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Il fait rembourser à 100% ses malades

Un médecin en résistance

Hippocrate contre la marchandisation de la santé

samedi 14 novembre 2009, par Olivier Bonnet


dpAvec sa bonne tête de Père Noël, le docteur Didier Poupardin mène un combat exemplaire, à son échelle, en faveur de l’accès aux soins de tous. Et forcément, il encourt à ce titre des sanctions, en l’occurrence de la Caisse primaire d’assurance maladie du Val-de-. Son crime ? Placer toutes ses prescriptions à ses patients en Affection longue durée dans la case où elles sont remboursées à 100%. Or "A partir du moment où le malade est en Affection longue durée, son médecin doit utiliser un ordonnancier spécial où sont repertoriés et différenciés les médicaments liés à l’affection d’une part, et ceux qui sont sans rapports", précise le médecin-chef départemental de la CPAM, Jean-Louis Leroux. Tel est le règlement : les médicaments directement liés au combat contre l’Affection longue durée sont remboursés à 100%, pas les autres. "Pour moi, c’est une démarche volontaire, réplique notre Robin-des-soins, dans un entretien au NPA qui le soutient (comme le PS, le PCF, Attac, la CGT, la FSU, plus "des maires d’Ivry et de Vitry, celui, particulièrement élogieux à mon égard, d’un conseiller général du PCF", énumère-t-il). D’une part, il est impossible de découper les gens en tranches d’organes ou de fonctions qui seraient indépendantes. Les médicaments prescrits pour une maladie en ALD ont forcément des répercussions sur les autres parties du corps. D’autre part, une autre maladie que l’on ne soignerait pas aurait inévitablement des répercussions sur la maladie en ALD. Ce découpage est médicalement absurde." Et puis il y a la dimension économique : "se surajoute la constatation que nous faisons tous, que de nombreux patients renoncent aux médicaments prescrits dans la deuxième moitié de l’ordonnance bizone parce qu’ils jugent qu’ils sont moins importants et parce que sans mutuelle, ils ne peuvent pas les payer", précise Didier Poupardin au Parisien. Jusqu’à 39% des Français, d’après un sondage, renonceraient désormais aux soins pour motif financier. D’ici trois mois, le docteur saura si le directeur de la CPAM hippodécide de le poursuivre devant une "Commission des pénalités". Il ne fait pourtant que mettre en application directe le serment d’Hippocrate, que doivent jurer tous les médecins et qui proclame : "Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera"*. En vertu de ce principe, le praticien doit garantir que nul patient ne soit exclu des soins pour raison économique. "Or nous, professionnels de santé, nous veillons à ce que nos prescriptions soient suivies. C’est aussi pour cela que je prescris tous les médicaments dans la partie haute de l’ordonnance « bizone ». Depuis plus de dix ans", explique enfin "docteur Justice". Logique imparable : prescrire des médicaments de plus en plus mal remboursés revient à ignorer qu’une part grandissante des malades ne pourra se les offrir, donc ne se soignera pas, mettant ainsi en échec l’intervention du docteur qui vise à guérir. Si ce dernier veut s’assurer que ses patients recouvrent la santé - sa raison d’être -, il doit donc leur permettre de se soigner gratuitement ! Et renvoyons les courte-vues, qui objecteraient "mais on ne peut pas payer, c’est trop cher, on ne peut plus se le permettre", à la nécessaire mise-à-plat du financement de la Sécurité sociale, pour davantage mettre à contribution les entreprises, qui en ont les moyens, au lieu de toujours augmenter la pression sur les assurés (lire à ce sujet Sécu : l’eugénisme économique et Les charognards de la Sécu). Il s’agit d’une faillite organisée au bénéfice du secteur privé, qui salive sur le juteux marché de la santé. Quitte à laisser crever les pauvres. Mais tant qu’il restera des Didier Poupardin, la partie ne sera pas définitivement perdue. Le bandômot de la fin à l’Union des familles laïques (UFAL) : "Depuis plus d’un quart de siècle, nous vivons une croissance des inégalités sociales de santé dues aux franchises, aux dépassements d’honoraires, à la privatisation et à la marchandisation de la santé, à la diminution de l’offre de soins surtout dans les banlieues, les zones périurbaines et rurales, zones où la présence des couches populaires (ouvriers, employés) s’est accrue. Le gouvernement menace de continuer sa basse besogne : légalisation des dépassements d’honoraires, nouvelles franchises dans le PLFSS 2010, déremboursement de médicaments utiles, fiscalisation des indemnités journalières des accidents de travail, extension du délai de carence des indemnités-maladie à 4 jours, maintien de l’offre de soins dans les villes-centres et suppression de l’offre de soins pour la "France invisible" formée des couches populaires majoritaires dans notre pays. C’est pourquoi l’UFAL entend s’opposer à toute sanction contre un médecin qui fait ce qu’il peut pour soigner ses patients."

 

* Refuser les patients bénéficiant de la Couverture maladie universelle est à cet égard scandaleux !

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16 Messages de forum

  • Un médecin en résistance

    14 novembre 2009 09:09, par michel

    sur le fond,,,c"est très bien et il fait son métiers avec son serment

    mais tout a coût, et la cmu n"a pas de limite,tout les gens du monde entier peuvent venir se faire soigner en france,gratuitement et cela a un coût forcément

    je sais qu"avec les gaspillages de l"état,le non reversement des sommes du a la sèçu,,,,

    et de plus en plus de misère dans tout les pays,,, se faire soigner sera de plus en plus difficile,,

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    • Un médecin en résistance 14 novembre 2009 09:15, par Olivier B.
      Michel, faites attention à ne pas dire n’importe quoi : les immigrés clandestins n’ont pas la CMU, il est faux de dire que le monde entier peut venir se faire soigner gratuitement, c’est un argument mensonger de la droite (extrême entre autres), ne colportez pas !

      Mon lien : Plume de presse

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  • Un médecin en résistance

    14 novembre 2009 10:04, par Duszka
    Avec une retraite de de 770 euros, j’avais la CMU. Mais dès lors que je suis devenue propriétaire de ma petite maison par héritage, plus de CMU. Propriétaire donc riche ! mes ressources financières sont toujours au-dessous du seuil de pauvreté et faudrait-il que je démolise ma maison pierre à pierre que je vendrais comme les morceaux d’ un mur récemment abattu par Sarko pour payer le soins ? Alors, je restreins les soins au très strict minimum... et je garde internet, oui, parce qu’à 73 ans on a besoin d’une fenêtre pour respirer avant le dernier... soupir... Pas de sorties, pas frais "culturels", pas de voyages près des enfants, pas de garde-robe renouvelée sauf usure... Depuis mon opération invalidante pour cancer du colon la plupart des médicaments dits de confort mais qui me sont totalement indispensables pour parer aux séquelles de l’intervention sont carrément déremboursés... et je n’ai pas de longue maladie car pas de chimio, juste l’ablation de la totalité du colon.... Alors, ça me gonfle un peu la suspicion de "profiteurs" du système.

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  • Un médecin en résistance

    14 novembre 2009 10:06, par Duszka
    Mes voisins anglais pétés de tunes... ont une CMU...

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  • Un médecin en résistance

    14 novembre 2009 11:03, par Duszka
    NOOOOOOON Rien à voir !

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  • Un médecin en résistance

    14 novembre 2009 11:53, par Didier Goux

    Hier un lumbago, aujourd’hui un toubib : c’est plus un blog, c’est un hôpital, ici !

    Ça va mieux, sinon, vous, comme gars ?

    Mon lien : http://didiergouxbis.blogspot.com

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    • Un médecin en résistance 15 novembre 2009 05:08, par Mailandco

      Encore une fois, D. Goux écrit pour nous rappeler sa niaiserie et réduire le débat. Il ferait mieux de rester sur son blog à chien-chien...

      A sa question sur la meilleure santé de OB, je me dis en aparté "mais qu’est-ce que ça peut lui foutre ?!"

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  • Un médecin en résistance

    14 novembre 2009 13:12, par brezhoneg

    Pas la CMU, l’AME (l’aide médicale d’Etat)

    « L’Aide Médicale d’Etat (AME) est principalement destinée à prendre en charge les dépenses médicales des étrangers résidant en France, sans papiers et sans ressources. Mise en place en 2000 par Bernard Kouchner et Martine Aubry, l’AME remplace l’Aide Médicale Gratuite destinée aux clandestins, qui était gérée par les départements. L’objectif était de mettre en place un mécanisme homogène au niveau national. »

    « Le transfert par Martine Aubry de la responsabilité des malades étrangers clandestins du niveau départemental au niveau national a eu les résultats de toute recentralisation loin du terrain : plus d’uniformité, moins de contrôle. Dès 2002, alerté par les dépassements permanents de budgets, le Parlement avait voté la mise en place de quelques contrôles dans l’attribution de l"AME. Devant les protestations des ONG, les décrets d’application de cette loi n’ont jamais été pris. Fin 2003, le gouvernement s’est à nouveau engagé à recentrer l’AME sur sa vocation humanitaire et à respecter pour 2004 le budget prévu. Les décrets d’application sont à nouveau suspendus dans l’attente d’un nième rapport prévu pour mai 2004. Consacrer 50, 500 ou 5000 millions d’Euros à l’AME peut être un choix légitime des Français, encore faut-il qu’ils donnent leur accord démocratiquement, au Parlement. »

    http://www.lecri.fr/2009/09/24/quan...

    http://www.ifrap.org/L-Aide-Medical...,0479.html

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  • Un médecin en résistance

    14 novembre 2009 23:23, par Maryvonne Le Gland Leray
    Encore une fois merci Olivier ...

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  • Un médecin en résistance

    15 novembre 2009 11:50, par Guillaume B.
    Merci pour cet article, remarquable une fois encore.

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  • Un médecin en résistance

    15 novembre 2009 19:23, par des pas perdus

    Décidément...

    A propos de l’UFAL, je mets le lien car leur site est une vraie mine d’infos :

    http://www.ufal.info/

    Mon lien : des pas perdus

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  • Un médecin en résistance

    16 novembre 2009 10:57, par Mondoitulesens

    Je m’inscris dans les français qui ont renoncé aux soins complets.

    Mon chirurgien-dentiste, en Centre de santé mutualiste, me proposait trois implants dentaires.

    Renseignements pris auprès des employées du Centre, le coût hors-remboursement Sécu+Mutuelle est de 2000€ par implant.

    J’ai donc adopté le look Keith Richards. J’ai grande envie de le conseiller à nos amis à écharpes de couleur.

    Pourquoi se priver du look corsaire, alors qu’on le met en place à l’aide d’une toute petite manipulation qui ne nécessite qu’un biceps en bon état, un poing solide et quelques dents encore en place ?...

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  • Un médecin en résistance

    16 novembre 2009 14:03, par galien

    On ne peut que soutenir ce Robin Des Bois des temps modernes.

    Pour avoir connu ce genre de problème (pas de couverture maladie pendant deux mois), il faut saluer les médecins qui prennent des risques pour nous soigner. Je remercie chaleureusement donc le médecin qui m’a soigné à ce moment-là.

    Ceux qui crient à "l’abus social" dans ce cas là, n’ont jamais connu la misère.

    Ce genre d’abus est rare, la plupart des gens ont certainement autre chose à faire qu’à rouler la cpam dans la farine...

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  • Un médecin en résistance

    16 novembre 2009 17:05, par Auxi
    À propos d’abus, à quand un article sur ces cadres qui se font payer des thalassothérapies grand luxe parce que, pôv’ chéris, ils sont tout stressés par les problèmes de leur boîte ?

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  • Un médecin en résistance

    17 novembre 2009 15:57, par Duszka
    Je rentre de chez mon dentiste. Un homme que mes voisins, qui me l’ont conseillé, (je suis nouvelle dans le pays) appellent "dentiste des ouvriers" ! 7 dents au tapis. Prothèse envisagée : un peu plus de 1000 €, remboursement sécu : 200 € !! CQFD.

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  • Un médecin en résistance

    18 novembre 2009 21:31, par DESAINTJEAN
    Une société digne de ce nom doit offrir à tous ses membres un accès égal à la santé, à l’éducation et à la justice. Au moment où les USA envisagent sérieusement un système de santé, nous "détricotons" le nôtre. Les vidéos des émissions de TV consacrées au Dr Poipardin sont sur son site à l’adresse ci-dessous. Martine

    Mon lien : Soutien au Dr Didier Poupardin

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