Mai 172011
 

Le dossier Jeannette Bougrab s’alourdit. On connaissait déjà son comportement inqualifiable à la tête de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), révélé par Bakchich : « J’ai eu le cabinet de Fillon, ils ne veulent pas qu’on parle des Roms et des gens du voyage». Lancée en mai dans un couloir par Jeannette Bougrab, présidente de la Haute autorité pour la lutte contre les discriminations, peu après son arrivée à la tête de l’institution, la phrase a évidemment choqué. Pour nombre d’agents c’était le signe, pas même dissimulé, de la mise sous tutelle par le gouvernement d’une administration jugée trop indépendante. Prendre ses consignes à Matignon lorsqu’on dirige une autorité administrative indépendante, et surtout lorsqu’il s’agit d’enterrer des plaintes, voilà qui fait désordre mais n’a visiblement pas contrarié la nouvelle présidente. De fait, depuis l’arrivée de Jeannette Bougrab, plus aucune délibération de la Halde, les décisions de son collège suite à une saisine de victime de discrimination, n’a porté sur la question des Roms ou des gens du voyage. A titre de comparaison Bakchich a recensé que sur les trois premiers mois de l’année 2010, pas moins de six délibérations sur vingt-neuf avaient statué sur ces questions. Mais comme chacun a pu le constater, depuis le mois de mai, les discriminations à l’encontre des Roms et des gens du voyage ont miraculeusement cessé. Discrimination dans l’accès au logement, à la scolarisation, à l’accès au droit de vote… Pschitt. Plus rien. En interne, les juristes sont un peu moins présomptueux. «Les dossiers sur les Roms et les gens du voyages sont volontairement écartés. On les place au-dessous de la pile où ils commencent à s’accumuler», raconte un cadre de la Halde. Que le gouvernement ait décidé dès le mois de mai de museler la Haute autorité sur le sujet, voilà qui jette en tout cas un éclairage intéressant sur l’embrasement de cet été contre les Roms. Loin d’être un coup de chaud d’un président aux abois, il semble au contraire que l’idée d’un plan concernant les Roms ait vu le jour au lendemain des régionales. » Jeannette Bougrab, qui a déshonoré l’institution dans l’affaire des Roms, s’est vue récompensée par un poste au gouvernement. Vive la Sarkozie !

Mais ce n’est pas tout : le Canard enchaîné avait sorti une information en juin 2010, que nous n’avions pas reprise, Bougrab attaquant en diffamation. Le Figaro la récapitule : « Le Canard enchaîné révèle que Jeannette Bougrab, nommée il y a trois mois par Nicolas Sarkozy à la tête de la Haute autorité de lutte contre les discriminations, aurait fait passer ses émoluments de 6900 euros à 14.000 euros mensuels. (…) Le tout à la faveur d’une «modification du règlement de gestion des personnels» que Jeannette Bougrab, selon le journal satirique, a fait voter le 3 mai.  Alors que Louis Schweitzer (son prédécesseur à la tête de la Halde, NdA) n’était pas salarié de l’organisation mais touchait une «indemnité», cette modification crée un poste de président. L’indemnité devient alors salaire, fixé à 14.000 euros. «Sans compter une indemnité de résidence», précise le Canard. » Prudent devant les dénégations de Bougrab (elle parlait «de faits totalement faux et sans fondements») et le procès qu’elle intentait au palmipède, nous nous étions donc abstenu – à regret ! – de relayer. Mais le verdict est aujourd’hui tombé : « Dans un jugement très argumenté, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a considéré que l’enquête de l’hebdomadaire était «sérieuse» et reconnu que «la fixation, par la Halde même, de la rémunération de sa présidente était surprenante», rapporte Europe 1.

Alors on ne pleurera certes pas sur le sort de la secrétaire d’Etat à la Jeunesse lorsqu’on apprend qu’elle a quitté une réunion de l’UMP après qu’un militant, dans la salle, s’est écrié : «Y’en a marre des bougnoules !» « Les propos de ce militant « très âgé » ont été tenus après la remarque d’un autre participant déplorant la « construction d’une mosquée à Strasbourg alors qu’il n’y a pas de crédits pour rénover la cathédrale », précise Le Parisien. On ne peut avoir le beur(re) et l’argent du beurre, devrait méditer Bougrab. L’UMP est un parti d’extrême droite qui vomit les Arabes et elle le sait. Mais comme elle y trouve son compte (en banque)…

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  9 commentaires à “Opportunisme sans scrupules ni éthique et appât du gain : Jeannette Bougrab, sarkozyste typique”

  1. Allez hop, je reprend pour mon blog
    et comme jej respecte la Netiquette, bien sur, le lien vers l’emplacement d’origine figure en pied

  2. Comment ne pas prendre exemple sur le le nabot de président lui-même qui n’hésite pas à augmenter honteusement son salaire ? Ceci est un fait déplorable, mais malheureusement, souvent repris par tout ou partie du gouvernement!!! Pouquoi manger du pain plutôt que de la brioche ?

  3. Vous êtes hors sujet en ce moment on s’intéresse à autre chose!!!!!!

  4. Merci pour cette info qui devrait faire les gros titres des journaux !

  5. Que vois-je ?
    Mais vous êtes complètement à côté de la plaque mon bon ami. En ce moment il faut faire des articles sur DSK, le reste ne compte pas, le monde s’est même arrêtée de tourner…

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