Mar 162011
 

Tremblement de terre historique d’accord, accompagné d’un tsunami, d’accord aussi – bien que le second étant causé par le premier, leur enchaînement est par conséquent on ne peut plus prévisible, mais soit : sûr qu’une très sale catastrophe est soudain tombée au coin de la tronche des Japonais. Pour autant, la situation actuelle – on se retrouve avec sur les bras un accident nucléaire temporairement de Niveau 6 sur l’échelle qui mène à Tchernobyl – est aussi la conséquence, non de la fatalité, mais de la loi du profit que les apprentis-sorciers font primer sur la sécurité. Et quand on joue avec des millions de vies, c’est moche. Falsifications, opacité et ignorance délibérée de multiples avertissements alourdissent sérieusement le dossier Fukushima. Qui remonte jusqu’à notre Areva nationale. Dégoupillage.

Révélations explosives (!) d’Owni à propos de la centrale nucléaire du Fukushima, sur le point de causer une catastrophe majeure au Japon : comment son exploitant, la compagnie électrique Tepco (Tokyo electric power company), a « falsifié les résultats des contrôles qualité menés sur certains de ses réacteurs. (…) Un rapport du Département à l’Énergie américain, daté de 2003, revient par ailleurs sur l’existence de falsifications, expliquant que “des fissures dans les structures qui maintiennent le combustible nucléaire en place dans le cœur des réacteurs des centrales Tepco” avaient été dissimulées ». Il est aussi question du combustible nucléaire utilisé pour faire fonctionner les réacteurs, le MOX, fourni entre autres par Areva et dont la dangerosité est pointée par Greenpeace depuis… mai 2001, en des termes très clairs : « Et l’organisation de conclure sur l’accroissement du “risque d’un accident de fusion du cœur de réacteur” par le seul usage de ce combustible. » Owni cite Shaun Burnie, l’un des auteurs du rapport de Greenpeace : « Le MOX est la matière la plus dangereuse de la planète, toutes substances confondues, bien plus que l’uranium. Les enjeux financiers autour du MOX priment sur la connaissances de ses effets sur la santé publique. » Enjeux financiers ? Areva, donc : « Dans la ligne de mire de Greenpeace, Areva, principal fournisseur de la centrale de Fukushima – et dont la filiale, Melox, détient 95% du marché du MOX ». On comprend mieux pourquoi Anne Lauvergeon, la PDG d’Areva, a déclaré durant le 20 heures de France 2 : « On va éviter la catastrophe nucléaire » ! La conclusion d’Owni est édifiante : « Instabilité des réacteurs en présence de MOX, fiabilité des procédés de fabrication et falsifications de données : ces différents points étaient ainsi déjà répertoriés, dans des documents publics, dès le début des années 2000. À ces différentes alertes, il faut ajouter celle de l’Agence pour l’Énergie Atomique (AIEA), qui fait suite à un tremblement de terre survenu au Japon le 16 juillet 2007, qui a notamment affecté la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située à 250 kilomètres au nord de Tokyo et également gérée par Tepco ».

Si Owni écrit « dès le début des années 2000 », nos confrères belges de 7 sur 7, qui lisent la presse étrangère, remontent beaucoup plus tôt encore. Ils nous apprennent que « le New York Times met en lumière des rapports d’experts alarmants qui ne datent pas d’hier. Dès 1972 en effet, un rapport avait alerté des risques concernant Fukushima en ces termes: « Si les systèmes de refroidissement devaient un jour être perturbés dans le réacteur Mark 1, le caisson de confinement direct du réacteur pourrait exploser suite à une surchauffe de barres de combustible. Des radiations dangereuses se propageraient alors dans l’atmosphère ». Depuis ce premier avertissement remontant à 39 ans, les alertes se sont répétées sans jamais que les faiblesses du système (élaboré en 1960 par General Electric) ne soient prises à bras-le-corps. Pourtant, le rapport d’expert était limpide. Lorsque le dispositif de refroidissement d’un réacteur est défectueux ou plus assez efficace, c’est le caisson de confinement qui constitue le dernier bastion de défense de l’environnement contre les radiations. C’est parce que cette barrière de sécurité est essentielle que nombre de réacteurs ont un caisson de confinement ultra-résistant, conçu généralement d’acier et de béton spécifiques. Le problème ici est que le caisson de confinement de Fukushima (mais aussi de 23 réacteurs et six centrales aux USA, ne jetons pas la pierre uniquement aux Japonais) est construit dans des matériaux moins robustes. Depuis longtemps, le système utilisé est accusé d’être moins solide en cas d’accroc majeur dans le dispositif de refroidissement. Il faut ici blâmer des raisons purement financières, évidemment. General Electric, créateur de systèmes moins chers et plus faciles à construire, a lancé avec succès ses caissons plus petits et nettement plus abordables en 1960. La centrale nucléaire japonaise avait alors opté pour cette option, rapidement dénoncée par des contrôleurs américains. Stephen H. Hanauer avait été le premier à décrier la sécurité de ces dispositifs bradés par GE. Il avait rendu une note faisant – notamment – état de risques d’explosion de cette structure de confinement trop fine en cas d’accumulation d’hydrogène. Vous l’aurez compris, c’est ce qui semble s’être produit à Fukushima. « Quels sont les avantages de ce système en termes de sécurité et non en termes d’argent ? », s’était interrogé l’expert de l’Atomic Energy Commission. » Ah mais ainsi va la formidable loi du profit des multinationales et des financiers dans le merveilleux monde de la mondialisation ultra-libérale, mon bon Monsieur.

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  36 commentaires à “Les risques pour Fukushima étaient connus : la sécurité sacrifiée aux intérêts financiers”

  1. A ce propos, « Le cauchemar du nucléaire » est un excellent reportage qu’il me semble essentiel de méditer avec ce qu’il se passe au Japon.

    L’opacité, la dissimulation, le mensonge par omission sont visiblement le maître mot du nucléaire en France! On y découvre que le corps des Mines est représenté à tous les postes clés concernant le nucléaire (Mme Lauvergeon en fait partie), et que le politique lui accorde presque les pleins pouvoirs!

    On sera ravis d’y re-découvrir un débat entre Royal et Sarko au sujet du nucléaire, où Nico soutient que le nucléaire, « c’est 50% » de l’énergie électrique française, et que Ségo rétorque « mais nooon, c’est 17% ».

    La réalité? 80%.

    Dès lors, il parait légitime que la population exige un droit de regard sur le dossier du nucléaire, une fois constatée l’ampleur de l’imbécilité de sa classe dirigeante, causant sur tout et n’importe quoi sans ne rien y connaitre!

    Amicalement, et de tout cœur avec la population japonaise.

  2. UMP et PS tendrement unis hier à l’Assemblée Nationale pour taper sur les Verts. Article éclairant et terrible. Merci Olivier.

    • Oui, Duszka, nous n’avons plus rien à attendre du PS, mais peut-être, si les français ne sont pas trop cons, pourrions-nous attendre du PG une autre alternative ? Je le souhaite de tout coeur (MELENCHON, viens-nous en aide)!

      • Blog de Mélenchon – 13 03 2011 :

        « N’importe où une telle catastrophe aura lieu, elle sera doublée d’un désastre nucléaire qui impliquera toute la planète, tous les êtres humains. Dans notre écosystème perturbé par le productivisme nous serons tous des japonais un jour où l’autre. Chez nous en France il y a cinquante huit centrales nucléaires contre cinquante quatre au japon. Alors que nous sommes deux fois moins nombreux. Nous sommes le seul pays au monde qui a installé un réacteur nucléaire en amont de la capitale et sur le bord du fleuve dont elle tire son eau d’usage. Je vous informe qu’en cas de problème la solution prévue est d’ouvrir le barrage de l’Aube comme une chasse d’eau pour envoyer toute la pollution dans la Manche et de capter l’eau de la capitale dans la marne ! Chez nous l’industrie nucléaire est concentrée dans la vallée du Rhône où se trouve également l’essentiel de l’industrie chimique du pays. Dois-je évoquer le risque que fait peser la privatisation progressive d’EDF et ses obsessions financières devenues prioritaires ? Ou celui de la privatisation de la sous-traitance notamment dans l’entretien des centrales ? Mon propos n’est pas d’effrayer. Juste de dire que le moment est venu de se rendre compte de la réalité. Juste d’y faire face, les yeux ouverts. La sortie du nucléaire ne se fera pas en un jour. Raison de plus pour s’y mettre dès maintenant sans plus tarder. Peut-être verra-t-on d’une manière moins amusée dans nos milieux le petit film présenté dans la vidéothèque de ce blog à propos de notre visite à la centrale géothermique de Soultz sous forêt. »

        http://www.jean-luc-melenchon.com/2011/03/tremblements-et-stupeurs/#more-6267

  3. Malheureusement la falsification des données se pratique aussi en France.
    On apprend ajourd’hui qu’EDF a falsifié les seuils sismiques de certaines études concernant les centrales Françaises.
    Nos centrales utilisent pour partie (20 réacteurs je crois), du MOX…

    Faudra-t-il attendre que ce genre d’accident arrive chez nous pour qu’on mette enfin fin à cette folie?…

    • Au sujet de la falsification des données en France , voir cette interview de Noël Mamère par Arlette Chabot sur Europe1 – 14 03 2011 :

      http://www.dailymotion.com/video/xhlh2g_mamere-veut-un-debat-public-sur-le-nucleaire_news#from=embed

      Arlette Chabot à 2’58 (suite à la remarque de Mamère sur la création de panel de citoyens formés pour permettre ensuite un débat au niveau national) : « mais là, vous n’êtes pas en train de jouer avec les peurs quand même ? A 15 jours des cantonales en plus ? C’est de l’opportunisme, non ?  »

      Très bonne interview de Mamère qui termine en beauté :

      Question d’internaute : « Est-ce que les verts ne sont pas en train de profiter du malheur japonais pour faire parler d’eux ? »
      Mamère : « Les verts n’ont pas pour habitude de profiter du malheur des autres : pendant 35 ans nous avons essayé de dire dans les médias et nous avons été traités comme la portion congrue, que le choix du nucléaire était un choix dangereux, voilà vous venez vous chercher parce qu’on le dit depuis 35 ans et certains membres du gouvernement sur ordre de l’Élysée, avec leur élément de langage, nous parlent d’indécence. Ben moi je pense que la vraie indécence c’est de vendre des centrales nucléaires à Kadhafi et c’est ce qu’a dit M. Guaino ce matin qui se félicite de la catastrophe japonaise pour dire que ça allait ouvrir le marché pour EDF. »

  4. Avec la fin du monopole de l’éléctricité d’EDF en France, EDF aussi revoit depuis plusieurs années comment produire de l’éléctricité moins cher. Alors commence des travaux de petites économies, de réorganisations, d’emploi de prestataires, etc…
    Pour certains dispositifs, il y a un temps ou les systèmes étaient vérifiés par 2 équipes EDF et 1 équipe prestataire. Mais afin de travailler pour la compétitivité, on a tenté de ne placer qu’une seule équipe, voire parfois, dans les grandes reorg, on a oublié d’y mettre une équipe tout court.
    Alors petit à petit, on y vient aussi. D’ailleurs les centrales étaient à la base construites pour 20 ans. Mais au lieu de les démanteler, on prolonge leur durée de vie. La tentation sera bien grande de remplacer le materiel avec du materiel meilleur marché.

  5. Mais enfin t’en as pas marre de tes articles pavloviens. L’occasion ratée de Giuly dimanche soir c’est aussi à cause de la loi du profit maximum ? Et fallait bien placer Areva dans l’histoire alors que ce n’est pas la boîte de Lauvergeon qui a ni conçu ni construit cette centrale. En plus tu parles d’apprentis-sorciers, mais toi et les tiens êtes les premiers à hurler dès que l’électricité augmente de 2% tout en protestant aujourd’hui sur un manque d’investissement dans la sécurité… Ah oui j’y suis si l’électricité augmente c’est parce que les actionnaires se goinfrent où avais-je la tête ! Et l’autre qui parle du PG comme alternative, mais le PC et la CGT d’EDF ont toujours été les plus fermes soutiens du programme nucléaire giscardo-gaulliste. Et Mélenchon, nostalgique de Marchais, vire sa cuti aujourd’hui avec l’aplomb d’un Le Pen, père ou fille…
    Des milliers de Japonais sont morts, des milliers d’autres sont en danger et vous en êtes à vos querelles franchouillardes et vos explications robotisées du monde… C’est vraiment désespérant…

    • Désespérant est plutôt ton commentaire de mon point de vue, mais tout est affaire de sensibilité personnelle 😀

    • « L’autre qui parle du PG » : merci d’être poli avec les dames.

      On pleure quand l’électricité (ou le gaz ?) augmente de 2 %… combien d’augmentation l’année dernière, cette année ? Pour payer réellement l’énergie à son prix, ou pour gaver les actionnaires et M. Proglio avec son salaire à 6 chiffres avant la virgule ? Pas au courant non plus que de plus en plus de français ne peuvent plus payer leurs notes de chauffage et se sont gelés cet hiver ?
      Le domaine de l’énergie doit redevenir un grand service public, pour commencer, avec des personnels qualifiés ; la sortie du nucléaire doit être programmée, avec dans le même temps une montée en charge des énergies alternatives produites et consommées « localement » selon les meilleures spécificités régionales : géothermie profonde, éolien, solaire, hydraulique… et l’indécence de parler de « ça » alors que des personnes sont mortes, et mourront encore, entre nous soit dit, cela vient de plus haut, pas la peine de faire le perroquet. Mais c’est en en parlant (et en agissant) que, peut-être, ce genre de scénario catastrophe briseur de vies ne se renouvellera pas. Parce que la vraie indécence, c’est de faire l’autruche et de laisser perdurer des situations potentiellement aussi dévastatrices. Pour l’humanité entière, pas seulement au Japon.

    • Jihème, qui nous a demandé notre avis pour décider du tout nucléaire ?

  6. un autre très bon article, (pavlovien peut-être) sur ce triste sujet

    http://blog.mondediplo.net/2011-03-15-Tout-est-sous-controle

  7. Dommage que vous mélangiez tout, sur ce coup.

    Ce qui est à l’origine de l’accident en cours au Japon, c’est un séisme de magnitude 9 suivi d’une vague de 10 mètres au moins, qui a noyé le système de secours.

    Ce ne sont pas d’éventuelles falsifications qui sont la cause de la fusion des cœurs. Ce n’est pas l’emploi du MOX qui est en cause.

    L’accident est toujours en cours et on ne sait pas encore, sauf les Cassandre, quelles seront les conséquences radioactives de cet accident : entre grave et catastrophique il y a de la marge… Mais ce n’est pas porteur pour vendre du papier et effrayer le bobo on dirait. Les conséquences du séisme et du tsunami dévastateur, par contre, se comptent en milliers de morts et en dizaines de milliers de disparus, des villes côtières rasées, des cadavres à la pelle sur les plages, des millions de m3 de débris et de terre à ramasser, des routes à rouvrir, de l’eau à acheminer, des vies à sauver car les maladies (non radio-induites celles-là) vont proliférer rapidement dans les marécages de boue remplis de cadavres…

    Et c’est la peur de maladies éventuelles liées à des rejets massifs de radioactivité – qui heureusement pour l’instant ne sont encore qu’éventuels, même si on peut les craindre – qui devrait occuper l’esprit du monde entier ?

    Alors, taper sur les nucléocrates serait tout en haut de l’ordre de vos priorités immédiates ?
    Attendez au moins d’avoir l’ensemble du tableau pour cela.

    Un peu déçu de cet article, donc.

    • D’après ces sources, l’utilisation du MOX et le défaut du confinement-pas-cher-et-moins-solide aggraverait tout de même la catastrophe.
      Sinon, pouvez-vous arrêter d’utiliser ce mot, « bobo », qui ne veut rien dire ?

      • Vous avez raison, j’aurais du utiliser le mot gogo à la place…

        Et je suis d’accord avec vous :
        – le MOX est bien plus dangereux que le combustible habituel (par nature),
        – et il serait inacceptable que le confinement ne soit pas à la hauteur de l’enjeu.

        Mais ce ne sont pas ces éléments qui sont la cause de la catastrophe.
        Et si les groupes électrogènes n’avaient pas été noyés par le tsunami, on ne parlerait pas de tout çà.

        Le réacteur a tenu au séisme. Il a tenu à la vague. Ce qui n’a pas tenu, ce sont les secours électriques. Je n’aimerais pas être celui qui a décidé ou approuvé de placer des groupes sous le niveau inondable…

        Le vrai sujet est de savoir s’il est acceptable ou non de construire des centrales nucléaires étant donné le niveau de sûreté qu’on leur fixe. On peut faire des centrales quasi indestructibles, mais çà coûtera une fortune, tout comme on peut ne pas faire de centrales parce qu’on refuse tout risque d’accident nucléaire.

        Mais la vérité est aujourd’hui entre les deux : on construit des centrales dont on sait qu’en cas d’accident les conséquences seront extraordinaire et pour lesquelles on met un niveau de sûreté très important jugé raisonnablement surdimensionné. Sans occulter l’aspect économique, qui ne doit pas guider la sûreté, mais qui ne doit pas non plus être oublié dans le raisonnement.

        De la même façon qu’on sait qu’en cas d’accident chimique, il y aura des milliers de mort et des eaux et des terres polluées. De la même façon qu’on sait qu’en cas d’accident d’avion il y aura des centaines de morts… Est-ce qu’on interdit ces activités ? Non, car on estime le risque raisonnable. Ou on n’y pense pas !

        Le débat est là : est-ce que produire de l’électricité avec l’énergie des noyaux conduit à un risque raisonnablement acceptable ? Mais la plupart des commentateurs semblent effrayés par le mot « nucléaire », qu’on croirait synonyme de destruction et de mort. Cela biaise le débat…

    • YR, vous écrivez « Ce qui est à l’origine de l’accident en cours au Japon, c’est un séisme de magnitude 9 suivi d’une vague de 10 mètres au moins, qui a noyé le système de secours. »

      Je dirais que la cause directe est avant tout et surtout la panne du système de refroidissement. Dire qu’une telle catastrophe n’est pas possible en France car nous n’avons ni séismes de cette puissance ni tsunamis est biaisé, car il existe (malheureusement) bien d’autres raisons pour lesquelles le système de refroidissement peut tomber en panne, conduisant inévitablement, s’il n’est pas rétabli illico, aux mêmes conséquences qu’à Fukushima. Il me semble par exemple que lors de la tempête de 1999 en France, le réseau électrique était HS en Gironde et le violent orage avait noyé les groupes électrogènes. Heureusement le courant avait pu être rétabli à temps, mais on voit là qu’il n’y a nul besoin d’un séisme force 9 et d’un tsunami pour frôler l’accident.

      Et vous posez bien la question centrale, qui est de savoir si les risques pris en matière de nucléaire sont acceptables. Et je pense sincèrement que ce n’est pas aux actionnaires de cette industrie de nous donner une réponse, mais bien par un débat démocratique et intelligent (vaste programme quand on voit que les gouvernements ne sont plus que les porte parole permanents des grands groupes, industriels hier, et financiers aujourd’hui).

  8. Mais pas question d’aller au-delà, a confirmé François Baroin. « Il n’y a pas de consultation référendaire à envisager sur un tel sujet, soyons sérieux et raisonnable », a-t-il dit, rappelant que le choix nucléaire était « partagé par tous les gouvernements de gauche et de droite depuis quarante ans ».
    http://tempsreel.nouvelobs.com/depeche/top-news/20110316.AFP5826/nucleaire-le-gouvernement-craint-le-pire-des-scenarios-reunion-de-crise.html

    Soyons sérieux et raisonnable…
    Laisser la populasse décider si elle veut ou pas du nucléaire ? Enfin, voyons, « soyons sérieux et raisonnable »…

    Vous avez dit démocrature ?
    http://www.fakirpresse.info/articles/376/bienvenue-en-democrature.html
    http://www.bastamag.net/article1450.html

  9. Combien de fois faudra t-il vous le répéter ?
    Les centrales, c’est la sécurité optimale…

    http://www.dailymotion.com/video/x2od06_les-centrales-castelhemis_news#from=embed

  10. Il faut souligner que l’absence de réaction officielle en France a fait de notre pays la risée des médias des autres pays européens. Pourtant, les mesures à prendre n’étaient pas bien compliquées : conseiller à la population de consommer des légumes de serre, des oeufs pondus en batterie, etc., d’éviter de manger des champignons ou des escargots… bref, il s’agissait de communiquer un tant soit peu, au lieu de se taire, voire d’émettre des contre-vérités. Ce qui me manque dans l’article, c’est un minimum d’analyse sur les raisons de l’attitude des autorités francaises (d’ailleurs très largement acceptée par l’opposition de gauche d’alors) – celles-ci n’auraient-elles pas des raisons politiques, qui auraient à voir, par ex.,
    avec la défense à n’importe quel prix de l’industrie électronucléaire francaise ?
    –Hubertgui 15 octobre 2007 à 19:33 (CEST)

    Nous avions des leçons à tirer de la catastrophe de Tchernobyl ?

    Aujourd’hui, ma thyroïde est malade mais personne ne sait pourquoi. On ne connait pas la cause exacte des maladies de la thyroïde.

    On peut l’attribuer à des origines génétiques. A savoir, quand même, qu’en cas de contamination, cela court sur plusieurs générations. C’est cela que l’on appelle un problème d’ordre génétique ?

    ou à la ménaupose ou aux médicaments mais on ne dit pas lesquels.

    Faut pas dire que nous sommes en train de perturber, voire détruire le métabolisme humain avec la radioactivité ? Pourquoi est-ce que nous n’avons pas reçu de pastilles d’iode à l’époque ?

    Faire souffrir, tuer, engendrer une mutation ! Il y en a qui n’ont pas peur du chaos du moment que ça rapporte !

    • Des problèmes de thyroïde, il y en a eu un paquet. Bienvenue au club ! La mienne marchait très bien, mais c’est le nodule de la taille d’une orange collé dessus qu’il a fallu retirer qui en a eu raison. Depuis, je carbure aux médocs, comme beaucoup ! Je connais plusieurs femmes de ma génération qui ont dû aussi être opérées depuis 10 ou 15 ans. Une de mes amies, habitant l’Auvergne, atteinte également, m’avait même parlé d’épidémie (là-bas, ramasser les champignons est ancré dans les moeurs)…

      Qui avait dit que le nuage radioactif s’était arrêté à nos frontières ?
      http://video.google.com/videoplay?docid=-2720280552816762522#

  11. […] plume de presse :  Les risques pour Fukushima étaient connus : la sécurité sacrifiée aux intérêts financiers […]

  12. En tant que fondamentalement pro-nucléaire, je me sens dans ce débat, un peu mal à l’aise : pour le nucléaire, oui, mais en respectant des règles de sécurité ( qui, lorsqu’elles ont été respectées n’ont jamais donné lieux à aucun accident nucléaire significatif. ( bon, cela dit, c’est facile, depuis 20 ans après leur construction, on ne les respecte plus vraiment, vu qu’elles étaient construites pour cette durée là, à l’origine… )

    • fondamentalement pro-nucléaire

      Tu es donc fondamentalement volontaire pour aller d’office jouer les « liquidateurs » à Tchernobyl, à Fukumachin aujourd’hui, à Brennilis demain et à Fessenheim après-demain ? Bien !

      Et pour les déchets, pauvre tache, quid des (peut-être nombreuses) générations à venir qui ne se sont pas portées volontaires pour se faire empoisonner et irradier ?

    • si vous vous étiez donné la peine de lire le lien cité par Olivier Bonnet au début de son papier, vous sauriez que dans le cas qui nous intéresse « les règles de sécurité n’ont pas été respectées et les rapports falsifiés par TEPCO ».
      Les pro s’abritent trop souvent derrière leur ignorance et incompétence sur les technologies dangereuses qu’ils défendent. Extraits rien que pour vous :

      “…Dans la demi-heure qui a suivi le tremblement de terre, toutes les personnes qui connaissent les affaires de Fukushima pouvaient se douter de ce qui allait arriver, c’était prévisible”, affirme encore l’expert anglais, qui dénonce ces risques depuis plus de dix ans. » (…)

      « Falsification des contrôles qualité

      En outre, on sait depuis 2002 que Tepco (Tokyo Electric Power Company), la compagnie électrique qui exploite la centrale de Fukushima, a falsifié les résultats des contrôles qualité menés sur certains de ses réacteurs. Deux ans plus tôt dans son rapport, Greenpeace suspectait aussi fortement Belgonucléaire de falsification. À l’époque, un scandale similaire éclatait, impliquant l’un des concurrents du fournisseur belge, la British Nuclear Fuels Limited (BNFL), et “forçant, écrivait alors Greenpeace, à repousser tous les projets MOX au Japon” (p.7). Et d’ajouter : “des preuves ont indiqué que les problèmes qui ont mené à la falsification des données du contrôle qualité du combustible MOX à la BNFL pouvaient avoir été rencontrés à Belgonucléaire.” (p.7)

      Un rapport du Département à l’Énergie américain, daté de 2003, revient par ailleurs sur l’existence de falsifications, expliquant que “des fissures dans les structures qui maintiennent le combustible nucléaire en place dans le cœur des réacteurs des centrales Tepco” avaient été dissimulées. (p.8). »

      « Cette révélation a entraîné la démission de nombreux cadres de Tepco, ainsi que la fermeture, pendant une année, de la centrale de Fukushima. Elle explique aussi la suspension de la livraison de MOX à Fukushima, entre 1999 et 2010. À l’époque du rapport de Greenpeace, près de 32 assemblages de combustible MOX réalisés par Belgonucléaire, étaient restés en attente de livraison. Ce n’est que le 18 septembre dernier que ces livraisons ont repris ; le réacteur 3 fonctionne à l’aide de ce combustible depuis octobre. Contacté par OWNI, le porte-parole d’Areva confirme l’implication de l’entreprise dans la centrale de Fukushima, indiquant que “le réacteur 3 fonctionnait avec 30% de MOX”.

      Instabilité à tous les étages

      Instabilité des réacteurs en présence de MOX, labilité des procédés de fabrication et falsifications de données : ces différents points étaient ainsi déjà répertoriés, dans des documents publics, dès le début des années 2000. À ces différentes alertes, il faut ajouter celle de l’Agence pour l’Énergie Atomique (AIEA), qui fait suite à un tremblement de terre survenu au Japon le 16 juillet 2007, qui a notamment affecté la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située à 250 kilomètres au nord de Tokyo et également gérée par Tepco. »

  13. Pour savoir de quoi il est question, voici un lien vers l’article wikipedia sur le Mox.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Combustible_MOX

  14. […] d’Areva dans la catastrophe japonaise, relire notre billet de plume canal historique du 16 mars : Les risques pour Fukushima étaient connus : la sécurité sacrifiée aux intérêts […]

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