Déc 012020
 

La Macronie se moque ouvertement du monde et les médias mainstream ne remplissent pas leur tâche démocratique d’éclairer l’opinion par les faits. Combien de policiers harcelés suite à la diffusion de vidéos en intervention ? Nous avons cherché et trouvé… un cas », écrivions-nous le 21 novembre (« Protéger ceux qui nous protègent » : foutaise !). Le billet d’aujourd’hui creuse ce sillon du droit de suite. Continuant à travailler sur ce sujet – trouver des cas qui justifieraient, comme le prétend la majorité playmobil, la nécessité de cet article 24 -, nous nous devons de mentionner deux autres tentatives infructueuses signées du menteur en chef Gérald Darmanin (excepté Macron bien-sûr). En passant, le ministre de l’Intérieur vient de commettre un parjure hier lors de son audition à l’Assemblée nationale, ce dont ne souffle mot ce matin, une nouvelle fois, France Inter, radio de service public.

L’ article 434-13 du code pénal prévoit que « le témoignage mensonger fait sous serment devant toute juridiction ou devant un officier de police judiciaire agissant en exécution d’une commission rogatoire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende ».

Mais revenons donc à ces fameux cas de policier harcelés qui exigeraient qu’on légifère : « Invité à justifier le bien-fondé de cet article, le ministre a multiplié les exemples trompeurs, dénonce Mediapart. Ou, plus précisément, deux exemples martelés tout au long du débat. Il a mentionné à plusieurs reprises le site Copwatch, invitant même les députés à «regarder sur [leurs] portables» ce site destiné à «surveiller» la police… oubliant de préciser qu’il est bloqué par la justice française depuis plusieurs années. Son deuxième exemple n’était pas plus efficace : Gérald Darmanin a cité le cas d’une militante qui avait écrit sur les réseaux sociaux «si vous avez besoin d’infos sur un flic (nom, adresse…) venez en MP j’ai un fichier», ajoutant même qu’elle y accolait un smiley. Pourtant, comme l’a relevé le socialiste Hervé Saulignac, cette militante a été condamnée à 17 mois de prison ferme en décembre 2019. » Toujours rien qui rendrait donc nécessaire l’article 24.

Mais Yaël Braun-Pivet, présidente LREM de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, remet une pièce dans le jukebox-à-sornettes : « L’objectif de cet article 24, nous sommes tous d’accord : il faut que l’on protège nos forces de l’ordre de vindictes sur les réseaux sociaux. Moi, dans ma circonscription, il y a encore quelques jours, à Sartrouville, j’ai un policier qui a reçu des tirs de mortier sur sa maison [le mot maison martelé] parce qu’il était mis en cause dans l’exercice de son activité professionnelle. Donc il faut garder nos forces de l’ordre de ce type d’agissements et il faut donc les protéger. » Allons bon. De quoi parle la députée des Yvelines? Elle seule le sait. Ces faits sont censés s’être déroulés à Sartrouville « il y a quelques jours ». Nous vous engageons à faire votre propre recherche : personne n’en a parlé. Ni la presse locale (imagine-t-on par exemple Le Parisien passer à côté, connaissant sa ligne éditoriale?), ni l’AFP, ni les bots macronistes de Twitter, ni la fachosphère en mode #JeSoutiensLaPolice. Personne. Dans le contexte actuel de très vive contestation de l’article 24 ? Mais c’est une véritable armée, de Darmanin à Castaner en passant par Attal, Guérini (Stanislas, le patron de LREM que personne ne connaît), Pécresse, Jacob et tous les souteneurs de cette loi (liberticide) qui se serait ruée sur ce faits-divers : « Vous voyez bien qu’il faut les protéger ! », auraient-ils à coup sûr triomphé. Mais là ? Rien. Alors nous mesurons toute la gravité de l’accusation : Yaël Braun-Pivet a menti. Elle a inventé l’agression contre le domicile d’un policier. Il y eut bien à Sartrouville des tirs de mortier contre les forces de l’ordre, mais dans une embuscade (Le Parisien, évidemment, le narre). Un autobus incendié, aussi. Ce qu’on peut lire, à nouveau, dans Le Parisien. Mais pas plus de tir de mortier sur la maison d’un policier que de beurre en broche. Yaël Braun-Pivet elle-même n’a écrit aucun message à ce sujet. Il faut dès lors réécouter la présidente LREM de la commission des Lois de l’Assemblée nationale lorsqu’elle appuie sur le mot « maison », signifiant explicitement « Vous vous rendez compte de la gravité de cette agression ! », savoir qu’elle affabule et vomir.

Voilà donc ainsi que, décidément, la justification même de cet article de loi est totalement fallacieuse. Et qu’il vise par conséquent un autre but : satisfaire les syndicats d’extrême droite des policiers et dissuader de filmer les violences policières, pour qu’elles perdurent, de même que l’impunité qui leur est nécessaire. Oui, c’est effroyable. Et c’est la Macronie, aujourd’hui. Il est d’autant plus désespérant que les médias dominants ne l’expliquent pas clairement aux citoyens, appelés à réélire l’apprenti dictateur de l’Élysée en 2022. La grande manipulation du peuple est en marche, Darmanin ment, Lalle-ment, le gouverne-ment, mais se tait Demorand. Il prend pour la rime, la liste est longue que nous vous laissons le soin de compléter (Apathie, Calvi, Barbier, Giesbert, Pujadas, Delahousse, Bouleau, Salamé, Lapix…). Encore hier est sortie l’affaire du préfet de Paris qui couvre depuis plus d’un an un cowboy du Bois de Boulogne, mais Darmanin lui renouvelle sa confiance et les grands médias se taisent. Jean-Michel Blanquer, couvert d’opprobre par l’affaire du syndicat qu’il a fait créer de toutes pièces, immense scandale, est toujours ministre, et les grands médias ne s’émeuvent pas. Que pèsent dans l’opinion les voix de Politis, du Monde diplomatique, de Basta, d’Alternatives économiques, de Reporterre, de Streetpress, de Mediapart et d’autres face aux groupes détenus par neuf milliardaires et l’audiovisuel public verrouillé en haut lieu ? La différence avec un régime totalitaire, c’est que les médias alternatifs peuvent s’exprimer. Mais il est néanmoins incontestable que le rouleau compresseur de « l’information officielle » – outre qu’il insulte la déontologie journalistique – pose à la France un vrai problème de démocratie.

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Sep 272020
 

Le milieu scolaire et universitaire est le nouveau numéro un des foyers de contamination. Mais heureusement, à croire Jean-Michel Blanquer, le virus ne déjeune pas à midi.

bobards

Jean-Michel Blanquer superstar ! Nouveau Bonnet d’âne attribué au ministre de l’Éducation nationale, le troisième déjà depuis mai dernier. Accrochez-vous, déclaration de très haut niveau : une cantine scolaire, « ce n’est pas la même chose qu’un bar. […] C’est à l’heure de midi, ce n’est pas le soir et par ailleurs, il y a évidemment des personnes pour s’occuper du fait que les enfants respectent les gestes barrières. » Sérieusement, Jean-Mimi, cette histoire de midi et de soir ? Quel est le rapport avec le virus ? Nous en restons pantois : que peut-il bien se passer dans le crâne d’œuf de Blanquer pour livrer un argument aussi dénué de sens ?

Quant aux « gestes barrières », ils n’empêchent pas les enfants et adolescents d’être entassés à la cantine. « On ne se contamine pas plus en allant à l’école qu’en vivant d’autres aspects de la vie sociale, affirme aussi le ministre. Je dirai que c’est même probablement moins car c’est un lieu où on respecte plus les gestes barrières que d’autres lieux. » Raté : le dernier point épidémiologique de Santé publique France, en date du 24 septembre, nous apprend justement l’inverse. Le milieu scolaire et universitaire est celui où l’on trouve désormais le plus grand nombre de foyers de contamination (clusters), avec 32%, détrônant les entreprises, dix points derrière.

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Sep 012020
 
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Deuxième Bonnet d’âne pour notre distingué ministre de l’Éducation nationale : à l’heure des vérifications généralisées – et ô combien bienvenues – par les journalistes de la véracité des propos tenus en public, il ne faut plus mentir, Jean-Michel Blanquer ! Les masques, « fourniture scolaire comme une autre » selon lui, ne seraient distribués gratuitement nulle part dans le monde. Ce qui justifierait que les macronistes refusent toujours, inébranlablement et désormais contre la classe politique française dans son entier (les Insoumis ayant été précurseurs), de les mettre gratuitement à la disposition de la population. Eh bien c’est faux. C’est Checknews, de Libération, qui s’y colle :  ils sont bel et bien gratuits dans deux pays européens, la Grèce et l’Italie, où 11 millions de maques seront distribués chaque jour.

A l’heure du retour sur les bancs de près de 12 millions d’élèves français, marquée par une improvisation permanente qui n’a d’égale qu’une criante impréparation, bonne rentrée scolaire à tous !

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Août 112020
 

« Au secours, la deuxième vague arrive ! », catastrophise le Conseil scientifique Covid-19. « Pas du tout, d’ailleurs on va autoriser le 15 août les concerts de plus de 5000 personnes », répond Bachelot. « Ah ben non, finalement, pas avant le 30 octobre », rectifie Castex. Quant à Blanquer, il assouplit en douce les règles sanitaires pour la rentrée scolaire : plus de distance physique ! Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

Covid-19 – Pour éviter une deuxième vague, les mesures sanitaires ...

Signé du préfet de la Haute-Savoie le 10 août.

« Une seconde vague de l’épidémie est « hautement probable » selon le Conseil scientifique, lisons-nous le 5 août sur BFM TV. Un retour en force de l’épidémie, prévu par le comité en « novembre, ou plus tard dans l’hiver », dans un avis remis au gouvernement la semaine dernière et rendu public mardi. » On ne peut faire plus alarmiste. Peut-être que si, finalement : «Nous restons à la merci d’un gros événement de supercontamination», avertissait la veille dans Le Figaro le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique Covid-19. Bref, nous sommes dans de beaux draps.

Roselyne Lagaffe

Un best of de Bachelot vue par Les Guignols de l’info.

Mais que donc lisons-nous aussi en ce même 4 août dans Le Parisien ? « Un concert avec plus de 10 000 personnes ? Ce sera bientôt possible. Les rassemblements culturels (spectacles, concerts, etc.) de plus de 5000 personnes pourront en effet être autorisés, à compter du 15 août, par les préfets en respectant «certaines conditions» sanitaires, a indiqué mardi le ministère de la Culture dans un communiqué. » Les bras nous en sont tombés. Avant que de découvrir, dans Le Figaro d’aujourd’hui : « Dans la confusion, le ministère de la Culture avait annoncé la semaine dernière une levée de la mesure, sous conditions, à partir du 15 août. Jean Castex a finalement décidé de proroger l’interdiction. » Dans la confusion, c’est cela. Quelle mouche a bien pu piquer Roselyne « J’accumule-les-conneries-bêtises » Bachelot, ministre de la Culture, au solide palmarès en la matière lorsqu’elle détenait les portefeuilles de l’Environnement puis de la Santé ? Quoi qu’il en soit, le maintien de l’interdiction de rassemblements culturels de plus de 5000 personnes est cohérent avec la position du Conseil scientifique qui crie « Au loup ! ». Mais quid de la rentrée scolaire ?

Pendant ce temps-là, en catimini…

dessin de Zaïtchick sur l’épidémie de coronavirus Covid-19 et la fermeture des écoles vue par Jean-Michel Blanquer

Avaler son chapeau ne fait pas peur à Jean-Michel Blanquer.

« Sans aucune communication officielle auprès du grand public, le ministère de l’Éducation nationale a publié en catimini, mercredi 5 août, le nouveau protocole sanitaire applicable dans les écoles et établissements scolaires à la rentrée prochaine », constate Sud Ouest. « Conformément, à l’avis du Haut Conseil de la santé publique rendu plus tôt, les règles sanitaires ont été assouplies, afin de pouvoir accueillir la totalité des élèves. » Nous proposons que ce Haut Conseil, qui aborde ainsi la rentrée de façon si zen, se concerte avec le Conseil scientifique Covid-19, qui tire une assourdissante sonnette d’alarme ! « Dans toute l’enceinte de l’établissement, cour comme espaces clos, la distanciation sociale ne sera donc plus obligatoire, si elle n’est « pas matériellement possible ou qu’elle ne permet pas d’accueillir la totalité des élèves », explique le protocole. (…) Autre différence majeure : l’accès aux aires de jeux, et autres espaces collectifs ainsi que la « mise à disposition d’objets partagés au sein d’une même classe ou d’un même groupe constitué » sera également autorisée. » Mais c’est open bar dans les écoles ! « Le protocole sanitaire pour la rentrée scolaire a été bouclé le 9 juillet et transmis aux recteurs d’académie et aux personnels de direction des établissements le 20 juillet, récapitule l’éditorialiste Laurent Bodin dans L’Alsace. Avant d’être rendu public ce vendredi 6 août, non par le ministère de l’Éducation nationale mais par nos confrères du Monde. Jean-Michel Blanquer serait-il devenu un petit cachottier ? Le ministre n’a pas manqué beaucoup de rendez-vous médiatiques ces dernières semaines. Mais jamais il n’a fait état de cette note. Bien sûr, sa mise en application est encore très hypothétique. Elle dépendra, évidemment, de l’évolution de la pandémie. La méthode est cependant maladroite. Elle traduit un manque de transparence sur un sujet hypersensible. Agir en catimini, surtout sur une question publique, n’est véritablement pas de nature à retisser les liens déjà distendus entre le ministre et les membres de la communauté éducative. » Pas sûr en effet que ce genre d’agissements restaure la confiance…

Le ministre vu par le syndicat anarchiste Confédération nationale du travail.

Les enfants seraient moins contaminants, nous explique-t-on. Les vérités du jour ne sont pas celles du lendemain, depuis le début de la crise sanitaire, mais si on nous le dit… Mais les plus grands ? « Les universités rouvriont elles aussi, avec des règles plus souples« , répond Sud Ouest. Mais on n’y comprend décidément plus rien ! Dans ce contexte, vous imaginez bien les syndicats enseignants vent debout. « Le 9 juillet, le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a produit un quatrième protocole sanitaire réduit à peau de chagrin, communique ainsi Sud Éducation. L’objectif avoué est d’assurer l’accueil de tou-te-s les élèves dans tous les établissements scolaires, sans aucune anticipation du risque sanitaire que tout indique à la hausse. Ainsi, la distanciation physique n’est plus obligatoire alors qu’il est toujours recommandé de respecter les gestes barrière qui demeurent «les mesures de prévention individuelles les plus efficaces contre la propagation du virus». De même, toutes les mesures permettant de limiter le brassage dans les salles de classes n’ont désormais vocation à s’appliquer que «dans la mesure du possible». Le port du masque n’est plus obligatoire dans le cas où la distance d’au moins un mètre est respectée, ce qui est pratiquement impossible à mettre en place avec l’accueil de tou-te-s les élèves. Tous les personnels auront à leur disposition deux masques pour chaque jour de présence dans les établissements mais les parents devront fournir des masques à leurs enfants [à partir de 11 ans, NdA], ce qui est parfaitement scandaleux. Alors qu’ailleurs d’autres choix ont été effectués (en Italie par exemple, création de 84 000 postes et réduction des effectifs par classe), en France le ministère préfère maintenir les effectifs par classe très élevés en continuant à supprimer des postes. Six mois après le début de la crise sanitaire, l’Éducation nationale ne s’est toujours pas donné les moyens de préparer au mieux la rentrée : Sud Éducation dénonce l’irresponsabilité du gouvernement qui ne prend toujours pas les mesures nécessaires afin d’assurer une rentrée sereine pour tous et toutes. »

Info Coronavirus COVID-19 - Masques grand public | Gouvernement.fr
Pédagogie gouvernementale, pour une fois correcte.

Pour résumer, les alertes du Conseil scientifique à propos d’une deuxième vague « hautement probable » entraînent une surenchère dans l’exigence du port des masques en extérieur – sans aucun discernement pour les zones concernées par l’obligation, comme à Paris où une rue se parcourra masqué et celle d’à côté, à la même fréquentation, pourra pourtant s’arpenter à visage découvert. Mais dans le même temps, on lâche complètement l’affaire dans l’Éducation nationale ! Déboussolés, les Français ne savent plus que croire. Certains sont inquiets, voire terrorisés (les chaînes d’info continue sont d’hystériques amplificateurs de panique !) et d’autres – les « anti-masques » – propagent les sornettes les plus idiotes et se prennent pour des rebelles en refusant de se masquer. Mais tous en ont assez des injonctions paradoxales, des incohérences, de l’amateurisme et de l’improvisation permanente macroniste.

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Mai 122020
 

La phrase du jour qui vaut à son auteur notre distinction du Bonnet d’âne eût pu être signée Marlène Schiappa,  Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, déclarant : « Sibeth Ndiaye est en train de devenir un rôle modèle pour plein de jeunes filles ». Alors que la France entière se moque de la porte-parole du gouvernement, il fallait oser. Mais on le sait, Schiappa ose tout – comme Ndiaye du reste. C’est donc certainement partie remise pour la bouillante corse, parce qu’elle est cette fois tombée sur plus fort qu’elle.

Nous nommons Jean-Michel Blanquer, qui goûtera tout le sel de se voir décerner un Bonnet d’âne pour un ministre de l’Éducation nationale.

Via le compte Twitter du camarade Fontenelle

C’était sur Europe 1, lisez lentement pour mieux déguster le nectar.

« Il y a plus de risques à rester chez soi que d’aller à l’école ».

Affirmation précédée de l’amusant « Beaucoup de pédiatres le disent ». Bon sang, mais ça fait huit semaines qu’on nous serine « Sauvez des vies, restez chez vous » ! Pour commenter cette sortie revigorante de Jean-Michel Blanquer, nous pensons d’abord à l’absurde et au surréalisme. Puis très vite au mépris immense pour son auditoire de la tête d’œuf : faut-il prendre les gens à ce point pour des abrutis quand on manie à un tel niveau le foutage de gueule ? Bonnet d’âne mérité donc pour l’idole du Point, doublé du 89e Ferme ta gueule !, bien senti, de l’histoire de plumedepresse.

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