Oct 262011
 

Nous avons lu l’Edito sur la crise financière des dettes souveraines signé Martine Billard, co-présidente du Parti de gauche, dans la Circulaire aux adhérent-es d’hier et tout a semblé d’un coup si lumineux ! Voici le texte.

« Malgré l’agitation des dirigeants européens, la tourmente financière se poursuit. Un bras de fer est désormais engagé entre deux options : d’un côté des gouvernements qui veulent faire payer tout de suite l’intégralité de la crise par les peuples au moyen de mesures toujours plus fortes d’austérité et de l’autre ceux, comme en France, qui ont le regard tourné vers les prochaines élections et voudraient bien repousser toute mesure trop impopulaire à juillet 2012. Une fois de plus la quasi totalité des députés du PASOK (parti socialiste grec) a voté un nouveau plan d’austérité aggravant encore un peu plus, si c’est encore possible, la situation du peuple grec. Mais il arrive un moment où on peut toujours essayer de presser un peu plus le citron, il ne peut plus donner de jus. Et c’est la situation atteinte maintenant par la Grèce. Une seule solution devient alors possible, reconnaître que ce pays ne peut pas rembourser. En juillet, l’Europe et le FMI s’étaient engagés à fournir une aide de 109 milliards d’euros et les banques possédant des créances sur la dette grecque, 50 milliards d’euro via une dévalorisation de 21% des titres de dette en leur possession. Mais la dette a continué à augmenter depuis juillet et atteint maintenant 162% du PIB. Pour la ramener à 110%, sans que l’Europe et le FMI augmentent leur aide, il faut que les banques acceptent une dévalorisation de leurs titres de dette de 50% voire 60%. Celles-ci essaient évidemment d’obtenir la décote la plus faible possible et en contrepartie leur recapitalisation par les Etats. Une fois de plus ce seraient donc les contribuables qui viendraient au secours des banques. Les banques françaises sont plus particulièrement concernées devant les banques allemandes, les banques anglaises et les portugaises [banques françaises qui augmentent par ailleurs généreusement les rémunérations de leurs dirigeants ! ]. Pourtant, dans le cas de la BNP par exemple, l’effort supplémentaire (1,7 milliards) correspondrait à moins d’un trimestre de résultat. La Société Générale avait calculé de son côté mi-septembre un impact de 100 à 150 millions d’euros après impôt. Au niveau européen, la volonté de toujours plus de contrôle des budgets des divers Etats s’étale jour après jour. Ainsi l’Allemagne veut instituer une mise sous tutelle totale des pays qui auraient recours au fonds de secours de la zone euro. « Les pays qui le demandent ou qui doivent être placés de manière prolongée sous la protection du fonds de secours de la zone euro doivent aussi être prêts à renoncer à certains pans de leur souveraineté, notamment pour que l’on puisse intervenir dans leurs budgets nationaux. » Voici les peuples avertis : après la vente de leurs derniers services et entreprises publiques et du patrimoine non encore privatisé, c’est au tour tout simplement de leur souveraineté nationale d’être bradée sur l’autel de l’austérité libérale européenne. En France, N. Sarkozy pensait pouvoir repousser les mesures d’austérité les plus lourdes après les élections de 2012. Mais les agences de notation sont pressées. Alors que le parlement est en pleine discussion budgétaire, les ministres (Fillon et Baroin) se répandent dans les médias pour annoncer qu’il va falloir faire « d’autres efforts ». Pourtant, le gouvernement n’a pas hésité, par amendement, à continuer à élargir des niches fiscales existantes au profit d’une poignée de privilégiés pour un total avoisinant les 500 millions d’euros. Plus que jamais, les gouvernements appliquent la bonne vieille recette, privatiser les profits et socialiser les pertes. »

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  11 commentaires à “Union européenne, vers la dictature financière : la mise sous tutelle budgétaire des Etats à l’ordre du jour”

  1. Pour une banque non spéculative, coopérative, écologique et sociale, allez à la Nef.

    Vous pouvez y mettre tous vos comptes (par l’intermédiaire du crédit coopératif), ou conserver votre banque habituelle et faire un petit plan d’épargne (si vous le pouvez), même modeste, pour les aider et les faire progresser. Leur téléphone : 0811 90 11 90.

    Tant que j’y suis, si vous voulez de l’électricité verte, non spéculative, vous pouvez vous approvisionner chez Enercoop, encore une coopérative où 100% de l’électricité qui vous sera fournie est écologique et non spéculative. Leur téléphone : 0811 093 099. (car malheureusement, avec Sarkhollande, il est peu probable qu’on renationalise EDF !

    A bas la spéculation et les spéculateurs.

    Lisée

  2. A connaître : un traité demande à être ratifié : le mécanisme européen de stabilité (MES) qui remplacera le MESF et le FESF. Ce traité est interpellant à plus d’un titre. Sans parler du silence médiatique qui l’entoure, en voici quelques points :

    Le traité du MES dit, dans son article 8, que cet organe disposera d’un capital social de 700 milliards d’euros. Ensuite, dans son article 10, il est précisé que le Conseil des Gouverneurs peut décider de changer ce montant et d’adapter article 8 en conséquence. Dans l’article 9 il est dit, que le Conseil des Gouverneurs peut exiger à tout moment le versement du capital social non encore payé.
    En fait, il est dit que le MES peut exiger de l’argent des pays membres de façon illimitée. Le traité ne prévoit pas de droit de veto pour les Parlements nationaux.

    Une traduction libre du texte qui n’est publié qu’en anglais est disponible là :

    http://guerre.libreinfo.org/controle-populations/traites/120-mes/720-mes-francais.html

    et des explications générale là :

    http://guerre.libreinfo.org/controle-populations/traites/85-traites/711-mes-coup-etat.html
    Quelques e

    • incroyable ! lire d’urgence les documents liés par Tanguy et faire circuler. Ce nouveau traité dont personne n’avait entendu parlé a été adopté en juin 2011 en catimini et devrait être ratifié par les 17 Etats européens avant la fin de l’année, otera définitivement tout pouvoir aux parlements nationaux… de la zone €uro.. Tout le reste n’a été que diversion.

      • A ce propos, j’ai contacté la majorité des partis politiques français et tous les partis politiques belges pour leur demander ce qu’ils pensaient des informations véhiculées « sur Internet » et leur positionnement sur ce dossier, une seule réponse! Malheureusement pas d’un parti de gauche…. Loin de là!
        J’ai aussi demandé des explications à des organes de syndicats, pas de réponse! Je compte continuer en adressant un courrier à tous les parlementaires afin qu’ils se positionnent sur ce sujet ou qu’ils créent une discussion dans leurs groupes respectifs, mais suis très étonné car j’ai déjà interrogé les partis politiques et ai habituellement reçu des réponses (même si c’était habituellement de l’enfumage plus ou moins poli -:)).
        Peut-être suis je entrain de « me faire un film » mais le texte distribué par l’UE est tout de même inquiétant, tout comme ce silence assourdissant (difficile de trouver des articles dans la presse).
        Aussi je vous invite à faire tourner cette information le plus possible, sur les blogs, les forums, à vos carnets d’adresse et aux prétendus « responsables » afin que l’on puisse savoir exactement de quoi il retourne.

  3. C’est là un texte bien intéressant. Et si éloigné des refrains de nos politiciens s’appliquant à toujours jouer les mêmes partitions fatiguées. Cet abîme entre la réalité que vivent les citoyens et le discours permanent de nos idéologues libéraux… Le même qu’entre le discours des camarades limousines et datchas et la vie de ceux qui cherchaient avec constance pain et salami dans les magasins d’État.

  4. C’est simple: ce petit jeu de dupes va finir en guerre. Ni plus, ni moins. Devant tant de conneries, d’hégémonie, d’injustices, de précaires, les nationalistes reviendront sur le devant de la scène, et cela fera très mal.

  5. « Pourtant, dans le cas de la BNP par exemple, l’effort supplémentaire (1,7 milliards) correspondrait à moins d’un trimestre de résultat. La Société Générale avait calculé de son côté mi-septembre un impact de 100 à 150 millions d’euros après impôt. »

    C’est la guerre sociale étendue à l’échelle de l’Europe entière qu’on nous impose.

    Cette cerise sur le gâteau mériterait une source. Quelqu’un sait-il où l’on peut trouver les analyses en question ?…

  6. Les niches fiscales et le reste auquel on ne s’attaque pas et pour cause !
    http://www.aidonslargent.org/Parmi-les-1-417-filiales-de-la-BNP

  7. Vu l’espèce de bouzin nommé ‘accord’ de la nuit passée, et qui ne permettra qu’une vague pause dans les tractations, on n’a pas fini de se serrer les bretelles et de se remonter les ceintures.
    ‘Quand la chine s’éveillera’.. c’était de Peyrefitte ce bouquin, non?
    Ha oui: « Vu le nombre de chinois, lorsqu’ils auront atteint une culture, une technologie suffisante, ils pourront imposer les idées au reste du monde ».
    Hé ben z’ont atteint la culture d’un capitalisme qui se torche avec les droits humains un peu plus que les autres capitalismes… youpi youkaïdi et toute cette sorte de choses.

    Talonnus 1er va causer ce dans les postes ce soir, pour nous faire bien peur et nous dire qu’il nous a sauvé-e-s.
    J’hésite entre le sakavomi, un bon bouquin et le ciné…

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