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Quand le professeur Darcos était inculpé pour fraude au bac

samedi 21 juin 2008, par Olivier Bonnet


darcos dordogne libreHier, tous les lycéens de Première du pays (dont notre webmaster !) planchaient sur leur bac de français. L’occasion de se souvenir, comme le rappelle la Dordogne libre, de cette tache sur le CV du ministre de l’Éducation nationale : en 1982, il est professeur au lycée Laure-Gatet de Périgueux et membre de la commission académique qui choisit les sujets du baccalauréat de Français. Comme chaque enseignant chargé de proposer un sujet, il signe une attestation de confidentialité, en s’engageant à ce qu’il soit inédit et qu’il n’ait pas été travaillé par ses élèves. Il fait pourtant réviser à sa classe, à quelques jours de l’épreuve, un sujet quasiment identique à celui qu’il a proposé. Après l’examen surgissent des rumeurs de fuite et le recteur de l’académie de Bordeaux, convaincu de l’existence de fraudes, annule l’épreuve pour toute la ville de Périgueux, ordonne une enquête administrative et dépose plainte contre X. Ladite enquête désigne Xavier darcos comme l’auteur de ces "fuites" et il est jugé le 30 mai 1983 devant le tribunal de grande instance de la ville. Il sera finalement relaxé, au motif qu’il ne pouvait être sûr que sa proposition allait sortir, les sujets étant choisis dans plusieurs listes. Mais il a tout de même violé l’engagement de confidentialité et 670 candidats bacheliers pétrocoriens* ont, par sa faute, dû repasser l’épreuve.

Après André Santini, secrétaire d’État auprès du ministre du Budget, chargé de la Fonction publique, mis en examen pour "prise illégale d’intérêt", "faux" et "détournement de fonds publics", dans l’affaire du projet (avorté) de création d’un musée d’art contemporain à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), la ville dont il est député-maire, après Bernard Laporte, secrétaire d’Etat chargé des Sports sous le coup d’enquêtes fiscales pour "présomptions de détournements d’actifs, dissimulations de recettes d’établissements, majoration artificielle des charges, double comptabilité, travail au noir", et contre qui une plainte a été déposée pour "favoritisme" et "tentative d’extorsion" (toutes affaires en passe d’être soigneusement étouffées, ainsi que l’explique Marianne), voilà un troisième membre du gouvernement qui fait mentir la phrase prononcée par Sarkozy pendant la campagne électorale : "L’autorité et le respect, c’est de notre côté. La fraude et le soutien à la délinquance, c’est de l’autre côté". Les délinquants au pouvoir, plutôt !

 

* habitants de Périgueux 

 

PS : Ce sujet a été excellemment traité par nos amis des Mots ont un sens

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