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Sarkozy contre les juges : une vieille histoire

vendredi 31 octobre 2008


sarko cibleLe présent s’explique à la lumière du passé. Comprendre le sarkozisme implique d’avoir analysé, tout au long de l’ascension de l’actuel président et au-delà des à-coups conjoncturels et des rideaux de fumée, ses ressorts constants, sa vision (anti)sociale, ses options idéologiques, ses buts ultimes. Comment est-il arrivé au pouvoir ? Répondre à cette question est fondamental, à la fois pour décrypter la stratégie de Sarkozy, mise dans la perspective de son modus operandi habituel, avoir conscience de ce qu’il est en train de faire afin de mieux tenter de s’y opposer - en démontant ses impostures intellectuelles constantes - et enfin dans la perspective d’échéances futures. Deuxième question : que veut-il faire du pouvoir ? Là encore, un retour en arrière est éclairant. Prenons l’exemple des franchises médicales : déjà, en 2001, dans son ouvrage Libre, il annonce : "Je crois utile qu’un système de franchise soit mis en place comme pour tout processus d’assurance". À l’époque, il n’a pas encore imaginé de se saisir du prétexte Alzheimer - preuve de plus qu’il s’agit justement d’un prétexte -, mais les franchises médicales sont planifiées. Il en va ainsi sur tous les sujets : si l’on prend la peine de se pencher sur le parcours du potentat de l’Élysée, ses discours et ses actes, on sait exactement là où il veut entraîner la France, dans tous les domaines. Dérégulation sociale, casse du droit du travail, politique en faveur des privilégiés, privatisation des bénéfices et collectivisation des pertes, au profit maximum pour une poignée de ses amis, ultra sécuritarisme et violence envers les faibles, particulièrement étrangers, ces deux derniers éléments étant destinés à complaire à l’électorat poujadisto-lepéniste : le cap du sarkozisme est clairement tracé depuis très longtemps. Posséder cette mémoire est essentiel pour résister au flux d’informations sans mise en perspective de l’actualité, dont le Pouvoir s’ingénie à imposer ses thèmes aux grands médias dociles. Sarkozy, enchainant les gesticulations, capte constamment l’attention. Pour la détourner des réels enjeux ou fausser le débat, brouiller les pistes, manier propagande et mensonges, relayés avec complaisance. En écrivant Sarkozy, la grande manipulation, nous avons tenté de proposer un antidote aux contre-vérités officielles, cocktail de pensée unique libérale et de populisme. Le livre est sorti en mai et il est amusant de constater que depuis, l’actualité vient constamment lui faire écho.

Ainsi, la fronde des juges envers la politique menée par la Sarkozie en matière de justice ne devrait pas surprendre. Et considérer que Rachida Dati en est seule responsable - même si son incompétence et sa façon de se comporter n’ont bien sûr rien arrangé - serait une grave erreur. Quand le président "reprend la main" sur ce dossier et décide de revevoir, lundi h francodernier, des représentants des juges, il opère son tri : est invitée l’Union syndicale des magistrats mais pas le Syndicat de la Magistrature, organisation de gauche. Et Hélène Franco, sa secrétaire générale, de s’indigner sur Le Post : "Je trouve cela scandaleux de la part de Nicolas Sarkozy. C’est une décision arbitraire, qui illustre sa stratégie avec les syndicats : diviser pour mieux régner ! (...) Nous boycotter est contraire aux principes de l’égalité de traitement des différentes organisations syndicales." Le journaliste lui pose alors la question suivante, ô combien pertinente : "Le Syndicat de la magistrature a-t-il été boycotté en raison du contentieux qui existe entre votre syndicat et Nicolas Sarkozy depuis 2005, quand le ministre de l’Intérieur de l’époque avait reproché aux magistrats de Bobigny de ne pas avoir été répressif avec les émeutiers des banlieues ?" Réponse : "Peut-être, mais le président de la République ne devrait pas fonctionner ainsi, en prenant ses décisions sur des mouvements d’humeur. Quand on est président, on a pas à en vouloir à une organisation syndicale."

À quoi exactement la rédaction du Post fait-elle allusion ? Lisez ce que nous écrivions dans notre chapitre 6, La constitution en danger.

couv"Empiéter sur le domaine gouvernemental – plus exactement se l’approprier entièrement – n’est pas la seule règle constitutionnelle malmenée par Sarkozy, qui bafoue aussi allègrement la séparation des pouvoirs.

Ce principe est si fondamental pour un Etat de droit que l’article 16 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, incluse dans le préambule de la Constitution de 1958, précise : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution ». Cette séparation s’organise de la façon suivante, telle que résumée par le site du ministère de la Justice : « le législateur (l’Assemblée nationale et le Sénat) vote les lois, l’exécutif est chargé de leur exécution, l’institution judiciaire veille à leur application  ». Or, le 22 juin 2005, quand une femme nommée Nelly Crémel est assassinée par deux hommes, dont l’un avait commis un premier crime 21 ans plus tôt, le ministre de l’Intérieur Sarkozy interroge publiquement le Président Chirac pour savoir « ce qu’il allait advenir du magistrat qui avait osé remettre un monstre en liberté conditionnelle », estimant qu’il devait « payer » pour sa « faute ». La saillie provoque un tollé, le Conseil supérieur de la magistrature prenant la plume pour en appeler à Jacques Chirac  : « Les membres du Conseil soulignent que la décision ainsi critiquée a été rendue en 2003 dans le respect de la loi, ainsi que l’a rappelé ce matin le Garde des Sceaux, par la juridiction régionale de la libération conditionnelle constituée d’un collège de trois magistrats, et que cette décision n’a fait l’objet d’aucune voie de recours, seul moyen permettant de mettre en cause une décision de justice dans un régime de séparation des pouvoirs et d’indépendance de l’autorité judiciaire. Ils tiennent à rappeler, conformément à leur avis du 28 avril 2004, que l’application effective du principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs doit conduire les membres de l’Exécutif comme du Législatif à une particulière réserve lorsqu’ils commentent une décision de justice. » L’homme avait en effet été libéré au terme de sa période de sûreté. Sarkozy se justifie en adoptant sa posture démagogique préférée : « Cette question que j’ai posée, il y a 62 millions de Français qui se la posent. Moi, je me sens du côté des victimes.  » En appeler à l’opinion contre le respect de la Constitution, que voilà une attitude dangereuse ! « Le ministre de l’Intérieur surfe comme d’habitude sur une légitime émotion pour tenter de trouver un bouc émissaire en la personne d’un professionnel qui n’a fait qu’appliquer les lois de la République votées par l’Assemblée nationale à laquelle Nicolas Sarkozy appartenait », proteste alors l’Union syndicale des magistrats. Et le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), de surenchérir : « L’intervention de Sarkozy constitue une atteinte scandaleuse au principe de la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire, à l’indépendance de l’autorité judiciaire et aux fondements même de notre démocratie. »

Ce qui n’empêche pas notre ministre d’Etat de revenir à la charge un an plus tard, le 8 juin 2006, lorsqu’il s’indigne : il ne serait « pas admissible » que le tribunal pour enfants de Bobigny n’ait pas « prononcé une seule décision d’emprisonnement » à l’issue des émeutes de novembre 2005. Il enfonce le clou par écrit, dans un courrier adressé au Président de cette juridiction, Jean-Pierre Rosenczveig. « Si le ministre de l’Intérieur est l’auteur de cette lettre, il s’agit de toute évidence d’une violation flagrante du principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs  », s’insurge le SM, qui enfonce une porte ouverte tant l’indépendance de la justice, garantie par l’article 64 de la Constitution, est évidemment bafouée par l’intervention du « premier flic de France » : en tant que membre de l’exécutif, il lui est constitutionnellement interdit d’interférer dans les affaires de l’institution judiciaire. « Si c’est le candidat déclaré à l’élection présidentielle, poursuit le communiqué, la démarche n’en est pas moins inquiétante de la part de quelqu’un qui aspire à être le gardien des institutions  ». Inquiétude prémonitoire, puisque nous verrons combien le Président de la République, une fois élu, multipliera les atteintes à la Constitution. En fonction de quoi les deux principaux syndicats et les douze juges des enfants du tribunal de Bobigny saisissent le Conseil supérieur de la magistrature. La démarche, pourtant manifestement fondée, n’aura pas de suite, énième illustration du théorème qui veut que Sarkozy puisse, en toute impunité, se permettre absolument tout ce qu’il veut. Que cherche-t-il en dénonçant le supposé laxisme des juges ? « Sarkozy tente de camoufler les limites de la politique menée ces dernières années, analyse le magistrat interpellé, Jean-Pierre Rosenczveig. Il sait que le feu couve. Et si ça explose dans les mois qui viennent, ce n’est pas la gauche qu’on va rendre responsable. » Dominique Barella, président de l’Union syndicale des magistrats, interprète l’attitude du ministre candidat de la même façon : « C’est la technique classique du bouc émissaire, juge-t-il. La police arrête les voyous et les juges les relâchent  », voilà ce que Sarkozy voudrait faire croire. La réalité est naturellement bien différente, comme le souligne Côme Jacqmin, Secrétaire général du SM : « Les trois-cinquièmes des affaires traitées par les parquets ne peuvent faire l’objet de poursuites judiciaires, faute d’élucidation par les services de police et de gendarmerie ». Jacqmin s’alarme que Nicolas Sarkozy risque de « ruiner la confiance des citoyens à l’égard des institutions de la République » pour satisfaire des « intérêts électoralistes ». Mais peu importe pour l’homme qui ne pense jamais qu’à ses profits politiques personnels.

Rosenczveig effectue enfin une mise au point dans Le Monde du 10 juin : « La justice poursuit 80% des jeunes qui lui sont présentés. Le problème n’est pas tant cette réponse pénale que celui de l’arrestation des auteurs d’infractions. Actuellement, dans quatre cas sur cinq, les victimes ne signalent pas les faits. Et sur le cinquième restant, la police n’élucide qu’environ 20% des faits. Le problème de la sécurité est un problème de police, et non de justice, mais la communication politique est ainsi faite que la police renvoie la balle au laxisme judiciaire. » Inacceptable en tant qu’elle constitue une atteinte à la séparation des pouvoirs, la manœuvre du ministre de l’Intérieur en campagne présidentielle s’appuie en outre, concrètement, sur des contre vérités. Pour fustiger le laxisme des magistrats, Sarkozy cite en effet plusieurs exemples, voulus édifiants, que le SM réfute les uns après les autres. « Comment expliquer à cette femme handicapée de 56 ans, brûlée vive à Sevran parce qu’elle ne pouvait s’extraire de son bus incendié par trois mineurs de 16 ans, que ceux-ci ont été laissés en liberté par votre tribunal à l’issue de leur interpellation par la police ?  », commence ainsi le ministre. « C’est faux. Ils sont placés en détention provisoire depuis plusieurs mois », rétorque le syndicat. « Comment expliquer au pompiste d’Aubervilliers, encore traumatisé par le braquage avec arme de sa station par un voyou interpellé à l’issue d’une course-poursuite, qu’il risque de le recroiser à tout moment parce que le président du tribunal pour mineurs de Bobigny a refusé l’incarcération ? », poursuit l’accusateur. Le SM fait alors observer que cette affaire criminelle est toujours en cours d’instruction, et que la décision d’incarcérer ou non appartient par conséquent au seul juge des libertés. Rosenczveig, incriminé par Sarkozy, n’a absolument rien à y voir. Le ministre mentionne encore le cas de ce « mineur de 17 ans, déjà mis en cause 55 fois dont 12 fois pour vol avec violence, et laissé en liberté par votre tribunal après avoir roué de coups un chauffeur de bus qui refusait simplement de s’arrêter entre deux arrêts ». Mensonge encore : l’homme est sous les verrous ! Tout le sarkozisme est contenu dans cette lettre au Président du tribunal pour enfants de Bobigny : pour créer l’émotion, l’autoproclamé champion des victimes insiste lourdement sur leurs malheurs, avec toute une collection d’expressions choc utilisées dans ce but. Sarkozy parle de « femme handicapée brûlée vive », d’un pompiste « traumatisé par le braquage avec arme », et d’un mineur « déjà mis en cause 55 fois dont 12 fois pour vol avec violence », c’est vous dire s’il s’agit d’un voyou de la pire espèce, pourtant « laissé en liberté par votre tribunal après avoir roué de coups un chauffeur de bus qui refusait simplement de s’arrêter entre deux arrêts  ». Rendez-vous compte, quelle faiblesse vis-à-vis de tels barbares ! Mais heureusement, « super Sarko » est là, et ça ne se passera pas comme ça… Sauf qu’on l’a vu, le ministre ment, suivant sa pratique coutumière, aux fins de manipuler l’opinion. Le but est ici, par cette gesticulation, d’éviter qu’apparaisse trop crûment la réalité de son bilan de pompier pyromane : sa politique sécuritaire est un échec patent et a causé les troubles les plus graves, avec les émeutes de 2005, qu’ait connu la République depuis… mai 1968."

 

Autopromo

Sarkozy, la grande manipulation :

Ce qu’ils en disent

libé logo"Une synthèse très impressionnante des mensonges et des impostures du président de la République" : Karl Laske, Libération.

 

logo europe"Vous n’y allez pas avec le dos de la cuiller !"  : Jérôme Dorville, Europe 1.

 

politis couv"Le sarkozysme est une calamité qui s’est abattue sur la France (...). Pour nous consoler et nourrir nos résistances, (...) un travail de recension quasi exhaustif de cette année écoulée, recension assortie des commentaires avisés et sévères de l’auteur, le journaliste et blogueur de Plume de presse, dont je vous ai plusieurs fois vanté la pugnacité. Les amateurs, nombreux, d’Olivier Bonnet, qui attendaient l’ouvrage avec impatience, ne seront pas déçus : leur champion allie l’engagement de l’honnête homme révolté à une précision quasi notariale [Sarkozy, la grande manipulation, Les points sur les i, 173 p., 17,90 euros ]. Quatorze chapitres, un thème par chapitre et cette conclusion, qui est aussi la nôtre : « Au-delà des anecdotes et de l’arrivisme politique, apparaît crûment une entreprise méthodique de destruction sociale  » : Bernard Langlois, Politis.

 

dico cynique couv'"Si quelque modeste bouquiniste peut vous éviter le tournis de l’impossible choix... Nous nous permettons de vous conseiller le livre d’Olivier Bonnet, qui a l’avantage de proposer un bilan dignement argumenté sur les manipulations psycho-massives du gouvernement" : Stéphan Pascau, auteur de Chômologie portative ou dictionnaire du cynisme social.

 

 

DÉCAPANT

ÉCHOcouv echo"Encore un bouquin sur Sarkozy ? Eh bien oui. Encore un. Mais attention : pas n’importe lequel. Peut-être bien l’un des plus décapants, des plus solides, des plus argumentés qui aient été écrits ces derniers mois sur notre président illusionniste. Le journaliste Olivier Bonnet passe tout à la moulinette : la politique étrangère, l’économie, le social, l’immigration... On sort abasourdi de ce portrait sans concession du sarkozysme qui met à mal les principes d’égalité, de fraternité, de solidarité et de laïcité" : Frédéric Richaud, L’Écho des savanes.

 


 

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8 Messages de forum

  • idée cadeau

    31 octobre 2008 10:38, par Lutopick
    Merci Olivier de nous donner l’occasion d’offrir à tous nos amis un excellent cadeau de Noël, qui pourrait accompagner la "Poupée Vaudou" ! ;-)

    Mon lien : Le cahier des doléances

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    • idée cadeau 31 octobre 2008 11:04, par Kris
      Bonne idée !! Je vais aussi ajouter le pamphlet de Victor Hugo " Napoléon le Petit " Bravo Olivier et merci …

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  • Sarkozy contre les juges : une vieille histoire

    31 octobre 2008 14:48, par totolezheros
    Faut se dépêcher d’acheter ce livre avant que l’auteur ne soit mis en prison !

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  • Sarkozy contre les juges : une vieille histoire

    31 octobre 2008 15:07, par PMB

    "Ce qui n’empêche pas notre ministre d’Etat de revenir à la charge un an plus tard, le 8 juin 2006, lorsqu’il s’indigne : il ne serait « pas admissible » que le tribunal pour enfants de Bobigny n’ait pas « prononcé une seule décision d’emprisonnement »"

    Eh ben il a raison !

    Dans ma petite ville, lors des émeutes de 2005, une école primaire a partiellement brûlé. Immédiatement, cri unanime contre la (petite) communauté maghrébine. Et dispersion des enfants traumatisés dans les autres écoles de la ville.

    Sauf que quand on a enfin trouvé les auteurs... on est tombé sur des petits "gaulois" de bonne famille.

    Alors là, chut, plus de cri, plus rien, et le maire est allé jusqu’à plaindre les familles des incendiaires !

    Et puis. Ben rien. Pas de procès, pas de condamnation à quoi que ce soit, rien. Je suis donc, comme Notre Seigneur, outré qu’un tribunal (qui n’est pourtant pas celui des juges rouges de Bobigny) n’ait pas « prononcé une seule décision".

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  • Sarkozy contre les juges : une vieille histoire

    31 octobre 2008 15:46, par Liberty

    La première grande manipulation de Sarkozy est d’avoir su se faire passer pour un "jeune politique" là où dès 1968 il était présent .

    Pour ce qui est du peuple, nous pouvons reprocher aux électeurs de ne pas s’être informés sur "le véritable Sarkozy".

    Qui peut donc blâmer une population qui fais "un peu trop confiance" aux médias, majoritairement complices de l’état d’ignorance en ce qui est relatif au vrai Sarkozy, son histoire, ses livres ses dérives, ses alliances.

    Moi même, je n’ai découvert sa bibliographie que bien après les élections. Pourtant, tout était écrit de sa main noir sur blanc, "le fou de dieu" .

    Aucun média n’a soulevé les vraies questions lors de la campagne, cependant enquêter, prouver, démontrer c’est bien ce que nous attendons du journalisme !

    Journalisme devenu bien trop frileux et langue de bois, voire partisan, ce n’est plus du journalisme c’est du mensonge par omission !

    Pour le citoyen comment faire le tri en ces conditions entre "journalisme partisan" et "journalisme objectif" ???

    Ses attaques de la constitution ont été et sont légion, combien avons nous vu d’interventions à ce sujet précis de l’opposition, des sénateurs, du conseil constitutionnel ? (Pas beaucoup, ou de façon très très discrète)

    Attaquer les magistrats est une chose, n’oublions pas dans l’histoire que tous les magistrats passent par les services de police pour aller à la pêche aux informations.

    Services de police qui orientent les questions et la formulation des réponses à leur propre convenance, ce qui biaise dès le départ tout le dossier d’instruction.

    Même en qualité de victime ayant des notions de droit, il est quasiment impossible de faire rédiger un procès verbal d’audition avec nos propres mots soulevant les questions les plus pertinentes juridiquement .

    In intentionnel ? Incompétence ? Comment croire une seule minute qu’un fonctionnaire de police soit inconscient des conséquences de l’orientation qu’il donne aux dépositions ?

    Les conditions d’audition, que vous soyez victime ou coupable, sont loin d’être propices aux conditions d’une déclaration objective en toute bonne foi .

    Vous êtes seul, face à un "professionnel" qui sait mesurer chacun de SES mots et "INTERPRÉTER" chacun de VOS mots .

    Vous êtes seul face à une ruche de représentants de la force publique sans aucun soutien indépendant, afin que figurent "mot pour mot" vos éléments dans le cadre de votre déposition .

    Dès ce moment, il ne vous permettent pas d’ajouter les éléments les plus pertinents au bon déroulement de la justice .

    Avoir copie de votre déposition, ou même le numéro de dossier d’instruction ne se fait qu’à votre demande expresse mais absolument pas systématiquement .

    Dans le meilleur des cas vous aurez le droit à une photocopie de la seule première page de votre déposition, vous privant par là même de pouvoir compléter les impasses, intentionnelles ou non, qui ont été faites lors de votre déposition.

    Des éléments sur votre passé lointain ne figurant pas à votre casier judiciaire se retrouvent par enchantement sur votre déposition, ce sans aucune notion de date ou de gravité .

    "Connu pour", figure après votre état civil sans autre précision qu’une mention pouvant laisser libre cours à l’imagination la plus fertile .

    "Connu pour : stupéfiants" , qu’est ce que cela signifie ? De quels stupéfiants nous parlons ? A quelle date ? Dealer ou consommateur ? Condamné ou non ?

    Il suffit que vous ayez été interpellé en compagnie de personnes détenant du cannabis à l’age de 19 ans pour que figure la mention "connu pour : stupéfiants" sur votre déposition.

    Autrement dit, vous devenez quelqu’un de peu crédible, même si la mention évoquée relate une situation datant de plus de 15 ans pour laquelle vous n’avez pas été condamné ni condamnable .

    "Faire des victimes les coupables" commence dès cette mention qui figurera en première position de votre déposition ! De quoi commencer à influencer largement tout dossier d’instruction !!!!

    J’aimerai savoir si Jean Sarkozy verra un jour affublé de "Connu pour délit de fuite" s’il venait à devoir faire une déposition ?

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  • Sarkozy contre les juges : une vieille histoire

    31 octobre 2008 16:16, par Orwelle
    Pinocchio 1er n’a pas tout à fait tort quand il critique les juges : un délinquant en col blanc, que le peuple pourrait considérer comme l’ennemi public n°1, est toujours en liberté ! ;-)

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  • Sarkozy contre les juges : une vieille histoire

    31 octobre 2008 16:29, par Duszka
    Il y a un truc qui m’a toujours étonnée en ce qui concerne le procès-verbal de police : on ne nous remet jamais de double. On signe - ou on ne signe pas- et quand on réclame le double, refus. Pourquoi ça ? Cela m’est arrivé et je n’ai pas pu obtenir d’explication... Ceci dit, tu fais bien de faire ta promo, Olivier, faut en profiter tant qu’il en est encore temps !

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  • Sarkozy contre les juges : une vieille histoire

    31 octobre 2008 18:13, par AL1

    Difficile de faire mieux, tout est dit et avec talent à l’image de ton blog et de ton livre.

    D’la bises à tous !:-)

    Mon lien : Ségo l’aime et Sark aussi, je parle du blog - ;)

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