Avr 122012
 

Raymond Aubrac, le grand résistant parti hier à 97 ans, a reçu l’hommage aussi vibrant qu’obligé du sortant candidat, pieusement recueilli par Le Figaro : «Une figure héroïque de la résistance», écrit Nicolas Sarkozy dans un communiqué. Le chef de l’État rend hommage à un de ces «héros de l’ombre qui ont sauvé l’honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue, disparaissent les uns après les autres.» Le président de la République ajoute : «Nous avons le devoir d’en maintenir le souvenir vivant au cœur de notre mémoire collective.» Rue89 saisit l’occasion : « Puisqu’il nous y invite, et que c’est un devoir, participons à cet exercice de mémoire, en retrouvant un souvenir assez récent : le 14 juillet dernier, à la Bastille, une centaine de militants des droits de l’homme étaient réunis pour protester contre la politique sécuritaire du gouvernement. » Et les confrères de reprendre le texte dont voici un extrait, en forme de réquisitoire implacable et lucide : « Depuis bientôt un an, les plus hautes autorités de l’État s’acharnent à dresser les citoyens les uns contre les autres. Elles ont successivement jeté à la vindicte publique les Roms et les gens du voyage, les Français d’origine étrangère, les habitants des quartiers populaires, les chômeurs et précaires qualifiés d’“assistés”… Elles ont ressorti le vieux mensonge d’une immigration délinquante, elles pratiquent la politique de la peur et de la stigmatisation. Nous avons manifesté le 4 septembre 2010, dans toute la France, contre ce dévoiement de la République. Aujourd’hui, chacun mesure la terrible responsabilité de ceux qui ont donné un label de respectabilité aux idées d’extrême droite, à la xénophobie, à la haine et au rejet de l’autre. De dérapages verbaux en pseudo-débats, de crispations identitaires en reculs sociaux, la voie a été grande ouverte à une crise démocratique encore plus grave que celle du 21 avril 2002. Parce que nous sommes attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom à tous. Nous refusons que la peur soit utilisée pour faire reculer nos libertés, que les inégalités soient encouragées par l’injustice fiscale, le recul des droits sociaux et la démolition des services publics. »

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  12 commentaires à “Quand Aubrac réglait son compte à Sarkozy”

  1. Un bel oxymore: d’un côté, Aubrac humble, de l’autre Sarkozy, pédant

  2. Les formules sarkoziennes ont ceci de répugnant qu’on imagine la muzak qui les accompagne, en fond sonore.

  3. […] Quant à Plume de Presse d’Olivier Bonnet,  il reparle des vertus résistantes en rendant hommage à Raymond Aubrac […]

  4. En attendant le résultat des urnes, nous aussi nous pouvons lui dire : nous n’oublierons pas !
    http://blogs.mediapart.fr/edition/2012-ils-sengagent/article/150412/nous-n-oublierons-pas-lettre-ouverte-au-president-sar

  5. Lundi 16 avril 2012 :

    Sarkozy, sa montre à 55.000 euros.

    « Si à 57 ans, on n’a pas une Patek Philippe, on a raté sa vie ». Tel pourrait être le slogan séguéliste du candidat Sarkozy version 2012.

    « Patek Philippe », c’est la marque de la montre que le président-candidat (du peuple) portait au poignet, hier, et qu’il a manqué de perdre lors d’un bain de foule à l’issu de son meeting, place de la Concorde.

    La montre, en or blanc, modèle 5140 G de l’horloger suisse – l’un des plus prestigieux -, lui a été offerte par son épouse Carla Bruni en janvier 2008. Son prix ? 65.000 francs suisses, soit environ 55.000 euros.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/le-reveil-politique/20120416.OBS6230/sarkozy-sa-montre-a-55-000-euros.html?google_editors_picks=true

  6. Souviens-toi que tous ces médias qui pleurent Raymond Aubrac ont refusé de publier l’Appel du CNR en 2004. Pas assez sexy

  7. Nucléaire : M. Sarkozy réécrit ses relations avec Kadhafi.

    Mardi, le président-candidat a démenti catégoriquement avoir cherché à vendre à Tripoli une centrale nucléaire, comme l’affirme l’ex-patronne du groupe Areva, Anne Lauvergeon, qui assure dans un livre que les négociations ont duré jusqu’à l’été 2010. « C’est un mensonge éhonté », s’est emporté M. Sarkozy. « Il n’a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi ».

    Des affirmations pourtant aisément démenties par… les discours de M. Sarkozy, disponibles sur le site de l’Elysée. Le 3 juillet 2008, le chef de l’Etat affirme : « Je sais qu’il y a des gens et des pays qui se disent : n’est-ce pas un peu dangereux de proposer le nucléaire civil à des pays comme l’Algérie, les Emirats arabes unis, ou la Libye ? Ce qui serait vraiment dangereux, ce serait de leur refuser. D’abord parce qu’on donnerait raison à l’Iran qui fait croire que l’Occident refuse par principe le nucléaire à des pays musulmans. Mais aussi parce que chaque baril de pétrole et chaque mètre cube de gaz économisé sur la planète (…) c’est un peu moins d’effet de serre ».

    UN ACCORD FRANCO-LIBYEN SUR LE NUCLÉAIRE DÈS JUILLET 2007

    Et cette théorie fut mise en application avec le colonel Kadhafi. Ainsi, ce commmuniqué du ministère des affaires étrangères, en date du 8 juillet 2009, faisant état de la signature par Alain Joyandet, alors secrétaire d’Etat à la coopération, d’un « accord de coopération pour le développement des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire avec Abdelaati Ibrahim el Obeidi, ministre libyen des affaires européennes ».

    Ce document rappelle explicitement que cet accord fait suite à un « premier mémorandum d’entente », « signé à l’occasion du déplacement du président de la République française à Tripoli, le 25 juillet 2007 qui prévoyait la conclusion d’un accord de coopération « pour le développement des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire ».

    Le document en question est consultable sur le web. Cosigné par le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner et son homologue libyen Mohamed Chalgam, il prévoit « d’autoriser les institutions et entreprises industrielles des deux pays à œuvrer conjointement en vue de la réalisation de projets de production d’énergie nucléaire et de dessalement de l’eau, ainsi que d’autres projets de développement liés à l’utilisation pacifique de l’énergie atomique ».

    Ce projet nucléaire n’a pas cessé de se poursuivre. Le 21 octobre 2010, moins d’un an avant la chute du régime de Kadhafi, le ministre français de l’industrie, Christian Estrosi, signait à Tripoli un partenariat stratégique prévoyant toujours l’ouverture de négociations pour la construction d’une centrale nucléaire.

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/17/nucleaire-m-sarkozy-reecrit-ses-relations-avec-kadhafi_1686477_1471069.html

  8. Sans droit de suite ou si peu, le candidat sortant enquilla les contre-vérités avec un aplomb qui ne sied qu’aux grands professionnels :

    1. « Il n’a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi ! C’est un mensonge éhonté ». Sarkozy répondait à l’une des accusations d’Anne Lauvergeon, ex-présidente d’Areva, qui expliquait dans son récent ouvrage-confessions que l’Elysée avait cherché à vendre de la technologie nucléaire aux autorités libyennes jusqu’à l’été 2010. Sarkozy voulait-il jouer sur les mots (« centrale » plutôt que « technologie ») ? La conclusion d’un contrat d’équipement nucléaire de la Libye était officiel … dès juillet 2007. Mediapart a régulièrement produit nombre de preuves. Rue89, ce mardi, a répertorié toutes les sources documentées d’accord nucléaire entre la Sarkofrance et la Libye de Kadhafi.

    2. Proche de Kadhafi ? Jamais ! « S’il y a bien un chef d’Etat qui n’a pas frayé avec Kadhafi, c’est bien moi ! » Quelques auditeurs de France inter, comme votre serviteur, s’étranglèrent en écoutant pareil mensonge. On se souvenait tous des poignées de main, accords commerciaux (juillet 2007, juillet 2008, octobre 2010), avec le spectacle grandiose des réceptions du 10 au 13 décembre 2007, Kadhafi avec sa tente à l’hôtel de Marigny. Et que dire des contrats des premières relations commerciales nouées par Sarkozy ministre de l’intérieur dès 2005 ?

    3. Quand il fut question de l’affaire Bettencourt et de l’espionnage de journalistes, prouvé et reconnu, le Monarque manqua de s’étrangler à son tour: « Il n’y a aucun journaliste qui a été espionné ». Il jouait encore sur les mots. Comment appeler la surveillance minutieuse des deux journalistes du Monde en juillet puis à l’automne 2010 par la DCRI ?

    4. Toujours sur la même affaire, il s’étonna qu’on l’interroge encore sur ses comptes de campagne de 2007 : « Sur mes comptes de 2007, il n’y a rien, absolument rien. Et personne ne les conteste ». Un juge, sur la base de son instruction, avait trouvé la preuve de larges retraits d’espèces en février et mars 2007 pour Liliane Bettencourt. Il y avait aussi des témoignages que des versements avaient été réalisés pour le compte de la campagne de Sarkozy. Certes, l’instruction n’était pas terminée… mais comment déclamer que les comptes de campagne ne sont pas contestés alors que justement ils font désormais l’objet d’une instruction ?

    http://sarkofrance.blogspot.fr/2012/04/sarkozy-tout-en-negation-sur-france.html

  9. Nicolas Doisy explique comment François Hollande va libéraliser le marché du travail en France.

    Nicolas Doisy explique comment François Hollande va supprimer le CDI (Contrat à Durée Indéterminée).

    Lisez cet entretien, et regardez cette vidéo scandaleuse :

    – François Ruffin : Si je fais un récapitulatif, je me suis amusé à faire des cas à partir de votre document :
    Cas n°1 : François Hollande est conciliant, il revient de lui même sur ses maigres promesses de campagne, il libère le marché du travail et en finit avec le CDI comme norme de travail.
    Cas n°2 : il lui faut une petite pression de ses partenaires européens, une petite concession qui lui sert de prétexte, et derrière il libéralise le marché du travail.
    Cas n°3 : il refuse de se plier à ce programme de libéralisation, à cette injonction, et alors les marchés vont le punir, le rappeler sérieusement à l’ordre.

    – Nicolas Doisy : Oui.

    – François Ruffin : Donc là, jusque-là dans les trois cas, quand vous dites, « soit les électeurs, soit les marchés seront déçus », dans les trois cas c’est toujours les électeurs qui seront déçus et les marchés qui gagnent ?

    – Nicolas Doisy : Oui oui. Eh bien regardez la Grèce, regardez l’Espagne, regardez l’Italie, regardez tout ce qui se passe en Europe depuis 2010. On a bien vu que de toute façon, à la fin, c’est le marché qui l’emporte. Je ne vais pas encore dire que le marché a nécessairement raison au sens moral du terme, en tout cas il aura raison factuellement puisqu’il s’imposera, c’est clair. Donc, c’est de ce point de vue-là que je le dis, oui en effet. Vous avez raison, les électeurs risquent d’être plus perdants que les marchés.

    – F.R. : Je propose un quatrième cas, l’irruption du peuple sur la scène de l’Histoire.

    – N.D. : La prise de la Bastille numéro 2 ?!

    – F.R. : Hier, à Paris, y avait, bon, on va pas chipoter, 80 000, 90 000, 100 000, 120 000 manifestants à l’appel du Front de gauche. Si, comme en 1936, on avait une élection qui était suivie de mouvements de masse, de manifestations, de grèves…

    – N.D. : Qu’est-ce qui se passerait en Europe ? Ben là je crois que c’est le gros coup d’angoisse, parce que si, quand les grecs manifestent, on a déjà une Europe qui se sent sur le point d’exploser, je vous laisse imaginer pour la France. C’est bien pour ça que je passe mon temps à répéter dans cette note que j’espère bien que François Hollande, se souvenant de ses années de formation en 81-83 auprès de François Mitterrand, évitera précisément de laisser se développer ce genre de scénario à nouveau, ou en d’autres termes trouvera la formule politique qui lui permet de vendre les réformes à la population française d’une façon qui soit acceptable…

    http://vimeo.com/40577072

    La vidéo dure 10 minutes.

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