Jan 282011
 

 Bon sang ce que Ramatoulaye Yade a le don de nous énerver ! Comme en lisant cet article de Libération« Entre le nouveau patron de l’UMP et l’ancienne secrétaire d’Etat, la rupture paraît consommée. Elle accuse : Copé engage le parti «sur le terrain» du FN, négligeant «les valeurs de solidarité et d’humanisme». De cette dérive droitière, elle tire les conséquences en rejoignant Jean-Louis Borloo, «le seul à comprendre l’importance d’un message social dans la crise actuelle». Elle adhère donc au Parti radical, associé à l’UMP, et néanmoins engagé dans la construction d’une «confédération» centriste. » D’abord l’on s’esclaffe, ensuite on enrage : ne faisait-elle pas partie du gouvernement qui expulse chaque année tranquillement ses dizaines de milliers de quotas de sans-papiers comme autant de têtes de bétail, n’hésitant pas à priver des enfants de leurs parents ? Sans doute au nom des « valeurs de solidarité et d’humanisme » ? Et lorsqu’un maire UMPiste de sinistre mémoire eut la délicate idée de faire déverser un puissant répulsif olfactif, le bien nommé Malodor, pour faire fuir les sans-abris, notre néo « centriste » qui comprend « l’importance du message social dans la crise actuelle » n’avait-elle pas tranquillement déclaré : « Vous savez, il faut tout essayer dans une ville, il faut tout tenter » ? Et sur la Tunisie, lorsqu’on l’entend déclarer sur Europe 1 que la chute de ben Ali était «prévisible», on repense à sa visite à Tunis d’avril 2008 : présente dans la délégation française, la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme d’alors « a pour sa part évité systématiquement les journalistes et fait savoir par son cabinet qu’elle ne répondrait pas à leurs questions », comme le rapporte l’Express. Les défenseurs tunisiens des droits de l’Homme s’avouaient atterrés : « C’est la realpolitik qui prévaut, constatait ainsi Souheir Belhassen, la présidente tunisienne de la Fédération internationale des droits de l’Homme. On ne dérange pas un client ».

Alors d’accord, Yade est belle, mais elle nous prend pour des buses. Ce que Mediapart résume efficacement ainsi : « Elle a débuté dans le bureau d’un député Verts, a voté Taubira en 2002, Sarkozy en 2007 et rejoint aujourd’hui Jean-Louis Borloo. Rama Yade, «une dépêche AFP tous les deux jours», mais combien d’idées ? » Une seule : promouvoir sa carrière. Après Rachida Dati, Fadela Amara – toutes deux ayant également tâté de la gauche avant d’aller à la soupe de droite -, Jeannette Bougrab et Nora Berra, notre Ramatoulaye de Colombes (Conseillère municipale), née dans la belle société sénégalaise – son père était un proche du président Senghor -, est juste une énième arriviste en Sarkozie, une « prête à tout » supplémentaire simplement plus décorative que les autres. Il est affligeant de constater à quel point notre club des cinq* donne une détestable image des femmes issues des minorités visibles. Pure coïncidence sans doute. Ou bien est-ce que l’UMP ne peut pas s’empêcher, dès qu’elle « tient » une noire ou une Arabe, de la propulser sur le devant de la scène, arguant ainsi « voyez comme nous ne sommes pas racistes » quand toute sa politique démontre avec éclat le contraire, et que l’arrivisme est un défaut de droite ? Sur ce dernier point en tout cas, rassurez-vous : il est aussi à gauche, côté caviar et stock-options. Mais pour en finir avec nos créatures sarkozystes, elles sont éminemment coupables, par leur complicité, de cautionner une politique objectivement xénophobe, mots soigneusement pesés. Le concept même d’ « immigration choisie » est par essence racialiste et discriminatoire, le ministre de l’Intérieur en personne a été condamné par la justice pour injure raciste et son chef de cabinet a pondu une directive ciblant nommément, pour le démantèlement des campements illégaux, un groupe ethnique (les Roms) : trois illustrations incontestables de l’irréfutabilité de l’accusation. Et dans ce contexte, alors que les basanés des cités sont victimes dix fois par jour de contrôles « au faciès », pratiques désormais documentées par les chercheurs du CNRS, notre quintette de parvenues crache à la figure de toutes les victimes du racisme ordinaire qui est désormais la norme nationale, l’exemple venant d’en haut. Qu’une Valérie Pécresse, qui ne vaut sans doute pas mieux, fasse carrière à l’UMP, on ne s’étonne pas. C’est chez elle logique, socio-culturel, atavique : on compte peu de canards sauvages dans la bourgeoisie neuilléenne… Mais les Fadela, Rachida ou Rama ? Elles ajoutent à l’indignité de défendre des contre-valeurs antisociales le déshonneur de la trahison. Et renvoient à la jeunesse en souffrance le catastrophique message suivant : pour s’en sortir, il faut pratiquer l’opportunisme sans scrupules, les louvoiements et les reniements, les mensonges et les hypocrisies, cultiver un individualisme forcené… Si on leur en veut autant, à Rama et la bande, c’est qu’elles sont des incarnations triomphantes (?) de la si destructrice idéologie du « tout pour ma gueule ».

*Il est à vrai dire (au moins) un sixième membre à cette clique gouvernementale aux « convictions » si fluctuantes en fonction des opportunités carriéristes, qui n’est ni femme ni issu d’une minorité : le maître ès-cynisme et abjection Eric Besson. Sans oublier la renégate ex-villepiniste, Marie-Anne Montchamp.

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  12 commentaires à “Rama Yade ou l’hypocrisie élevée au rang des Beaux-Arts”

  1. Sois belle et tais-toi ? Que nenni. Sois belle et honnête, ça suffira. Pour ce qui est de la beauté, arrêtez un peu messieurs, c’est du sexisme à peine déguisé. En quoi la beauté à l’estimation toute relative à à faire avec la responsabilité politique ? C’est un non-critère.

    • Bonjour, article révélateur du monde entretenu par notre président avec des gens donneurs de leçons qu’évidemment ils n’appliquent pas à eux-mêmes. Un combat perdu d’avance tant que l’humain ne changera pas et considérera qu’il est ce qu’est son ego. Sinon, en passant « elle ne tire pas les conséquences » comme on l’entend trop souvent actuellement, « elle tire les conclusions », car les conséquences découlent des causes sans l’aide de la demoiselle qui peut être responsable des causes cependant…

  2. […] This post was mentioned on Twitter by Olivier Bonnet, beefcrying and krissy, CanardDéchaîné . CanardDéchaîné said: RT @OlivierBonnet: Rama Yade ou l'hypocrisie élevée au rang des Beaux-Arts http://alturl.com/5fdyt […]

  3. R Yade qui effectivement n’a d’autres véritables préoccupations que sa carrière occupe désormais une position qu’elle imagine futée pour les prochaines années.
    Sarkozy réélu, elle aura de nouveau sa place au gouvernement.
    Un candidat PS élu, elle saura manœuvrer pour figurer l’ouverture.
    Dans tous les cas, dans le giron de Borloo, elle se tient prête et ne perd pas de but l’enjeu politique majeur de ces prochaines années, l’écologie. Elle a fait le pari d’être au coeur du prochain système qui naîtra des prochaines élections.
    Question idées nouvelles ? Zéro. Ce qu’elle présente fièrement comme des nouveautés ne sont que vieilles lunes. Il est impossible qu’elle ait le temps de travailler, de réfléchir, de comprendre. Alors elle compile, elle recopie, elle se fout du monde.

  4. Tout à fait d’accord avec toi Olivier.

    Mais pourquoi voudrions-nous que Rama Yade soit de gauche puisqu’elle est de droite et de plus très ambitieuse ?
    C’est ce qu’elle a dit, ou à peu près, il y a quelque temps sur France Inter.

    Celle qui me fait le plus rager c’est Fadela Amara qui devait avoir des idées progressistes et est à genoux devant ce pouvoir détestable.

    • Amara est elle aussi une carriériste cynique qui s’est servie de son assoce bidon, « Ni pute ni soumise », création médiatique sans implantation réelle dans les quartiers, pour un plat de lentilles gouvernementales.

      • Elle aurait pu, il est vrai, retourner « travailler » en banlieue, ça n’a rien de déshonorant (mais peut-être n’en voudrait-on pas ?) au lieu de pantoufler aux crochets du bon peuple dans une « fonction » bidon. Arriviste et profiteuse.

  5. Les carriéristes ont un point commun : la mentalité. Il y a deux mentalités pour vouloir se mettre en avant de la scène : se détacher de la masse des non privilégiés pour sortir son épingle du jeu et s’ enrichir au détriment des peuples ou pour s’ insurger contre les précédents. Cela demande une bonne dose d’ altruisme pour la seconde qui est en minorité. A remarquer, les gens veulent bien être altruistes à condition que cela ne leur enlève rien. N’ est pas altruiste qui veut. La philanthropie est une qualité rarissime qui n’ est pas du tout une caractéristique de nos dirigeants.

  6. Les « sondages » qui lui sont toujours extrêmement favorables quant à sa « popularité » me laissent perplexe… Elle « tchatche » beaucoup, certes, mais tellement en creux que c’en est insupportable.
    Bon week-end, Olivier

  7. Quelle belle hypocrite cette Ramatoulaye Yade !

    Elle a bouffé au gouvernement Sarkozy et rejoins maintenant J.L Borloo, la petite cheville ouvrière de la Sarkozie en actes. Ce type qui faisait monter dans un avion de ligne toute la jet-set parisienne pour leur montrer en direct et de visu que le pôle nord fondait de façon accéléré à cause de la pollution industrielle et de l’aviation touristique à rendement industriel ! Cherchez l’erreur.

    Le grotesque s’était affublé du titre de  » ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat  » – On lui a dit de prendre la porte. Ce qui fut fait pour le grand obéissant qui voulait être premier ministre de la Sarkozie à la place du premier ministre de la Sarkozie. Trop d’appétit le bougre, à servir une politique immonde. Il n’a pas péché par désobéissance. Il a péché par zèle.

    Et maintenant que Rama Yade en a fait de même, elle se ligue avec celui qui a accepté toutes les dérives racistes du gouvernement Sarkozy et qui les a parfaitement accepté à l’époque. Avez-vous entendu que M.Borloo avait démissionné quand la chasse aux Roms fut ouverte ? Que nenni ! Le type est resté au poste et a parfaitement assumé les décrets crapuleux et xénophobes portés par le sinistre Hortefeu. Ecoeurants tous ces gens ! Affligeante cette Rama Yade qui tente de cracher dans la soupe imbuvable qu’elle a pourtant bu à grandes lampées !

    Qu’ils s’en aillent tous ! A bas la 5° république, vive la 6° république !

  8. rama yade et consoeurs auraient dù quitter, avec éclat, ce gouvernement vomitif en démissionnant. Elle crache sur son parti ap coup, hypocritement. Elle ne servait à rien, juste à donner bonne conscience à sarkosy(voyez c est une femme et elle est noire en plus!) .Sarkosy l a humiliée, en la faisant passer des droits de l homme aux sports(!). Elle a accepté cette « rétrogradation » en fermant sa grande gueule comme elle l a fermée au moment des rafles de rom. Rien de glorieux. Et fadéla amara , une autre tartuffe

  9. L’arrivisme, comme l’argent n’a pas d’odeur et finalement pas de couleur. Par delà la trahison évidente de toutes les petites filles, jeunes femmes et femmes issues de l’immigration, ces femmes portent avec d’autres plus claires de peaux (MAM, Pecresse, Morano…) une image délétère de la femme en politique, qui ne pourrait donc accéder à de hautes responsabilités que grâce à un joli minois et/ou à un comportement indigne et/ou une façon d’être aussi détestable que leurs « mentors ».

    Ce n’est pas comme cela que la cause des femmes avancera, bien au contraire.

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