Mar 012011
 

Le foutage de gueule de la France à propos de Salah Hamouri, prisonnier politique franco-palestinien en Israël, quand les soldats de la tsahal « pissent » sur un enfant de 13 ans qu’ils torturent, les week-ends à 27 000 € de Fillon (avec votre argent), Sarkozy qui fait effacer ses photos compromettantes avec des dictateurs, les mensonges d’Alliot-Marie, comment ses parents ont spolié le peuple tunisien et Lagarde le contribuable français, avec sa procédure illégale d’arbitrage en faveur de Tapie, les manipulations de l’information par TF1 et le Figaro, ce co-fondateur et richissime donateur de l’UMP éclaboussé par une série d’énormes scandales, l’ignoble instrumentalisation d’un fait-divers par un président franchissant une nouvelle fois la ligne jaune, semant une révolte historique chez les magistrats, la dernière citation en rubrique Ferme ta gueule ! de la carrière ministérielle d’Hortefeux, la lourde condamnation par la justice de France Inter pour le licenciement de Stéphane Guillon (Hees, Val, remboursez !) ou encore un titre dont se passerait bien la France, celui de championne d’Europe des pesticides : voici quelques-uns des sujets abordés en février dans notre Kiosque permanent. Nous publions ci-dessous l’intégralité de ses éditions du mois écoulé, que nos abonnés ont pu consulter en temps réel. 2€ pour un mois, 12€ pour 6 mois ou 24€ pour un an : l’info libre et indépendante ne nourrit pas son homme, soutenez plumedepresse, abonnez-vous !

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28 février 2011

Salah Hamouri, prisonnier politique en Israël : on arrête (enfin) les conneries, Juppé ?

14 h 11 – Le 19 février dernier, le Comité de soutien au franco-palestinien Salah Hamouri s’indignait avec raison dans un communiqué au titre rageur, Le sommet de l’inacceptable est atteint« En réponse à notre interpellation concernant l’absence d’action des autorités françaises pour obtenir la libération de Salah Hamouri, la ministre des Affaire étrangères, Michèle Alliot-Marie, nous écrivait avec fermeté le 5 janvier dernier que : «Il n’appartient pas aux autorités françaises d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un Etat souverain». Nous dénoncions aussitôt cette affirmation mensongère puisque aussi bien en Iran, au Mexique ou en Afrique par exemple, les «autorités françaises» intervenaient de manière publique en faveur de compatriotes emprisonnés. Et nous soulignions que cela était vrai partout sauf dans un seul cas : pour Salah Hamouri. Suite au rejet du recours en cassation de la justice mexicaine de notre compatriote Florence Cassez, la ministre évoque – et répète sur les médias audiovisuels – que cette décision constitue «un déni de justice qui aura des conséquences sur les relations entre la France et le Mexique». L’ambassadeur du Mexique a été convoqué sur le champ au Quai d’Orsay et le  président de la République a reçu, pour la dixième fois, la famille de Florence Cassez à l’Elysée. Tandis que le président indiquait vouloir dédier à Florence Cassez «l’Année du Mexique en France», la ministre des Affaires étrangères faisait savoir qu’elle la boycottera. Une crise diplomatique entre la France et le Mexique en résulte. L’ambassadeur de ce pays en France claquant la porte du Sénat mercredi 16 février, tandis que Madame Alliot-Marie revenait à la charge à la tribune de la Haute assemblée sur ce sujet. Nous ne connaissons pas le dossier de Florence Cassez, et bien évidement nous lui souhaitons le meilleur. Le président de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, M. Poniatowski, a déclaré à la télévision que Florence Cassez «était innocente». Il doit certainement savoir ce qu’il dit pour oser s’aventurer sur pareil terrain. Mais la preuve est une nouvelle fois faite que pour Salah Hamouri rien de tel n’est mis en œuvre. Le cas de Salah est pourtant particulièrement clair : il n’a tué personne, il n’a enlevé personne, il n’a attenté aux jours de personne. Le «jugement» parle d’une simple «intention» qu’il aurait eue. Et depuis plus de 6 ans il est en prison, condamné à 7 ans de prison par un tribunal militaire d’occupation israélien. C’est le seul et le plus vieux prisonnier politique français dans le monde ! Et les autorités françaises «n’interviennent pas ni ne commentent». Dans ce cas précis et uniquement dans ce cas. Pas de crise diplomatique à l’horizon, au contraire. Le sommet de l’inadmissible est donc atteint. Pour les autorités françaises on ne touche pas à Israël quoi que fasse cet Etat. Un Français est en prison injustement ? «Et alors, qu’il y reste !» signifient les autorités françaises tandis que le président de la République refuse toujours de recevoir la famille de Salah. (…) Ce qui est bon pour Clotilde [Reiss, condamnée pour espionnage par Téhéran, NdA], Florence, l’Arche de Zoé doit être vrai aussi pour Salah. Les dossiers sont différents, celui de Salah est vide c’est certain. Nous ne pouvons accepter cette insupportable «raison d’Etat» qui fait qu’un homme ne vaut pas un homme dans le royaume sarkozyen. » Maintenant qu’Alliot-Marie, reine du foutage de gueule, a fait sa valise, adressons-nous à son successeur, Alain Juppé : fini les excuses bidon pour justifier l’inertie ! Dans l’affaire Hamouri, quand est-ce que la France va enfin faire pression sur Israël pour faire cesser l’intolérable emprisonnement d’un innocent ?

Quand la police veut expulser un Sénégalais vers… la Libye !

11 h 49 – On croit rêver ! « La police aux frontières a des instructions. Et elle les respecte, quel que soit le contexte politiqueécrit Mediapart. À deux reprises, les 22 et 23 février 2011, la PAF de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle a tenté de refouler un ressortissant sénégalais vers Tripoli, selon l’association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé). Cette personne avait fait escale dans la capitale libyenne à son retour d’un séjour de quelques jours dans son pays d’origine. Doutant de la véracité de son titre de séjour, les fonctionnaires de police français, plutôt que de vérifier l’authenticité du document auprès de la préfecture, ont décidé de la renvoyer dans le pays de provenance, en vertu de la Convention de Chicago. Sans l’intervention de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), ce Sénégalais aurait atterri à l’aéroport de Tripoli, au moment même où l’ambassadeur français chargé des droits de l’homme, François Zimeray, vient d’affirmer qu’il existe des «éléments précis et concordants pour une enquête pour crimes contre l’humanité» en Libye, que Nicolas Sarkozy a réclamé des sanctions et que le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés a déclaré être «de plus en plus préoccupé sur les dangers encourus par les civils pris malgré eux dans l’escalade de la violence en Libye, spécialement les demandeurs d’asile et les réfugiés.» On imagine ces abrutis criminels de la PAF face à l’infortuné voyageur implorant : « Mais j’ai un titre de séjour pour la France ! Vous ne pouvez pas m’expulser vers la Libye, je ne connais personne là-bas, mon vol y a juste fait escale, et puis des milliers de gens sont morts là-bas, c’est la révolution ! » Réponse des fonctionnaires français : « Veux pas l’savoir ! » Voilà où en est la Sarkozie après quatre ans de chasse aux crânes d’expulsés… Les mots nous manquent pour crier notre colère.

25 février 2011

Alliot-Marie et Patrick Ollier dégagent (enfin)

17 h 14 – Scoop de la rédaction du magazine Challenges : l’Elysée annoncera ce week-end le remaniement ministériel qui voit Michèle Alliot-Marie, qui se répandait encore ce matin partout sur l’air du « non, je ne démissionnerai pas, je suis en plein travail », enfin virée du gouvernement, ainsi que son compagnon, Patrick Ollier. Alain Juppé prendrait le ministère des Affaires étrangères, Brice Hortefeux le remplaçant à la Défense et Claude Guéant, jusqu’alors conseiller spécial de Sarkozy, entrerait au gouvernement en tant que ministre de l’Intérieur. Pas sûr que la substitution de l’abominable Hortefeux par le perfide Guéant, ancien complice de Pasqua, soit pour autant une bonne nouvelle en ce qui concerne les libertés publiques… Challenges ne précise pas si Ollier aura dans l’immédiat un successeur au ministère des Relations avec le parlement. Mais il est vrai que ce portefeuille ne sert absolument à rien.

François Morel : Mam, comme Mensonge Après Mensonge

10 h 47 – Chronique au vitriol ce matin sur France Inter signée François Morel, où l’humoriste s’est amusé à décliner l’acronyme Mam : « maladresse après maladresse »« malvenue au Maghreb », donc « ministre à moitié », « médiocrité, affairisme, mépris » ou peut-être le plus efficace que nous avons choisi pour titre : « mensonge après mensonge ». A visionner en ligne sur la page dévolue à la pastille hebdomadaire de Morel.

24 février 2011

Les week-ends de Fillon à 27 000 euros (avec votre argent)

23 h 59 – Week-end du Premier ministre : un avion de la République pour 255 kilomètrestitre France Soir« Le TGV a mis le fief du Premier ministre à une 1 h 20 de Paris-Montparnasse. Cette gare est elle-même à dix minutes de l’hôtel Matignon pour un convoi officiel. Mais François Fillon boude le TGV. Il emprunte systématiquement le Falcon 7X aux couleurs de la France, à l’initiative des services de sécurité. Pourtant, sans parler du prix, sur ce trajet le TGV est imbattable en temps ; il met le bureau parisien de M. Fillon à deux heures de sa résidence de Solesmes. » Le quotidien fait le calcul du temps qu’il faut à Fillon pour rallier son « petit manoir » de la Sarthe en Falcon, y compris le trajet jusqu’à l’aéroport : 1 h 40 à 1 h 45 minutes. Soit un quart d’heure de gagné par rapport au train, ou encore par rapport à un voyage par l’autoroute A 11, qui lui prendrait 1 h 45 aussi. Et combien ces 15 minutes coûtent-elles au contribuable ? 27 000 euros. Ainsi vivent les princes qui nous gouvernent, se lamentant que « les caisses sont vides », saccageant les services publics et sabrant les dépenses sociales sous ce prétexte – alors que cette supposée vacuité n’est causée que par leurs baisses d’impôts, qui ne profitent qu’à l’oligarchie, pourtant déjà largement repue, et par les généreuses exonérations aux grandes entreprises ordonnées par le Medef. Les autres – le peuple – n’ont qu’à se serrer la ceinture. « Ah, ça ira »

Patrick Ollier et la méthode Coué

12 h 54 – « Les mensonges réitérés, les attaques répétées fondées sur des contre-vérités ne font pas, quelle que soit la manière dont on les répète une vérité »a déclaré Patrick Ollier, ministre à l’Inauguration des chrysanthèmes des Relations avec le parlement, à propos de la mise en cause dont est l’objet sa ministre des Affaires étrangères de compagne. Quels mensonges ? Quelles contre-vérités ? Dans l’affaire tunisienne, c’est justement Alliot-Marie qui les a accumulés, au point que nous en avons dénombré six, irréfutables. La défense d’Ollier est inepte et ne repose absolument sur rien, sauf à croire que répéter inlassablement qu’on est victime d’attaques mensongères, quand bien même seraient-elles parfaitement argumentées et incontestables, suffirait à… en faire une vérité ! « Michèle Alliot-Marie a la confiance du président de la République et du Premier ministre », a-t-il poursuivi. Comme Eric Woerth... « Elle est à sa place de ministre et exerce ses fonctions de manière totale », conclut enfin l’ex grand ami de Kadhafi. Sauf que Sarkozy s’est bien gardé de l’envoyer en Tunisie, où elle est (plus encore que partout ailleurs) complètement discréditée, la remplaçant par la doublette Laurent Wauquiez/Christine Lagarde. Manifestement, Ollier pratique avec assiduité la méthode Coué.

23 février 2011

Libye : le carnage

14 h 29 – Si nous avons choisi pour illustrer cette brève la Une de Libération, c’est sur Le Point que nous avons lu le terrifiant témoignage d’un médecin français revenant de Benghazi : « Benghazi a été attaqué le jeudi. Nos ambulances sur le terrain ont compté, le premier jour, 75 morts ; le deuxième, 200 ; ensuite plus de 500. Dès le troisième jour, je n’avais plus de morphine ni de médicaments. Au début, les forces de répression tiraient sur les gens aux jambes et à l’abdomen. Ensuite, au thorax et à la tête. Ensuite on a vu des tirs de mortier, et carrément de roquettes antiaériennes, directement dans la foule. Un carnage. Des gens brûlés, déchiquetés. Au total, je pense qu’il y a plus de 2 000 morts ; on a rempli deux hôpitaux de 1 500 lits ». Plus de 2000 morts rien qu’à Benghazi ! A mettre en perspectives avec le bilan des organisations humanitaires, qui font état de 300 à 400 victimes pour tout le pays… Alors que le fou sanguinaire au pouvoir en Libye promet de lutter « jusqu’à la dernière goutte » (du sang de son peuple), la communauté internationale peut-elle laisser se perpétrer un tel carnage ?

Quand Sarkozy efface des photos compromettantes, la suite

10 h 53 – Dans notre article d’hier pointant les complaisances coupables du président de la République envers Kadhafi, il était question de la suppression des photos de la visite en 2007 du dictateur libyen à Paris sur le site de l’Elysée. L’Express consacre un article à l’affaire, mentionnant à la fois le démenti des services de la présidence et le papier d’Owni prouvant le mensonge officiel. Notons la prudence rétrospective de ce dernier, finalement titré Photos de Kadhafi à Paris : l’Elysée s’est trompé, alors que l’URL de l’article révèle son titre original : L’Elysée a menti. Prudence (couardise ?) partagée par L’Express dans le mesure où l’hebdo ne tire pas la leçon des preuves apportées par Owni pour battre en brèche le démenti élyséen… Mais le journal de Christophe Barbier passe tout de même, dans le dernier paragraphe de son article, une information en forme de pierre dans le jardin de Sarkozy : « Une chose est sûre, le site internet de l’Elysée n’a pas supprimé d’autres photos : celles des visites officielles de Ben Ali ou d’Hosni Moubarak sont toujours en ligne. Sauf une. Sur Twitter, le journaliste Paul Larrouturou relève la disparition d’un cliché. On y voit Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak très complices. » Dans le style « cachez donc ces photos montrant à quel point je suis pote avec les despotes », il est vrai que le cliché en question, que nous nous faisons bien sûr un plaisir de publier à notre tour, se pose là !

21 février 2011

La police encore en flagrant délit de discrimination

17 h 53 – « Les effectifs sensibiliseront les patrouilles motorisées et pédestres à la gare de Cannes et ses abords, afin d’interpeller les étrangers en situation illégale de nationalité tunisienne », précise une note signée du chef du service de sécurité publique du commissariat de Cannes, révélée par Mediapart et distribuée vendredi soir aux chefs de brigade. « Ce ciblage des contrôles sur une nationalité particulière s’apparente de fait à une discrimination », commente François Bonnet, l’auteur de l’article.« La note n’a été retirée in extremis que dimanche soir par le directeur départemental de la sécurité publique des Alpes-Maritimes », précise-t-il. Il n’empêche, elle a d’abord été écrite et diffusée. C’est la deuxième fois que la Sarkozie est prise en flagrant délit de discrimination, après la célèbre directive ciblant expressément les Roms, elle aussi retirée face au tollé qu’elle avait à juste titre provoqué.

De plus en plus fort…
Mam aurait rencontré en Tunisie les deux chefs de la répression !

15 h 39 – Le feuilleton des vacances tunisiennes de la ministre des Affaires étrangères n’en finira donc jamais ! Rue89 sort en effet une véritable bombe : « Selon l’hebdomadaire tunisien Tunis Hebdo, Michèle Alliot-Marie aurait rencontré «en secret», le 27 décembre, le ministre de l’Intérieur Rafik Hadj Kacem et le chef de la garde présidentielle Ali Seriati. Le Quai d’Orsay dément fermement cette rencontre. Le «tandem sanguinaire» Hadj Kacem-Seriati, comme le décrit le magazine, se serait efforcé de convaincre la ministre des Affaire étrangères de les aider à «mater la rébellion». Deux semaines plus tard, à l’Assemblée, Mam offrait l’aide sécuritaire au régime Ben Ali. Mais dans l’entourage de la ministre, on dément une telle rencontre avec la dernière énergie. » Tunis Hebdo est-il en mesure de publier de nouveaux éléments pour étayer son information ? A suivre.

20 février 2011

Lutte des classes : l’ennemi Jean-Claude Trichet

23 h 59 – Augmenter les salaires serait « la dernière bêtise à faire » selon Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE) interrogé ce dimanche au Grand rendez-vous Europe1-Le Parisien. Et augmenter les dividendes des actionnaires ? Il n’en dit évidemment rien. On ne lui a d’ailleurs pas posé la question. Et les profits des entreprises s’envolent. « Qu’ils s’en aillent tous » !

Un salarié sur 4 à 750 euros par mois

09 h 48 – Citant l’étude de l’Insee sur les salaires et niveaux de vie des salariés français portant sur les revenus de 2008, Marianne met en lumière ce que l’hebdomadaire nomme « un lumpenproletariat structurel ». Si l’on divise l’ensemble des 25 millions de salariés français en deux catégories pour obtenir le revenu médian, celui-ci s’élève à 1332 euros, 50% gagnant davantage et 50% moins. « Mais c’est dans le bas de l’échelle que se font ressentir les différences. Les 25% des salariés les moins bien payés touchaient moins de 9 000 euros net par an, soit à peine 73% du Smic, pour un revenu moyen de 3 710 euros, soit 30% du Smic. Pour deux tiers d’entre eux, ce sont des travailleurs qui ont été amenés à multiplier les petits CDD à temps partiel payés au lance-pierre. Ceux-là ont travaillé 205 jours, s’ouvrant donc de tout petits droits au chômage. Au contraire du tiers restant, qui a occupé un vrai boulot mais sur une période réduite de moins de trois mois (peu ou pas de chômage à la clé). » L’Insee établit par conséquent le constat que « La disparité des temps annuels de travail amplifie les inégalités salariales ». On ne saurait mieux dire puisque « seuls un peu plus de la moitié des salariés ont travaillé à temps plein toute l’année » et qu’au total, on obtient donc un salarié sur 4 – à savoir 6,25 millions de personnes en tout – qui ne touche que 750 euros par mois ! Qui sont ces travailleurs pauvres ? « Les salariés qui occupent ces emplois sont plus souvent des femmes (55% contre 45% pour l’ensemble) ainsi que des jeunes (19% de moins de 25 ans alors qu’ils occupent moins de 8% des emplois EQTP [Equivalent temps plein, NdA] au total). » Voilà la réalité sociale que les politiques de droite dictées par le Medef ont façonnée. Cela même alors que Sarkozy se présentait en 2007 comme le candidat du travail et du pouvoir d’achat. Imposteur, dégage !

19 février 2011

Comment les parents d’Alliot-Marie ont spolié le peuple tunisien

19 h 28 – L’Obs.com s’est procuré le fameux contrat entre les parents de Michèle Alliot-Marie et le riche homme d’affaires tunisien Aziz Miled, cédant aux premiers, pour 326 000 euros, la société civile immobilière Ikram, et révèle que « Cette coquille juridique est visiblement destinée dès l’origine à être transmise à d’autres ». Sur Europe 1, repris par Le Temps, Bernard Marie avait cité Miled lui disant : « Vous devriez prendre une option, cela prendra de la valeur en 2012 quand cela sera construit, vous pourrez faire une bonne affaire. » On comprend mieux pourquoi grâce à L’Obs« Dans un communiqué publié après les révélations du Canard Enchaîné, Bernard Marie a expliqué que cette SCI est propriétaire « d’une option d’achat sur un appartement en cours de construction, à Gammart », une banlieue huppée de Tunis qui abrite de nombreux palaces. (…) Aziz Miled était associé avec Slim Chiboub, l’un des gendres de Ben Ali, aujourd’hui réfugié à l’étranger, à un très juteux projet de marina dans cette même baie de Gammart. Un immense complexe touristique qui mordait sur la forêt domaniale. Le terrain public, déclassé et rendu constructible, aurait été vendu par l’Agence foncière touristique au prix dérisoire de 12 dinars (6 euros) le mètre carré, dans une zone où les prix dépassent souvent les 5 000 dinars le mètre carré. Une opération qualifiée de « cadeau du pouvoir » par plusieurs hommes d’affaires tunisiens. » Voilà donc comment les parents de la ministre, dont elle héritera vraisemblablement bientôt, vu leur âge avancé (92 et 94 ans), ont fait « une bonne affaire » en spoliant le peuple tunisien !

Scandale Tapie : l’arbitrage était illégal selon la Cour des comptes

09 h 13 – « En droit français, l’article 2060 du code civil interdit à l’État de compromettre sauf autorisation législative expresse« , rappelle Charles de Courson, député Nouveau centre, faisant le compte rendu devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale d’un référé de la Cour des comptes qui considère, pour le dossier Lyonnais-Tapie, que cette autorisation du Parlement a fait « défaut ». En clair, le recours à un tribunal arbitral privé, contre lequel nous avions à l’époque tempêté tant et plus, était illégal. « Dans ce document, la Cour des comptes estime également que les conditions dans lesquelles le Consortium de réalisation (CDR), structure d’Etat créée pour solder le passif du Crédit Lyonnais, a été appelé en garantie de ce dernier dans cette même affaire Adidas, n’étaient pas remplies, a rapporté M. de Courson », complète Le Monde : « Il faut en effet deux conditions pour que le CDR soit appelé en garantie du Crédit Lyonnais : une condition de date d’une part, une condition de liste d’autre part », relève Jérôme Cahuzac, le président (PS) de la Commission des finances. La condition de date – toute affaire postérieure au 31 décembre 1993 ne peut entraîner l’appel en garantie du CDR – était remplie : l’affaire Adidas avait eu lieu avant. Mais cette affaire ne remplissait pas la condition de liste : « une annexe au protocole du 5 avril 1995, approuvée par le Parlement dans la loi du 28 novembre 1995, établit la liste des affaires pouvant entraîner l’appel en garantie du CDR. Or, cette liste ne mentionne pas l’affaire Adidas », indique M. Cahuzac. » Réaction de Bernard Tapie dans France Soir : « Je n’en ai vraiment rien à foutre ». Tout le sarkozysme en une phrase.

17 février 2011

Une révolte en France ?

23 h 59 – Etonnant sondage à la Une du journal L’Humanité-dimanche sorti aujourd’hui dans les kiosques : près de 6 Français sur 10 (58% exactement) souhaitent une révolte dans l’hexagone ! L’Obs.com détaille les raisons de la colère :« Les principaux motifs de mécontentement sont la situation de l’emploi (85%), le coût de la santé (78%), le pouvoir d’achat (77%), les différences sociales en France (76%), les perspectives d’avenir des enfants (75%), les dernières affaires comme Woerth-Bettencourt et Michèle Alliot-Marie (66%), et les libertés publiques (59%). » Alors, dans ce contexte de rejet massif du pouvoir, une révolte en France est-elle possible ? Les sondés sont circonspects : « à la question « selon-vous les Français sont-ils aujourd’hui capables de se révolter », 50% répondent non (82% de sympathisants de droite contre 19% de sympathisants de gauche), 49% oui (57% de sympathisants de gauche contre 39% de sympathisants de droite), 1% ne se prononçant pas. » Chiche !

« Israël : à 13 ans, ils lui ont pissé dessus, l’ont torturé et condamné à huit mois de prison »

17 h 53 – Insoutenable récit publié sur le site de Machsom Watch« une association de femmes juives israéliennes courageuses qui sont contre l’occupation et se sont données pour mission d’aider les Palestiniens en se relayant principalement aux check-points où leur présence les protège d’abus excessifs. Elles passent leurs journées en démarches auprès des autorités d’occupation pour essayer d’alléger leur sort », comme les présente le blog SOS Crise, qui a traduit le texte en français. Extraits : « Je l’ai tout de suite remarqué parce qu’il avait les cheveux joliment bouclés, l’air très jeune et parce qu’il pleurait. Je ne veux pas dire que les autres enfants ne pleurent pas, du moins les plus jeunes. Mais, d’après ce que j’ai vu, ils pleurent rarement ouvertement ; lui, il n’essayait même pas de retenir ses larmes ni de les cacher. Le plus souvent ils sont conduits devant la Cour militaire pour qu’elle statue sur la prolongation de la garde. C’est la procédure, même pour les enfants. Peu importe ce dont ils sont accusés et la nature des preuves qui ont conduit à leur arrestation. De fait, quel que soit le rôle de cette Cour militaire, ce n’est certainement pas de trouver la vérité ni de décider de la punition adéquate. Surtout quand on sait que les arrestations sont effectuées au milieu de la nuit, généralement sur simple dénonciation de quelqu’un qui n’est souvent qu’un enfant lui-même. Ils sont accusés le plus souvent d’avoir lancé des pierres ou des cocktails Molotov improvisés. Et cela suffit pour les arrêter sans leur donner même la faculté d’être libérés sous caution, jusqu’à la fin de la procédure. Qui dure plusieurs mois. Au moins trois. Puis un jour on les juge et on les déclare presque toujours coupables. C’est le chef d’accusation qui tient lieu de preuve. (…) « Il a menti à sa mère », nous dit Tareq, le père de Mohammed. « Il lui a dit : « Je suis dans le village ». Il était avec les autres enfants et je ne sais pas comment c’est arrivé au juste mais des gens m’ont dit qu’ils l’avaient vu dans la jeep des soldats et qu’ils le passaient à tabac… (…) pendant tout ce mois il nous a été impossible de lui parler. Jusqu’à la comparution devant la Cour. C’est la première fois qu’on le voyait. Il était incapable de parler, il ne faisait que pleurer. Je ne sais pas ce qu’ils ont dit, ils ont parlé d’une autre date, peut-être dans deux semaines. Je ne me rappelle plus. C’est alors que nous avons reçu un coup de fil. De quelque part à Ramallah. Des militants des droits de l’homme. Pour les mineurs. Ils m’ont dit : « Votre fils est en mauvais état. Il a des problèmes aux pieds. Ils lui ont brûlé les doigts avec des cigarettes, avec des armes à feu. » Sa mère et moi on a pleuré une semaine entière. On était incapables de manger. Regardez sur Internet, on y parle ce qui lui est arrivé », ajouta-t-il. Il avait du mal à dessérrer les lèvres pour parler. C’était sans doute trop dur pour lui de nous raconter tout ça. Nous avons cherché sur Internet et nous avons trouvé l’article en question : « Des soldats israéliens ont torturé deux enfants et les ont forcé à boire l’eau des latrines. Ils ont dit que les forces d’occupation les avaient arrêtés en juillet dernier, leur avaient donné des coups violents sur les pieds avec leurs fusils, puis leur avaient entravé les pieds, leur avaient mis des bandeaux sur les yeux et les avaient conduit dans une colonie où ils les avaient forcés à boire de l’eau dans la cuvette des W.C. et les avaient photographiés tout nus, puis ils avaient mis l’air conditionné sur froid dans les toilettes et les avaient laissés 48 heures enfermés dedans sans vêtements. Les enfants ont ajouté que chaque fois qu’ils essayaient de dormir, les soldats les réveillaient. La chose la plus répugnante que les soldats leur ai fait subir c’est d’uriner sur leur têtes et leurs visages. Selon l’avocate Massalha, ce qui est arrivé à ces mineurs est immonde, et dépasse l’entendement. » « De quoi est-il accusé ? », avons-nous demandé. « Seulement de jeter des pierres d’après ce que nous savons », dit Tareq. « Mais maintenant ils ont ajouté un cocktailMolotov aux accusations. Ce n’est qu’un enfant. (…) » Huit mois de prison et une amende et une peine de prison avec sursis, voilà ce à quoi un enfant de 13 ans a été condamné (…). Telle est la Cour militaire. Tel est le sort des Palestiniens. » Faute du commentaire que nous n’avons pas le coeur de formuler, juste l’illustration ci-contre, de la campagne Boycott désinvestissement sanctions.

16 février 2011

Vive la révolution des frites !

23 h 59 – Ça se passera demain dans tout le royaume : « S’inspirant de la « révolution du jasmin » en Tunisie, des étudiants flamands et wallons lancent la « révolution des frites »rapporte Le Monde. Ils manifesteront dans plusieurs villes de Belgique, ce jeudi, pour marquer le record du monde du nombre de jours sans gouvernement (249), détenu jusqu’ici par l’Irak, et qui sera battu par leur pays. Opposés au séparatisme, ces étudiants ne veulent nullement chasser leurs dirigeants, mais au contraire les appeler à reformer un cabinet. Ce n’est pas « Dégage ! » mais« Reviens ! ». Le jasmin étant pris, les jeunes Belges auraient pu adopter le lys, la violette, le lilas ou le rhododendron. Ils ont cependant choisi la frite, qui leur paraît être le symbole de la belgitude.«  La mayonnaise prendra-t-elle ?

L’Education nationale coule, ils rendent leurs palmes (académiques)

10 h 50 – « Nous constatons aujourd’hui, avec une infinie tristesse, que l’Education nationale souffre de plus en plus d’une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale », cite Le Monde : « Dans une lettre au ministre de l’Education nationale, qui doit être rendue publique mercredi 16 février par Charlie Hebdo, 47 titulaires des Palmes académiques annoncent qu’ils renvoient à Luc Chatel cette décoration pour protester contre les suppressions de postes et la politique d’éducation menée par le gouvernement. Parmi eux, des proviseurs, des enseignants, des inspecteurs, et d’autres personnels de l’Education nationale, tous promus dans l’ordre des Palmes académiques pour leurs compétences et leur dévouement au service de l’éducation. » Le 25 janvier dernier, le ministre faisait une annonce emblématique de l’insupportable dérive : « Le gouvernement a décidé de développer une rémunération variable liée aux performances de nos cadres, comme cela existe dans l’immense majorité des entreprises de notre pays. » Sauf que l’Education nationale ne saurait fonctionner comme une entreprise, espèce d’âne ! « L’objectif est de mettre en place des contrats d’objectifs et de performance. C’est un système éducatif moderne qui se fixe des objectifs et qui cherche à améliorer ses performances et donc qui est capable, pour une part faible, 6 000 euros tous les trois ans, de valoriser l’engagement personnel des acteurs de l’Education nationale. » Récipiendaires de ces primes, les principaux de collèges, les proviseurs de lycées mais aussi « les recteurs d’académie, précise Le Figaro, qui vont également pouvoir recevoir dès cette année une prime de résultats pouvant aller jusqu’à 22 000 euros. Parallèlement, c’est aussi cette année qu’il leur incombe de déterminer eux-mêmes pour la première fois quels postes d’enseignants seront supprimés dans leurs académies. » On a compris : plus ils supprimeront de postes, plus ils toucheront ! Une nouvelle forme de « prime à la casse ». Ce gouvernement, qui assassine l’Education nationale – 50 000 postes supprimés depuis 2007 ! -, utilisera donc pour ce faire de véritables tueurs à gages. Merci aux 47 titulaires des Palmes de dénoncer symboliquement les outrages que fait subir sans relâche l’UMP à l’Education nationale. Résistance !

15 février 2011

Un ministre tunisien démissionne pour cause… d’éloges à Alliot-Marie !

17 h 11 – « Parler à côté de Michèle Alliot-Marie, c’est pour moi un honneur, c’était peut-être un petit rêve que je faisais, et que l’histoire ou l’accélération de l’histoire m’a permis de réaliser. J’aime écouter Michèle Alliot-Marie en toutes circonstances et dans toutes les tribunes » : ainsi flagornait à plein tube, lors de sa visite à Paris, le nouveau ministre tunisien des Affaires étrangères, Ahmed Abderraouf Ounaies. Déclenchant ainsi la colère de ses compatriotes, dont Kapitalis s’est fait le porte-parole. « La diplomatie, on le sait, a ses lois, mais tout de même !, s’est exclamé son directeur de la publication, Ridha Kéfi. Passer ainsi l’éponge, et avec une telle légèreté, sur les positions du gouvernement français, et de Mme Alliot-Marie particulièrement, favorables à l’ancien dictateur jusqu’au dernier jour de son règne, dénote une certaine irresponsabilité de la part d’un responsable d’un gouvernement issu d’une révolution populaire. Libre à M. Ounaies, qui parlait à l’issue de sa première rencontre à Paris avec son homologue française, de goûter, jusqu’à la délectation, sa brusque promotion – il n’osait même pas en rêver il y a encore quelques semaines –, mais de là à oublier, avec une telle désinvolture, le sang des martyrs de la révolution qui l’a porté à son poste actuel, il y a un pas qu’il aurait été dû éviter de faire. » Ce coup de gueule reflète parfaitement l’opinion tunisienne, comme L’Express (français) en donne un autre exemple : « Une caricature, le lendemain, à la Une du quotidien Le Temps, le montrait, sous le titre « Le fou d’Alliot-Marie », entouré de petits coeurs, assis à côté de Mam. » Mais les sarcasmes de la presse ne sont pas pour Ounaies les seules conséquences de son discours maladroit« Cet indépendant avait été chahuté le 7 février par des fonctionnaires des Affaires étrangères qui manifestaient devant et dans l’enceinte de son ministère en réclamant son départ immédiat après ses propos tenus à Paris. Il avait alors pris ses affaires et quitté son bureau », relate l’hebdo, qui livre la fin de l’histoire : « Le chef de la diplomatie tunisienne Ahmed Ounaies a présenté dimanche sa démission ». Le pire étant qu’en France, malgré le double scandale de sa proposition d’aide à la dictature de la police française puis de ses vacances et voyages en jet payés par un proche de ben Ali, Mam n’a jamais accepté de démissionner, elle !

Le Figaro ment (encore)

16 h 17 – Incroyable manipulation de la Pravda sarkozyste, sous la plume du journaliste Guillaume Perrault, vigoureusement dénoncée par Rue89« Quel symbole ! Le Figaro a choisi le jour – lundi 14 février – où les sénateurs ont voté en première lecture une loi encadrant plus strictement les sondages politiques afin de mieux «garantir la sincérité du débat» public, pour publier un sondage sur la justice agrémenté d’une des plus grosses perles de la mauvaise foi journalistique en matière de sondages. (…) Il nous présente sans échauffement les résultats dudit sondage : «Les Français soutiennent fortement l’exigence d’une responsabilité accrue des magistrats défendue par Nicolas Sarkozy au lendemain du meurtre de la jeune Laëtitia, selon le sondage réalisé par l’Ifop pour Le Figaro les 10 et 11 février.» Il nous apprend dans la foulée que : «Les personnes interrogées sont 62% à réclamer des sanctions à l’encontre des juges qui commettent des erreurs d’appréciation aux conséquences dramatiques, comme la sous-estimation du danger de récidive d’un condamné.» L’ennui, c’est que c’est juste faux. La question n’aborde ni de près ni de loin le danger de la récidive. La question était : «Etes-vous favorable ou défavorable à ce que l’on sanctionne les juges en cas de faute ayant entraîné une erreur judiciaire ?» Non seulement une «faute ayant entraîné une erreur judiciaire» n’a rien à voir avec une «erreur d’appréciation» fut-elle aux «conséquences dramatiques», mais en plus c’est presque le contraire : l’erreur judiciaire recouvre dans l’esprit du public tout autant (si ce n’est plus) les cas où l’on a envoyé un innocent en prison, que ceux où elle laisse courir un criminel. La sous-estimation du danger de récidive «aux conséquences dramatiques» fait clairement référence, elle, à l’affaire Laëtitia. En la trafiquant là encore quelque peu puisque l’homme, tout monstre soit-il, avait des antécédents sur d’autres types de crimes mais pas en tant que meurtrier et violeur de femmes. Le commentaire du Figaro est une véritable insulte à l’intelligence de ses lecteurs. En détournant aussi ouvertement un sondage, c’est-à-dire en attribuant un chiffre à une question qui n’a jamais été posée, le Figaro ne prend même plus la peine de faire semblant. Il ment, ça se voit, il s’en fout. » Le goudron et les plumes pour l’indigne Perrault !

14 février 2011

Egypte : l’élève dépasse le maître

15 h 34 – Cité par @rrêt sur images, ce passage de l’interview d’une étudiante égyptienne nous a interpellé : « Les manifestations pour les retraites en France ont été un grand sujet de réflexion. Nous nous sommes dit : voilà un pays où la population descend dans la rue pour une raison qui nous, nous semble bien petite et en Egypte, où on subit une dictature, personne ne bouge ? J’ai trouvé que c’était humiliant pour nous de rester passifs. » On connaît la suite : les protestataires sont finalement parvenus à chasser Hosni Moubarak, généreux hôte du Premier ministre français lors de ses dernières vacances de Noël familiales. L’histoire n’est certes pas finie et l’avènement de la démocratie loin encore d’être acquis, mais cette première victoire est de taille. Et l’on se dit alors que si les Egyptiens ont été inspirés par l’exemple français, force est de constater que le mouvement de contestation de la contre-réforme des retraites s’est achevé sans rien obtenir. Et si, à notre tour, nous prenions pour modèle la lutte des peuples tunisien et égyptien, qui viennent de rappeler au monde entier que le jusqu’au-boutisme paye ?

(nouvelle) Faute déontologique flagrante de TF1

14 h 39 – Bien sûr, prendre TF1 en flagrant délit de faute déontologique n’est pas neuf. Faut-il pour autant ne pas le relever ? Ce n’est pas notre avis et nous sommes surpris qu’aucun média ne se soit donné la peine de dénoncer la monumentale violation d’une règle pourtant fondamentale de l’information commise par la chaîne à l’occasion de la récente émission Paroles de Français : lorsqu’on tend le micro à quelqu’un, préciser qui parle et d’où il parle. Connaître les qualités d’une personne permet d’appréhender son discours en connaissance de cause. Or Mickaël Poillion, l’un des Français convié à interroger Nicolas Sarkozy, fut présenté comme « agriculteur, 33 ans, pacsé, 2 enfants, Héricourt, Pas-de-Calais ». Voilà pour ce qui est du « banc titre », ainsi qu’on l’appelle. Oralement nous fut aussi précisé qu’il était producteur de lait. Et c’est tout. Or Poillion est syndicaliste à un niveau élevé : L’Humanité l’interviewe ainsi en tant que membre du Bureau national de Jeunes agriculteurs (JA), une organisation « proche de la FNSEA » (classée à droite). Or on a caché au téléspectateur de TF1 cette caractéristique qui le distingue d’un agriculteur ordinaire : c’est un leader paysan ! Il est plus particulièrement en charge, selon le blog d’Eric de La Chesnay consacré aux questions agricoles sur le site du Figaro, « des questions relatives au G20 et à la PAC » (Politique agricole commune de l’Union européenne). Il fut même candidat aux dernières élections régionales, à l’occasion desquelles La voix du Nord lui consacrait un portrait complet, où l’on apprenait qu’il est porte-parole des JA. Le « panel » de Français ayant été choisi par les journalistes de TF1, peut-on imaginer une seule seconde qu’ils l’ignoraient ? Evidemment pas. Pourquoi alors, au mépris de toute règle déontologique, ne pas en avoir informé le téléspectateur ? Sans doute pour mieux présenter les participants comme des Français-comme-tout-le-monde, ce qui est un mensonge en ce qui le concerne.

13 février 2011

Guy Wildenstein, collectionneur d’art et de casseroles
Co-fondateur de l’UMP, richissime donateur du parti et proche de Sarkozy, déjà accusé de recel de blanchiment, abus de confiance, organisation d’insolvabilité, recel de faux et d’usage de faux, trafic d’influence et corruption active et passive, il est à présent au coeur d’une affaire de trafic d’oeuvres d’art, dont certaines pillées par les nazis !

11 h 50 – Avant de décéder le 13 novembre 2010, Sylvia Wildenstein, veuve du grand marchand de tableaux Daniel Wildenstein, avait déposé deux plaintes contre X, pour « recel de blanchiment, abus de confiance, organisation d’insolvabilité, recel de faux et d’usage de faux » et « trafic d’influence, corruption active et passive et recel de blanchiment d’argent », rappelle Le Monde qui précise : « Plainte contre X, mais qui, avait-elle [son avocate, NdA] déclaré, « vise clairement les relations du beau-fils de ma cliente, Guy Wildenstein, avec l’UMP ». Guy Wildenstein est en effet un des cofondateurs de l’UMP, membre du « premier cercle », représentant au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger, et ami de Nicolas Sarkozy. » Sarkofrance présente notre homme, décoré de la Légion d’honneur en mars 2009 par l’homme qui la distribue à ses riches amis plus vite que son ombre (photo ci-dessus, publiée par le Canard enchaîné), comme « un habitué des paradis fiscaux jamais inquiété par le fisc français », s’appuyant sur un article de Libération : « Comme dans l’affaire Bettencourt, l’administration fiscale a été informée de l’existence de sociétés écrans. Comme dans l’affaire Bettencourt, la justice a pu constater l’évasion du patrimoine dans des sociétés étrangères et des trusts (…) Comme dans l’affaire Bettencourt, l’administration fiscale est restée totalement inerte à ce jour… », avait dénoncé le député (PS) Alain Vidalies, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le 6 juillet dernier. Le fisc a, en effet, été alerté et l’avocate de la veuve avait adressé deux courriers en 2009 à Eric Woerth, alors ministre du Budget, dans lesquelles elle évoquait ces trusts. Sans réponse. » Cela ne suffisait-il pas comme lourd dossier ? Apparemment pas : Trente oeuvres « disparues ou volées » ont été saisies à l’institut Wildenstein, révèle Le Point. Dont certaines pillées par les nazis ! Décidément, il y a bien du beau monde à l’UMP !

11 février 2011

Le juge Rosencvzeig : « il faut aussi que le politique rende des comptes »

23 h 59 – En visite par chez nous pour y donner une conférence, Jean-Pierre Rosencvzeig, le président du tribunal pour enfant de Bobigny (Seine-Saint-Denis), était aujourd’hui l’invité du journal de Maritima TV, la chaîne locale du pourtour de l’étang de Berre (l’interview démarre au bout de 6 mn 50). Il fait le point sur le mouvement de révolte des personnels de la justice, loin d’avoir été apaisé par l’intervention sur TF1 de Nicolas Sarkozy, nous fournissant au passage une formidable Phrase du jour : « Quitte à ce qu’on demande aux magistrats de rendre des comptes, il faut aussi que le politique rende des comptes sur les politiques qu’ils mènent. (…) Il y a un problème de moyens qui est criant : par exemple, un juge d’application des peines à Nantes a 1200 situations à suivre indépendamment de ceux qui sont incarcérés, à Bobigny, c’est 1500. C’est clair qu’aucun magistrat ne peut suivre 1500 situations. Donc on est devant un besoin cruel de moyens parce que les nouvelles exigences posées par la loi – et après tout, c’est le débat politique, le parlement a voté des lois, il faut maintenant les appliquer et on sait qu’il faut créer les postes pour pouvoir avoir les moyens de mettre en oeuvre ces lois. A quoi ça sert de voter une loi si on n’a pas les moyens de mettre en oeuvre cette loi ? Et on sait que sur l’application des peines, il eût fallu créer 900 postes de personnels éducatifs pour suivre les mesures. Ils n’ont pas été créés, je crois que seulement 300 ont été créés. (…) Plus de moyens ne résoudra pas tous les problèmes mais y contribuera. Maintenant mettrait-on un chèque de un milliard ou deux milliards sur la table pour la justice qu’il y a des problèmes qualitatifs à traiter qui sont pas si simples que ça à traiter. » Notre consoeur le relance ensuite sur le changement d’appellation que souhaite Sarkozy, pour remplacer le mot « enfant » par « mineur » : « C’est pas une nouveauté, ça fait déjà trois ou quatre ans que le président de la République ou d’autres le disent, avec cette idée qu’on aurait trop de compassion à l’égard des enfants donc parlons plutôt des mineurs. Deuxièmement, changer la loi, c’est pas la première fois qu’on nous le dit, mais ce qui est assez surprenant, c’est qu’il y a encore deux jours, on vient de voter une loi qui modifie l’ordonnance de 1945 [sur la justice des mineurs, NdA]. Donc soit le gouvernement est incompétent, soit il ne sait pas prévoir, soit il ne sait pas gérer… En tout cas, je vois pas comment en 24 heures on décide qu’il faut abaisser la majorité de 18 à 16 ans alors qu’on vient de voter une loi qui s’appelle Loppsi 2 qui n’a même pas encore été promulguée. Et on veut déjà changer la loi ? » Rosencvzeig aborde enfin la décision du Conseil constitutionnel de 2002 élevant la majorité à 18 ans au rang de principe constitutionnel : « Ce n’est qu’un détail, vous allez me dire », ironise-t-il. Bref, les gesticulations sécuritaires de Sarkozy peuvent être aisément qualifiées d’un mot : grotesques.

Sarko-show : le disque rayé

13 h 16 – « Le président à bout de souffle répète comme un disque rayé ses vieilles ficelles sécuritaires et ses compulsions législatives » : ainsi Jean-Luc Mélenchon a-t-il commenté l’intervention présidentielle d’hier soir sur TF1. Illustration concrète avec sa phrase : « un mineur d’aujourd’hui n’est pas un mineur de 1950. 17 ans, 1 m 85, on l’amène devant un tribunal pour enfant ? » Le 25 mars 2006, il disait : « Est-il réaliste qu’un jeune de 17 ans et demi, 1 m 90, qui a commis des violences, soit présenté devant un juge des enfants ? » Et le 3 juillet de la même année : « Comment expliquer à une grand-mère, qui se fait agresser par un jeune de 17 ans  et demi de 1 m 80, qu’il n’est pas responsable ? » (merci à Boxepopuli)

10 février 2011

Le Figaro, tract UMPiste

23 h 59 – Le coup du « président protecteur », slogan prévu par l’Elysée pour être celui de la campagne de 2012, nous le dénoncions dès mai 2010, dans un billet au vitriol. En voici la conclusion : « Le « président protecteur » qu’il se prépare à promettre d’incarner n’est évidemment qu’un mensonge de plus, comme lorsque Chirac prétendait vouloir combattre la « fracture sociale », comme Sarkozy lui-même en « président du pouvoir d’achat ». A défaut du « président protecteur » qu’il ne sera jamais, il restera sans conteste, ainsi que nous n’avons jamais cessé de le dénoncer, le président de toutes les impostures.«  Nous écrivions aussi notamment : « nous avons la nausée d’avance d’imaginer que, grâce à sa communication en forme de bulldozer, avec la complicité active des grands médias dirigés par ses amis, il pourrait se trouver suffisamment de gogos pour le réélire !«  Ce soir, dès 21 h 15 a circulé sur Twitter la Une du Figaro de demain, tirant le bilan de l’émission Paroles de Français au bout… d’une vingtaine de minutes d’antenne. Mais lorsqu’on regarde cette première de couverture, on ne s’étonne plus qu’il ait fallu si peu de temps à la rédaction de la Pravda sarkozyste qui n’a jamais autant mérité cette appellation dont nous l’affublons : le quotidien se permet d’afficher, en toute décomplexion, le slogan de Sarkozy lui-même. Ce n’est plus un journal, c’est un tract de l’UMP.

Révolte des magistrats : l’ignoble démagogie de l’UMP ne prend pas

19 h 27 – L’épouvantable Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, était hier soir sur le plateau du Grand journal de Canal +, où il a abordé le mouvement de contestation des magistrats, pieusement cité par la Pravda sarkozyste : « On remet les choses dans leurs justes proportions. Il n’y a pas d’un côté le président de la République, la majorité, qui dit des choses épouvantables, bêtes, idiotes, agressives et stigmatisantes, et de l’autre, ceux qui sont par rapport à la question de la responsabilité, les magistrats, et les Français qui ne pensent rien, ne voient rien. On peut penser que les Français s’interrogent aussi sur le fonctionnement de la justice, l’indépendance des magistrats, ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas responsables. » Enième variation sur le thème, abondamment pratiqué également par Brice Hortefeux, du « le peuple est avec nous ». Façon commode, même si ces affirmations à l’emporte-pièces sont parfaitement gratuites, de justifier tout et n’importe quoi. Mais en l’occurrence, nos UMPistes ont vraiment cru que l’opinion populaire, à laquelle ils s’adressent constamment avec toute la force de leur démagogie – ignoble lorsqu’elle exploite un fait-divers atroce – serait avec eux.

Une stratégie qu’explique ainsi Le Monde : « En réclamant des sanctions contre les « dysfonctionnements graves » de la justice, qui auraient, selon lui, laissé échapper Tony Meilhon, meurtrier présumé de Laëtitia Perrais, à Pornic, le chef de l’Etat visait à ouvrir un nouveau front à même de lui faire regagner de la popularité auprès de sa « base ». (…) Alors que la lutte contre l’insécurité qui fit son succès marque le pas, le chef de l’Etat pensait avoir trouvé, avec les juges, une cible à désigner à l’opinion. Sans doute n’avait-il pas prévu l’ampleur historique du mouvement de contestation qui a suivi ses déclarations, pas plus que le soutien des syndicats de policiers. Mais sans doute aussi espérait-il que ce mouvement contribuerait à rendre impopulaire les magistrats, qui dénoncent une justice « sinistrée » et réclament plus de moyens. » Patatras : tout faux ! « Un sondage BVA pour 20 minutes montre qu’il n’en est rien. (…) les Français soutiennent massivement le mouvement de protestation du corps judiciaire, qui touche désormais quasiment tous les tribunaux de France : 65% jugent ces manifestations justifiées (contre 34%). Sur ces deux tiers qui soutiennent le mouvement, 39% le trouvent « tout à fait justifié », et 26% « plutôt justifié ». (…) En termes de catégories socio-professionnelles, le résultat n’est pas plus brillant pour la stratégie élyséenne : cette rhétorique visait avant tout les classes populaires. Or, si le soutien monte à 73% chez les catégories les plus aisées (CSP +), il est également très fort, 65%, chez les moins riches (CSP -), que ciblait la déclaration du chef de l’Etat. (…) Nicolas Sarkozy a longtemps joué de la corde de l’émotion populaire pour mieux vilipender des juges taxés de laxisme. Si on se fie à cette enquête, ce ressort ne semble plus fonctionner dans l’opinion. » Il était temps ! Mais rien ne dit hélas que ça durera.

9 février 2011

Sarkozy et les vacances des ministres : faites ce que je dis, pas ce que je fais

12 h 44 – « Pour leurs vacances, désormais, les membres du gouvernement devront privilégier la France. Les invitations à l’étranger seront autorisées par le Premier ministre en accord avec la cellule diplomatique de la présidence de la République pour examiner leur compatibilité avec la politique étrangère de la France » : voilà la déclaration faite par le Tartuffe de l’Elysée durant le Conseil des ministres de ce matin. Ce à quoi on a envie de lui répondre : « Et toi, espèce de clown, tu vas privilégier la France ? Et à qui vas-tu demander la permission d’aller te dorer la pilule aux frais du dictateur Mohammed VI ? » Sarkozy croit sans doute, avec cette déclaration, éteindre la polémique. Citons alors ces vigoureuses lignes signées Thierry Desjardins, directeur adjoint de la rédaction du Figaro de 1990 à 1993 puis adjoint du directeur général du quotidien de 1993 à 2000 : « Mais si ces «peccadilles» sont devenues des «affaires d’Etat» c’est précisément parce que la France s’effondre de plus en plus, parce que la vie quotidienne des Français se dégrade chaque jour davantage et parce que le chef de l’Etat, empêtré dans ses échecs et ses contradictions, continue à multiplier les provocations les plus démagogiques. Un pays qui dégringole, qui compte plus de 4 millions de chômeurs, 8 millions de gens qui vivent sous la ligne de pauvreté et qui voit son chef de l’Etat dire et faire n’importe quoi, ne peut pas supporter que ses dirigeants aillent se dorer au soleil dans les palais royaux de Marrakech, les hôtels de luxe tunisiens et les felouques de la Haute-Egypte. Et quand il apprend, en plus, que c’est par copinage avec des régimes pourris, ça le rend fou. Même les peuples décadents ont un minimum de dignité. Le peuple manque de pain et au château on se goinfre de brioches avec de la confiture qui pue la corruption ! »

Ils veulent tuer la médecine du travail, bis repetita

10 h 43 – Le 9 novembre dernier, après la mise en échec de la fourberie de l’ex ministre du Travail ayant introduit un « cavalier législatif » dans la loi sur les retraites pour torpiller la médecine du travail, manoeuvre censurée par le Conseil constitutionnel, nous écrivions : « Le Medef n’aura donc pas tout gagné avec cette contre-réforme. Mais n’en doutons pas, ils reviendront à la charge. » Eh bien ça n’aura pas tardé, comme Démocratie & socialisme nous en alerte, sous la forme d’une proposition de loi que l’UMP a présentée le 27 janvier au Sénat : « Sans concertation. Contre l’avis de tous les syndicats unanimes. C’est sans précédent : ils veulent liquider la médecine de travail de ce pays. Ils veulent remplacer les médecins du travail par des «intervenants en santé» qui ne seront ni formés, ni spécialisés, ni protégés et qui, dans les «services de santé au travail», seront inféodés à la voix prépondérante du patronat. Les apparences d’indépendance de la médecine du travail seront mis à bas. Espacer les visites, diminuer les coûts et moyens, transformer les intervenants en santé en sélectionneurs, en contrôleurs, en sanctionneurs des salariés, le projet est celui du Medef refusé par tous les syndicats. » Un grand meeting unitaire, à l’image de la conférence de presse du 26 janvier dernier qui réunissait des représentants du PS, des Verts, PG, NPA, LO, Fase, CGT IEG, Solidaires, FSU, SNPTS, SSMT, Attac, Copernic…, se tiendra demain à Paris, à 19 h Bourse du travail, salle Hénaff. Ne laissons pas faire !

Pouvoir d’achat : aggravation en vue

07 h 36 – Regardez l’édifiant graphique publié par Alternatives économiques, illustrant la mauvaise nouvelle du retour de l’inflation : « les prix à la consommation sont repartis à la hausse : + 1,8% entre décembre 2010 et décembre 2009, alors qu’ils avaient quasiment stagné l’année précédente ». Et les salaires ? La situation s’aggrave aussi : « En situation de surcapacités, les entreprises hexagonales jouent en effet la carte de la compétitivité-prix pour regagner des parts de marché. Or, dans un contexte où leurs marges sont affaiblies et le chômage aggravé, cela se traduit par de fortes pressions sur les salaires : ces derniers, qui progressaient encore au rythme de 3,5% par an début 2009, n’augmentaient plus en moyenne que de 1,8% par an au troisième trimestre 2010. En termes réels, c’est-à-dire en prenant en compte l’inflation, le ralentissement est net : + 0,6% en 2010, après 2,8% en 2009. Pris en étau entre des prix à la pompe qui grimpent et des salaires à la diète, le pouvoir d’achat des ménages est doublement malmené. Et les perspectives pour 2011 ne sont guère encourageantes : les prix devraient continuer à augmenter, la flambée des cours des matières premières n’ayant pas encore été entièrement répercutée sur les étals. Quant aux salaires réels, ils ne devraient croître que de 0,2% au premier et au deuxième trimestres 2011, selon l’Insee. » Le mensuel économique pose dès lors la question suivante : « Les Français vont-ils puiser dans leur épargne pour maintenir leur consommation ? » Las, pas grand chose à attendre de ce côté là : « L’évolution du chômage incite en effet les Français à la prudence. Leur moral n’est pas au beau fixe, comme en témoigne la détérioration en décembre de l’indicateur utilisé par l’Insee pour le mesurer. Et ce n’est pas la volonté du gouvernement de réduire de façon sensible les dépenses sociales qui va les tranquilliser. » Voilà donc comment l’UMP va aggraver la crise.

8 février 2011

Censure du Web : jour 1

23 h 59 – La quadrature du Net sonne l’alerte : « Le Parlement vient d’adopter définitivement (lien) le projet de loi Loppsi, dont l’article 4 met en place la censure administrative d’Internet via le cheval de Troie de la protection de l’enfance. Un tel dispositif extra-judiciaire permettra à terme de généraliser la censure des contenus sur Internet. Dans la droite ligne des projets de Nicolas Sarkozy pour un «Internet civilisé», la censure administrative expose à de dangereuses dérives tout en laissant prospérer les pédophiles et la pédopornographie. L’Assemblée nationale et le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi ultra-sécuritaire Loppsi, et notamment son article 4 qui met en œuvre le filtrage administratif du Net au prétexte de lutte contre la pédopornographie en ligne. Pourtant, le blocage de sites n’empêchera en rien les criminels qui se livrent à la production et à la distribution de ces contenus de prospérer (lien). Il s’agit en réalité d’un faux prétexte visant à légitimer le filtrage administratif d’Internet, et à déployer une infrastructure technique de censure. Nul ne pourra contrôler la façon dont ces mesures de filtrage seront mises en place, pas même un juge, et il n’y aura aucun moyen de s’y opposer puisque les sites bloqués seront consignés dans une liste noire secrète. » Comme nous l’expliquions dans notre billet du 17 décembre dernier, tout est désormais en place pour une censure politique des informations qui déplairont au pouvoir.

Pas de PV pour le conseiller de Sarkozy

14 h 11 – Un automobiliste « flashé » à 119 Km/h sur une portion de route limitée à 70 : normalement, il échappe de justesse, pour 1 Km/h, à la rétention immédiate du permis de conduire, mais s’en tire tout de même avec un PV de 135 euros et quatre points en moins… Mais pas quand il s’appelle Olivier Marleix, vice-président du Conseil général, maire d’Anet et… conseiller de Nicolas Sarkozy – il circulait du reste dans une voiture du parc présidentiel. « D’après nos informations, après avoir décliné son identité, il n’a pas hésité à faire valoir ses relations, auprès des gendarmes qui venaient d’effectuer le contrôle, rapporte La République du Centre. Toujours d’après nos informations, même si les échanges ont été plutôt courtois, Olivier Marleix a bien fait comprendre aux militaires qu’il serait préférable de «classer» l’incident. Le conseiller général anetais est donc remonté le plus tranquillement du monde dans sa voiture et a continué sa route. (…) Joint vendredi soir, Olivier Marleix a affirmé «ne pas être au courant» de ces faits. «J’essaie de respecter les limitations de vitesse, il m’arrive d’être arrêté et verbalisé, comme tout un chacun. Il ne reste plus que sept ou huit points sur mon permis.» Et de mettre sur le compte de gens malintentionnés la diffusion de ces informations pourtant confirmées par plusieurs sources différentes. » Quant à L’Obs.com, il rappelle malicieusement : « Pauvre Brice Hortefeux : tout juste un mois après avoir annoncé « la tolérance zéro pour les délinquants de la route », le ministre de l’Intérieur est désormais directement contredit par l’Elysée. Selon le quotidien régional, le vice-président UMP du Conseil général d’Eure-et-Loir et maire d’Anet a effectivement mis en avant ses relations avec le palais présidentiel pour éviter la sanction. » Comme toujours en Sarkozie, le mauvais exemple vient d’en haut… Nouvel exemple de l’adage qui veut que le poisson pourrisse par la tête.

7 février 2011

Sarkozy : deux avions pour faire 300 Km !

23 h 59 – C’est la presse belge qui balance : « Le président français Nicolas Sarkozy est venu participer, de Paris, au sommet européen de vendredi à Bruxelles avec pas moins de deux avions et non des moindres : un Airbus A330 et un Falcon 7X, l’avion d’affaires haut de gamme de l’avionneur Dassault. (…) L’Airbus A330-223, un biréacteur racheté d’occasion par le ministère de la Défense et parfois baptisé «Air Sarko One», est dédié aux voyages présidentiels. Il a été inauguré en novembre dernier lors du sommet du G8 en Corée du sud. (…) Mais un second appareil, un luxueux avion d’affaires Falcon 7X au rayon d’action de 11 000 km, lui aussi a été envoyé vendredi de Paris à Bruxelles, deux villes séparées seulement par 300 Km. » Monsieur « je ne me refuse rien » aurait tort de se priver : ne sont-ce pas les contribuables qui paient ? Et la pollution de la planète, un peu plus, un peu moins…

Augmentation du prix des produits alimentaires : le gouvernement laisse faire

18 h 31 – « On annonce une hausse en moyenne de 2% à la caisse sur les produits alimentaires », proteste l’Union des familles laïques. « Les intermédiaires industriels, logistiques, marketing et financiers représentent de 50 à 90% du prix hors taxe final. En effet, les choses ne sont pas si simples. Cela fait plusieurs mois que l’industrie alimentaire et la grande distribution négocient et nous préparent à cette hausse des prix à la consommation. Cela s’est conclu par une rencontre tripartite : grande distribution – industrie agroalimentaire – gouvernement. Les représentants des consommateurs en ont été écartés. La rencontre se passe en milieu clos, entre gens d’un même monde : celui de la finance. L’augmentation du coût des matières premières est tout de même due, pour la majeure partie, à la spéculation, c’est à dire à l’acquisition par les grandes firmes multinationales de surfaces agricoles à travers le monde pour : soit créer de la monoculture, et se positionner en entreprises monopolistiques de secteur dédié ; soit pour réorienter ces surfaces vers des agricultures à destination de la production de carburants. En tout cas le but est toujours le même : faire évoluer le prix des matières premières agricoles vers le haut pour toujours plus de profits : la spéculation. Notons au passage que si bon nombre d’entreprises de l’industrie agroalimentaire accaparent des terres agricoles, la grande distribution s’est lancée aussi dans cette frénésie d’acquisition. » L’association pose ensuite la question qui fâche : Que fait le gouvernement ? » Réponse : rien ! « Que faudrait-il faire ? Le gouvernement dispose – certes maintenant avec des effectifs réduits – de tous les moyens de suivi et de taxation des prix et des marges, en France comme à l’importation. (...) Il n’est que de demander aux préfets et aux maires de réactiver ces dispositifs sur tout le territoire et de revenir à la publicité des marges, notamment sur le grand commerce. (…) Comment se fait-il que les prix au détail des grandes surfaces soient plus élevés en France qu’en Allemagne ? L’Etat fait pression à la baisse des salaires et des prestations sociales. Qu’il fasse pression sur les prix du panier de la ménagère et de tous les services maintenant privatisés ! » On peut rêver…

6 février 2011

Et une deuxième virée en jet pour Mam !

23 h 59 – « Michèle Alliot-Marie va devoir rapidement trouver une nouvelle ligne de défense, écrit L’Obs.com. Elle l’a pourtant répété sur tous les tons, devant journalistes et députés : son « ami de longue date », l’homme d’affaires tunisien Aziz Miled, se serait contenté de lui offrir « 20 minutes de trajet » à bord de son jet privé afin de lui éviter « de faire deux heures de voiture à travers des routes de montagne ». Une simple course, donc, presque fortuite. (…) « Il n’a, à aucun moment, mis son avion à ma disposition ». A aucun moment ? Selon nos informations, Michèle Alliot-Marie, ses parents et son époux, Patrick Ollier, le ministre des Relations avec le Parlement, ne se sont pas contentés de passer des « vacances bien méritées » dans l’hôtel cinq étoiles de leur « ami », sur la côte méditerranéenne, alors que le reste du pays était en plein soulèvement. Ils ont repris son jet privé le 29 décembre, afin de se rendre à Tozeur, dans le grand sud tunisien. Un aller et retour, effectué dans la journée, le temps d’un déjeuner et d’une virée dans les oasis. (…) Au moins, la ministre a-t-elle pu éviter ainsi un voyage encore plus long et plus éprouvant, au moins une dizaine d’heures par la route, à travers cette fois, non plus des montagnes, mais des villes en révolte, comme Sidi Bouzid ou Kasserine. » Réaction de Mam à la suite de cette nouvelle révélation ? « La ministre a écarté toute démission en affirmant que cette polémique ne la « détourne pas de [sa] mission ». Mais Michèle Alliot-Marie a admis : « Je me rends compte que des gens ont été choqués. Je saurai en tirer la leçon : si on me le proposait à nouveau, je n’accepterais évidemment pas », a-t-elle ajouté. » Comme si ça suffisait !

Double camouflet pour Sarkozy

10 h 48 – Ne boudons pas notre plaisir en citant à deux reprises la Pravda sarkozyste, contrainte le même jour, le 3 février dernier, de publier deux articles illustrant la déconfiture de son champion. « Les cotes de confiance de Nicolas Sarkozy et de François Fillon reculent respectivement de trois et quatre points au mois de février pour atteindre 24% et 34%, selon le baromètre TNS Sofres/ Le Figaro Magazine, rendu public aujourd’hui, annonce donc d’abord Le Figaro. Au total, 24% des Français font confiance au président de la République pour « résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement », soit trois points de moins qu’en janvier : il revient à son niveau historique le plus bas. A l’opposé, 72% des sondés ne font pas confiance au chef de l’Etat (+2 points). (...) De son côté, le Premier ministre bénéficie de la confiance de 34% des personnes interrogées (-4 points), tandis que 60% ne lui font pas confiance (+2 points). » Titre de cette Brève : Sarkozy/sondage : popularité en baisse. Amusant de parler de « popularité » lorsque l’agité de l’Elysée n’a plus avec lui que 24% de l’opinion !

Déchéance/nationalité : rejet du Sénat publie également le quotidien de droite : « Le Sénat a rejeté, par 182 voix contre 156, l’extension de la déchéance de nationalité à certains meurtriers de représentants de l’autorité de l’Etat, mesure prévue par le projet de loi sur l’immigration déjà adopté en première lecture par l’Assemblée. Cette mesure d’une extension de la déchéance de la nationalité répond au voeu exprimé par le président Nicolas Sarkozy lors de son discours sécuritaire de Grenoble cet été. Elle avait été incluse, à l’automne, dans le projet de loi sur l’immigration préparé par Eric Besson. L’opposition de gauche comme les centristes ont fait valoir qu’il ne voulaient pas « créer deux catégories de Français ». Le projet sur l’immigration, déjà adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, prévoit donc d’étendre la déchéance de nationalité aux personnes ayant acquis la nationalité française depuis moins de 10 ans et qui se sont rendues coupables de crime à l’encontre de personnes détentrices de l’autorité publique. La commission des Lois du Sénat, réunie la semaine dernière, avait conservé cette extension de la déchéance de nationalité mais en avait réduit la portée en raccourcissant la longue liste des « dépositaires de l’autorité publique » pour la limiter aux magistrats et aux forces de l’ordre. Le projet devra être examiné en seconde lecture à l’Assemblée. » Un véritable camouflet pour Sarkozy que cette alliance entre socialistes et centristes pour rejeter une mesure emblématique de sa démarche de racolage lepéniste. « Cette proposition a été adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture, et par la majorité de la majorité au Sénat. Le débat parlementaire se poursuit », commentait Brice Hortefeux dans France soir. « La majorité de la majorité » : formule alambiquée pour ne pas avouer un cuisant échec ! Mais faisons confiance à l’extrême droite au pouvoir pour réintroduire cette mesure pourtant contraire à l’égalité des citoyens inscrite dans le Constitution.

4 février 2011

Dans notre rubrique Ferme ta gueule !, Brice Hortefeux

23 h 59 – Le ministre de l’Intérieur que le monde entier nous envie s’est fendu d’une interview pour France soir dont nous avons extrait deux passages particulièrement dignes de notre rubrique Ferme ta gueule ! : « Je suis choqué par la polémique injuste faite à Michèle Alliot-Marie. Cette technique qui consiste à tronquer des propos, extraire des phrases, les sortir de leur contexte, contribue à un climat totalement malsain. Michèle Alliot-Marie est une femme intègre et prudente, victime aujourd’hui d’un acharnement inadmissible. » Du grand n’importe quoi : Mam a été parfaitement claire et il n’est nul besoin de « tronquer » ses paroles mais juste de la citer, pour se scandaliser qu’elle ait proposé l’aide de la police française au dictateur tunisien en pleine répression sanglante – si, Hortefeux, c’est exactement ce qu’elle a fait ! – et qu’elle soit allée passer des vacances chez un proche de ben Ali, utilisant un jet privé appartenant au beau-frère Trabelsi, alors même que le soulèvement populaire avait déjà commencé, contrairement à ce qu’elle prétend – nous n’y revenons pas, c’est le billet du jour de plume canal historique. Notons au passage que la citation d’Hortefeux eût parfaitement convenu à la « défense » d’un autre indéfendable UMPiste : « Je suis choqué par la polémique injuste faite à Eric Woerth. Cette technique qui consiste à tronquer des propos, extraire des phrases, les sortir de leur contexte, contribue à un climat totalement malsain. Eric Woerth est un homme intègre et prudent, victime aujourd’hui d’un acharnement inadmissible. » Les affaires passent, la langue de bois et l’hypocrisie restent les mêmes. Et que dire de la dernière phrase de l’interview ? « Le Président de la République est à la fois calme, serein et déterminé. Expérimenté et protecteur, il est tout entier au service des Français. » Inutile de commenter, un bon « Ferme ta gueule ! » suffit.

L’UMP veille sur votre sécurité en… fermant des commissariats
…et remplace les policiers par une « milice armée »

16 h 27 – Philippe Buisson, adjoint au maire de Libourne (Gironde) en charge de la Tranquillité publique, relayé par France 3, dénonce le « double langage » du gouvernement, qui « agite au niveau national le thème de la sécurité » mais opère « au niveau local des coupes » : le commissariat de cette ville de 23 000 habitants fermera le 1er septembre prochain, les 69 policiers devant être remplacés par… une trentaine de gendarmes. Voilà bien la duplicité UMPiste ! Les policiers, qui manifestaient devant le commissariat et ont entrepris un mouvement de « service minimum » (réponse aux appels de la population et patrouilles de prévention mais plus de PV !), remettront le couvert d’une protestation sur la voie publique mercredi prochain, rejoints par… la municipalité. « Ça n’est pas habituel, mais trop, c’est trop », proteste l’élu libournais, qui parle de « décision scandaleuse ». 1925 postes de policiers seront supprimés cette année au plan national, rappelle Rue89 dans un article consacré à la « réserve civile » de la police nationale, créée en 2003 et concernant les policiers retraités mais dont la sinistre Loppsi 2 étend le recrutement à n’importe qui : « Seules conditions : avoir 18 ans, un casier judiciaire vierge et la nationalité française. La fonction sera rémunérée. (…) En pratique donc, à l’exclusion des missions de maintien et de rétablissement de l’ordre public, ces policiers de seconde zone pourraient assurer à peu près toutes les fonctions de police. Avec quelle formation ? C’est là que les choses se compliquent : «On ignore totalement en quoi consiste la formation de ces volontaires», gronde Yannick Danio », délégué national du syndicat majoritaire Unité SGPFO Police, qui n’hésite pas à assimiler cette nouvelle réserve à une véritable « milice armée ». « Cela peut paraître choquant, mais il faut dire les choses. On ne va quand même pas revenir à des heures sombres de notre histoire », lâche-t-il. Lorsque un défenseur des sans-papiers établit cette comparaison, il est systématiquement traîné devant les tribunaux. Chiche qu’Hortefeux porte plainte contre le policier !

3 février 2011

Chantal Jouanno, joli minois de garde-chiourme

21 h 11 – La scène s’est déroulée en début de soirée. A gauche, Chantal Jouanno, ministre des Sports, l’air buté, et à droite, songeur, José Bové, eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts. Ariane Massenet, animatrice du Grand journal de Canal +, vient de leur demander si Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, « c’est bonnet blanc et blanc bonnet ». Jouanno répond immédiatement : « Oui ». Massenet semble surprise : « Rapidement, oui ? » Alors la ministre insiste : « Oui, vraiment oui ». Au tour de José Bové : « J’dirais pas, on peut pas dire ça. Parce que vraiment ce serait malhonnête, même si j’ai des désaccords fondamentaux sur la question européenne et sur beaucoup de sujets avec Jean-Luc Mélenchon, l’amalgamer à Marine Le Pen, c’est quand même parfaitement obscène. » Jouanno le coupe : « Les deux ne font qu’attiser la haine ». Elle précise ensuite ainsi sa pensée : « Ils ne font qu’attiser la haine et dresser une partie de la société contre l’autre. » Ni Massenet, ni Bové, ni personne ne demandera à la ministre quelle partie de la société contre l’autre. Dans le cas de Le Pen, on voit bien : ce sont les Français contre les immigrés. Mais Mélenchon ? Les riches contre les pauvres ? Le peuple contre le Medef et le Cac 40 ? Mais quelle est la toute petite minorité qui possède tout et se goberge tandis que l’immense majorité tire la langue, voire s’enfonce dans la précarité et la misère ? Et il faudrait sans doute l’accepter, en les remerciant pour les miettes qu’ils daignent nous laisser. Parce que sinon, on risque de dresser les esclaves contre leurs maîtres ! Jouanno, sous son joli minois, n’est qu’une garde-chiourme de l’ordre établi.

Dehors Alliot-Marie !

11 h 12 – « La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, accusée d’avoir profité lors de vacances en Tunisie de largesses d’un homme d’affaires lié au clan Ben Ali, a rejeté toute idée de démission, réclamée par l’opposition, est s’est dite « meurtrie » par ces critiques », résume Le Point. « Meurtrie », c’est ça, pauvre choupinette. Après sa proposition indécente de fournir une aide policière au dictateur tunisien, dont nous avons abondamment parlé, cela ne fait-il pas un peu beaucoup pour Mam ? Mais démissionner, jamais ! C’est la règle en Sarkozie : quelles que soient les circonstances, les mensonges proférés ou les dossiers gérés de façon catastrophique, personne ne démissionne jamais. Ces gens, dépourvus de la moindre pudeur, n’ont aucun sens de l’honneur (Hortefeux, Woerth et Bachelot sont les exemples les plus criants mais la liste est hélas non limitative), encore moins celui du service de la France : ce sont d’abord eux-mêmes qu’ils servent, et ensuite leurs amis du Medef et du Cac 40. Quant au peuple… Mam ne démissionnera donc pas, malgré toutes ses casseroles. Rappelons qu’elle fut une catastrophique ministre de l’Intérieur avant de muter en pitoyable garde des Sceaux puis en navrante ministre des Affaires étrangères. Ce que nous écrivons à son propos depuis toujours est exprimé par « un député sarkozyste » anonyme, cité par Libération : « Mam ? C’est une fausse valeur. Elle a beau accumuler les ministères, elle n’a jamais été bonne nulle part. Si elle n’était pas une femme, il y a longtemps qu’elle serait hors circuit. » Le Post a mis en ligne un « sondage » sur sa démission, au résultat éloquent. Mais qui se soucie de l’avis des gens en Sarkozie ?

2 février 2011

Livret et carnet de circulation des Roms : l’insupportable discrimination maintenue par l’UMP

23 h 59 – La députée socialiste Sandrine Mazetier a défendu à l’Assemblée nationale le 26 janvier dernier le projet de loi « Mettre fin au traitement discriminatoire des gens du voyage ». Elle s’en explique sur son blog : « C’est une discrimination légale sur laquelle la République jette un voile pudique depuis 40 ans. La loi du 3 janvier 1969 fait obligation aux gens du voyage (de plus de 16 ans) d’être en possession soit d’un livret de circulation, soit d’un carnet de circulation si elles n’ont pas de ressources régulières. Le titulaire du livret de circulation doit le faire réviser chaque année par la police ou la gendarmerie, le contrôle étant trimestriel pour les carnets de circulation. La circulation sans carnet est punie d’une peine de prison allant de trois mois à un an. Cette disposition digne du régime soviétique, frappe des citoyens français qui n’ont qu’un seul tort: être des nomades. Pour la loi actuelle, cela vaut également restriction de leurs droits civiques. L’inscription des gens du voyage sur les listes électorales n’est possible qu’après trois ans de rattachement ininterrompu dans la même commune. Ce délai est de six mois pour les personnes sans domicile fixe. La Halde et le Conseil constitutionnel ont jugé que ces dispositions contreviennent à la Constitution et à la Déclaration des droits de l’Homme. Elles sont discriminatoires et contraires au principe de liberté de circulation. Dans leur proposition de loi, les députés du groupe SRC demandent l’abrogation de la loi de 1969 et l’application du droit commun pour les gens du voyage concernant l’exercice de leurs droits civiques. La majorité a rejeté le texte en commission des lois puis dans l’hémicycle le 1er février en vote solennel, préférant attendre les conclusions de la mission d’information sur le bilan et l’adaptation de la législation relative à l’accueil et l’adaptation des gens du voyage. Ce rapport, sans cesse retardé, devrait être remis en février ou mars et n’abordera que de manière très marginale les questions liées aux droits et libertés des gens du voyage. » En attendant donc, une loi insupportablement discriminatoire perdure. Merci l’UMP !

Lutter contre l’immigration illégale mais…
Quasi-amnistie pour les patrons fraudeurs

13 h 00 – Lorsque Marianne2 pose la question « Travail illégal : sanctionner les nounous ou les patrons ? », connaissant notre UMP, la réponse coule de source, livrée dès l’introduction de l’article : « Un énième projet de loi sur l’immigration veut combattre l’emploi illégal de sans-papiers. Une initiative qui serait louable si l’UMP ne voulait pas offrir en réalité une quasi-amnistie aux patrons fraudeurs. » Le gouvernement comme toujours au service du patronat : quelle surprise ! « Ce sujet des travailleurs sans-papiers est démonstratif de toute la subtilité de la politique migratoire actuelle. Vis-à-vis d’un certain électorat conservateur, la droite et Nicolas Sarkozy ne peuvent se permettre de se montrer laxiste contre l’immigration illégale. Même si le gouvernement peine à remplir ses propres quotas et si, en réalité, le nombre de titres de séjour accordés a augmenté de près de 10% en 2010. Mais la politique, c’est aussi l’art de manier les intérêts contraires et la droite doit faire face à des demandes d’autres milieux. Notamment économiques. » En gros, lutter contre l’immigration illégale, c’est bien – que penserait l’électeur lepéniste ? – mais quand même pas quand elle arrange le Medef !

Cas d’école avec l’emblématique Thierry Mariani, qui pratique d’ordinaire l’escalade hystérique pour se montrer plus Front national que le FN, mais qui sait aussi parfois se montrer raisonnable : « un amendement au projet de loi sur l’immigration, voté en septembre contre l’avis du gouvernement, exonère l’employeur de toute sanction pénale si on estime  qu’il a employé un sans-papier «sans intention de participer» à la fraude, abusé par de faux documents (article 57). Thierry Mariani, à l’époque encore député UMP et auteur de cet amendement, signalait en commission des Lois que «de plus en plus d’employeurs sont victimes de pratiques illégales de leurs salariés étrangers, lesquels, au moyen d’usurpation d’identité ou de fraudes documentaires, leurrent leurs employeurs sur l’irrégularité de leur situation».  L’ex-député de la Droite populaire n’est pas allé cherché bien loin ses arguments. Ce sont les organisations patronales qui ont avancé en premier l’idée que les employeurs pouvaient être trompés par de faux papiers. »

Mais tout le monde n’est pas d’accord à droite et le vilain petit canard se nomme ici François-Noël Buffet : « Manque de pot, les sénateurs ont retoqué ces amendements en janvier. Des dispositions «superflues» selon le rapporteur UMP François-Noël Buffet. Selon lui le juge est déjà à même d’apprécier l’intentionnalité ou pas de ces infractions sans qu’on ait besoin de l’inscrire explicitement dans la loi. Joint par Marianne2, le sénateur précise : «Si l’employeur peut apporter la preuve qu’il est de bonne foi au tribunal, le juge le relaxera». Pour autant, le travail illégal est-il davantage la conséquence de patrons peu regardants ou de salariés trompeurs ? «Sans doute les deux», répond François-Noël Buffet. » Tiens, en voilà un qui ne souscrit pas à la vision idéaliste (sic) du Medef, qui prétend que « la quasi-totalité » des patrons sont « de bonne foi » ! Mais sachons tout de même raison garder : « D’autres mesures en faveur des patrons ont été conservées par les sénateurs. (…) D’un côté, le gouvernement adopte des mesures répressives, de l’autre, il prévoit des échappatoires pour les entrepreneurs impliqués. Une autre preuve de sa grande ambiguïté. » Le mot est bien faible !

1er février 2011

Hees, Val, remboursez !
Le licenciement de Stéphane Guillon injustifié pour les Prud’hommes

18 h 44 – Avant de devenir le directeur de France Inter que nous connaissons, qui vire les humoristes coupables de déplaire à Nicolas Sarkozy pour ne pas trop « maltraiter l’actionnaire », Philippe Val a fait, lui aussi, profession d’amuseur. Et son affiche culte le représentait avec son accolyte d’alors, Patrick Font, sodomisant un François Léotard représenté en prêtre à soutane. Pas étonnant que des internautes aient détourné le visuel, sur un groupe de Facebook poétiquement baptisé « J’encule Val – Pour la défense de la liberté d’expression sur France Inter », pour figurer la revanche de deux de ses victimes, Stéphane Guillon et Didier Porte – depuis s’est ajouté au tableau de chasse valien le scalp de Gérald Dahan. Et cette affiche relookée tombe à pic pour illustrer la nouvelle de la victoire écrasante du premier nommé devant le tribunal des Prud’hommes : « En tant que salarié foutu dehors, je suis ravi de cette décision judiciaire. En tant que contribuable, je suis scandalisé qu’une société d’Etat ait préféré perdre autant d’argent et d’auditeurs pour faire taire un humoriste« , déclare Stéphane Guillon à l’énoncé du verdict, ainsi résumé par Le Monde : « La radio publique a été condamnée par le conseil de prud’hommes de Paris pour avoir licencié l’humoriste « sans causes réelles ni sérieuses ». Tiens, des propos à l’antenne irrévérencieux envers le chef de l’Etat ne suffisent pas ? Mais c’est la chienlit ! « Les contrats à durée déterminée (CDD) de Stéphane Guillon depuis avril 2003 ont été requalifiés en contrat à durée indéterminée (CDI). A ce titre, les prud’hommes attribuent 150 000 euros d’indemnités pour licenciement injustifié à l’humoriste. Mais Stéphane Guillon obtient également 41 981,70 euros d’indemnités de licenciement ; 11 581,16 euros pour le préavis de licenciement ; 5 790,58 euros d’indemnités de requalification ; 1 158,11 euros pour les congés payés et 1 500 euros pour ses frais de justice. En tout, le licenciement de l’humoriste pourrait donc coûter la coquette somme de 212 011,55 euros à Radio France. » Qu’ils se débrouillent ensemble, mais que Val et Jean-Luc Hees, son supérieur hiérarchique, remboursent la radio sur leur juteux salaire de misérables censeurs !

La France, championne d’Europe des pesticides

12 h 22 – « Début 2009, le Parlement européen adoptait une loi pour restreindre l’usage des pesticides dans les pays de l’Union européenne, résume 20 minutes. Etaient particulièrement visées les substances cancérigènes, mutagènes ou les perturbateurs endocriniens. Ces produits dangereux, qui devaient être bannis de l’agriculture européenne, arrivent tout de même dans les champs : en 2010, 321 dérogations ont été accordées en Europe, dont 74 pour la France selon l’étude réalisée par les associations Générations futures et Pesticide action network. Dans la législation européenne, un article permet d’obtenir des dérogations pour utiliser les produits interdits, mais seulement en cas de «danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d’autres moyens». Et c’est dans cette brèche que se sont engouffrés des «groupes d’agriculteurs rétrogrades» selon le rapport : «En 2010, les Etats membres ont demandé 321 dérogations par cette voie concernant 152 substances actives différentes. Cette soudaine avalanche de « dangers imprévisibles » est très surprenante. Tout cela ressemble d’avantage à une tentative de rendre légale des utilisations de pesticides interdites par un recours massif et abusif aux dérogations», écrivent les auteurs de l’étude. » Altermonde-sans-frontière accuse, citant le Canard enchaîné : « une augmentation de 500% en quatre ans ! Pourquoi se gêner, puisque la dérogation est accordée automatiquement, et pour cent jours, ce qui, compte tenu des périodes de traitement, revient à autoriser ledit pesticide pour toute l’année ! 27 pesticides soupçonnés d’être à l’origine du dépérissement des abeilles ont ainsi bénéficié d’une dérogation en 2010. Et la France, championne d’Europe du pulvérisateur avec plus de 63 000 tonnes déversées ! Elle arrive en tête avec 74 dérogations, coiffant au poteau la Grèce (54) et le Portugal (31). «Nous sommes face à un système de dérogations qui a été dévoyé au profit des fabricants de pesticides et au détriment de notre santé», s’énerve François Veillerette, l’un des responsables de l’association Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures [co-auteur de l’ouvrage ci-contre et Conseiller régional Europe Ecologie depuis mars 2010, vice-président de la Région Picardie en charge du dossier Environnement, alimentation, santé, NdA]. Dans la directive européenne, il est bien précisé que l’usage des produits en dérogations doit être «limité et contrôlé». Mais quand on demande à notre ministère de l’Agriculture quelle a été, l’an dernier, l’étendue des surfaces ainsi traitées, avec quel tonnage, c’est silence radio. De là à penser que le Grenelle de l’environnement, c’est du bidon (de pesticides)… » Qui en doutait ?

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  10 commentaires à “Gratuit, tous les articles réservés en février à nos abonnés : l’actu au jour le jour vue par plumedepresse”

  1. les’ j’encule Val’ ne sont pas 200 ! c’est pas terrible
    c’est peut-être que c’est pas très calibré ‘auditeur de France inter qui écrit tous les ans pour faire partie du jury du prix du livre inter’ ou ‘qui trouve que le répondeur de LBSJS est un vrai espace de liberté d’opinion’ ?
    est-ce que la pochette détournée est celle du live qu’il suffit d’écouter pour entendre Val dire à Font qu’il aime bien jouer à « touche pépé » , lui le ‘complice de 25 ans qui ne savait rien’ ?
    écoutez à partir de 2’10 » c’est hallucinant jusqu’à 5’57 », et la chanson qui suit n’est pas mal non plus
    http://www.dailymotion.com/video/xayjv4_font-et-val-ca-va-chier-ce-soir-je_fun
    c’est à gerber

  2. La France, 3e consommatrice au monde des pesticides, pas seulement 1ere en Europe. Devant nous, les USA et la Chine, selon le livre ‘Toxic’ de William Reymond, qui date de 2007. On est donc loin devant avec notre petite superficie face à des pays gros comme l’Inde, le Canada, le Brésil… Imaginez donc le nombre de pesticides utilisé au m2…

  3.  » Le débat sur l’islam aura bien lieu assure Copé  »

    Je m’interroge.

    N’est-il pas temps en effet de lancer  » un débat sur Copé partout sur tout le territoire  » ?…
    et de l’enjoindre à prendre sur le tarmac le même avion qui chauffe déjà pour le président
    en pitre, en partance définitive pour le Texas ?

    Dès que vous voyez le bon sieur Copé, offrez lui un nez-rouge de clown et riez lui au nez !

    Elle est pas mal cette idée que je viens juste d’avoir, je sens que les faux-nez rouges vont subitement bien se vendre, non ? – A chaque fois qu’on voit un élu UMP, il faudrait que des citoyennes et des citoyens leur offre un nez-rouge de clown et hilares leur rient au nez !

  4. L’info sur les soldats israéliens qui pissent sur un môme de 13 ans était sur lepost.fr
    Etait.
    Le contenu a été effacé.

    Censure (auto ?) virtuelle ?

  5. A l’attention des plumonautes, et pour le bonheur de lire un entretien que je trouve lumineux, voici ce que dit Gilad Atzmon sur Israël et aussi sur la gauche.

    Non seulement c’est un musicien éblouissant, mais en plus, il pense tellement plus juste que beaucoup de « spécialistes ».

    Un régal !
    http://www.silviacattori.net/article1543.html#nb3

    • bof
      il reproche à la presse de gauche israélienne de parler de classes et non de l’islam à propos des révolutions des pays arabes…

  6. LUTTE CONTRE L’HIPPOPHAGIE

    NON ! UN CHEVAL CA NE SE MANGE PAS !

    Obtenez un autocollant gratuit en écrivant à :
    AEC
    Résidence La Pléiade
    98, rue de Canteleu
    59000 LILLE

    Joindre une enveloppe timbrée pour le retour du courrier.

    Merci aussi de visiter les sites :

    http://aec89.site.voila.fr

    http://www.feracheval.com/petitions.php

    http://www.lapetition.be/en-ligne/parlons-enfin-des-quids-2589.html

    Rejoignez la groupe sur :

    http://www.facebook.com:80/group.php?gid=63542203218

    Faites passer le message à vos amis.

    Amitiés.

    AEC.

  7. Dérives, désinvolture, insulte à intelligence, mépris des règles déontologiques, foutage de gueule, manipulation, mensonges, despotisme, exclusion, discrimination, vol, blanchiment d’argent, incompétence, abus de pouvoir, hypocrisie, création de lois non applicables, violation de la loi, impunité, cynisme …
    Avec tout cela, nous sommes servis

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