Nov 222010
 

Mediapart et L’Express ont révélé l’incroyable coup de sang qui s’est emparé de Nicolas Sarkozy, répondant « en off » à des journalistes à propos du scandale Karachi et concluant sa saillie d’un hallucinant « Amis pédophiles, à demain ». Ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat perd ainsi ses nerfs, que ce soit pour se lancer dans une violente diatribe islamophobe ou pour insulter les journalistes. Ces emportements pathologiques révèlent bien une personnalité déséquilibrée, dénoncée dès avant la présidentielle. Rappel.

« Vous êtes un pédophile, j’en ai l’intime conviction, j’ai vu les services secrets mais je ne vous dirai pas lesquels, j’ai vu quelqu’un mais je ne vous dirai pas qui c’est, et c’était oral. Mais j’en ai l’intime conviction, vous êtes un pédophile ! », a donc lancé à un journaliste, selon L’Express, Nicolas Sarkozy vendredi 19 novembre – mais l’affaire n’a été révélée qu’aujourd’hui. Il était venu s’entretenir « en off » avec quelques confrères en marge du sommet de l’Otan à Lisbonne. « En off » signifie que les journalistes sont censés ne pas reprendre les propos qui leur sont tenus, ce qui donne ensuite dans la presse des formulations du type « une source proche de l’Elysée ». Mais cette fois, le pétage de plomb est si manifeste que l’hebdomadaire – dont aucun représentant n’a assisté à la scène mais qui précise sur Le Post avoir « vérifié l’information » – décide de transgresser l’interdit et sort l’information à 17 h 37 exactement, sans doute enhardi par le fait que Mediapart l’ait devancé.

Le récit est un peu plus précis : « un journaliste ose poser une question sur Karachi. Le président commence relativement calmement, reprenant presque mot pour mot le communiqué de presse envoyé précédemment par Claude Guéant  dans lequel il est dit que «Nicolas Sarkozy est victime d’une rumeur malveillante et d’allégations calomnieuses qui ne reposent sur aucun commencement de preuves». Le président ajoute que «la presse raconte n’importe quoi». Mais quand il lui est rappelé que son nom figure notamment dans des documents montrant qu’il a donné son aval à la création d’une société-écran luxembourgeoise par laquelle transitaient les commissions, il «pète les plombs» selon de nombreux journalistes présents en s’adressant à celui qui a osé lui poser la question. «Qui vous a dit ça? Vous avez eu accès au dossier ?  Charles Millon a une intime conviction. Et si moi j’ai l’intime conviction que vous êtes pédophile ? Et que je le dis en m’appuyant sur des documents que je n’ai pas vus…» «Survolté», «hors contrôle», le président ne s’arrête plus. Sa diatribe dure une dizaine de minutes, pendant lesquelles à plusieurs reprises, il reprend la comparaison. Finalement, il clôt son intervention, tourne les talons et s’en va en déclarant : «Amis pédophiles, à demain.» Les journalistes français se regardent interloqués, notamment les «journalistes diplomatiques», qui n’ont pas l’habitude des dérapages du président. Dix minutes plus tard, l’entourage de Nicolas Sarkozy revient, conscient de l’énormité du discours, et insiste lourdement: «C’était du off, rien que du off». Le micro du président était toutefois branché à une console. Plusieurs journalistes ont la possibilité de faire fuiter les sons, ils préfèreront «les écraser» : «Tout le monde est off ou personne n’est off», nous ont expliqué certains d’entre eux. » Conclusion identique chez L’Express : « La conversation a été enregistrée sur le circuit interne du sommet. Après le debriefing, l’Elysée a fortement insisté, dès lors que la conversation était off, pour que les bandes soient totalement effacées… L’Elysée qui dément les propos relatés : « Jamais le président de la République n’a insulté un journaliste en le traitant de pédophile », conteste son entourage ». Ben voyons.

[Edit : Libération a sorti le son, à écouter ici. Alors, ce démenti, hmm ?]

Il existe au moins deux précédents de manifestes pertes de contrôle présidentielles. Le premier se déroule en novembre 2007 : le journaliste de Libération Jean Quatremer, correspondant permanent du quotidien auprès de l’Union européenne à Bruxelles depuis 1990, relate sur son blog l’ahurissant comportement du Président devant la délégation des Premiers ministres irlandais puis suédois, précisant le tenir de sources particulièrement fiables : « L’histoire se raconte dans les chancelleries européennes. Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis suédois, Fredrik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe anti-musulmane devant ses invités. Selon mes sources, le chef de l’Etat s’est lancé dans une diatribe confuse d’une vingtaine de minutes, «dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire», contre le «trop grand nombre de musulmans présents en Europe» et leurs difficultés d’intégration. Il a aussi décrit de façon apocalyptique le «choc de civilisation» qui oppose les musulmans à l’occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’Union. Mais ses interlocuteurs, qui n’en sont toujours pas revenus, ne sont même pas sûrs de l’avoir bien compris, tant le discours était décousu et surtout hors de propos avec l’objet de ces rencontres, la préparation du Sommet de Lisbonne des 18 et 19 octobre. Ils en ont, en tout cas, retiré la désagréable sensation que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs. » Nous  jugions alors : « Les commentateurs autorisés se tuent à nous expliquer, offusqués de la comparaison, que Sarko n’a rien à voir avec Le Pen. Mais à la lecture de l’article de Quatremer, on peut tout de même se demander en quoi leurs discours diffèreraient-ils donc, tous deux en appelant de la même façon au spectre de l’islamisation ? Et puis il y a l’attitude : la confusion, l’exaltation, le langage choquant, la difficulté à maîtriser ses nerfs… Sarkozy perd complètement les pédales. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour la France. »

La deuxième anecdote remonte pour sa part à avril 2009, que nous relations sous le titre de Quand Sarkozy insulte les journalistes, billet que nous republions : « Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale » : ainsi Nicolas Sarkozy, ce parangon de morale, s’est-il exprimé le 18 mars dernier, à en croire le Canard enchaîné, devant les dirigeants de la majorité. Ses propos avaient d’abord été rapportés en version tronquée dans l’édition du 25 mars. Le journal livre la totalité de la citation dans son numéro d’hier. Cause de la fureur du président : le traitement médiatique de la partie privée de son séjour au Mexique, où il avait été invité par un banquier soupçonné de blanchiment de l’argent de la drogue. Faute aggravée par un mensonge : l’Elysée avait obstinément prétendu être l’hôte du président mexicain. Voilà le crime des journalistes : ne pas avoir gobé toute crue la communication présidentielle mais avoir enquêté pour faire émerger la vérité. Quel toupet ! Malgré ses tentatives de faire main basse sur les médias, comme le résume la couverture de Marianne, Sarkozy ne parvient toujours pas à empêcher certains journalistes de continuer à faire leur travail. Comment osent-ils ainsi contrarier sa Majesté ? De là à déclencher une telle éructation… On tremble en pensant que ce qui fait office de chef de l’Etat soit ainsi capable de déverser un tombereau d’insultes sur la corporation entière chargée d’informer l’opinion. Avec un tel individu à la tête de la République, la liberté de la presse, pourtant garantie par la constitution, n’a qu’à bien se tenir. » Nous ne croyions pas si bien dire : voilà comment on en arrive, en novembre 2010, à ce que l’Elysée fasse espionner les journalistes ! Au-delà du problème spécifique de la liberté de la presse, cette faculté que possède Sarkozy à s’emporter et se lancer dans des discours incendiaires révèle parfaitement ce que nous dénoncions dès la campagne présidentielle, menant le débat sur la personnalité de l’homme.

Notre article d’avril 2007, « Diabolisation », s’offusquent-ils !, prend ainsi une singulière actualité : « Sarkozy est déséquilibré. Ça arrangerait la droite d’escamoter le débat sur la personnalité de son candidat. Or c’est bien un élément fondamental à prendre en compte, au moment de choisir le président de la république ! Que nous disent d’innombrables témoignages, y compris venant de son propre camp, illustrés par quantité d’anecdotes ? Que Sarkozy est ultra nerveux, irrascible, qu’il pète fréquemment les plombs, s’emporte avec violence sitôt qu’on le contrarie ou le contredit, incapable de se contrôler. Il insulte et menace un ministre de lui « casser la gueule« , tempête, à propos de l’affaire Clearstream, qu’il souhaite Villepin pendu à « un croc de boucher » – l’image n’est pas anodine, c’est ainsi que périt Mussolini ! Totalement tourné vers lui-même, souffrant d’une hypertrophie de l’ego, il ne supporte pas que quiconque se dresse en travers de sa route. Demandez à Nicolas Dupont-Aignan ce qu’il pense de la pratique démocratique du président de l’UMP ! Sa prise à la hussarde du parti majoritaire et le laminage impitoyable de toute opposition interne l’illustre à point. Ombrageux, susceptible… et mégalomane : n’a-t-il pas évoqué le sacre de Napoléon à propos de son investiture pharaonique de la porte de Versailles ? Alors non, on ne peut faire comme si le tempérament de Sarkozy ne comptait pour rien, en ce qu’il recèle de potentiellement explosif, qui aggrave l’ensemble des reproches qu’on peut lui faire par ailleurs. Le futur ex-président Chirac, qui le soutient pourtant officiellement, juge ainsi que confier le pouvoir à cet homme-là revient à « organiser une barbecue party en plein été dans l’Estérel », et l’ancien ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, François Goulard, rallié à Bayrou, décrit ainsi sa personnalité : « Son égotisme, son obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la reddition, l’achat ou la mort de l’adversaire. (…) Chirac, lui, a le souci des autres, de l’homme. Sarko écrase tout sur son passage. Si les Français savaient vraiment qui il est, il n’y en a pas 5% qui voteraient pour lui », comme le relève l’hebdomadaire Marianne dans son dossier Le vrai Sarkozy. Goulard vient pourtant d’annoncer qu’il votera Sarkozy au second tour ! La phrase clé du réquisitoire du journal de Jean-François Kahn : « Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable bipolarité d’un débat hémiplégique, c’est ce constat indicible : cet homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien des apprentis dictateurs ». Diabolisation ? « Accusation un peu commode pour dissimuler une facette si exorbitante du candidat UMP », concluions-nous alors. Nous ne retranchons pas une ligne.

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  43 commentaires à “Sarkozy, l’homme qui pétait les plombs à l’oreille des journalistes”

  1. Tout cela fait froid dans le dos, et on se prend à penser que ça va mal finir… pour lui ! Hier soir, sur Canal+ Apathie a été d’une virulence indécente, hystérique, grotesque contre l’avocat des familles de tués de Karachi et la jeune femme fille de victime. La gêne de l’équipe était palpable. A la fin de la pub, les deux personnes qu’il avait humiliées étaient hors du plateau…

      • Pour nous, c’est droit dans le mur ! Si nous ne sommes pas plus nombreux à nous indigner, à résister, à lutter, nous finirons misérables ! La France n’est pas à l’abri d’une prochaine crise financière, peut-être juste avant les élections présidentielles de 2012 ou juste après. Je ne suis pas medium, pas économiste, juste sociologue… Reparlons-en le moment venu. D’ici là, restons vigilants, luttons, résistons, manifestons, organisons la grève générale.

  2. […] This post was mentioned on Twitter by Olivier Bonnet, Le Zigue and clo, Zgur. Zgur said: RT @OlivierBonnet: Sarkozy, l’homme qui pétait les plombs à l’oreille des journalistes http://alturl.com/mrqz7 Pas la première fois! Pat … […]

  3. Pour nous ? ça ira, ça ira, ça ira, non ? On ne lâche rien !

  4. Sans doute faut-il analyser la longue, très longue, période du remaniement à la lumière de ce qu’Olivier nous rappelle. La droite qui n’ignore rien de l’état de faiblesse de Sarkozy prépare une alternative nouvelle dans son camp. Elle met d’autres fers au feu et organise sa tutelle. ( Fillon, Juppé, Copé etc…)

    • Le Point a par exemple ouvertement pris parti pour Fillon, dézinguant Sarkozy à tout va. Mais, je le répète souvent, si Fillon n’est pas un psychopathe comme l’agité de l’Elysée, il fait la même politique catastrophique pour la France, celle des riches, du CAC 40 et du saccage de l’Etat… Encore plus dangereux donc, en ce sens qu’il « rassure » l’électorat de droite. Un sondage ne le donne-t-il pas vainqueur de la présidentielle face à Aubry, qui battrait par contre Sarkozy ? Oui, je sais, les sondages… Mais méfiance face à Fillon, cet homme est très inquiétant. Comme Copé que vous citez aussi, l’homme qui fustige « une ambiance de nuit du 4 août », ce qui revient à regretter l’abolition des privilèges de la noblesse et du clergé ! Quant à Juppé, je veux croire qu’il est tout de même grillé pour la présidentielle, cet homme qui a si souvent menti et qui est un authentique délinquant, voir mon récent coup de gueule.

      • Sans doute me suis-je mal exprimé. Ces trois hommes, en effet, sont indiscutablement à classer à droite et représentent chacun à leur manière un danger. Je n’ai aucun doute là-dessus. Je me suis contenté d’observer les manœuvres en cours. La droite redoute plus que toute autre chose de perdre le pouvoir, c’est à dire pour l’essentiel le contrôle des appareils qui lui permettent d’assurer la pérennité des profits de ceux qu’elle représente. Elle veut aussi le pouvoir pour maîtriser la fiscalité, réduire au minimum les réglementations et assurer la sécurité de ceux qui prennent des risques en semant partout l’injustice. Elle n’a aucun état d’âme et joue avec le plus grand cynisme. Pour toutes ces raisons, il lui faut au mieux conserver les commandes ou au pire contrôler l’arrivée au pouvoir de ceux d’un autre camp et favoriser ceux qui ne sont pas susceptibles d’une remise en cause fondamentale, comme par exemple des sociaux-démocrates. En ce moment, j’ai la conviction qu’elle cadenasse à l’intérieur de son propre camp pour conserver toutes ses chances de se maintenir au pouvoir. Il semble que Fillon soit son meilleur atout et que DSK serait un pis-aller acceptable en dernier recours. Tout cela se lit aussi à travers tous les sondages instruments de la manipulation mise en place qu’une certaine presse relaie sans sourciller.

  5. « tout sauf sarkozy »

    Attention, la cause est peut-être bonne mais le site est animé par un militant notoire d’extrême droite antisémite…

    http://www.liberation.fr/tribune/0101102730-la-vraie-histoire-du-site-tout-sauf-sarkozy

    Les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis !

  6. … et il fait piquer les chiens mâles.
    les chiens sont souvent le prolongement de leurs maîtres …
    La seule chose que je trouve dommage, c’est le réflexe des journalistes d’avoir écrasé le son.

  7. Regardez un peu cette vidéo qui ressemble à une scène tournée dans une cour d’école primaire. Tout ça n’est pas très rassurant.
    http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=17974

    • Pas sûr que Berlusconi désigne Sarkozy en faisant le geste qu’il est fou… La première fois que j’avais visionné cette vidéo, j’avais cru que l’Italien s’adressait au président roumain. Il faudrait un spécialiste de la lecture sur les lèvres qui parle français pour savoir ce que dit Sarkozy, et italien pour Berlusconi 😀

  8. Au delà du caractère de ce pétage de plomb, indigne d’un pdt de la République, on comprend alors pourquoi tant de lapsus (tous au dessous de la ceinture) de la part des amis de N.S. (Hortefire, Dati et les autres).
    Cependant, il faut probablement bien écouter la réflexion de Mme Malouines sur France-Info :
    http://www.france-info.com/france-politique-2010-11-23-amis-pedophiles-a-demain-quand-nicolas-sarkozy-passe-un-savon-aux-498841-9-10.html

    • « Quand un président de la République adresse une telle apostrophe à des journalistes, cela peut être plus simplement destiné à influencer leur manière de travailler. » Pas faux. Mais les documents produits par Mediapart existent ! On est donc bien fondé à l’interroger…

  9. En 2007 Marianne aurait accompli un acte patriotique en envoyant gratuitement aux 18 983 138 personnes qui allaient voter pour ce malade son numéro dont la couverture était : « Nicolas Sarkozy est-il fou ».

    Ils ne l’ont pas fait 🙁

  10. Ça deviens risible quand je l’entend encore dire a la télé devant 12 millions de téléspectateurs « j’ai changé, j’ai changé » !

    Mon C** oui, c’est plus sournois, c’est scandaleux de la part de l’Élysée de demander aux journalistes de détruire leurs bandes son pour éviter les fuites, et le pire, c’est que ceux ci s’exécutent…

    J’espère qu’au moins l’un d’eux aura gardé cette bande, afin de pouvoir encore discréditer l’Élysée ! «Jamais le président de la République n’a insulté un journaliste en le traitant de pédophile», conteste son entourage».

    Je ne sais pas combien de journalistes étaient présents, mais on peut se poser des questions sur l’indépendance (ou plutôt la dépendance !) de certains (la majorité ?).

    Heureusement, on peut encore compter sur certains résistants ! Merci a eux !

  11. Je ne suis pas Sarkoziste, loin s’en faut, mais reconnaissons que la presse, au lieu de faire en permanence le procès des autres, ferait bien de faire un peu le sien de temps en temps. Sarkozy est la bête noire, soit, mais cela sert-il à grand chose de le répéter à longueur de journée. Au point où cela devient grotesque. Remettre les choses dans leur contexte : Sarkozy, au second degré, dit aux journalistes : c’est comme si moi, sans aucune preuve, je vous accusais d’être pédophiles. Les journalistes qui oublient souvent les accusations qu’ils lancent contre les inculpés avant qu’ils soient jugés, qui dérapent à Timisoara en faisant croire aux charniers de Ceaucescu, une presse qui fout la vie en l’air des accusés du procès d’Outreau est bien mal placée pour donner des leçons… et tout ça pour faire du chiffre, le seul véritable but de tout média : faire de l’audience et donc de l’argent. N’avez-vous pas remarqué la chute du journalisme d’analyse ces dernières années ? Il ne reste plus que le Monde qui surnage dans ce qui tend à ressembler à de la presse anglo-saxonne dénonçant les frasques des gens en vue. Les journaux télévisés des chaînes généralistes versent dans le fait divers et le micro trottoir… pour ne rien dire d’autre qu’une enfilade de lieux communs. Quoi de plus lucratif que le « people » alors tout le monde s’y met. Et Sarko dans tout ça? Il n’est pas populaire alors on va l’insulter à longueur d’articles et de pages, ça va plaire aux moutons ça, un peu de haine ne peut que flatter le gogo, l’extrême droite en sait quelque chose. Quand au rôle du pauvre journaliste rembarré ou remis à sa place, cela me semble la moindre des choses quand on passe son temps à tirer sur tout ce qui bouge. Ah mais on oublie la liberté de la presse !!! Alors savoir que la liberté ne consiste pas à tout dire sur tout le monde. Il y a le respect à la personne aussi, que les média feraient bien de prendre en compte parce que s’il est un principe bafoué ces dernières années, c’est bien celui-là et les média en sont les principaux responsables.

    • Tout n’est pas faux dans ce que vous écrivez mais vous commettez une grossière erreur : lorsque la presse dénonce les turpitudes sarkozystes, on n’est pas dans l’insulte ou le dénigrement systématique mais bien dans l’énoncé de faits précis et le devoir d’informer. Vous en trouvez des exemples par centaines sur ce blog.

    • Merci Philippakos. Depuis hier, tous les commentaires vus sur ce sujet laissent penser que Sarko aurait sincèrement traités des journalistes de pédophiles. Quand l’anti-sarko devient grotesque.

  12. Et je constate encore que certains, sur ce forum, pensent que la presse est aux ordres du pouvoir… alors que jamais un président de la cinquième république n’a été à ce point traîné dans la boue. C’est risible effectivement, ou alors cela relève de la paranoïa et la presse est bien malade. Surtout cela évite de se poser la question essentielle. Qu’a-t-on à opposer de crédible à la droite en 2012?

    • Encore faux : si les informations commencent – enfin ! – à sortir, les grands médias ne le font qu’à reculons et oui, les principaux patrons de presse sont des amis du chef de l’Etat tout dévoués à sa cause. L’info libre, il a fallu bien longtemps aller la chercher sur Internet et les mass medias ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour n’en pas rendre compte. On est juste arrivé à un stade où ils ne parviennent plus à contenir le couvercle de la marmite qui menace d’exploser. Et s’il y a un fautif, ne faîtes pas comme l’imbécile qui regarde le doigt quand on lui montre la lune : c’est Sarkozy, pas la presse !

  13. Je vois que le dialogue va devenir difficile avec des gens qui, de toute évidence, ignorent tout des salles de rédaction des journaux. Alors toute la misère française, la dictature horrible dans laquelle on vit, la crise mondiale, les tempêtes, le SIDA, enfin tout quoi, c’est la faute à Sarkozy…
    S’il y a une vérité qui n’est jamais dite ni par les politiques (c’est leur gagne-pain), ni par les médias (c’est leur fond de commerce) c’est que la marge du politique aujourd’hui est très très faible et que nous vivons dans un monde tel que ceux qui le dirige ne sont pas forcément connus du grand public, qu’ils sont nombreux et peu ou pas représentés dans les médias. Cela n’arrange pas la presse parce qu’elle ne peut pas les donner en pâture à leurs lecteurs. Quand Jospin a osé le dire on l’a voué aux gémonies. Mais je vois que sur le forum ça ne s’arrange pas avec l’acharnement anti-sarkozy. Il faut se méfier que ça ne vire pas à l’obsession non plus. C’est pas bon ça les obsessions. On finit par se rendre malade à force de haïr, surtout quand on concentre tout sur un seul individu. Une question, juste comme ça, pour finir : croyez vous sincèrement que Sarkozy agisse seul?

    • Vous avez très bien résumé la situation, ce n’est pas un blog ou l’on peut échanger ici ou débattre … Vous pensez comme Monsieur Bonnet et les autres ou vous avez tout faux , rien compris , aveuglé , stupide et je ne sais quels autres noms d’oiseaux.
      C’est vraiment dommage, ce qui ne m’empêche pas de venir régulièrement car il y a de bonnes choses a prendre ici et la comme sur d’autres blogs qui ont d’autres horizons politiques.
      C’est comme faire ses courses.

      • Avancez des arguments, c’est là qu’on verra si vous avez raison ou tort. A quel propos, d’ailleurs ? 😀

        • Dans ce cas précis ce n’est pas vraiment des arguments qu’il faut mettre en avant mais plutôt des exemples non ? c’est un peu ce que l’on reproche….C’est à dire que c’est soit on a raison ou tort , on est prolétaire ou bourgeois , on a rien compris ou tout compris …. J’aime l’idée de pouvoir échanger et discuter je trouve que ça tire vers le haut et le nombre de fois ou j’ai vu des gens qui venaient ici s’exprimer mais pensaient simplement différemment se prendre des remarques ( vous regardez trop TF1 , mon pauvre que vous êtes manipulés , vous avez tort etc …. ) pour le moins désobligeantes voir insultantes .
          Mr Bonnet vous n’allez pas nous vendre maintenant que votre blog est un lieu de discussion et de partage , sauf pour ceux partageant vos idées et j’apparente cela plutôt à des vociférations plutôt que des critiques constrcutives.
          C’est un blog militant et je respecte ça par contre merci de ne pas essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ou de nouveau rentrer dans une argumentation perdue d’avance puisque à la fin comme à chaque fois vous marquerez  » vous avez tort  » vous avez votre vérité , néanmoins je ne suis pas sûr que ce manque d’ouverture soit réellement salutaire.

    • Non, il n’est pas seul. Il est un larbin du Medef et du CAC 40, je l’écris souvent. Et il a la droite derrière lui – jusqu’à ce qu’ils se décident à le jeter, pour Fillon, par exemple, qui mènera la même politique catastrophique pour le peuple (mais bonne pour les privilégiés). Sarkozy cumule tout ça avec ses défauts personnels, sa mégalomanie, son hypertrophie de l’ego, sa tendance autoritaire, qui n’admet aucune contradiction, son caractère violent et irascible, son inculture, sa vulgarité, sa fascination pour l’argent et le luxe, sa boulimie de contre-réformes… Ça fait beaucoup, non ?

  14. un Président d’une République ne dit pas Pov con a un citoyen et pédophile a des journalistes…

    Au comptoir d’un Bar le patron peut le dire devant sa clientèle mais sa clientèle n’est pas un pays

    Sarkozy patron d’un bistrot ? En tous cas c’est le niveau !
    Sarkozy serait capable de demander une camisole en Bleu Blanc Rouge dû a son rang…PFFFFF…Un Bouffon !

  15. Bonjour,

    Encore un peu plus ans la fange avec le petit agité devenu FOU. Au moins la prochaine fois, on évitera de confier les destinées de ce pays à un homme que l’on savait, sauf les 53% de zozos, complètement psychotique. Moralité, il vaut mieux supporter une femme ayant reçu une éducation militaire pendant sa tendre enfance que d’envoyer un irresponsable au pouvoir. On aurait pu ne pas en arriver là….sauf que la bêtise l’a emporté au détriment de la raison qui recommandait de voter Royal….même par défaut.

    Putain encore 17 mois !

    Lire bilet http://0z.fr/jhq07

  16. Bon ! Que Sarkozy ait dit ce qu’il veut et comme il voulait, ce n’est pas tant là la question. Sa grossièreté est maintenant légendaire… Et il est irrémédiablement détestable pour la grande majorité des Français. (Ce n’est pas réservé au seul auteur et aux seuls commentateurs de ce Blog !!!)

    En fait au journaliste qui lui posait une question en lui exposant quelque chose de bien précis et de bien réel, Sarkozy ne pouvait répondre sans entrer automatiquement dans les mains des juges. Donc il a fait un esclandre et comme toujours, l’énorme tumulte, a masqué le fait que puisqu’il ne pouvait répondre c’est bien que l’argument le piégeait et qu’il est parfaitement impliqué dans l’affaire des rétrocommissions.

    C’est tout son mauvais art de se défiler sans cesse…

    Cependant, cela met en cause l’honnêteté du Conseil Constitutionnel qui a parfaitement vu toute cette affaire d’argent… quoiqu’en dise Saint Dumas…
    Mais avec Bettencourt, cela montre maintenant un délinquant particulièrement récidiviste… Et il faut se rappeler avec quel acharnement et inhumanité, Sarkozy à poursuivi les récidivistes…

    Nous devrions simplement espérer qu’il y ait enfin un juste retour des choses contre ce faiseur de meutes hurlantes qui paraissent former une forme moderne des célèbres invasions du Moyen-Âge, celles qui laissèrent la France totalement ruinée, malade et au bord du gouffre !

  17. C’est off ou c’est pas off ? C’est off après coup ? C’est off avant ? On sait pas.

    Pour L’Express c’est off avant, quoique c’est pas si clair que ça…

    Pour Mediapart c’est off après.

    Et pour Marie-Eve c’est off avant et elle ne craint pas d’en rajouter : selon elle, qui n’y était pas, « Nicolas Sarkozy précise bien que son propos est off« . Ca me fait penser qu’elle avait été proposée pour la légion d’honneur et avait décliné l’offre (contrairement à son confrère Olivier de la Garde qui n’a pas de ces pudeurs) sans doute parce que trop voyant : elle est chef du service politique de france info… On pourrait lui retourner le propos de Satie envers Ravel : Monsieur Ravel refuse la légion d’honneur mais toute sa musique l’accepte

  18. Invité de Bibliothèque Médicis sur Public Sénat, Valéry Giscard d’Estaing (VGE) s’est exprimé sur le dossier Karachi.

    L’ancien président de la République a affirmé qu’il existait une liste des rétrocommissions protégée par le secret défense. Or, « le secret défense n’a rien à voir avec celles-ci », a-t-il assuré.

    Alors que d’importantes zones d’ombre existent dans le dossier Karachi, Valéry Giscard d’Estaing est lui au moins certain d’une chose : « Il existe une liste des rétrocommissions puisqu’on la protège par le secret-défense. Si elle n’existait pas on n’aurait pas besoin de la protéger », a-t-il expliqué.

    http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/vge-retrocommissions-un-scandale-n-ont-rien-voir-secret-defense-56520

  19. Quand il a parlé de croc de boucher, Sarkozy se souvenait peut-être du complot contre Hitler (mais une telle lucidité chez lui ne peut qu’être involontaire, et liée à des souvenirs très confus de ses cours d’histoire). Certains des officiers allemands impliqués dans le complot du 20 juillet 1944 visant à tuer Hitler ont été torturés par les nazis et pendus aux crocs de boucher de la prison de Plotzensee. Quant à Mussolini, il aurait été fusillé près de Dongo. Sa dépouille a fini pendue par les pieds dans une rue de Milan.

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