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Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

dimanche 25 octobre 2009, par Olivier Bonnet


C’est L’Humanité qui sonne l’alerte le 21 octobre : "La criminalisation du mouvement social continue. A l’instar de Tristan Sadeghi, exclu de son lycée pour avoir participé au blocage de son lycée dans le cadre des réformes Darcos, Lou Jatteau avait également été mis au ban de l’école en 2008. En excluant pour l’exemple Lou du lycée Jules Ferry, l’administration affichait une nouvelle fois sa volonté de faire d’un mouvement collectif l’agitation d’une minorité. Voire d’un seul individu. Et les sanctions font florès ces derniers mois. La FCPE rappelle que de Paul-Valéry en passant par le prestigieux lycée Montaigne, les menaces de non-réinscription, de sanction et les intimidations deviennent pratique courante. Un pas a tout de même été franchi avec Lou Jatteau qui risque trois ans de prison. Il lui est reproché d’avoir sciemment fermé la porte latérale du lycée sur le pouce de Mme Henry, la proviseur. Il nie. Des lycéens rapportent avoir effectivement fermé la porte mais Lou n’aurait pas été présent lors de l’esclandre. Tous les participants réfutent d’ailleurs avoir coincé le fameux pouce. Aucun stigmate n’a été relevé. Et, enfin, aucune unité médico-judiciaire n’a procédé à des examens. Et aucune interruption temporaire de travail n’a été prise." Difficile, quand on voit la faiblesse de l’accusation, de ne pas protester d’un procès d’intimidation à l’intention de tous les contestataires. Lou Jatteau sera-t-il condamné pour l’exemple, quand bien même les accusations portant sur lui semblent bien svimprobables ? "La porte aurait alors été poussée violement de l’extérieur et un doigt de la proviseur, resté coincé entre les battants, aurait été sérieusement abîmé, précise Sylvie Véran, dans ses Chroniques judiciaires sur L’Obs.com, revenant sur les circonstances à l’origine de toute l’affaire. Pourtant, Mme Henry ne juge pas utile de se rendre aux urgences médico-judiciaires pour faire (signaler) sa blessure." Le lycéen a déjà été durement sanctionné : "Le 16 mai 2008, le conseil de discipline décide l’exclusion définitive de Lou Jatteau, pour «  violences délibérées envers un proviseur dans l’exercice de ses fonctions  ». Mais ce conseil s’est tenu de manière fort peu démocratique puisqu’il était présidé par Mme Henry en personne. Soit la plaignante dans cette affaire et qui se retrouvait ainsi juge et partie. Les pétitions de soutien qui avaient recueilli plusieurs centaines de signatures, ainsi que des témoignages de lycéens de Jules Ferry se désignant comme ayant poussé fameuse porte, n’ont pas été joints au dossier. Motif : ils auraient été apportés trop tard. Devant le conseil de discipline, Lou explique que le blocage du lycée était une action collective. Il nie avoir touché la porte et assure qu’en aucun cas il n’avait voulu porter atteinte à Mme Henry. Peine perdue ! Dans le procès- verbal de la séance ne figure même pas les déclarations flatteuses pour le lycéen de son professeur de SES. Le 25 juin, l’exclusion est confirmée en appel." Mais cette sanction ne suffit pas, puisque c’est à présent devant le tribunal qu’il risque trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Comment une telle affaire peut-elle même arriver jusqu’à un tribunal ? Par suite d’un acharnement, raconte L’Obs : "les policiers chargés de l’enquête avaient conclu, à propos du doigt pincé, à un simple accident. Mentionnant dans leur rapport : « une blessure légère et involontaire  » (en réalité jamais constatée). Et qu’ «  à la lecture des auditions des différents protagonistes, la porte n’a pas été refermée volontairement sur le doigt de la proviseure, mais peut-être par inadvertance. Au quel cas il ne peut s’agir que d’un accident dans le mouvement de la foule et pas d’autre chose ». Mais Madame le proviseur a refusé d’en rester là. Elle a donc écrit au procureur de la République pour exiger, au nom de son autorité bafouée, que la procédure soit poursuivie. Demande acceptée. Réentendue par la police, Mme Henry en rajoute. Elle affirme, en parlant de Lou Jatteau, que lors du blocage du lycée « On ne voyait que lui » et qu’au moment où elle tentait de s’abriter dans l’établissement, le lycéen avait crié : « On fonce, on fonce  ». Ajoutant : « exultant de joie, il m’a refermé violemment la porte sur le doigt". A la barre, le jeune homme livre son sentiment : "On m’a déjà passé en conseil de discipline et exclu définitivement de mon lycée. J’ai eu le bac. Je suis en fac. Je comprends mal cet acharnement". Comment lui donner tort ? Son avocate, Maître Irène Terrier, nous livre une conclusion parfaite : "Ici, il n’y a pas de leader. Il y a un prévenu qui proteste de son innocence, qui a été exclu de son lycée et traîné en justice pour une infraction inexistante après un classement sans suites et des pressions qui ont fait qu’il se retrouve devant un tribunal". Le jugement sera rendu le 18 novembre.

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12 Messages de forum

  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    25 octobre 2009 17:44, par Mowgli Montier

    Il y a quelques mois, j’ai été renversé par un camion : mon vélo est passé sous ses roues et j’ai passé l’après-midi aux urgences. Par principe, j’ai porté plainte et j’ai été examiné par la médecine judiciaire qui m’a donné un petit arrêt de travail pour la forme.

    Le Procureur a refusé de retenir ma plainte pour coups et blessures, mais a bien poursuivi les chauffeur qui roulait sans permis.

    Mais là :

    Tous les participants réfutent d’ailleurs avoir coincé le fameux pouce. Aucun stigmate n’a été relevé. Et, enfin, aucune unité médico-judiciaire n’a procédé à des examens. Et aucune interruption temporaire de travail n’a été prise.

    Dur de ne pas voir l’ombre d’un totalitarisme rampant de la part des Tribunaux et des Procureurs qui finalement ne jugent que les affaires qui leur font plaisirs et qui, de toute façon, les jugeront à leur bon vouloir personnel.

    Je suis dégouté par cet acharnement de cette proviseur en service commandé.

    Mon lien : Mon Blog BD

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    25 octobre 2009 18:11, par celeste

    Inquiétant, très inquiétant ! Criminaliser des jeunes pour mieux contrôler la "masse", par la peur.

    C’est une tactique non seulement méchante mais aussi stupide. j’espère vraiment qu’ils en paieront le prix...fort !

    Mon lien : http://www.celestissima.org/

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    25 octobre 2009 18:35, par Alaquinesimple

    Non, mais où on va là ?...

    Je me demande comment les procureurs et autres juges se regardent dans la glace en réclamant de telles peines pour ce qui n’est rien qu’une occupation collective d’un local, une broutille qui n’a rien à voir avec un quelconque méfait, et justifie encore moins la prison. On devrait au contraire féliciter le lycéen en question pour action démocratique, puisqu’il faut des actes, des manifs, des occupations, de l’agit-prop comme on disait au temps de la Démocratie. J’ai pour ma part occupé tout une nuit un bureau présidentiel d’Université. J’en demeure fier de cette petite résistance à une époque où les petits mercenaires du capital déguisés en ministres de l’Education Nationale, commençaient à vouloir avilir façon commerçante l’Université. Le président avait cédé et je crois bien que nous n’y étions pas pour rien. Et il n’avait jamais été question de ne laisser ne serait-ce que rentrer les flics dans l’enceinte de la fac. Aujourd’hui, quand je vois ce genre de petit flic de lycée, j’ai envie de vomir.

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    25 octobre 2009 20:38, par sylvie
    Un seul mot : intimidation ! Quand on dit que les jeunes ne sont pas "raisonnables", certains adultes soi-disant responsables ne le sont pas mieux.

    Mon lien : http://www.vachane-overblog.com/

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    25 octobre 2009 20:54, par Sun Tzu

    Il y a de quoi rire de notre "justice "archaïque digne de notre république bannière .

    En effet, que doit comprendre le citoyen lorsqu’un un lycéen risque 3 ans de prison pour un doigt "coincé" sans ITT alors même que d’autres accusés d’homicide (volontaire ou pas, sur enfant ou adulte) ne se prennent que 5 ans de prison ... (puis Mitterrand touriste sexuel international c’est pas plus grave que le doigt du Monsieur ???)

    Décidément à notre époque les "petites choses" prennent une ampleur disproportionnée mais les homicides, les mises en danger de la vie d’autrui de centaines de salariés, cela ne coûte rien par rapport à un coincement de doigt sans ITT...

    Le gamin n’a plus qu’à plaider le "déni du coincement de doigt" ça devrait logiquement se plaider plus facilement qu’un déni de grossesse multiple ... Peut être même que des psy viendront nous expliquer que tout est inconscient ...

    Et un "déni de président" ça coute combien ?
     "Il est tellement petit votre honneur, je l’ai mis au moins 20°C par inadvertance ..."

    (désolé de mes "références" Olivier mais pour comprendre la proportionnalité des peines j’avais besoin d’illustrer ...)

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    • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ? 25 octobre 2009 21:29, par holaf
      C’est bien CE président de la République qui avait annoncé qq chose dans le genre : "Maintenant, on ne verra plus de manifestations." C’est certain qu’avec de telles méthodes d’intimidations les jeunes n’oseront plus guère. Quoique la bêtise, le mensonge, le trucage, l’arrogance étant une constante nouvelle dans l’ambiance de notre pays, cela pourrait bien finir par déclancher des foudres....bienvenues !

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      • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ? 27 octobre 2009 06:48, par Sun Tzu

        Il est clair que les manifestations sont moins "visibles", conclusion la seule issue pour certains est le SUICIDE . [CQFD] La preuve que le "dialogue social" est bel et bien mort !

        En parlant des manifestations, elles existent encore mais dès que Sarko se déplace il bloque totalement la ville qui l’accueille de peur d’être confronté à la réalité du terrain : Les manifestations et le mécontentement des citoyens ... Ses copains patrons de presse ne peuvent pas TOUT censurer :Martin Bouygues (TF1, LCI, Metro, TMC, RTL 9, NT1...), Arnaud Lagardère (Europe 1, BFM, MCM, Paris Match, Le Journal du Dimanche, Elle, Le Monde, Le Parisien), Vincent Bolloré (Direct Soir, Matin Plus, Direct 8), Bernard Arnault (Les Echos, Investir, Radio Classique...), Serge Dassault (Le Figaro, Valeurs Actuelles), Alain Weill (RMC, BFM, BFM TV, La Tribune), François Pinault (Le Point, Companynews...). Tous ceux-là sont proches, voire très proches, de Nicolas Sarkozy.

        + 25% de chômeurs en 2009, Bravo au président de l’emploi et du pouvoir d’achat qui voulait être jugé sur des "résultats" ...(son fils Jeanot Sarkoko lui aussi désire être jugé sur des "résultats", on peut donc s’attendre au pire de sa part, mêmes discours = même mode opératoire = mêmes effets ...)

        Bravo pour la progression de l’insécurité, maintenant l’insécurité est vécue même au travail, les salariés ont l’impression que leurs cadres sortent tout droit d’un quartier de haute sécurité tellement ils nous jouent les "terreurs des bacs à sable" .

        Résultat : Le dialogue social est tellement truqué que les salariés ne manifestent plus, il ne leur reste que le suicide !

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    26 octobre 2009 00:16, par Philippe
    On tire à vue sur les internautes ? Mais vive la démocratie !! Mieux qu’en Tunisie ?

    Mon lien : http://technofil.overblog.com

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    26 octobre 2009 17:59, par des pas perdus
    Chaque jour apporte son lot de nouvelles écœurantes. Là, la criminalisation des acteurs du mouvement social... La machine répressive tourne bien. A Poitiers, il reste encore un étudiant en prison, un lampiste qui sert d’exemple...

    Mon lien : des pas perdus

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    27 octobre 2009 14:01, par de la mata jeanpaul
    Apparemment même si la liberté d’expression nous permet de critiquer les magistrats,en principe d’une manière correcte à l’image de l’éducation que l’on a reçue,pour éviter de se retrouver quelque temps devant eux( O.Bonnet en sait quelque chose ? )... de quel droit différents internautes de ce site se permettent d’envisager d’un tel ou d’un autre qu’il sera coupable avant d’être jugé ? En cela vous dites du mal des juges,quels qu’ils soient,... et vous avez tord,la preuve," Outreau,l’affaire Dills,etc "..sont là pour nous démontrer le contraire...il y a beaucoup de juges et des magistrats intégres chez nous,le passé en plus nous le rappelle,juge Michel,etc...calmez-vous donc,ils savent très bien faire la part des choses ces gens_là !

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    27 octobre 2009 23:13, par BA

    Charles Pasqua vient d’être condamné à un an de prison ferme. Charles Pasqua n’a pas été sauvé par Nicolas Sarkozy. Du coup, Charles Pasqua veut entraîner dans sa chute tout le clan Balladur-Sarkozy !

    Sur France 2, mardi 27 octobre dans le journal de 20 heures, Charles Pasqua balance en direct tout le clan Balladur-Sarkozy :

    - Charles Pasqua : Je demande au président de la République de lever le secret-défense sur TOUTES les ventes d’armes, sur toutes ces opérations qui ont été réalisées à l’étranger afin que l’on sache s’il y a eu DES RETOURS DE COMMISSIONS en France et qui en a bénéficié.

    - Marie Drucker : Vous pensez auxquels par ailleurs ?

    - Charles Pasqua : Moi, je ne pense à personne, moi. Moi, je suis très serein. »

    http://jt.france2.fr/player/20h/ind...

    1- Alors que Marie Drucker l’interroge seulement sur la vente d’armes à l’Angola, Charles Pasqua prononce soudain l’expression : « TOUTES les ventes d’armes ».

    Charles Pasqua élargit brutalement le sujet : il commence à parler de TOUTES les ventes d’armes, c’est-à-dire des ventes d’armes à d’autres pays que l’Angola : Charles Pasqua fait allusion à la vente des sous-marins au Pakistan en 1994.

    2- Charles Pasqua parle ensuite de « retours de commissions en France ». C’est un coup de tonnerre !

    Là encore, Marie Drucker ne l’a pas du tout interrogé une seule seconde sur cette possibilité de « retours de commissions en France ».

    C’est Charles Pasqua lui-même qui aborde brutalement ce nouveau sujet : il commence soudain à parler de rétro-commissions !

    Charles Pasqua fait allusion aux rétro-commissions liées à la vente des sous-marins au Pakistan.

    En 1994-1995, quand le clan Balladur-Sarkozy vendait des sous-marins au Pakistan, des commissions occultes partaient de France et elles étaient versées à des Pakistanais. En échange, les Pakistanais reversaient des rétro-commissions au clan Balladur-Sarkozy.

    3- Sur France 2, devant des millions de téléspectateurs, Charles Pasqua vient d’envoyer un message à Balladur et à Sarkozy. Ce message est le suivant : « Bon, d’accord, je viens d’être condamné à un an de prison ferme. Vous ne m’avez pas sauvé. Alors écoutez-moi bien : si je tombe, vous tomberez avec moi. »

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  • Trois ans de prison pour un lycéen "bloqueur" ?

    30 octobre 2009 04:27, par Stephan

    Le pouvoir en place veut des citoyens bien formatés, bien "sages" (= intimidés par la peur). Ce que l’on appele le respect dans ce climat est inexistant. Il faut faire peur aux gens qui ont des raisons pour contester, pour s’organiser dans un mouvement social. La grande précarité est un "cadeau du ciel", un fortifiant extraordinaire de la peur. Une condamnation, une inscription dans un ou plusieurs fichiers de police, et c’est le cul de sac professionnel dans un environnement social précaire. Ensuite, la peur des sanctions sévères et arbitraires va s’appeler "paix sociale" dans le jargon idéologique du gouvernement.

    Bientôt les guignols de l’info feront partie de l’histoire de France, supprimés par un despote coléreux. J’ai décidé de les archiver pour la postérité, pour raconter aux générations suivantes que j’ai vécu dans une époque ou une expression et la caricature était encore possible. Je le sens mal, l’avenir, mais il va arriver un temps où ceux qui n’ont plus rien à perdre seront de plus en plus nombreux, et quand on n’a plus grand chose à perdre, la politique de la peur devient de moins en moins opérante.

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