Juil 092020
 

Nous, on en a assez qu’on nous impose les choses d’en haut. On nous a imposés la Métropole, ça suffit !

Martine Vassal, 11 mai 2017, actuellement présidente de… la Métropole. Ce n’est pas le vent qui tourne, c’est Martine !

Résumé des épisodes précédents : battue dans son propre secteur à Marseille (où l’ancien maire Jean-Claude Gaudin était élu chaque fois au premier tour) par une novice en politique lors des élections municipales, autrice d’une campagne complètement délirante et éclaboussée par le scandale des procurations frauduleuses, Martine Vassal a d’abord voulu être tout de même candidate au fauteuil de maire, à la faveur du fameux troisième tour, le vote des conseillers municipaux nouvellement élus. Bien que distancée de huit points sur l’ensemble de la ville, Madame-je-n’ai-pas-de-figure avait osé déclarer : « Je n’ai pas perdu, ce soir il n’y a pas de majorité à Marseille ». En effet, par le jeu du nombre de conseillers accordés par chaque secteur de la ville, le Printemps marseillais, coalition écologiste-gauche, ne disposait que d’une majorité relative. Puis Vassal s’est finalement retirée au profit d’un vieux barbon UMPiste de 75 ans, Guy Teissier, au passé d’extrême droite et ayant eu maille à partir avec la justice pour des propos racistes. Même pas élu maire de secteur ! Mais en cas d’égalité, son âge lui eût valu de l’emporter… Ou comment tenter de confisquer le vote du peuple en le spoliant de la victoire du Printemps marseillais. Mais la manœuvre a échoué : la sénatrice ex PS (Vallsiste) élue des quartiers nord – elle réclamait qu’on y envoie l’armée ! -, Samia Ghali, elle aussi soupçonnée de procurations frauduleuses, a monnayé son appui à l’écologiste Michèle Rubirola contre un poste de deuxième adjointe. Exit la droite à Marseille. Mais qu’à tout cela ne tienne : Vassal vint d’être réélue ce matin présidente de la Métropole !

https://www.leravi.org/medias/dessin-de-presse/martine-et-la-metropole/

« Martine Vassal, actuelle présidente de la Métropole Aix-Marseille Provence, a officiellement annoncé sa candidature à sa propre succession, à Pélissanne, entourée entre autres du maire de la commune, des présidents des conseils de territoires du pays d’Aix, salonais, Istres Ouest Provence, et du représentant de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône », annonce made in marseille. « Avec le soutien de Maryse Joissains, la Balkany provençale, menacée d’inéligibilité, et farouche adversaire… de la Métropole », résume Le Ravi. Joissains a en effet vu sa condamnation par la Cour d’appel cassée pour vice de forme… Un nouveau procès aura lieu et elle reste donc sous le coup d’une accusation de « détournement de fonds publics » et « prise illégale d’intérêt ». Notons enfin, parmi les autres soutiens de Vassal-la-moisie, celui de l’inénarrable François Bernardini, condamné pour sa part dans le passé pour « ingérence, détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux » et actuellement toujours visé par une enquête du Parquet national financier pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des délits de prise illégale d’intérêts, de trafic d’influence par personne chargée d’une mission de service public ». Et tout de même réélu au premier tour maire d’Istres. La politique comme on l’aime ! La droite a la majorité à la Métropole : Vassal est passée. Qu’importent l’honneur et la décence.

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Juin 202020
 

Acculée par l’affaire des procurations frauduleuses qui prend un tour franchement sordide et les sondages qui la donnent perdante, la présidente LR du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix-Marseille Provence, candidate à la mairie de la cité phocéenne en héritière de l’inamovible Jean-Claude Gaudin, invente la fable improbable d’un « coup d’État » de « l’ultra gauche ». Prends tes pilules, Martine !

Hallucinante interview de Martine Vassal à La Provence

L’ultra gauche est en passe de prendre Marseille, la 2e ville de France. Donc les équipes de Mélenchon sont aux portes de la ville. On est en train d’essayer de créer un climat – mais y’a pas que pour cette raison, hein ! -, un climat qui est en vérité… Bon, je vais oser le mot : un coup d’État. L’ultra gauche est en train de faire un putsch à la cubaine ou à la vénézuélienne sur Marseille.

Martine Vassal, 17 juin 2020

Les bras nous en tombent. De quoi Martine Vassal parle-t-elle exactement ? En quoi consisterait ce « coup d’État » ? Relisez posément : c’est « un climat » qu’« on est en train de créer » (qui est ce « on » ?) qui constitue le terrifiant « coup d’État » qu’élucubre – osons un néologisme – la représentante de la droite bucco-rhodanienne. Sur quoi s’appuie-t-elle ? Nous n’en saurons rien puisqu’elle n’apporte aucune précision. Le journaliste de La Provence lui a-t-il posé la question ? On imagine que oui, tant l’affirmation est énorme. Mais sans doute a-t-elle refusé de répondre. Et pour cause : Vassal serait bien en peine de s’expliquer. En l’occurrence, le « coup d’État » consiste seulement à l’empêcher d’être maire de Marseille !

Les insoumis s’amusent bien sur les réseaux sociaux.

Le même jour, la candidate LR accorde un autre entretien à Sud radio où elle élucubre derechef : « Les Marseillais ne veulent pas de l’ultra gauche à Marseille, ils ne veulent pas d’un pantin. Parce que c’est quoi, Madame Rubirola aujourd’hui ? C’est le fantôme de Monsieur Mélenchon qui traîne derrière. » D’autant plus gonflé que le député insoumis n’a apporté son soutien au Printemps marseillais, coalition de gauche, écologiste et citoyenne dont Michèle Rubirola (Europe Écologie-Les Verts, EELV) est la tête de liste, que le 7 juin, et encore de façon on ne peut plus mesurée ! Et sans l’avoir soutenue au 1er tour.

En réalité, la France insoumise (LFI) marseillaise s’est déchirée à l’occasion de cette élection. S’il y a bien des insoumis candidats pour le Printemps marseillais (dont Sophie Camard, la suppléante de Mélenchon) – et nous avons l’honneur d’en compter plusieurs parmi nos camarades -, présenter l’ancien double candidat à la présidentielle comme le marionnettiste qui tire les ficelles et décide de tout en sous-main est proprement invraisemblable. Le Printemps marseillais réunit PS et PC – Vassal dit toujours « les socialo-communistes », parce que « socialistes », tout seul, ça ne fait vraiment peur à personne ! -, collectifs citoyens (dont ceux qui se sont formés suite à la catastrophe de la rue d’Aubagne, symbole de la gestion Gaudin, criminelle à force d’être antisociale) et certains insoumis. EELV y est allée au 1er tour de sa liste propre – Rubirola était alors dissidente dans sa volonté de rassembler, lire par exemple Malgré une tête de liste écologiste au Printemps marseillais, EELV veut aller « jusqu’au bout » -, avant de se rallier après son score de 8,94%, loin derrière les 23,44% de Rubirola (Vassal a fait 22,32%). Voilà donc ce qu’est le Printemps marseillais et prétendre que Mélenchon en est le vrai candidat est grotesque.

Mais Vassal voit le député de Marseille comme l’épouvantail rêvé pour remobiliser l’électorat de base de la droite, d’où son absurde tentative de le faire passer pour le vrai candidat caché. Elle dit du reste textuellement dans Le Figaro : Mélenchon est « le vrai candidat du Printemps marseillais».

Et derrière Mélenchon, cette fameuse ultra gauche (dont il serait le chef). Le délire de Vassal monte encore d’un cran : « On a aujourd’hui un enjeu colossal sur Marseille ; aujourd’hui sur Marseille, l’ultra gauche est ultra violente, poursuit l’affabulatrice sur Sud radio. On a un quartier qui s’appelle La Plaine. Ce quartier-là… Les habitants, les commerçants n’en peuvent plus. Toutes les semaines, il y a des émeutes. La police, elle prend… elle est à bout, la police. On demande des effectifs de police. On veut que cette ville, ce soit la plus belle ville, excusez-moi, de France et du monde, parce qu’on y croit. Parce que cette ville, elle a tous les atouts pour réussir. Mais on veut pas des casseurs. On veut pas de l’ultra gauche. (…) Alors oui, les Marseillais sont des révolutionnaires. Et là, on va montrer qu’on n’est pas dupes et on ne va pas se faire voler l’élection. C’est un coup d’État de Mélenchon. Moi, je dis non au coup d’État de Mélenchon ! » Mais prends tes pilules, Martine !

Il n’y a évidemment, pas plus qu’un fantasmatique coup d’État, d’émeutes à La Plaine chaque semaine. Imaginez bien que vous en auriez entendu parler ! Mais un mouvement citoyen de contestation par les habitants d’un projet d’aménagement de… la mairie Gaudin, dont Vassal est la représentante adoubée par le vieux sénateur LR. L’histoire du « coup d’État » et de « l’ultra gauche » qui mettrait Marseille à feu et à sang n’est qu’une pathétique diversion. D’abord parce que le dernier sondage donne Rubirola à 35% et Vassal à 30. Ensuite parce que le scandale des procurations frauduleuses prend de l’ampleur et un tour de plus en plus sordide.

Alors qu’une enquête à propos de procurations frauduleuses pour le camp de la droite était déjà ouverte, on apprend que les équipes de Vassal auraient fait voter au 1er tour 51 résidents d’un Ehpad, dont certains ne sont absolument plus en possession de leurs capacités intellectuelles. « La semaine dernière, L’œil du 20H montrait qu’une candidate de la liste LR à Marseille proposait d’obtenir une procuration sans passer par le commissariat. Nos équipes révèlent à présent que lors du premier tour des élections municipales, des électeurs ont voté par procuration à la place des résidents d’un Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) qui ne les connaissaient pas. Les familles des personnes âgées, pour certaines malades d’Alzheimer, sont sidérées », dévoile France 2. Qui ajoute que des procurations ont été établies sans pièce d’identité – ce qui est parfaitement illégal. « Les listes d’émargement font apparaître parmi les mandataires de ces pensionnaires les noms de plusieurs proches de Julien Ravier [le maire LR des 11 et 12e arrondissements], dont son directeur de cabinet, un élu ou encore la directrice générale des services de sa mairie », précise 20 minutes. Le gratin. Bien-sûr, Ravier prétend n’être au courant de rien et a demandé à son directeur de cabinet de « se mettre en retrait » de la campagne. Et Vassal ? Au courant de rien non plus. Jusqu’à qui l’enquête parviendra-t-elle à remonter ? Quoi qu’il en soit, le discrédit et l’opprobre sont désormais jetés sur la candidate LR. D’où son discours de semi-démente, pour reprendre une formule adressée par Mélenchon à Marine Le Pen. Et il est vrai que Vassal se couvre du même niveau de ridicule. Voilà où en est aujourd’hui la droite marseillaise. Et que vive le Printemps marseillais !

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