Fév 192012
 

L’UMP hors-sujet pour répondre aux préoccupations des Français : lorsqu’ils réaffirment mois après mois que leur plus grande inquiétude réside dans la progression du chômage, les sarkozystes ne trouvent rien d’autre à proposer que taper sur les chômeurs ! Nous en étions là dans nos réflexions quand soudain, nous apprenons une nouvelle incroyable : le gouvernement fait (enfin) un geste pour lutter contre le chômage !

« Trois Français sur quatre (76%) déclarent que la lutte contre le chômage est le thème tout à fait prioritaire, annonce l’édition d’aujourd’hui de Dimanche Ouest France. Cette proportion est très nettement supérieure à celle qui avait été mesurée en août dernier (59%). Cette progression de 17 points en quelques mois s’explique bien sûr par la montée du chômage qui atteint son plus haut niveau depuis douze ans et flirte avec les 10%. » Rappelons que ces chiffres sont complètement trafiqués, puisqu’ils reflètent la politique de radiations sauvage pratiquée depuis toujours par la droite. La situation est donc en réalité bien pire. « Plus de trois millions de personnes ne travaillent pas alors qu’elles le souhaitent et aucune catégorie sociale n’est épargnée : bien rares sont alors les Français qui n’en ressentent pas les effets autour d’eux », ajoute l’article. Et tout ce que trouve l’ignoble sortant, c’est l’idée d’un référendum pour stigmatiser ces feignants de chômeurs, alors qu’il n’y a pas de travail ! En réalité il ne devrait décemment même pas se représenter ! N‘avait-il pas déclaré en effet : « Je veux m’engager par exemple sur le plein emploi : 5% de chômeurs à la fin de mon quinquennat. (…) Si on s’engage sur 5% de chômeurs et qu’à l’arrivée, y’en a 10, c’est qu’y a un problème ! (…) Je dis aux Français : c’est un échec, j’ai échoué. Et c’est aux Français d’en tirer les conséquences«  ? Nous attendons en vain le journaliste qui osera le confronter à cette déclaration… Mais poursuivons avec le sondage de l’édition dominicale du quotidien régional : « le devoir de lutter contre la précarité progresse de 11 points pour atteindre 56% et la hausse des salaires et du pouvoir d’achat est une revendication pour 58%, soit une progression de 7 points. Avec un pic chez les employés et ouvriers (78%). Le gain d’importance de ces thèmes est bien le signe que les préoccupations sociales sont attendues dans les prochains débats politiques, bien davantage que la question de la sécurité dans les banlieues ou la protection de l’environnement, qui sont considérées comme secondaires. Il n’y a d’ailleurs que chez les sympathisants du Front national que la lutte contre l’immigration clandestine est totalement prioritaire. » On le savait : les frontistes sont des gens malades, souffrant d’une obsession monomaniaque. Et l’autre sortant, qui leur court après, a un deuxième référendum sous le coude, pour stigmatiser les étrangers celui-là… Fous-leur donc la paix, nuisible cynique !

Jusqu’ici, la marginalisation des thèmes chers à l’extrême droite lepéniste et la droite extrême sarkozyste est plutôt une bonne nouvelle. Si l’on compte bien, l’insécurité n’arrive qu’en septième position et l’immigration clandestine en neuvième. Mais le paragraphe suivant apporte un bémol à cette satisfaction : « La question de la réduction de la dette publique a fait l’objet d’une prise de conscience considérable. C’est une priorité pour 57% : cela fait 7 points de plus que l’été dernier mais surtout 21 points de plus qu’en janvier 2010. »

Et voilà : le vacarme de la pensée unique des éditocrates relayant la droite (Bayrou inclus évidemment) et les sociaux-libéraux produit son effet. A force de tous les entendre et les lire, à longueur d’ondes ou de colonnes, sauter comme des cabris au cri de « la dette, la dette, la dette ! », avec leur fallacieux « on ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens » d’autant plus redoutable qu’il semble frappé au coin du bon sens, l’opinion finit par les croire. C’est le but de toute propagande et ça fonctionne, à coup de bourrage de crâne. Pour les distraits, précisons en deux phrases que c’est l’Etat qui fixe ses moyens et que lorsqu’on le vide de ses ressources à coups de cadeaux aux privilégiés et aux entreprises, consciencieusement, depuis 20 ans, il est piquant de venir se lamenter ensuite que les caisses sont vides. Et que la dette publique n’est donc nullement un problème : une partie d’entre elle est illégitime et il convient de l’annuler – voir les travaux du  Collectif pour un audit citoyen de la dette publique -, et l’on comblera aisément l’autre partie par exemple en taxant le capital au même niveau que le travail, ce qui est bien – quand on prétend défendre la valeur travail ! – la moindre des choses. Voilà ce qu’il faut marteler, mais pas facile d’être audible dans le tapage du mensonge dominant. Une piste : « En outre, un Français sur deux pense qu’un scénario à la grecque est possible en France, comme le montre un autre sondage de l’Ifop réalisé pour Sud-Ouest dimanche », poursuit Hervé Bertho pour Dimanche Ouest France. L’exemple grec est parlant, sur lequel il faut s’appuyer pour faire de l’éducation populaire et convaincre : l’austérité – outre qu’elle est profondément injuste -, aggrave la crise. Voilà qui devrait définitivement discréditer tous les donneurs de leçons libéraux et leurs porte-voix médiatiques.

« La dette se retrouve au même niveau que la santé et l’éducation (57%) », note aussi Bertho. Santé et éducation saccagés d’abondance par l’UMP : si l’on se fie aux préoccupations classées par ce sondage et si la logique et la raison avaient leur place dans une élection – on vous l’accorde, ça fait beaucoup de si -, il serait hors de question d’envisager ne serait-ce que la possibilité d’une réélection du président des riches, des banques, du chômage et de la précarité. Nous n’en sommes hélas pas là et les tambours médiatiques s’affolent, claironnant depuis son entrée en campagne qu’on va voir ce qu’on va voir et s’extasiant, unanimes, sur les qualités hors-pair de bête politique prêtées à l’agité de l’Elysée. Ils feignent d’ignorer que Sarkozy peut bien faire le clown tant qu’il veut, il est irrémédiablement discrédité. Mais qui sait si les médias dominants ne parviendront pas in fine à le faire réélire, comme en 2007 où il ne devait jamais gagner non plus ? Terminons justement notre citation de Dimanche Ouest France par un Bonnet d’âne à la conclusion de Bertho, totalement partiale et malhonnête : « Développer l’emploi, équilibrer le budget du pays et maîtriser l’impôt : c’est là que les candidats devront faire la différence. » Mais enfin ! Développer l’emploi, d’accord, mais l’équilibre budgétaire cité en deuxième par le confrère n’arrive en réalité, dans le sondage qu’il commente, qu’après les salaires et le pouvoir d’achat et à égalité avec l’éducation et la santé ! Et que dire d’une mauvaise foi si flagrante que notre éditorialiste ose terminer son triptyque par la maîtrise de l’impôt, en réalité huitième préoccupation des Français ! Rectifions par notre propre conclusion, plus juste : « Développer l’emploi, augmenter salaires et prestations sociales et restaurer les moyens de la santé et l’éducation tout en rééquilibrant le budget de l’Etat : c’est là que les candidats devront faire la différence. » Mais ça sonne beaucoup moins sarkozyste que la conclusion que prétend tirer Bertho ! En revanche, qui propose d’interdire les licenciements boursiers, d’augmenter le Smic, d’embaucher des fonctionnaires, d’ainsi relancer l’emploi et de financer tout cela par une fiscalité plus juste ? Mélenchon, présidons !

Quoi qu’il en soit, tout de même, cette histoire du chômage classé préoccupation numéro un des Français, confirmée d’année en année, est une épine dans le pied de la clique du pouvoir. En effet jusqu’ici, pour remédier à ce problème, la seule réponse aura été de dépecer le service public de l’emploi. Et de continuer à aggraver le chômage avec la défiscalisation débile des heures supplémentaires et l’allongement inique de l’âge du départ à la retraite. Alors tenez-vous bien, Xavier Bertrand, ministre du Travail (si, si), s’agite, à 65 jours de l’élection. Il est entièrement mobilisé par la lutte contre le chômage (si, si, bis). Lisez plutôt : Bertrand se démène pour que les entreprises décalent leurs plans sociaux après les élections, titre Challenges. « En cette période électorale, l’ex-secrétaire général de l’UMP qui n’a pas envie que les chiffres du chômage, déjà très élevés, ne se dégradent encore veut calmer le jeu d’ici aux élections, explique l’article. Ainsi, Alexandre Bompard (Fnac) ou encore Luc Oursel (Areva) ont reçu des instructions pour repousser de quelques mois leurs projets de licenciement. La Fnac, qui a fait part de son intention de supprimer 500 postes (dont 300 en France) en janvier dernier, a été priée de ne pas aller au-delà pour le moment. Idem pour le groupe Areva qui projetait de se délester de 3 000 emplois dans l’Hexagone. Dans le secteur automobile, le couperet tombera après le mois de mai. Les constructeurs automobiles ne sont pas en reste. PSA avait à l’automne annoncé une réduction de la voilure. Sur les conseils de la rue de Grenelle, le groupe ne fera aucune communication qui puisse inquiéter les salariés d’ici à mai 2012. Chez Renault, les relations avec l’Etat – actionnaire à hauteur de 15% – sont plus complexes, mais les mesures d’économie évoquées fin décembre par Carlos Tavares, le DG du groupe, sont repoussées de quelques mois. Elles devraient prendre effet au second semestre et non au premier comme prévu à l’origine. » Voilà où nous en sommes rendus, à la stratégie du camouflage – comme lorsque le gouvernement augmente massivement les impôts sans le dire – et sans que (toujours) les mêmes médias dominants ne le relaient trop fort. Non, vraiment, si l’UMP repassait, après cinq ans de régressions antisociales sauvages et un bilan aussi calamiteux, il y aurait vraiment de quoi désespérer. Mais que Hollande soit prévenu : si c’est lui qui est élu par défaut pour remplacer le névrosé de Neuilly, nous l’attendrons sur le front social le couteau entre les dents.

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  22 commentaires à “Pourquoi Sarkozy va perdre, bis repetita”

  1. Mouai, comme l’ami CSP je suis très dubitatif sur l’échec de Nini Talonettes.
    J’ai bien peur que nous ayons un second tour Nicolas Le Pen contre Marine Sarkozy.

    • Faut arrêter avec la Le Pen ! Ce sont les frontistes et les tenants du « vote utile » qui en agitent sans cesse l’épouvantail !

    • Contrairement à vous, j’ai une grande confiance en la défaîte de Coquelet 1er, on se rend bien compte dans la vie de tous les jours qu’il n’est vraiment pas aimé et que plus personne n’en veut à part les profiteurs et parasites qui ne crachent pas dans la soupe… Pour cela il faut au moins qu’il n’y a pas d’ hypocrisie dans les propos et surtout que le peuple vote… Encore une inconnue à ne pas négliger car les parasites ayant le feu au c… ils voteront en masse pour sauver leur bien-être. Avec un peu de chance, il ne sera pas au deuxième tour, que nous réserve donc cette élection ? Mystère !…

      • Cher Zergy, vous arrive-t-il d’être optimiste et de croire en l’avenir ?

      • C’est l’élection la moins mystérieuse que j’aie vu: tout concorde, ce sera une grosse branlée pour le sortant au deuxième tour contre Hollande. Il y a eu les indignés en espagne, le printemps Arabe, et il y a l’élection du « casse-toi Sarko » ici.

        • Certes, il y aura une éviction claire et nette, à ce niveau-là, il n’y a pas mystère, pour moi ce mystère se résume à cette simple question : quels seront les deux candidats qui seront qualifiés pour le deuxième tour ? C’est ici qu’il pourrait peut-être y avoir surprise…

  2. « …on se rend bien compte dans la vie de tous les jours qu’il n’est vraiment pas aimé et que plus personne… »

    Certes. En fait, c’est tendance de dire que l’on exècre Sarkozy. C’est à mon avis un des biais des sondages, certains sondés répondent ce qu’il pensent être de bon ton de répondre, et ensuite, dans le secret de l’isoloir… On l’a bien vu en 2007, le grand chic, dans les conversations de bureau c’était d’être un chaud partisan de Ségolène. Mais bon nombre de ces soi-disant partisans ont finalement voté en douce pour Sarkozy…

    • Si on parle des sondages et de la comparaison avec 2007 on peut juste relever un petit détail: en 2007, dès le début janvier, tous les sondages donnaient entre 51 % et 53% à Sarkozy contre Ségolène Royal au deuxième tour.
      En 2012, tous les sondages jusqu’à aujourd’hui donnent depuis janvier entre 60% et 55% à François Hollande contre Sarkozy au deuxième tour, et ça ne bouge presque pas.
      Une paille…

      • C’est vrai, et c’est réconfortant.
        L’élection de Hollande n’est peut-être pas vraiment enthousiasmante, mais cela aura au moins le mérite de nous débarrasser de Sarkozy et de la mafia qui gravite autour…

  3. On aura l’air malin avec un second tour Le Pen / Sarkozy. Mélenchon qui monte dans les sondages, ça peut orienter la campagne d’Hollande mais n’oublions pas le 21 avril. Avant de rallier Sarkozy, Boutin déclarait craindre Le Pen car selon des sondages en Suisse (qu’elle n’a pas osé dévoiler), Le Pen est très très haut placée.

    • Trust, je vous connais depuis un bout de temps maintenant comme commentateur de ce blog, s’il-vous-plaît : vous n’allez pas tomber dans le vote « utile » pour ces sociaux-traîtres du PS ? Voyez encore le Mécanisme de stabilité européen : « abstention dynamique », qu’y disent… Risible, mais à pleurer. Ça suffit !

      • Tout à fait ! Merde !
        A chaque fois que j’entends « vote utile », je réplique « Utile pour qui ? ».
        Perso, c’est clair et net : Front de Gauche en avril et en juin. Et si le FdG n’est pas aux seconds tours, les autres pourront aller se faire voir, je n’irai voter pour aucun de ces salauds.

        • Nicolas nous voilà !
          Devant toi, le sauveur de la France
          Nous jurons, nous, tes gars
          De servir et de suivre tes pas
          Nicolas nous voilà !
          Tu nous as redonné l’espérance
          La Patrie renaîtra !

      • Ce sera vote utile pour moi, c’est une décision irrévocable J’ai un ami qui est a été entraîné de force à un meeting de Mélenchon alors qu’il se fout de la poliique mais est de sensibilité de gauche. Il en est revenu galvanisé et votera Mélenchon. Il s’en fout si Sarkozy est réélu. Moi je ne m’en fous pas. L’UMP prévoit la guerre si Hollande est réélu ? Je crois surtout que si c’est Sarkozy, beaucoup se réveillerons trop tard et je n’irai pas manifester dans la rue. On a le pouvoir de dire non à Sarkozy lors de ces élections. Hollande doit juste faire gaffe à ne pas se montrer trop arrogant vis-à-vis du FDG. Je ne supporte pas quand on dit Hollande et Sarkizy, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Je sais bien que Mélenchon a un potentiel de voix important au second tour et c’est tant mieux mais je ne vais prendre aucun risque.

  4. Les français réussissent à voir les énormes coups de masse que portent depuis cinq ans le gang UMP à la société, ses valeurs et ses instruments de solidarité, malgré la propagande inédite par son intensité, son omniprésence et sa variété que mènent TOUS les médias du PAF, cautionnés par le CSA, la CNIL et autres institutions dont le rituel cache très peu la servilité au système Sarkomédéfiste.

  5. Monsieur Olivier Bonnet , vous écrivez « le névrosé de Neuilly » …
    Je ne pense pas que le président-candidat soit un névrosé . Je pense qu’il est psychotique . Je pense qu’il est atteind d’une psychose paranoiaque et j’en veux pour preuve des photos de son visage grimaçant , derriére ce masque on peut sentir une rage difficile à contenir et qui transperce de plus en plus à travers ses propos délirants tels que « épuration » par exemple , pour citer le dernier en datte . Mais celà n’est pas nouveau chez cet individu … Je craind donc qu’il ne cherche toujours d’avantage à entrainer ses fidéles dans sa folie … S’il était ré-elu sans doute la haine qui monte en puissance depuis qu’il gouverne s’agraverait-elle encore davantage car à l’évidence il cherche à dresser les citoyens les uns contre les autres et cela pour servir ses interets mais également parcequ’il fonctionne ainsi …
    Alors se pose la quéstion de la maladie d’un chef d’état . Cette quéstion , toujours les politiques s’arrangent pour l’éluder à l’évidence puisqu’elle s’est déja posée et a été occultée …
    Que faire d’un chef d’état fou dans un pays démocratique ? … Et qui osera prendre les décisions pour y porter reméde ? (si les français se laissent encore manipuler) …..
    Je pense que c’est une vraie quéstion actuellle .

    • Elle l’était déjà en 2007 !

      • Oui , certainement , et probablement avant en ce qui le concerne car se fantasmer en président depuis l’enfance c’est à l’évidence être en plein délire de « toute-puissance » .
        Cette affirmation peremptoire du triomphe de la VOLONTE sur le principe de réalité chez notre président-candidat est une constante de sa personnalité , mais actuellement celà prend , à mon avis , une tournure de plus en plus inquiétante . Voilà le sens de mon propos .

        • Heureusement qu’on va le mettre dehors à grands coups de pompes dans le derrière ! 😀 Mais si c’est Hollande qui est élu, on l’attendra le couteau entre les dents sur le social, comme un 3e tour… En attendant, j’ai l’espoir fou de Mélenchon au 2nd tour 😉

          • D’une façon plus générale je me posais la quéstion des « maladies du pouvoir » comme dans cette émission de télé sur la 3 . Et si tout un pays démocratique se retrouve en un sens à la mérci d’un seul homme malade mais qui ne veut pas le reconnaitre et qui réfugié dans son dénie va se servir de sa position comme d’un rempart contre la vérité médicale , alors quoi ? …. Parceque ce ne serait pas Fillon qui oserait affronter un président devenu complétement malade . Alors quoi ? ….. Bon , c’est une quéstion constitutionnelle je crois , mais la démocratie me parais assez faiblarde en ces cas là ! ……

  6. […] arrive à dire n’importe quoi à moins de 50 jours de l’élection. » Piqûre de rappel sur les vraies préoccupations des Français, sujettes d’une récente étude […]

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