Nov 012011
 

« Les Grecs ont triché pour dissimuler leur dette, c’est normal qu’ils soient punis », peut-on lire ou entendre ici et là – notamment par les trolls nationaux-sarkozystes -, en magnifique écho de la propagande libérale. Or en réalité, le maquillage des comptes grecs a pu s’opérer à cause de la banque Goldman Sachs, éminente représentante du pouvoir financier qui condamne aujourd’hui des agissements dont il est responsable !Dans ce contexte, quel rôle le nouveau patron de la Banque centrale européenne, l’Italien Mario Draghi, ancien de Goldman, a-t-il exactement joué ? Le Monde fait le point« En 1999, lorsque la création de l’euro est décidée, la Grèce ne peut adhérer à la monnaie unique. Athènes est à des années-lumière des critères très rigoureux énoncés par le traité de Maastricht. Pour rejoindre le dispositif, la nation hellène n’a d’autre choix que de dissimuler ses déficits. Dans ce contexte, en 2000, Goldman Sachs International, la filiale britannique de la banque d’affaires américaine, vend au gouvernement socialiste de Costas Simitis un « swap » en devises qui permet à la Grèce de se protéger des effets de change en transformant en euros la dette initialement émise en dollars. L’astuce permet à la Grèce d’inscrire cette nouvelle dette en euros dans son hors-bilan et de la faire momentanément disparaître. Pour sa part, Goldman Sachs empoche des commissions juteuses et voit sa réputation de bon gestionnaire de dette souveraine portée au pinacle. Et c’est à ce stade qu’intervient M. Draghi. L’intéressé affirme qu’étant entré en fonctions en 2002, il n’a rien eu à voir avec le maquillage orchestré deux ans plus tôt par la banque. Et il a démissionné en 2005, soit un an avant que Goldman Sachs ne revende dans des conditions qu’on ignore encore, ni vu ni connu, une partie du « swap » à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par un ancien goldmanien. Reste que entre ces deux dates, M. Draghi est associé de Goldman Sachs, « vice-président pour l’Europe-Goldman Sachs International, entreprises et dette souveraine », un intitulé du poste qui laisse supposer que M. Draghi a assuré le suivi du contrat grec. Deux mois après son arrivée au 133 Fleet Street, le siège néogothique de Goldman Sachs International, M. Draghi signe d’ailleurs un article avec le Prix Nobel d’économie Robert C. Merton, justifiant le recours à ces pratiques légales de dissimulation des créances « pour stabiliser les revenus de l’impôt et éviter la soudaine accumulation de dette ». Enfin, comme l’affirme le New York Times publié le 30 octobre, citant un ex-banquier de Goldman Sachs sous couvert d’anonymat, M. Draghi a été chargé de vendre dans toute l’Europe ce type de produit financier « swap » permettant de dissimuler une partie de la dette souveraine. »

Les accusations sont encore plus claires dans Mariannesous la plume du remarquable Hervé Nathan  : « De 2001 à 2005 il fut vice-président en Europe de la banque d’affaires Goldman Sachs, qui a aidé en 2001 et 2002, la Grèce à dissimuler plusieurs dizaines de milliards d’euros d’emprunts d’Etat. Mario Draghi assure qu’il n’était pas au courant. Une réponse qui laisse perplexe : soit il ment, et c’est grave pour la BCE. Soit il est incompétent, et c’est dangereux pour les finances européennes. Il peut tout aussi bien être menteur et incompétent ! » Une pensée au passage pour Arnaud Lagardère… En attendant, Draghi ou pas, les libéraux de l’UE se heurtent à un os : voilà que ce traître patenté de Georges Papandréou a décidé de demander au peuple, par référendum, son avis sur le énième « plan de sauvetage ». Un scrutin présenté de façon amusante par Plantu.

Fureur chez les eurocrates, à commencer par notre guignol de l’Elysée : Sarkozy consterné par l’annonce d’un référendum en Grèce, titre ainsi Arnaud Leparmentier du Monde. « Le geste des Grecs est irrationnel et de leur point de vue dangereux », estime un proche du président », cite-t-il. Pensez donc : depuis quand demande-t-on l’avis des peuples au moment de les tondre ? « M. Papandréou semble avoir été victime d’une rébellion au sein du Pasok », explique le confrère. Se trouverait-il encore des membres du parti au pouvoir qui se souviennent qu’ils sont censément socialistes ? « Un rejet par la population grecque du plan de sauvetage de Bruxelles signifierait qu’il faut aller plus loin dans l’effacement de la dette d’Athènes et donc prononcer un défaut de ce pays, catastrophique pour toute la zone euro.  Les Allemands sont eux-aussi stupéfaits, furieux d’avoir découvert l’initiative de M. Papandréou, tout comme Christine Lagarde, directrice générale du FMI. » Nous ne saurions trop tous les encourager à aller se faire voir chez les Grecs ! Le Monde éclaire le contexte de la décision de Papandréou : « des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes vendredi à l’occasion des défilés de la fête nationale, pour protester contre les conséquences de l’accord européen qui donnent aux créanciers plus de contrôle sur la politique budgétaire du pays, faisant craindre à certains une perte totale de souveraineté. Aux cris de « Traîtres, traîtres », des milliers de manifestants ont empêché le déroulement de la parade à Salonique, contraignant le président de la République, Carolos Papoulias, à quitter les lieux : du jamais vu dans la jeune histoire de la Grèce moderne. Et un sondage paru le week-end dernier dans le journal To Vima montre qu’une majorité de Grecs juge les décisions du sommet européen négatives, 12,6% seulement les jugeant positives. » Ça va décidément être difficile pour les dictateurs de la finance d’obtenir le oui : fera-t-on voter le peuple grec jusqu’à ce qu’il consente enfin au sacrifice, saoûlé de propagande libérale ?

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  14 commentaires à “Les banksters au pouvoir : Mario Draghi, truqueur et pilleur de la Grèce, à la tête de la Banque centrale européenne ! Mais la Grèce se rebiffe enfin…”

  1. Si on comprend bien, parce que ça va vite, moins de cinq jours après avoir expliqué à 12 millions de téléspectateurs qu’il avait encore sauvé la planète grâce à un accord sur la Grèce, cet accord est déjà désavoué par les Grecs, et tour ça n’a servi en rien et 12 millions de gens ont perdu leur temps à l’écouter.

    A chaque fois que ce président se mêle de quelque chose le résultat est une catastrophe, sa capacité à se planter est vraiment exceptionnelle: quel « machin »…

    • Le sondage qui donne Sarkozy « gagnant » au sortir de son intervention télévisé est biaisé. Les gens ne sont pas si stupides et la majorité ne l’a pas regardé. Premier biais technique du sondage.
      Ensuite les Opinion boys demande si Sarkozy a été « convaincant ». Hors « convaincant » renvoie à ses capacités personnelles et non au dicours lui-même et il infère une réponse positive. « Crédible » aurait été juste, qui signifie « pouvant être cru ».
      Effectivement, quand le locataire de l’Elysée lance une opération, c’est le paté grand modèle. Rien d’étonnant, il ne parle ni n’agit avec ses convictions, mais joue sur les croyances qu’il souhaite voir s’installer dans les esprits.

  2. Les trolls Sarkozystes comme vous dites n’ont pas à faire les malins . Qui a maquillé les comptes de la Grèce si ce n’est leurs collègues de droite ?

  3. […] sur le peuple et la démocratie avec autant de suffisance et d’arrogance (ainsi, mettre celui-ci à la tête de la BCE, n’est-ce pas dire tout le mépris que l’on a pour les trois […]

  4. AVENIR DES PEUPLES EUROPEENS ?

    Certains découvrent avec stupeur que les peuples européens,dirigés d’une main de fer par des gens peu capables,n’auraient pas disparu.La souveraineté populaire ne serait pas si éculée que cela.Nous ne pouvons que nous en réjouir.Nous allons enfin entrer dans le vif du sujet:l’actuelle politique européenne est-elle soutenue par la majorité des citoyens européens?La zone euro,en l’état,est-elle viable?Peut-on encore laisser agir librement pareils dirigeants bien décidés à plonger l’Europe non pas dans la récession comme certains continuent à l’affirmer mais dans la DEPRESSION?
    Les acteurs des différentes places boursières ne s’y sont pas trompés car ils savent fort bien que la zone euro,en l’état,n’est viable qu’au prix d’une formidable régression sociale.Mais il n’est plus seulement question de régression sociale.La régression économique est déjà en marche.Les signes(indicateurs statistiques de toutes sortes)le montrent amplement.Il faut d’urgence remettre à flot les économies européennes.Or tout,absolument tout,a été mis en œuvre pour rendre impossible cette remise à flot :
    -assèchement des recettes fiscales (au point que l’Irlande,par exemple,est devenue un « paradis fiscal »)privant les Etats de toute force économique en les écrasant sous une montagne de dettes
    -maintien à toute force du carcan des traités européens sur le mode « mini traité de Lisbonne »alors qu’ils ne sont plus respectés (JC Trichet allant jusqu’à les qualifier de caducs !)
    -concours d’austérité des Etats européens ce qui conduit mécaniquement à casser la croissance à l’échelle européenne les pays de l’UE étant fortement dépendants les uns des autres
    -strict monétarisme appliqué sans aucun discernement (euro cher et BCE abandonnant les Etats à leur endettement,y compris l’Allemagne qui est plus endettée que la France !)
    -refus de toute régulation financière (marchés financiers livrés à une totale irresponsabilité) faisant de la zone euro une zone parfaitement perméable à la globalisation financière qui est à l’origine de la crise de 2007-2008 et de ses actuels prolongements
    – « modération salariale » valable peut-être pour « le tout à l’export » cher à l’Allemagne de Mme Merkel mais favorisant la contraction du marché intérieur
    -enfin coupes sombres des budgets nationaux dans les dépenses(ou investissements !) de santé et d’éducation ce qui obère dangereusement l’avenir des peuples européens.

  5. Vive la Grèce Libre! A notre tour.

  6. La meilleure chose à faire, est d’aller vivre en Suisse, paradis des votations !
    LOL

  7. Papandreou craignant un putsch militaire a vraisemblablement opté pour cette solution. De plus il a remplacé tous les hauts gradés de son armée par des officiers fidèles à l’OTAN!!!!!

    Le général Ioannis Giagkos, chef de l’état major remplacé par le lieutenant général Michalis Kostarakos.

    – Lieutenant général Fragkos Fragkoulis, chef de l’Etat major remplacé par le lieutenant général Konstantinos Zazias.

    – lieutenant général Vasilios Klokozas, chef de l’armée de l’air remplacé par le maréchal de l’air Antonis Tsantirakis.

    – le vice amiral Dimitrios Elefsiniotis, chef de la marine remplacé par le vice amiral Kosmas Christidis.

    Intéressant?
    Les jours et semaines prochains risquent d’être chauds.

  8. De toutes façons les Grecs peuvent voter ce qu’ils veulent, (si le référendum a lieu, ce qui reste à voir), leurs « maîtres » leur feront avaler la pilule de force, comme chez nous avec le non au référendum européen (merci au PS et à Mr Hollande !). Les « maîtres » trouveront bien n’importe quel moyen pour « s’asseoir » sur le vote des Grecs, s’il ne leur convient pas.
    Vive le Front de gauche
    Lisée.

  9. […] donc : depuis quand demande-t-on l’avis des peuples au moment de les tondre ? » demande aussi de manière ironique Olivier Bonnet, sur son blog. « Ça va décidément être […]

  10. […] à cause de la banque Goldman Sachs, avec l’actuel président de la Banque centrale européenne qui prétend contre l’évidence qu’il n’était pas au courant, on peut maintenant chiffrer le montant du forfait : « Deux […]

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