Oct 152020
 
Martine Vassal et Brigitte Macron, vendredi à Marseille.
Photo Boris Horvat. AFP

Je prends acte de la décision du président de la République d’instaurer l’état d’urgence et le couvre-feu dans les grandes villes françaises, dont Aix-en-Provence, Marseille et Paris. La situation sanitaire continue de se dégrader de façon très inquiétante et il fallait agir vite », déclare Martine Vassal, reprise par La Provence. La double présidente du Conseil départemental et de la Métropole Aix-Marseille Provence ne dit pas un mot sur le stupéfiant silence du chef de l’État à propos de la situation du système de santé, dont il est comptable. Ni bien-sûr sur l’absence de mesures pour les entreprises – en bonne affidée du Medef -, non plus que pour les établissements d’enseignement, pourtant foyers de contamination numéros 1 et 2 : « les entreprises hors établissements de santé restent parmi les types de collectivités les plus représentées pour la survenue de clusters (25%), puis le milieu scolaire et universitaire (21%) », annonce Santé publique France. Mais le pire de la déclaration de la LR marseillaise reste ce qui est en caractères gras ci-dessus, « La situation sanitaire continue de se dégrader de façon très inquiétante et il fallait agir vite ». Il se trouve que nous avons un peu travaillé sur la situation sanitaire de Marseille. Rappelons que la cité phocéenne,  871 103 habitants en 2020, représente en réalité un bassin de vie (une aire urbaine) de 1 million 744 000 âmes. C’est l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM) à qui échoit de soigner tout ce monde, forte de 4 hôpitaux et 3 400 lits. Eh bien voici le tableau Covid mis à jour quotidiennement :

Il y a donc aujourd’hui 157 patients Covid hospitalisés en tout et 45 en réanimation pour une aire urbaine de 1,7 millions d’habitants. Et c’est la panique ! Faut-il que l’hôpital soit à ce point à bout de souffle – ballot quand il s’agit de contrer une affection pulmonaire – pour que moins de 50 lits de réanimation occupés obligent à un… couvre-feu ! Mais ça ne gêne pas Martine Vassal. Pire, elle poursuit sa déclaration en appelant à « l’union sacrée pour préserver nos libertés ». Gonflé : on oblige les gens à ne plus bouger de chez eux à 21h pour « préserver nos libertés » ? Orwell avait tout prévu. Mais « l’union sacrée » ? Emmanuel Macron en appelait justement lui aussi à cette « union sacrée », en mars dernier. C’est toute la communication gouvernementale, du reste, qui tient en cette formule. Pour faire oublier sa gestion calamiteuse de la pandémie, les macronistes invoque la mobilisation de tous, l’unité nationale, censée défendre de toute critique. Vassal relaie donc complaisamment la propagande du pouvoir. Notez que ce n’est pas surprenant : n’appelait-elle pas, pour les élections municipales à Marseille avant de s’y faire ridiculiser, éliminée au premier tour dans une circonscription toujours remportée dès le 1er par sa majorité avant elle, à un «large rassemblement» autour d’elle, incluant LREM, pour faire front face au RN, en position de force à Marseille », comme le rapportait en juin Libération ? Au lieu de quoi les marcheurs ont voulu partir seuls, sanctionnés d’un score humiliant (1,53%), et ce n’est pas le RN qui a emporté la mise mais l’écologiste à la tête d’une alliance de gauche, Michèle Rubirola et son Printemps marseillais.

"Six semaines de couvre-feu, c’est dramatique", s'indigne Michèle Rubirola.

Rubirola, justement, que dit-elle de ce couvre-feu ? « Comment ne pas être en colère ?, proteste la doctoresse de profession dans La Provence. Six semaines de couvre-feu, c’est dramatique. Ces mesures venues d’en haut frappent au mauvais endroit au lieu de s’occuper de l’hôpital public qui ne va pas bien on préfère généraliser. On sait que le problème est plutôt dans les transports en commun et les restaurants d’entreprise, on tape à côté de la plaque. » Entre Vassal et Rubirola, il n’y a décidément pas photo.

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