Nov 022012
 

plumedepresse a souvent protesté à propos de l’affaire Tarnac, notamment dans le billet du 31 janvier 2009, Julien Coupat, prisonnier politique, ou dans celui du 25 novembre de la même année, Tarnac : une manipulation politico-policière. Nous reprenons aujourd’hui cette dernière formule, un nouvel élément venant apporter de l’eau à notre moulin. On savait déjà que le dossier était vide et que l’accusation de sabotage ne tenait pas« Un simple transport sur les lieux du présumé sabotage du juge d’instruction antiterroriste Thierry Fragnoli pourrait lui permettre de comprendre que Julien Coupat et sa compagne n’étaient pas sur place et que le PV de la Sdat est un faux », expliquait en novembre 2009  Maître Jérémy Assous, l’avocat de Coupat. « Pour lui, les policiers n’étaient pas là et ils ont tout inventé« , reportait L’Obs.comEn cause, un procès-verbal de filature, daté du 8 novembre 2008, d’un membre de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) dans lequel il est écrit que Julien Coupat et sa compagne se seraient trouvés au pied de l’une des lignes TGV visées, en pleine nuit pendant 20 minutes. « La seule preuve au bout de sept mois où l’élite de la police française a enquêté sur le groupe de Tarnac », selon Me Jérémy Assous. « Cela signifierait qu’un fer à béton de 2,5 kilos a été placé en moins de 20 minutes sur une caténaire après l’escalade d’une perche de cinq mètres », a estimé Me Assous. Le conseil de Julien Coupat a expliqué « qu’il est impossible d’approcher à 25 centimètres des caténaires sans être électrocuté immédiatement ». Selon lui, « même les agents de la SNCF mettent 45 minutes pour remplacer une caténaire. » (…) « Auparavant, ce même PV s’était trouvé au banc des accusés lorsque les avocats de Lévy et Coupat avaient remis, début novembre, une note de sept pages au juge d’instruction Thierry Fragnoli, dénonçant « anomalies » et « incohérences » de l’enquête », ajoutions-nous : « Dans leur note, les avocats critiquent plus particulièrement le contenu de l’enquête sur un des sabotages, précisait  Le Monde, commis dans la nuit du 7 au 8 novembre en Seine-et-Marne. Julien Coupat, présenté comme le cerveau de ces actes, et sa compagne Yldune Levy sont soupçonnés d’en être les auteurs alors qu’ils étaient l’objet cette nuit-là d’une filature. Les avocats relèvent notamment qu’« aucun des fonctionnaires de police chargés de la surveillance continuepneu […] n’a déclaré avoir vu l’un d’entre eux sortir du véhicule ou y entrer, ni avoir vu personne sur la voie ferrée ». Ils relèvent en outre que les traces de pneus relevées à proximité de la voie sabotée ne « sont pas compatibles » avec la voiture de Coupat. »

Voici donc à présent le fait nouveau qui justifie ce nouveau billet, sujet d’un article de Libération« Le Canard enchaîné révèle un indice matériel majeur qui tend à dédouaner Yildune Lévy, 29 ans, de son implication supposée avec son compagnon Julien Coupat, 38 ans, du sabotage d’une ligne de TGV, le 8 novembre 2008. Selon les policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat), le couple se serait trouvé à Dhuisy, en Seine-et-Marne, à bord d’une vieille Mercedes, pour poser un fer à béton sur un caténaire à l’aide d’une perche, entre 4 heures et 4h20 du matin. Or, selon l’hebdomadaire satirique, la carte bancaire d’Yildune Lévy, mise en examen dans cette affaire dite de Tarnac et incarcérée un temps, a été utilisée à 2h44 à Pigalle, à Paris, ce 8 novembre 2008, pour retirer 40 euros, loin du lieu de la dégradation que la justice relie à «une entreprise terroriste»(…) Pour l’un des avocats de Yildune Lévy, MeJérémy Assous, «cet élément anéantit définitivement la version policière, déjà mise à mal par un grand nombre de contradictions». » Il va falloir à présent dédommager le couple pour l’inique détention qu’ils ont subie et sanctionner les policiers auteurs du faux, tout en remontant aussi haut que possible dans la hiérarchie pour châtier également tous les complices de cette manipulation politico-policière, à finir par Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur de l’époque, François Fillon, Premier ministre, et Nicolas Sarkozy, président de la République. Puisqu’il est impensable que ces braves gens n’aient pas été au courant que Coupat et Lévy étaient accusés à tort, mais qu’ils préféraient sacrifier la justice à l’objectif politique d’agiter le spectre d’une menace de « l’ultra gauche ». Si ces mises en cause nous semblent par conséquent nécessaires, nous doutons évidemment qu’elles surviennent jamais.

L’illustration ci-dessus est piquée au blog du confrère Jean-Marc Manach.

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  19 commentaires à “Tarnac : la manipulation politico-policière confirmée”

  1. bon billet. heureusement qu’il y a du suivi et du travail, par chez nous… Vive la persistance des idées ! Et de l’observation vigilante.

    • Le truc qui me surprend, c’est que les sabotages en question aient cessé lorsque ce groupe a été arrêté. Attention, je ne suis pas en train de dire que je les crois coupables (ou innocent, d’ailleurs, puisque je n’ai pas le moindre élément de décision à ce sujet), mais je relève que c’est assez bizarre quand même. Les hypothèses qui viennent à l’esprit pour expliquer le phénomène, sont assez dérangeantes.

      • C’est pas comme s’il y avait eu une grande vague de sabotage ! Les preuves sont établies de leur innocence.

        • d’autant plus que des actes de malveillance sur les lignes de la SNCF ont été qualifiés follement de terroristes par le tandem Bauer(un proche de Valls, tiens tiens) Squarcini qui avait besoin de vendre à tout prix sa semoule du terrible péril de l’ultra gauche et se faire mousser dans l’optique de la création de la DCRI dont Squarcini est devenu directeur. Ensuite un peu de guerre des polices et des services, un peu de délire de flics d’extrême droite et cela a donné cette très inquiétante affaire d’état policier.

      • @Rigel :
        vous êtes naïf, ou vous faites semblant ?
        si j’avais monté un tel complot, et si je voulais faire accuser ces personnes, bien sûr que dès qu’ils sont arrêtés, j’arrête les dits-sabotages !

  2. De dangereux terroristes!

    Comme Aurore Martin…

    Misère…

  3. Dimanche 18 novembre 2012 :

    13h37 –

    Michèle Tabarot, députée des Alpes-Maritimes, l’une des plus grosses fédérations UMP, fait état des soupçons de fraude dans les bureaux de Cannes et de Nice. Ce soutien de Jean-François Copé parle notamment de « fausses procurations » à Nice et d’une liste électorale incomplète et scindée « en trois » à Cannes.

    Les huissiers ont été sollicités pour vérifier ces accusations.

    http://www.bfmtv.com/politique/direct-congres-ump-militants-commencent-a-voter-385434.html

  4. Mardi 20 novembre 2012 :

    Fillon : « Cette fracture est à la fois politique et morale ».

    A l’issue de la proclamation des résultats de la Cocoe, l’ex-Premier ministre a pris acte lundi soir de sa défaite face à Jean-François Copé pour la présidence de l’UMP, en soulignant la « fracture à la fois politique et morale » au sein du parti, ajoutant qu’il se prononcerait sur son propre avenir « dans les jours qui viennent ».

    « Je prends acte du résultat, j’aurais préféré m’en satisfaire (…) Au-delà des nombreuses irrégularités de ce scrutin que j’aurais pu contester, ce qui me frappe surtout ce soir est que la fracture qui traverse notre camp politique est désormais manifeste, cette fracture est à la fois politique et morale. La réduire et la dépasser, tel est l’objectif que désormais je m’assigne. Je ferai connaître dans les jours qui viennent les formes que prendront mon avenir et mon engagement politique », a-t-il déclaré depuis son siège de campagne parisien du 7e arrondissement.

    UMP : « Plus jamais ça » pour Laurent Wauquiez.

    « Plus jamais ça. C’était juste médiocre », a réagi mardi Laurent Wauquiez, soutien de François Fillon, au lendemain de la campagne pour la présidence de l’UMP, qui s’est soldée par la défaite de l’ancien Premier ministre face à Jean-François Copé.

    « Je ne suis pas fier parce que le spectacle qu’on a donné au cours des deux derniers jours était au fond aussi pitoyable que grotesque », a réagi sur Radio Classique le député UMP de Haute-Loire, en dénonçant « une somme d’irrégularités (…) à faire pâlir n’importe quelle démocratie naissante ».

    http://www.romandie.com/news/n/UMP_Plus_jamais_ca_pour_Laurent_Wauquiez201120120928.asp

  5. Vendredi 23 novembre 2012 :

    Présidence de l’UMP : François Fillon lance : «Un parti, ce n’est pas une mafia»

    8h00 : François Fillon estime qu’«un parti, ce n’est pas une mafia»

    François Fillon, candidat défait dimanche, s’est montré très offensif ce vendredi matin, estimant qu’«un parti, ce n’est pas une mafia». «Un parti politique, ce n’est pas une mafia, un endroit où on peut étouffer les affaires, refuser de dire la vérité. (…) J’entends souvent dire qu’on est dans une famille et que dans une famille, on n’étale pas ses différends. Ca ressemble étrangement à la notion d’une mafia», a-t-il dit sur RTL.

    http://www.20minutes.fr/politique/1048568-live-presidence-ump-francois-fillon-lance-un-parti-mafia

  6. Lundi 26 novembre 2012 :

    UMP : l’équipe de François Fillon fait saisir à titre conservatoire les données du scrutin.

    L’équipe de François Fillon a annoncé lundi qu’elle demandait la « saisie à titre conservatoire » des données de l’élection du président de l’UMP le 18 novembre, et fait savoir que des huissiers avaient été mandés pour « assurer la bonne conservation et l’égal accès de ces documents ».

    « Dans le cadre de la procédure en justice qui sera intentée pour rétablir la vérité sur les résultats, François Fillon demande un accès équitable aux données électorales (listes d’émargement, procès verbaux, procurations…) », fait savoir son équipe dans un communiqué.

    « Toutes ces raisons conduisent l’équipe de campagne de François Fillon à demander, en vertu de l’article 145 du nouveau code de procédure civile, la saisie à titre conservatoire des données électorales pour garantir ses droits de défense », ajoute le communiqué.

    « L’ordonnance rendue par le vice-Président du tribunal de Paris mandate en conséquence des huissiers pour assurer la bonne conservation et l’égal accès de ces documents, soit au siège de l’UMP, soit, au cas ou cela s’avèrerait impossible, dans les locaux de la chambre nationale des huissiers ».

    http://www.romandie.com/news/n/_UMP_l039equipe_de_Francois_Fillon_fait_saisir_a_titre_conservatoire_les_donnees_du_scrutin261120121047.asp

  7. Mardi 27 novembre 2012 :

    19h48 : le groupe « Rassemblement-UMP » officiellement créé.

    Le groupe « Rassemblement-UMP », présidé par François Fillon, a officiellement déposé sa déclaration politique et la liste de ses 68 membres à la présidence du Palais Bourbon, selon une source parlementaire.

    « Nous constituons ce groupe à titre conservatoire », avait expliqué dans l’après-midi l’ex-ministre Patrick Ollier, pro-Fillon. Toutefois, ce groupe doit être validé lors de la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale dont la prochaine réunion se déroule… mardi prochain.

    http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/EN-DIRECT-le-groupe-parlementaire-de-Fillon-officiellement-cree-577309

    A l’Assemblée Nationale, il y a donc deux groupes parlementaires pour la droite :

    1- Le « Rassemblement-UMP » compte 68 députés. Leur président est François Fillon.

    2- L’UMP compte 126 députés. Leur président est Jean-François Copé.

  8. RUMP : un nouveau groupe parlementaire est né. On est bien content ! Plus ça fractionne, mieux on se portera !

    Du RUMP au RPR il n’ y a qu’un pas que la RU(M)PTURE va vite accélérée. Qui sait ? Bientôt le retour de Jacques Chirac ? Et demain, la résurrection de Georges Pompidou.

    Le couple Fillon & Copé restera aussi longtemps dans nos mémoires politiques que Bouvard et Pécuchet le furent en ce qui concerne nos mémoires littéraires.

    J’imagine bien Copé annoner :  » La politique est faite suivant les données trouvées dans un coin de l’étendue. Peut-être ne convient-elle pas à tout le reste qu’on ignore, qui est beaucoup plus grand et qu’on ne peut recouvrir.  »

    ( Bien le bonjour chez vous M.Bonnet ! )

  9. Dimanche 2 décembre 2012 :

    Fillon rejette la proposition Copé, le blocage se poursuit à l’UMP.

    François Fillon a rejeté la proposition d’un nouveau vote à l’UMP en 2014, proposition que venait de lui faire Jean-François Copé dimanche soir lors d’une réunion publique à Nancy.

    20h15 :

    Copé regrette la réaction de Fillon.

    La réunion publique de Nancy n’était pas achevée que les fillonistes annonçaient une fin de non recevoir aux propositions de référendum de Jean-François Copé et d’une nouvelle élection en 2014, après les municipales.

    « En tout cas il ne sera pas dit que je n’ai pas fait preuve d’un grand esprit d’ouverture », a réagi Copé, la mine dépitée. « Je regrette de ne pas avoir été entendu. Ma porte a toujours été ouverte, ma main a toujours été tendue et elle continuera de l’être », a-t-il poursuivi en précisant qu’il ne voyait « pas le lien » avec la réunion du comité des sages que les fillonistes demandent.

    Interrogé sur le possibilité d’autres propositions, Copé a expliqué : « je ne vois pas très bien lesquelles ».

    « Je ne connais pas beaucoup de gens qui, ayant été proclamé deux fois de suite, injurié comme j’ai été injurié, non seulement accepte de tendre la main mais propose que les militants votent par référendum pour la modification des statuts et accepte de remettre leur mandat en jeu à mi-mandat », conclut-il.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/12/02/97001-20121202FILWWW00207-cope-regrette-la-reaction-de-fillon.php

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