que doivent-ils faire, les malheureux titreurs de presse ? « Laprimeà10%dessalariés » ? « Laprimequidiminuetouslesjours » ? A vos suggestions… », conclut Schneidermann. Notre proposition : « laprimefoutagedegueule ».

7 avril 2011

Kiosque en sommeil

07 h 57 – Dans un marché du travail globalement atone et particulièrement sinistré pour les métiers de l’écriture, l’improbable est survenu : j’ai trouvé un emploi ! J’ai en effet été embauché pour une durée de trois mois afin de couvrir l’actualité locale pour le compte d’une collectivité territoriale. J’ai dans un premier temps cru pouvoir continuer à alimenter le Kiosque mais, après quelques jours, il me faut me rendre à l’évidence : je n’y parviens plus dans l’immédiat. Je me vois donc contraint de mettre cette page en sommeil, quitte à la réactiver si je trouve un nouveau rythme me permettant d’à nouveau produire suffisamment pour vous offrir une revue de Web digne de ce nom. Il va de soi que les abonnements sont prolongés de  la durée de cette pause, indépendante de ma volonté. Avec toutes mes excuses.

5 avril 2011

Hulot, l’escrologiste

23 h 59 – Alors que Nicolas Hulot, fort mécontent que la primaire d’Europe Ecologie/Les Verts se déroule en juin – trop tôt par rapport à son calendrier personnel -, songe à se présenter à la présidentielle hors parti, retour sur un papier très goûteux publié dans Libération le 25 février dernier, Nicolas Hulot, candidat de l’écologie, courant gel douche : « au début des années 90, au plus fort de sa gloire télévisuelle, se présente une opportunité rare : L’Oréal est absent du secteur gel douche et souhaite y investir. Le pur coup de chance car, comme le confesse Patrick Le Lay, l’homme qui gère nos temps de cerveau disponibles, «on n’a jamais retrouvé une marque de la puissance d’Ushuaïa». Un partenariat est donc signé entre L’Oréal, TF1 et une société Eole «Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (7022Z)», qui gère les intérêts de Nicolas Hulot, et qu’il possède à concurrence de 498 parts sur 500 ; cette société tire plus des deux tiers de ses revenus de la vente des produits dérivés Ushuaïa. Depuis 2006, les comptes d’Eole ne sont plus publiés, comme l’y oblige pourtant l’article R-247-3 du code de commerce. Il est vrai qu’acquitter l’amende prévue (minime : 3 000 euros et 9 000 euros en récidive) plutôt que d’exposer au grand jour les profits moralement discutables que rapportent des partenariats avec L’Oréal et TF1 est sans doute un calcul de gestionnaire d’image de marque avisé. 9 000 euros par an, ce n’est pas cher payé par rapport au risque que la ménagère de plus de 50 ans s’aperçoive soudainement que Nicolas Hulot n’est pas seulement le gentil chevalier blanc qui se bat pour sauver la planète et les gentils dauphins, mais aussi un homme d’affaires comme des millions d’autres en ce bas monde. D’autant qu’un document semble révéler que Nicolas Hulot a des motivations moins altruistes qu’on aurait pu le croire. Il s’agit du très récent (2 février) «rapport d’information de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale» sur les modes de financement et de gouvernance des associations de protection de la nature et de l’environnement. Extrait : «Nous avons mis le doigt sur des situations assez étonnantes. Ainsi, nous avons rencontré une fondation de protection de l’environnement – celle de Nicolas Hulot – dont EDF et L’Oréal sont des administrateurs et des financeurs importants. Peut-on, dans ces conditions, tenir un discours neutre sur les choix énergétiques et sur les pratiques de vivisection dans l’industrie des cosmétiques ? […] Il me semble que nous, élus de la nation, avons une responsabilité morale et politique majeure. […] Quand Veolia et EDF financent Nicolas Hulot, que sait-on de leurs actions et que pensent les Français d’un tel mécénat d’entreprise ?» La candidature Hulot signe la mort de l’écologie politique. Elle annonce l’avènement d’une écologie soft, apostolique, qui fait le lit de l’oxymore «croissance verte» concocté par les think-tanks américains et que le Medef essaie de nous revendre. Une écologie débarrassée de cet horrible clivage gauche-droite qui fait tant de peine au petit cœur de boy-scout de Hulot. »

Dans notre rubrique Ferme ta gueule !, Michel Houellebecq

07 h 19 – « L’écrivain français Michel Houellebecq a accusé les écologistes français de « collaboration » avec l’islamisme, dans une interview que devait diffuser lundi soir la chaîne de télévision israélienne francophone Guysen TV, basée à Jérusalem », rapporte Libération. Accrochez-vous, ses propos sont proprement hallucinants : « Il y a quand même un surcroît revendicatif de la part des musulmans depuis quelques années, on ne peut pas le nier. Ils vous demandent un certain nombre de choses plus ou moins pénibles [comme le] « port du voile intégral » [et] « de vous opposer avec indignation contre les exactions de l’Etat d’Israël. Il faut dire qu’il y a des gens de nature collaborationniste, les écologistes représentent le cas le plus flagrant, qui sont un peu embêtés avec ces histoires de voile parce qu’ils ont un vague côté féministe. Donc, comme ils ne peuvent pas donner satisfaction aux musulmans sur tout, ils leur donnent au moins satisfaction sur le cas d’Israël en laissant tomber les juifs, comportement de collaborationniste typique. Tout ça ne correspond à aucun antisémitisme réel, par contre la mentalité de collaboration avec une puissance dangereuse, en l’occurrence le fondamentalisme islamique, la tendance à la collaboration, elle est dominante en France, c’est quelque chose qui se retrouve dans beaucoup de milieux.«  Et la collaboration avec les extrêmes droites au pouvoir en Israël et en France, Houellebecq ?

3 avril 2011

Chatel le fossoyeur

23 h 41 – Sous l’éloquent titre de Luc Chatel, fossoyeur de l’Education nationale, lUfal relaie la protestation du Syndicat national des personnels de l’inspection de la FSU, qui tiendra congrès fin mai, contre la« paupérisation de l’école » publique. Extraits : « Témoins privilégiés du travail des professeurs, les inspecteurs s’inquiètent des difficultés croissantes que rencontrent ces derniers dans l’exercice de leur métier. La situation des professeurs stagiaires est particulièrement alarmante : la formation initiale est«bien insuffisante pour ne pas dire inexistante au regard des besoins des élèves». Une fois encore, les inspecteurs qui avaient pourtant mis en garde le ministère contre «l’arrivée massive de jeunes enseignants stagiaires sans aucune formation pratique» n’ont pas été écoutés. Roland Damis, l’auteur de cette lettre, rend compte du sentiment d’impuissance et de malaise qu’éprouvent les inspecteurs face aux«suppressions massives de postes qui fragilisent les enseignements». Autre sujet d’inquiétude : la marginalisation croissante des inspecteurs. La mise en place du «pacte de carrière» est un moyen, pour le ministère, de transférer en douce aux chefs d’établissement une mission qui était, jusqu’à maintenant, confiée aux inspecteurs : procéder à l’évaluation pédagogique des professeurs. La répartition des prérogatives entre autorité pédagogique (corps d’inspection) et autorité administrative (chef d’établissement) est remise en question au profit des chefs d’établissement qui sont désormais promus directeurs des ressources humaines. (…) «Ce qui compte aujourd’hui, c’est que les chiffres soient bons… c’est important pour la carrière et la prime d’un recteur !». Certains chiffres parlent, hélas, d’eux-mêmes : 47 inspecteurs et proviseurs ont déjà rendu récemment à Chatel leurs palmes académiques. 22% des néo titulaires de l’académie de Créteil, selon l’inspection, ont démissionné cette année de l’Éducation nationale.« 

Copé accusé de prise illégale d’intérêt

09 h 21 – Nous nous en faisions l’écho dans le Kiosque permanent du 7 mars : Gérard Longuet, actuel ministre de la Défense, était visé par une plainte contre X pour prise illégale d’intérêt déposée par un actionnaire minoritaire de GDF Suez, qui lui reprochait une mission de consultant pour le gazier alors qu’il était membre du groupe d’études sur l’énergie au Sénat, ayant débattu en 2009 et 2010 d’une série de textes sur la libéralisation de l’énergie et des tarifs (Nome). L’Express annonce que le parquet a classé l’affaire sans suite (tiens donc !) mais que le même actionnaire, Jean-Marie Kuhn, attaque cette fois le Secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé : « Redevenu député, puis inscrit comme avocat au cabinet Gide, un grand cabinet d’affaires parisien, en 2007, Jean-François Copé a, selon Jean-Marie Kuhn, « été dans une situation de conflit d’interêt » et de « trafic d’influence » dans le dossier GDF-Suez. La plainte fait état d’un « lobbying effectué par Jean-François Copé auprès des députés au profit de GDF-Suez en contrepartie d’honoraires importants sous couvert de son métier d’avocat ». Rappelons ce que nous écrivions en septembre 2007, dans notre article Copé, affairiste à temps partiel : « Copé est certes avocat : il a prêté serment au mois de mai dernier devant la Cour d’appel de Paris. Mais pourquoi donc un cabinet tel que Gide Loyrette et Nouel, l’un des plus importants en France – il rassemble 650 avocats dans 21 bureaux disséminés dans le monde entier – engage-t-il ainsi un avocat débutant ? Il est clair que ce n’est pas le juriste Copé qui les intéresse, mais le politicien Copé. D’ailleurs, Capital.fr écrit qu’il « devrait mettre son important carnet d’adresses au service de certains dossiers clés de ce cabinet international ». Cela ne choque-t-il donc personne ? Un élu de la République va faire jouer ses relations – au vu de la position de Copé, lesdites relations se situent dans les milieux du pouvoir – au profit d’intérêts privés (et pour le plus grand bénéfice de son portefeuille personnel) : on n’est quand même pas loin du trafic d’influence ! Juré, craché, Copé ne s’occupera pas d’affaires en rapport avec l’Etat, se défend son entourage. Utile précision : Gide Loyrette et Nouel est justement conseil de l’Etat pour la fusion GDF/Suez ! »

2 avril 2011

Animaux clonés : la démocratie à l’européenne

19 h 05 – « Selon la Commission européenne, rien ne prouve que la consommation de viande ou de lait issus d’animaux clonés représente un risque pour la santé publique », rapporte L’Obs.com. Pourtant, « Les députés européens plaidaient pour une interdiction des produits alimentaires provenant d’aliments clonés ou de leurs descendants ». Refus du Conseil européen, qui représente les Vingt-Sept. Au moins alors, peut-on être au courant ? La réponse est tombée mardi dernier : niet, là aussi. « Il est très frustrant de constater que le Conseil n’a pas voulu écouter l’opinion publique et soutenir les mesures d’urgence nécessaires à la protection du bien-être des consommateurs et des animaux », ont souligné dans une déclaration commune le chef de la délégation du Parlement Gianni Pittella et le rapporteur du Parlement sur les nouveaux aliments Kartika Liotard. « Nous avons fait un effort énorme pour faire des compromis, mais nous n’étions pas prêts à trahir le droit des consommateurs de savoir si les aliments proviennent d’élevage d’animaux clonés », ont-ils ajouté, soulignant que « l’engagement d’étiqueter tous les produits alimentaires issus de la progéniture clonée représente un strict minimum ». Un strict minimum auquel nous n’aurons donc pas droit, bien que « Le Parlement européen rappelle qu’il a appelé à une écrasante majorité à l’interdiction des produits dérivés d’animaux clonés », comme le précise Le Parisien. A quoi bon élire nos représentants au Parlement européen si leur vote à une écrasante majorité n’est pas entendu ? Bakchich avait donné la parole à Guillaume Sacriste, Maître de conférences en science politique à l’Université Paris I spécialiste des questions européennes : « Le Parlement n’est en réalité qu’un organe consultatif. Plus de la moitié des actes à portée générale pris par le système politique européen est adoptée après avis consultatif du Parlement. Autrement dit, que cet avis soit négatif, critique ou enthousiaste n’a aucun impact sur la législation ! » Et feu le site satirique de conclure : « La démocratie européenne, elle, à l’image de la faible participation aux élections de juin dernier, reste une coquille vide, un étendard brandi qu’on agite pour huiler quelques rouages de l’Union ».

En pleine catastrophe nucléaire, privatisation d’Areva !

10 h 05 – « Être en Bourse induit des exigences de rentabilité qu’Areva aurait du mal à assumer quand parallèlement il y a d’énormes besoins en investissements pour les centrales nucléaires », nous livre Valeurs actuelles – comme quoi… – en conclusion d’un article sur la privatisation d’Areva qui vient d’être approuvée par son conseil de surveillance. « Des actions Areva cotées en Bourse. Si Anne Lauvergeon en rêve depuis dix ans, le moment n’aurait pu être plus mal choisi, avec l’accident de Fukushima qui glace le monde entier en commençant par le secteur nucléaire. Le conseil de surveillance du groupe français doit cependant approuver, ce lundi matin, le lancement de la procédure qui permettra, d’ici à fin juin, d’échanger des actions Areva à la Bourse de Paris », annonce La Tribune. Pour mémoire, sur la responsabilité d’Areva dans la catastrophe japonaise, relire notre billet de plume canal historique du 16 mars : Les risques pour Fukushima étaient connus : la sécurité sacrifiée aux intérêts financiers.

1er avril 2011

L’alibi de la Libye, ou pas

23 h 54 – « Même une montre cassée donne l’heure exacte deux fois par jour. Le fait que les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni aient pris l’initiative d’une résolution du Conseil de sécurité autorisant le recours à la force contre le régime libyen ne suffit pas pour la récuser d’emblée. Un mouvement de rébellion désarmé et confronté à un régime de terreur en est parfois réduit à s’adresser à une police internationale peu recommandable. Concentré sur son malheur, il ne refusera pas ses secours au seul motif qu’elle dédaigne les appels des autres victimes, palestiniennes par exemple. Il oubliera même qu’elle est davantage connue comme une force de répression que comme une association d’entraide. » Excellent papier, comme toujours, très bien nuancé, signé Serge Halimi et à lire dans Le Monde diplomatique.

Patrick Buisson, éminence brune de Sarkozy et « prolophobe »

08 h 02 – « Le mépris dans lequel les tient la classe dirigeante a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience », déclare Patrick Buisson dans Paris Match. Le « conseiller en opinion » de Sarkozy et ancien journaliste d’extrême droite, éminence brune à l’origine de toutes les inflexions sécuritaro-xénophobes du discours présidentiel, qui déplore donc que « les élites » n’aiment pas les prolétaires, propose de lutter « contre l’assistanat en réservant par exemple le RSA et le RMI aux bénéficiaires qui ont un travail », ce qui reviendrait à priver 1,3 million de foyers de l’essentiel de leurs revenus, comme le pointe Eco89, soit autant de… prolétaires. A ce compte-là, qu’en serait-il s’il était lui aussi prolophobe ?

PS : dans la version papier de l’article, il suggérait de n’accorder RSA et RMI qu’aux Français ayant un travail, ce qui avait fait à juste raison s’étrangler L’Obs.com, mais il paraît qu’il s’agissait d’une erreur, rectifiée sur le site de Match.

Partagez cet article

 Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis)