Mai 052020
 

Toujours soucieux de donner un coup de main au gouvernement – vous nous connaissez ! -, Plumedepresse.net propose sa contribution dans la lutte contre les fausses informations engagée par la Macronie, qui vient de créer son propre service de factchecking (vérification des faits, pour les personnes hermétiques à l’anglais), la rubrique Désinfox sur le site gouvernemental officiel. C’est la porte-parole Sibeth Ndiaye qui l’a elle-même annoncé sur Twitter, déclenchant une hilarité furieusement contagieuse parmi les internautes.

Désinfox recense donc des articles de presse, de FranceTVInfo, Libération, 20 Minutes, l’AFP, Le Monde…, qui démentent les informations erronées circulant à propos du Covid-19. Justement, en bon journaliste citoyen, nous lui signalons la parution d’un article qui participe de façon exemplaire à cette entreprise de salubrité médiatique : Réouverture des écoles : le choix du gouvernement est bien en désaccord avec le conseil scientifique, du Monde. Parce que figurez-vous que certains prétendent l’inverse ! Un exemple ? Olivier Véran, ministre de la Santé (et mêmes des Solidarités paraît-il). « Le conseil scientifique était opposé à la réouverture des écoles comme avant, ce qui n’a jamais été notre volonté. Nous sommes donc en accord », a déclaré le bougre.

Or qu’a précisément statué le Conseil scientifique, dans son avis finalisé le 16 avril ? « Le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes. En conséquence, le Conseil scientifique propose de maintenir les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre. » Les Décodeurs, pseudonyme collectif des auteurs de cette rubrique du Monde, poursuivent leur démontage : « Les recommandations sanitaires publiées dans l’avis du 24 avril ne changent pas la position du Conseil scientifique : celui-ci énonce clairement une deuxième fois avoir « pris acte » de la décision politique et formule des recommandations en conséquence de cette décision. M. Véran joue sur le fait que le conseil a formulé ces recommandations pour sous-entendre qu’il soutient cette décision, ce qui est inexact, pour trois raisons. D’abord, parce que le conseil a énoncé une position opposée claire, ensuite parce que le conseil n’a, à aucun moment, dit « soutenir » de près ou de loin cette initiative. Et, enfin, parce que ses recommandations suivantes ne changent pas sa position. Le conseil a en effet un rôle d’aide à la décision qui implique qu’il formule des recommandations pour éclairer la décision politique… ou s’adapter à celles déjà prises. »

Quand le gouvernement se pique de traquer les fausses informations, que ses membres en profèrent eux-mêmes fait singulièrement désordre. Ou comme dit le proberbe, « Quand on grimpe au cocotier, il faut avoir le cul propre ».

Partagez cet article
Avr 082020
 

C’est le directeur de l’Agence régionale de santé du Grand Est qui parle, dans L’Est républicain : « Pas de raison de remettre en cause le Copermo pour le CHRU [Centre hospitalier régional universitaire] de Nancy. Le dossier devait être examiné début juin. Nous aurons quelques semaines de retard mais la trajectoire restera la même en faisant le pari du développement de la chirurgie ambulatoire et de la rationalisation des installations en passant de 7 sites à un seul. C’est une vision très exigeante . » Très exigeante ? Christophe Lannelongue manie l’euphémisme. En effet, le Copermo (acronyme typique de la Novlangue signifiant Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers) prévoit la suppression de 598 postes dans les cinq ans et la fermeture de 174 lits. Dans le Grand Est, donc, précisément là où la pandémie met en lumière le criant manque de lits hospitaliers ! Pour Lannelongue, « pas de raison » donc. Est-il possible d’être aussi aveugle ?

Réponse du CHRU de Nancy : « Totalement mobilisées, les équipes ont augmenté de manière exponentielle les capacités en lits de réanimation, passant de 70 à 150 lits ouverts au service des malades. Dans ce contexte, la position de l’ARS Grand-Est énoncée ce matin dans la presse régionale, évoquant la suppression de 598 postes et 174 lits, apparaît comme totalement décalée. Évoquer de tels chiffres à l’heure où les équipes vont au bout de leur investissement personnel est à la fois déconcertant et indécent. Cela témoigne d’une absence de compréhension des réalités de terrain et d’empathie par rapport aux soignants, ce qui ne manquera pas de les blesser en plein combat. (…) Cette crise planétaire que nous affrontons nous imposera collectivement une révision complète de la politique de santé dans ce pays depuis le début du siècle, pour l’adapter aux enseignements que nous devrons en tirer. Le Copermo tel que nous l’avons connu avec ses normes, abaques et doctrine n’est de toute évidence plus adapté. »

Réaction du ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, sur Twitter : « L’heure viendra de tirer les enseignements de cette crise sans précédent et de refonder notre hôpital. Tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra.” Allons bon, une grande consultation… Alors que les personnels soignants sont en lutte depuis plus d’un an et qu’on les a écoutés jusqu’à présent à grands coups de gaz lacrymogènes et de matraques ! En outre, puisque les mots ont un sens, que signifie « suspendre » ? Réponse du dictionnaire Larousse : « Interrompre momentanément le cours d’une action, de quelque chose; remettre à une date indéterminée ce qui était prévu« . Inutile de préciser qu’il y a lieu d’être sceptiques quant à l’abandon de l’idéologie mortifère qui met notre système de santé à genoux.

Partagez cet article